Qui a dit que Limoges n’était que la ville de la porcelaine et du basket ? Quoique pour tout vous avouer, elle aura longtemps été et restera pour votre humble serviteur comme le berceau du basket français dont ma petite caboche en est rempli de souvenirs tout aussi émouvants les uns que les autres, mais là n’est pas le propos. Limoges c’est aussi et avant tout, pour ce qui nous concerne ici, la ville de référence de Dirty Rodeo, comme quoi même dans le centre de la France on sait faire hurler les guitares ! Dirty Rodeo c’est un duo composé de Paul Casas à la guitare et Alexandre Himbert à la batterie (les deux compères s’occupant aussi du chant) et qui usent les planches de scènes, les cordes de guitares et autres peaux de batteries depuis déjà dix ans. Et en dix ans ils ont déjà sortis deux EP et un album, pas des perdreaux de l’année les gars. Et donc quoi de mieux pour fêter cette décennie de rock que de sortir un nouvel album ? C’est justement le pari du duo qui va nous brinquebaler dans leurs influences punk, rock, voire même post-hardcore par moment. Hé ouais les amis, ça va swinguer encore un moment avec Dirty Rodeo.
Il aura fallu quatre ans de travail pour voir At Least We Try enfin couchée sur galette. Précédé du single Summer qui montre les fêlures et la rage dans le chant tout en restant mélodique et puissant, Dirty Rodeo a bien choisi ce titre comme porte drapeau de cet album. C’est tout à la fois bourrin et mélodique, accessible et hurlé, un excellent titre en somme.
Cette opposition et ce mariage de style seront le fil conducteur de cet opus puisque dès le titre d’entame, Paralyzed, les cordes des guitares sont grattées à les faire péter par moment dans la plus pure tradition punk-grunge nineties sur les refrains. Et même si ça beugle, la mélodie est présente tant dans le chant que dans les riffs. Pour une entrée en matière, ça assure grave. On retrouve ce style très particulier un peu partout, de Waiting For The Sun à Give Me A Sign où le chant est écorché vif et bien vénère à chaque recoin.
Et pourtant, bien que par moment on ressente la sensation d’avoir parfois la même approche d’un titre à l’autre, Dirty Rodeo arrive à faire sursauter l’auditeur avec des incartades doom tout en conservant sa couleur grunge sur We Were So Sad Before. Encore un titre bien torché pour le coup. Et quand les riffs se font incisifs avec une frappe nerveuse et épurée, voilà ce qui attend l’auditeur sur Tell Me It’s Not For Me. Le chant est toujours aussi écorché et le refrain bien bourrin. Avec cette recette, Tell Me It’s Not For Me est un excellent brulot une fois de plus.
Pour un cadeau d’anniversaire, Dirty Rodeo a mis la barre très haut en proposant un album qu’on pourrait qualifier de tartes dans la gueule. Pas de fioritures, ils jouent avec les tripes, donnent tout et ça s’entend du début à la fin. Aucun doute, ils ne se sont pas foutus de nous avec At Least We Try.
Tracklist de At Least We Try : 01. Paralyzed 02. Waiting For The Sun 03. Smiling And Starving 04. We Were So Bad Before 05. Tell Me It’s Not For Me 06. Give Me A Sign 07. Did I Loved You Too Much 08. Summer 09. When Teh Silence Starts To Talk (feat. Aki Agora)