Artiste/Groupe:

Bastardur

CD:

Satan’s Loss of Son

Date de sortie:

Octobre 2021

Label:

Season Of Mist

Style:

Crust Punk

Chroniqueur:

JeanMichHell

Note:

15/20

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La pandémie a eu indéniablement des effets sur chacun d’entre nous, à plus ou moins grande échelle. Niveau musique, nous avons eu des groupes qui ont (enfin) eu/pris le temps de travailler leurs albums sans pression de temps. Les tournées deviennent inutiles et la vente physique plus difficile, les groupes ont eu le temps de peaufiner leur musique et nous avons aujourd’hui la joie d’en recevoir le résultat. Et puis il y a ceux qui ont eu besoin de lâcher les chevaux, de réagir violemment à une période violente. C’est le cas de Aðalbjörn Tryggvason, chanteur émérite de Solstafir, qui a pour habitude de nous conter des histoires de son Islande natale, certes dans une veine rock, mais globalement avec douceur si l’on met de côté les débuts du groupe proche du Black Metal.

Il explique que l’origine du projet : "L’idée d’écrire du Death Metal dans la veine du vieux Entombed est venue en 2018. N’étant pas en mesure de canaliser mon amour pour une telle musique à travers mon groupe principal, j’ai commencé à écrire des riffs. , et les riffs sont devenus des chansons, et tout d’un coup, il y avait plus d’éléments Crust Punk que je ne l’avais prévu, fidèle à son identité musicale fondamentale."

Ce gredin nous propose donc son exutoire en la personne de Bastardur, qui officie dans un Punk Crust, et qui lorgne du côté de la Powerviolence par instant. Pour accompagner Adalbjörn sur l’ensemble de l’album, on retrouve derrière les fûts Birgir Jónsson. Et ensuite c’est la fête avec les copains, dans le rayon je viens pousser la chansonnette, Marc Grewe chante sur Neonlight Blitzkrieg et Alan Averill sur Black Flag Fools, quant à Ásgeir Trausti et Júlli Og Siggi Hjálmur, ils viennent faire les chœurs sur Afturhalds Kommatittir. C’est sympa de chanter avec les potes, mais les collaborations ne s’arrêtent pas là, niveau guitare, Ragnar Zolberg intervient sur Burn, Thrainn Árni Baldvinsson sur Neonlight Blitzkrieg, Ragnar Zolberg et Thráinn Árni Baldvinsson sur l’excellent Viral Tumor, et sur ce même titre Flosi Porgeirsson pose un solo de basse. Ouf, les présentations sont faites, parlons musique.

Musicalement, comme annoncé par Aðalbjörn, c’est le Crust qui prend le dessus, cet effet est accentué par le mixage à consonance garage, même si on y retrouve le son type de la guitare de Solstafir. La durée de l’album n’est d’ailleurs pas anodine non plus puisque l’ensemble est envoyé en moins d’une demi-heure, pour vous donner l’esprit d’urgence de ce disque. Et puis ça joue vite, sans blast, à l’ancienne à base de furieux D-beat, des riffs qui se veulent directement dans ta face, ici le mot compromis a disparu du vocabulaire, seul Rise Up calme un brin le jeu en conclusion de l’album. Sinon c’est à fond, à fond, à fond, à l’instar d’un Reign In Blood pour le Thrash, l’auditeur est pris à la gorge sans jamais être lâché. Les titres comme Neonlight Blitzkrieg ou Burn dans sa construction et ses solos à foison me font penser à l’intensité de ce que pouvait proposer les rois du Thrash. Satan’s Loss of Son ou encore Black Flag Fools tendent vers des constructions Punks, mais ce qui domine sur chaque titre, c’est cette énergie débordante, brute et directe.

Globalement Satan’s Loss of Son ne sera pas une étape dans l’évolution de la sphère musical Metal, mais qu’est ce que c’est bien fait, on ressort détendu d’une écoute comme celle-ci. Il parle à notre instinct animal, il se pose en véritable défouloir primaire, juste parce que des fois, ça fait du bien.

Tracklist de Satan’s Loss of Son :

01. Viral Tumor
02. Neonlight Blitzkrieg
03. Satan’s Loss of Son
04. Burn 
05. The Whispering Beast
06. Black Flag Fools
07. Afturhalds Kommatittir
08. Rise Up

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