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Artiste/Groupe:

Crimson Glory

CD:

Chasing The Hydra

Date de sortie:

Avril 2026

Label:

Bravewords Records

Style:

Heavy Metal Progressif

Chroniqueur:

Blaster of Muppets

Note:

14/20

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Vingt-sept ans après Astronomica, les légendaires Crimson Glory reviennent enfin ! Appréhension. Oui, ils avaient déjà tenté un retour en 1999... pour un résultat que je qualifierais de mitigé. Quelques très bonnes compos mais aussi - à mon sens - quelques faiblesses et un Wade Black, remplaçant Midnight (excellent et singulier chanteur officiant sur les trois premiers disques sortis entre 1986 et 1991), parfois impressionnant, parfois irritant. Ah oui, la batterie programmée au son bien trop synthétique, ça n’était pas top non plus. Depuis, Black est parti, une réunion avec Midnight a eu lieu mais fut très brève (de plus, le chanteur est malheureusement décédé en 2009), ils ont failli bien revenir avec Todd La Torre qui a donné des concerts avec eux mais a fini par les quitter (le groupe prenant trop son temps à son goût, si je me souviens bien) pour Queensrÿche... Le guitariste Jon Drenning a eu quelques démêlés avec la justice et a fini par se détourner de Crimson Glory également, nouveau hiatus... et ayé, enfin, en 2023, l’entité ressurgit et annonce son grand retour, sans Drenning mais avec trois membres originaux (Ben Jackson à la guitare, Jeff Lords à la basse et Dana Burnell à la batterie), un nouveau guitariste en la personne de Mark Borgmeyer et un certain Travis Wills (Infidel Rising) derrière le micro. Et là, forcément, je me méfie un peu. D’autant plus que le premier extrait offert pour annoncer la sortie de l’album ne me convainc pas totalement. En effet, Chasing The Hydra joue la carte de la nostalgie avec son intro rappelant volontairement le morceau Red Sharks (album Transcendence) mais n’est pas de niveau égal. C’est énergique, il y a de bons petits riffs mais ça n’est pas si marquant, le refrain me semble un peu pauvre. Rien de mauvais, rien de particulièrement génial non plus. Bonne nouvelle, après de multiples écoutes de la bête, ce cinquième opus a mieux à offrir.

Sur les deux premières pistes, Crimson Glory montre les muscles et privilégie un propos heavy. L’ouverture se fait plutôt bien avec Redden The Sun et son tempo conquérant. Les guitares et la section rythmique sont solides, on retrouve l’ambiance propre au groupe, ce côté un peu fantastique et mystérieux renforcé par le chant théâtral de Wills qui rappelle Midnight sans totalement le singer non plus. C’est old school mais pas nostalgique au point de copier un vieux morceau et il y a un très bon point : un super break instrumental d’une bonne minute trente où la basse de Lords brille de mille feux (mais elle n’est pas seule, le duo Borgmeyer/Jackson tricote bien de son côté également). L’aspect prog ressort également de cette compo car elle n’est pas si prévisible dans sa structure. On s’attend à un dernier refrain mais pas du tout,  une autre direction est choisie et propose un final assez calme. Première impression positive donc même si un petit goût de dispersion se fait sentir. La deuxième piste, c’est la chanson titre, j’en ai déjà parlé brièvement ci-dessus, je ne vais pas m’étendre. Ici, Wills me fait plus penser à un jeune Warrel Dane (sur le tout premier Sanctuary) qu’à Midnight , il y a encore de bonnes choses musicalement mais je reste un peu coincé avec mon impression de "peut mieux faire". 

Ca tombe bien, c’est véritablement à partir de sa troisième plage que Chasing The Hydra décolle. En ralentissant le tempo, en privilégiant la mélodie qui capte et hante les esprits et en développant plus ses compos, Crimson Glory marque des points. C’est le cas avec Broken Together et ses touches orientales (le groupe a toujours bien aimé ça), sur laquelle le nouveau chanteur invoque davantage l’esprit de Midnight, ou sur Angel In My Nightmare, l’un des titres que je préfère sur ce cru 2026 (atmosphère étrange bien installée, refrain bien construit et très chouettes mélodies ici). Ces deux pistes dépassent les six minutes et sont plutôt belles et riches. Là, je me dis que la proposition est vraiment solide. J’en profite pour déclarer que j’aime bien la production de cet album, bien plus que celle d’Astronomica que je trouvais trop chirurgicale ou "électronique". C’est bien mixé, personne n’est oublié, tout le monde a sa place (et notamment la basse qui a toujours été sacrément mise en avant avec ce groupe). 

La suite contient d’autres réussites mais peut aussi frustrer par moment. La mid-tempo Indelible Ashes nous ressort une ambiance orientalisante et propose un bon refrain à la mélodie enjôleuse. Le heavy prog singulier de Crimson Glory porte plus que jamais la patte de ses géniteurs sur Beyond The Unknown. Drenning et Midnight ont beau ne plus être de la partie, à l’écoute de ce morceau, on ne peut pas dire autre chose que "c’est du pur Crimson Glory" ! Et c’est plutôt réussi. Sans pour autant réussir à se mettre à la hauteur des classiques du groupe, évidemment. Plus surprenants à l’époque (forcément), plus magiques... et bardés de mélodies plus fortes ou marquantes. Ca restera le petit bémol d’une partie de ce Chasing The Hydra, à mon sens. L’intention est là, des efforts sont faits pour remettre au goût du jour le style de ce groupe à part, il y a de très bons musiciens, une prod chiadée, un chanteur très capable, une partition globale avec sa part de complexité... mais on retenait davantage de choses à l’écoute des premiers disques du combo. Evidemment, le fait de devoir revenir plusieurs fois sur l’ouvrage n’est pas une mauvaise chose (ma tâche de chroniqueur me l’impose et oui, à force de creuser, j’apprécie de plus en plus l’album), l’immédiateté n’est pas "obligatoire", surtout quand on s’attaque à une musique aux aspects progressifs. Donc oui, il faut persister. Mais certains titres donnent plus envie de le faire que d’autres... et j’ai beau trouver des qualités à toutes les dernières compos de l’album, elles ont du mal à s’incruster durablement dans mon cerveau (pour le moment en tout cas). L’âge ? Peut-être. Une écriture qui gagnerait à être plus impactante ? Peut-être aussi.   

Au final, Chasing The Hydra est une assez bonne surprise. Un come-back honorable, un pas dans la bonne direction. Comme dit plus haut, il ne faut pas le mesurer aux deux premiers albums du groupe, c’est peine perdue. Par contre, il est indéniable, en ce qui me concerne, qu’il surpasse Strange And Beautiful et Astronomica. C’est un disque dans ce style qu’il aurait fallu sortir après Transcendence. Certes, il aurait sans doute déçu puisqu’il se serait avéré un bon cran en-dessous, mais il aurait nettement moins dérouté son auditoire que le risqué Strange And Beautiful. Là, on est face à un disque de heavy prog bien rythmé, pas inintéressant, qui propose de bons riffs, assez complexes parfois, une atmosphère sympa, un chanteur qui se donne, un ensemble qui me semble mieux chanté, mieux produit et moins inégal que l’effort de 1999. Pas un retour forcément triomphal ou fracassant donc mais qui me fait quand même plaisir (un monde avec du Crimson Glory, même perfectible, ça reste toujours mieux qu’un monde sans) et me donne envie d’en entendre plus. 


Tracklist de Chasing The Hydra :

01. Redden The Sun
02. Chasing The Hydra
03. Broken Together
04. Angel In My Nightmare
05. Indelible Ashes
06. Beyond The Unknown
07. Armor Against Fate
08. Pearls Of Dust
09. Triskaideka

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