Encore un live de Deep Purple ? Mais ils en ont fait combien ? Ouais je sais cette question je l’ai entendue des centaines et des centaines de fois, mais ce live possède une saveur toute particulière qui illustre bien les frasques de ce groupe, les tensions entre les membres, et l’époque emprisonnée dans ce témoignage datant de 1994.
Déjà l’époque : 1994 nous sommes face au retour du Mark II, ou celui considéré le plus légitime avec Ian Gillan, Ritchie Blackmore, Ian Paice, John Lord et Roger Glover (rien que d’entendre ces cinq là ensemble j’ai les poils). Du très lourd sur la scène et un groupe dont les membres qui bordaillent tout juste la quarantaine, sont en grande forme physique. Gillan tout juste réintégré, exit Joe Lynn Turner (et tant mieux vu les piteux albums avec ce dernier au chant), les fans osent à peine espérer ce retour en force. Et ce qui devait arriver…Les tensions entre Gillan et Blackmore repartent du diable vauvert, les deux types ne se supportant quasiment plus lors de cette tournée de 1993, captée ici. Ils vont faire le job, mais on voit que le cœur n’y pas, ce qui est d’autant plus con que les morceaux sont superbement exécuté.
Dès l’entame sur le classique Highway Star, le groupe arrive sur scène sans Blackmore qui refuse de monter sur les planches, n’apparaissant qu’au moment de son solo avec sa tête de bougon. Il se planquera même derrière Gillan et balancera un verre de flotte sur le cameraman, ce qui fera rire jaune Gillan. Et pourtant son solo est sublime, on sent qu’il est facile, il improvise comme il veut et vient presque donner un nouveau souffle au groupe.
La suite est une collection de tubes tous réussis de Speed King à Black Night en passant par Child In Time. Sur ce dernier, la crainte d’entendre un Gillan se foirer sur les notes trop haute est vite dissipée, le chanteur, sans réussir haut la main, fait un travail remarquable. Le format CD étant limité, l’album se verra tronqués de quelques titres qu’on retrouve sur le DVD (dont une reprise des Stones, Paint It Black), et l’enchainement Space Truckin / Woman From Tokyo. Dommage pour le traitement qui aurait mérité un double album, les fans seront obligés de se ruer sur la CD et sur le DVD.
La suite est malheureusement un classique du groupe et de ses célébrissimes engueulades. Déjà qu’on voit un Blackmore quittant la scène dès la dernière note à peine jouée sur ce live (genre "j’en ai rien à foutre"), on sent bien que le briquet est allumé juste à côté de la poudrière. Deep Purple suite à ce show doit poursuivre la tournée au Japon ce que Blackmore refuse. Ce dernier ira même jusqu’à déchirer son passeport devant le regard incrédule des autres membres. Fin de la parenthèse du Mark II, et bienvenue au Mark VI et l’arrivée de Joe Satriani à la guitare.