Artiste/Groupe:

Deep Purple

Vinyle:

Stormbringer

Date de sortie:

1974

Label:

Warner Bros

Style:

Hard Rock

Chroniqueur:

KABET

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Pour situer cet album dans le temps, il suffit de dire que nous en sommes au Mark III, et c’est à ce moment que certains diront, on est bien avancé avec ça ! En 2025 Deep Purple en est au Mark IX, alors le Mark III… Ok, donc le Mark III c’est le line up composé de Ian Paice, John Lord, Ritchie Blackmore, Glenn Hughes et David Coverdale. Ce dernier est le nouveau chanteur du groupe qui vient de se séparer de Ian Gillan (je ne rentrerai pas dans les détails des brouilles au sein du groupe, il faudrait sinon écrire tout un livre). Illustre inconnu au début des années 70, David Coverdale entend bien laisser sa patte au sein du groupe, pas seulement sur la partie vocale, mais également dans les compositions. Et rien que ça demande du courage car il faut s’infuser le caractère de Blackmore, chef du groupe en la matière (en tout cas lui il y croit dur comme fer à ce statut).
Ce n’est pas ici le premier album où apparait David Coverdale puisqu’il précède Burn dans lequel officie ce dernier. Il arrive juste après une tournée monumentale qui soutenait Burn, remarquée par un épisode scénique d’un autre temps et gravé à vie sur vidéo sur le Live In California 74. Le groupe se produit devant 250 000 personnes lors du California Jam et manque de peu de mettre le feu à la scène suite à un incendie pyrotechnique. Le groupe, à moitié lucide et dopé aux substances illicites, ne se rend presque pas compte de la dangerosité de l’évènement. Un concert d’un autre temps…

Dès les premières notes de la chanson éponyme c’est la stupéfaction. Les sonorités funk et disco s’invitent à la fête. La patte Coverdale est en marche et ce dernier arrive à imposer ses idées, un signe de persévérance au sein de ce groupe.

Pourtant c’est un album édulcoré que le groupe propose, très rock californien dont beaucoup, dont l’auteur de ces lignes diront « Mais où est Ian Gillan ? ». Si on retrouve un peu ce qui a fait le sel de Deep Purple sur Lady Double Dealer, le reste demeure trop mou, presque faiblard. C’est d’autant plus compliqué que le hard rock est en pleine effusion en cette année 1974, je ne citerai pas tous les groupes en pleine ascension tant ils sont nombreux. Donc faire un disque un peu plus mou et c’est la cata assurée. Bon Deep Purple n’en est pas là, son patronyme jouant en sa faveur, mais à l’écoute on entend déjà les dissensions en son sein. Entre un Blackmore beaucoup moins investi par le passé, une querelle autour du chant entre David Coverdale désigné chanteur numéro un, et Glenn Hughes qui veut sa part du gâteau derrière le micro, le groupe doit composer et c’est pour cela qu’on entend respectivement les deux ici.

L’album sera reçu correctement par le public puisqu’il sera disque d’or et la tournée qui s’ensuivra sera une belle réussite, dont le live Made In Europe en est le témoignage. Et pourtant…
Ritchie Blackmore se sent complètement à côté de la plaque et plus en phase avec ses camarades lors de cet enregistrement et se rapproche du chanteur du groupe qui faisait les premières parties de Deep Purple à cette période pour entreprendre un truc : un certain Ronnie James Dio. Le Mark IV est en marche sans Blackmore, le Mark III aura vécu à peine deux ans, suffisamment pour sortir Burn et Strombringer.

Tracklist de Stormbringer :

01. Stormbringer
02. Love Don’t Mean A Thing
03. Holy Man
04. Hold On
05. Lady Double Dealer
06. You Can’t Do it Right (With The One You Love)
07. High Ball Shooter
08. The Gypsy
09. Soldier Of Fortune

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