DIMMU BORGIR

Artiste/Groupe

Dimmu Borgir

Album

In Sorte Diaboli

Date de sortie

30/04/2007

Style

Black-Metal Symphonique

Chroniqueur

Axel

Note (Alex)

19/20

Note (Damien)

14/20

Site Officiel

http://www.dimmu-borgir.com/

CHRONIQUE (ALEX)

Rhâââ... Dimmu Borgir... Il y a des groupes comme ça, dont le seul nom fait frémir les oreilles de plaisir. Et chez moi, Dimmu' est de ceux-là. Alors inutile de vous dire que j'attendais In Sorte Diaboli avec une impatience certaine. Mais peut-être que tous ne connaissent pas Dimmu Borgir... Comment ? Quel est ce blasphème ? Aaargh !!! Soit. Tout le monde ne peut pas tout connaître, moi y compris ( mais quand même, Dimmu' ! ). Dimmu Borgir est un groupe de black metal norvégien, assez branché black atmosphérique dans ses débuts. Ils ont développé un black metal très accessible, teinté de heavy, mais tout en gardant un gout prononcé pour les ambiances classiques et épiques. Enfin quand je dis accessible... vos voisins vous regarderont quand même de travers si vous montez le volume de la sono un peu trop haut !

Et cet album ? Soyons francs, à la première écoute, je suis resté un peu dubitatif. Il faut dire que le son n'est pas sans rappeler celui du précédent album. Enfin, je veux parler de Death Cult Armageddon, Stormblast étant ( pour ceux qui ne le sauraient pas ) un ancien album rejoué. D'ailleurs j'ai beaucoup apprécié la démarche de Stormblast, car pas mal de vieux albums mériteraient d'être rejoués par leurs auteurs, permettant ainsi de découvrir un vieil album sous un tout nouveau jour. Mais que disais-je... Ah oui, j'étais un peu dubitatif. Je ne comprenais pas tout l'album tout de suite, tant les mélanges étaient nombreux. Ainsi des passages en low/mid tempo vont côtoyer des blasts furieux. Des passages seront si peu aggressifs quand d'autres seront dévastateurs. Le clavier donnera presque la rythmique lors de brefs passages... Et la deuxième écoute est venue m'apporter la clef de l'album. Dimmu Borgir a tout simplement réussi un coup de maitre là ou on ne l'attendait peut-être pas, c'est à dire au niveau de la musicalité. Les morceaux sont vraiment époustouflants. Tout s'enchaine dans une logique si implacable ! Et je ne vous ai même pas parlé de cette ambiance blasphématoire si propre à Dimmu Borgir ( The Sinister Awakening ). Car si les morceaux sont d'une qualité musicale imparable, ils n'en sont pas moins noirs au possible. Et vous ne pourrez vous empêcher d'esquisser un sourire malin lorsque vous l'écouterez. Que c'est bon ! De plus, les litanies en voix claire de Vortex viennent ponctuer les morceaux avec encore plus de justesse que jamais. Il est incontestable que ces brefs passages sont indispensables à l'ambiance globale de l'album. Il ne sont pas un simple rajout en fin de titre, mais deviennent un élément porteur de l'album ( The Sacrilegious Scorn ).

Côté technique maintenant. Le son est énorme, tout comme l'était celui de Deat Cult Armageddon. J'attendais beaucoup du nouveau batteur, étant un grand fan du précédent, Nicholas Barker ( également ex-Cradle Of Filth ). Rien à redire de ce point de vue là, Hellhammer est tout aussi carré, et je n'en attendais pas moins de lui. Peut-être Nicholas était-il un peu plus varié dans son jeu, mais au moins la justesse est au rendez-vous, et de ce point de vue-là le défi était de taille. Le jeu de guitare est tout simplement génial. Les gratteux ont su faire la synthès des précédents albums pour aérer et varier le jeu, si bien que ceux qui avaient particulèrement apprécié Spiritual Black Dimension seront aux anges... heu, aux démons ? Il ya même des parties en arpèges à l'électrique qui viennent souligner, s'il le fallait encore, la noirceur des morceaux. Mais s'il y a bien une chose à retenir dans toutes ces compos, c'est la capacité qu'a le groupe de faire monter les morceaux crescendo ( The Conspiracy Unfolds ). J'en ai encore le poil tout hérissé. Vous n'avez pas fini de headbanger comme des malades en serrant les dent face à tant d'explosions de noirceur, voir parfois de mélancolie ( The Invaluable Darkness ). De plus les chansons n'ont de cesse d'évoluer, d'aller toujours plus loin, ne se sontentant pas du schémas intro/couplet/refrain. Il y a bien un petit point noir dans tout ça. Ou un paradoxe. En effet, le morceau instrumental de milieu d'album ( The Fallen Arise ) est à la limite insignifiant, quand les parties claviers dans le reste de l'album sont excellentes. Surtout quand l'on réalise que cette fois-ci Dimmu Borgir n'a pas fait appel à un orchestre classique. Le travail réalisé par Mustis impressionne d'un côté, et déçoit de l'autre. Bon, on va pas sanctionner un album aussi bon pour un instrumental, surtout que l'exercice est, à mon humble avis, des plus dispensables.

Alors, au final ? Alors cet album est d'une qualité rare. S'il y en avait encore besoin, il élève Dimmu Borgir au rang des superstars du metal. Si vous ne devez acheter qu'un seul album de black en ce moment, il est clair et évident que c'est celui-là. Et que ceux qui n'ont jamais succombé aux succubes du black' n'hésitent pas non plus. Il faut avoir cet album dans sa CD-thèque. C'est définitivement un incontournable, et déjà un classique. Rhâââ...

CHRONIQUE (DAMIEN)

Voici venu le grand retour des maîtres du Black Metal symphonique, les norvégiens de Dimmu Borgir. Après un très grand Death Cult Armageddon acclamé de toutes parts en 2003 avec notamment l'hymne "Progenies Of The Great Apocalypse" qui succédait au non moins génial Puritanical Euphorie Misanthropia qui contenait le non moins excellent "Mourning Palaces". Toutefois, résumer 13 ans de carrières en deux albums et en deux titres phares serait inexact. Et cela Dimmu l'a bien compris. C'est pour cette raison qu'en cette sombre année 2007 ils reviennent avec un nouveau concept album renversant.

Premier point : le concept. Sous la forme d'un journal intime de 10 pages, l'histoire d'un assistant prêtre qui passe du côté sombre de la force et devient satanique au Moyen-âge. Ambitieux. Deuxième point : le son. Finis les orchestrations pompeuses, les parties musicales grandiloquentes, même si l'orchestre est toujours là, le son est moins dense et celui-ci laisse place à une musique plus pêchue et rentre-dedans. Troisième point : on peut quasiment dire que la performance de cet In Sorte Diaboli repose quasi exclusivement sur celles de Shagrath et Hellhammer, batteur de session. Le premier chante encore mieux que précédemment et le second est la véritable pile atomique des compositions. C'est lui qui donne le véritable rythme de ce disque. Autour de cela, Simen offre des interventions vocales plus éparses et plus surprenantes alors que Silenoz nous abreuve de riffs Thrash plus travaillés que jamais. On revient ici à plus de simplicité pour un rendu plus brut. Produit très rapidement par Frederik Nordström, In Sorte Diaboli sonne donc le retour aux sources.

Première percée, le single "The Serpentine Offering". Démarrant sur le schéma d'un "Progenies Of..." avec des orchestrations dignes de la Guerre des étoiles, le rythme se pose gentiment et Shagrath nous clâme l'histoire de ce futur prêtre. Arrivent les riffs dansant, démoniaques, qui ouvrent laissent entrevoir la porte des enfers. Simen vient poser son lyrisme pour apporter une mélodie originale. La machine repart pour une fin abrupte qui voit Shagrath nous hurler "Hear my offering" ou "Share My Sacrifice".

Tout s'emballe pour le second brûlot, "The Chosen Legacy", plus rapide et incluant des passages Death. Plus agressif, la chanson est atténuée par des claviers plus aériens, survolant la composition fantômatiquement. Les blasts débarquent, donnant l'impression d'entendre une machine à coudre ! Mécanique et plus froid qu'avant Dimmu Borgir à décidé de nous impressionner de manière plus différente.

"The Conspiracy Unfolds" est plus majestueux avec ses choeurs assez massifs qui semblent accompagner la montée au ciel des prières de Shagrath (à moins que ce ne soit Mustis qui fasse des siennes...). Un riff tordu lance un rythme diabolique limite DeathRock pour nous immerger dans cette danse démoniaque.

Les blasts décidément ravageurs de Hellhammer nous accueillent sur "The Sacrilegious Scorn". Le refrain quasiment assuré par le seul Simen accompagné des choeurs claviériques de Mustis donnent une dimension surréaliste et malsaine à cette chanson. Le break au piano quasi clavecin nous rappelle les débuts du groupe, l'ambiance se fait plus horrifique et moins violente.

Puis un interlude The Fallen Arises nous plonge dans l'univers de l'Héroïque Fantasy à la Tolkien, atmosphère moite, suggérée qui débouche sur les bruits de la cavalcade infernale d'un chariot lancé à toute vapeur par des chevaux.

"The Sinister Awakening" débarque par une apocalypse de blasts et de riffs Thrashs débouchant sur un bon vieux black sympho typique de Dimmu Borgir. Morceau traditionnel pour les norvégiens rehaussé malgré tout d'un refrain envahi de choeurs funestes qui nous lancent des "AnteChristus" aliénants et pour le moins flippant. On se rapproche de l'univers de "For The World To Dictate our Death" en 2003.

Fin au piano puis enchaînement sur un vrai morceau de Dimmu : "The Fundamental Alienation". Ressemblant à 100 morceaux du groupe, on ne peut pas dire qu'il brille par son originalité mais par sa puissance déchaînée.

"The Invaluable Darkness" martèle son refrain sur un rythme frénétique. Simen intervient pour la dernière fois avec une tonalité quasi féminine ! Enfin le groupe finit sur un gros, très gros "The Foreshadowing Furnace", qui nous rappelle que le prêtre était né pour brûler "I Was Born For Burning". Démarrant sur les samples d'une foule mécontente, il se positionne sur une dimension un peu ibérique et sataniste. La voix de Satan accueille le héros (!) qui brûle littéralement dans les flammes de l'enfer que l'on entend distinctement.

Au final que dire de cet album ? Un peu décevant si on considère l'effort précèdent mais plus vrai et naturel si l'on considère la carrière entière du groupe. A conseiller avant tout aux amateurs de Black Metal burné, les autres retourneront Death Cult Armageddon.