« Duo basse batterie, Noise Rock » voici ce que dit le sticker sur le cellophane du vinyle et c’est à l’image de la musique du duo : précis, condensé, court, efficace.
Pas de fioritures, Boucan est là pour aller à l’essentiel, et du boucan, ça, ils en font ! Et du bon boucan, de la bonne zik comme on aime.
Déjà l’originalité du duo nous intrigue, pas de guitares mais une batterie et une basse.
Quand vous écoutez ce disque dans de bonnes conditions vous en prenez plein les oreilles ! Perso, quand je pose le vinyle sur ma platine Audiotechnica relié à une enceinte Marshall avec réglage « metal » qui pousse donc le bouton basse dans le haut du volume, alors la restitution du son Marshall est parfaite pour cela, c’est vraiment top. Le son est très bon, la prod excellente : enregistré et mixé par Raphael Aboulker qui n’est autre que le batteur de Boucan, accompagné de Benjamin Munier à la basse, et le mastering est fait par Cyril Meysson. Après un EP 4 titres sorti en 2017 et un premier album éponyme sorti en 2022, Deux fait franchir un nouveau palier à Boucan.
A quel genre de Boucan avons-nous à faire ? Et bien à plusieurs mes bons amis !
Commençons par le début, sur Transhumance il s’agit d’un Boucan avec un gros son presque indus puis ensuite très noise rock avec un côté sludge doom dû à la basse vrombissante et lourde. Les Lyonnais lâchent les moutons ou plutôt les chevaux sur Transhumance, la dernière minute étant carrément du math rock survitaminé. Le Boucan pratiqué sur Cluster est beaucoup plus métallique, froid, là aussi on serait dans du math rock déstructuré, trituré, expérimental.
Sabotage(s) apporte un tout autre Boucan, on serait plus dans du doom sludge lent, poisseux, qui se réveille dans la dernière minute pour devenir répétitif sur un riff dévastateur et énergique.
Jappeur se veut être un Boucan beaucoup plus martial, matraqueur, Boucan enfonce le clou avec ce morceau coup de poing, navigant dans le noise hardcore.
Sur Valse, Entorse on frôlerait presque le Boucan rock tribal, la batterie étant perçu comme des percussions sur ce morceau très épuré. Sur la première partie du morceau, car la seconde est plus énervée.
A l’image de sa pochette, Boucan nous a piqué au vif avec cet excellent album qui confirme qu’il n’y a pas besoin d’être nombreux pour faire de la bonne musique, suffit juste d’être talentueux.