Voilà un retour qui fait bien plaisir. Groupe historique de la scène sludge / Sud, Corrosion of Conformity œuvre inlassablement au service d’un stoner réputé. Ce Good God / Baad Man est le onzième album du groupe, le premier datant tout de même de 1984 (Eye For An Eye). Sacrée longévité. Même si Pepper Keenan (guitare rythmique, chant) me semble être le musicien le plus connu, de par sa présence dans Down et ses amitiés célèbres (au premier rang desquelles un certain James Hetfield), c’est bien Woody Weatherman qui est le « boss » officieux du groupe. Présent derrière sa guitare depuis 1982 (Pepper n’est arrivé qu’en 1989), ce dernier cosigne tous les titres de ce nouvel album et ce n’est pas une nouveauté. Le dernier disque du combo date de 2018 (No Cross No Crown) et ce nouvel effort était attendu.
L’équipe a changé avec le recrutement en 2024 du bassiste Bobby Landgraf et du nouveau batteur Nick Shabatura.
Ces changements d’effectif n’y changent rien, la formule du groupe reste ce stoner très incisif, accrocheur et qui sonne toujours autant 90’s. Point d’aspect doom très sombre ici mais un stoner sabbathien / downien. On apprécie toujours autant une formule efficace, bien connue et attendue des fans. 100% américaine, la formule du groupe s’inscrit dans une scène bien balisée. Le plaisir est là d’autant que le groupe sait faire (les riffs, les refrains). Ça sonne bien et surtout, si le groupe a attendu huit années pour ce retour studio, le disque est gavé avec plus d’une heure de musique. Forcément, il y a bien quelques titres plus dispensables mais sincèrement, la qualité est là. Construit comme un double-album avec ces deux faces, une plus lumineuse dénommée Good God et l’autre Baad Man plus lucide sur l’Homme et ses limites renvoyant à une dualité entre lumières et ténèbres. Je n’ai pu m’empêcher d’y voir un parfait symptôme de cette Amérique contemporaine désespérante par certains aspects (je ne développe, il suffit de suivre les fils d’actualité de notre toujours plus étrange époque), mais revenant à ses fondamentaux (évangéliques). La scène stoner qui a retrouvé de sacrées couleurs (grisâtres forcément !) est en ce sens très révélatrice d’une Amérique qui peine à penser / accepter son Déclin (relatif) et qui semble donc chercher sa place dans la recomposition de notre époque. Puisse-t-elle rapidement la trouver car en attendant, c’est un sacré boxon dans lequel nous vivons.