Artiste/Groupe:

Synestia / Disembodied Tyrant

EP:

The Poetic Edda

Date de sortie:

Mai 2024

Label:

Indépendant

Style:

Deathcore

Chroniqueur:

Le Diable Bleu

Note:

18/20

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Synestia est un nouveau duo deathcore symphonique du Minnesota (Américains donc pour les géocancres dont je fais partie)  composé de Sam Melchior  (tous les instruments, écriture) et de Ville Hokkanen au chant provenant de la Finlande (tout au nord là-haut, mais bon ça forcément vous connaissez). En 2022, les joyeux compères avaient sorti leur fantastique premier album, Malificium. Malheureusement celui-ci restera compliqué à dénicher car il demeure trouvable uniquement en support numérique. Sa sortie avait été en quelque sorte éclipsée cette année-là par une multitude de sorties stellaires, dans lesquelles on trouve de Shadow of Intent, Bonecarver, Spire of Lazarus, La chute de l’humanité, She Must Burn et bien sûr Pain Remains de Lorna Shore. Hélas, hélas, hélas (trois fois hélas donc ...) car il s’agissait d’un sacré album. Bon voilà pour les prems (premiers).

Disembodied Tyrant, quant à lui, est un projet solo britannique de deathcore symphonique mettant en vedette Black Mullins, qui possède déjà à son actif deux EP numériques sortis depuis 2021. Les deux mini galettes sont de solides exemples du genre.

Les deux projets ont collaboré, pour ne pas dire fusionné (je ne suis pas sûr à 100% du qui fait quoi à part ce qui est indiqué dans le générique de la couverture et sur un Internet assez vide en la matière) pour sortir un superbe EP de 4 chansons intitulé The Poetic Edda.
C’est sans doute la meilleure chose du genre deathcore symphonique qu’il m’a été jouissif d’entendre depuis des lustres remontant aux ténèbres de l’avant Bing Bang. Ben oui, ce n’est pas "ma cam" ce style. Et pourtant, tellement bon qu’il tourne sans relâche, mais cela, amies lectrices et amis lecteurs malins, vous l’aviez compris dès le premier coup d’œil jeté à la note de cette tuerie.

Les deux projets précités comportaient déjà un élément orchestral symphonique assez important sur les précédents albums (Francesco Ferrini de Fleshgod Apocalypse avait apporté sa papate sur Malificium de Synestia), mais l’on peut parier sans trop de risques qu’il serait passé du papillon au jaguar lors de cette dernière contribution de quatre pistes, composées par le Melchior de Synestia. Il semble également qu’il ait beaucoup appris de Ferrini, lui apportant une influence classique et baroque bien plus importante et ainsi s’éloignant d’un deathcore sévère et dur à appréhender. Varié, construit avec originalité, merveilleusement bien écrit et percutant, ce Poetic Edda réunit quatre chansons spectaculaires. Quatre petites chansons de rien du tout ayant un retentissement de tsunami.

De toute évidence, les groupes précités, forment l’amorçage  d’une production/mixage de haut niveau, amenant à un deathcore massif, imposant et énorme. Le travail sur les voix est exceptionnel, celui-ci pourrait être clairement influencé par Lorna Shore comme on l’entend dans l’ouverture dramatique de Death Empress. Qu’il s’agisse des superbes petits breaks de violon ou de piano, des insertions de chorales féminines ou des parties orchestrales complètement emphatiques, les compositions et l’orchestration de Melchior (et de Mullins) sont tout simplement d’un niveau supérieur à la norme en vigueur...

Maintenant je me dois de vous évoquer la pièce maitresse de ce The Poetic Edda, du Winter donc, où cette satanique collaboration revisite le célèbre morceau d’ouverture de Vivaldi de son œuvre Winter des Four Seasons dans un deathcore tonitruant. Et waouh, qu’est-ce que ça marche. Quand tout se met en place au bout de quelques instants, alors ébaubis, sortiront probablement des "c’est quoi ce truc ?" ou "Est-ce qu’ils viennent de Mars ?". Bouleversant, exceptionnel et époustouflant, cette vidéo tue !




Il me semble vous voir dubitatif après avoir lu cette trop longue chronique qui concerne un EP de 20 minutes et de 4 chansons, mais celui-ci est si bon que j’espère que des labels comme Century Media, Lacerated Enemy, Reality Fade, etc... entendront aussi cela et auront le bon goût de les approcher des feux de la rampe. Cet été, dans nos fest-tivals, cela déplacerait des unités de fous de musiques Metal… je le promets.

Assurément une dinguerie, assurément trop courte ! Mais depuis quand cette notion devrait elle devenir le critère ?!

Tracklist de The Poetic Edda :

01. Death Empress
02. I. The Devourer
03. The Poetic Edda
04. Winter

 

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