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PPM Fest 2013 - Day 2
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L I V E R E P O R T
Une fois remis des émotions de la veille et un solide petit déjeuner englouti, nous reprenons la route pour affronter une deuxième journée intéressante et variée. Nous arrivons en début d'après-midi, bien décidés à s'en mettre plein les cages à miel.
Empyrios (Blaster). Pour moi, les hostilités du samedi démarrent avec Empyrios. Groupe italien auquel je me suis intéressé parce qu'il comprend dans ses rangs l'excellent guitariste Simone Mularoni. Oui c'est bien le même qui joue dans DGM. Mais la musique d'Empyrios est plus moderne et agressive. La prestation est de qualité, le groupe nous propose de découvrir un certain nombre de morceaux du nouvel album (Zion) sans oublier de balancer quelques compos de leur effort précédent, le percutant The Glorious Sickness. Les membres du groupe sont bien présents. Simone est un peu plus en retrait que chez DGM, le bassiste se fait plus remarquer et c'est d'ailleurs toujours ce dernier qui intervient dès qu'il s'agit de prendre la parole. Et le chanteur ? Petit point faible du groupe en ce qui me concerne non pas qu'il soit mauvais (loin de là) mais sa voix a parfois du mal à percer (pas facile de couvrir les rythmiques musclées du groupe, d'autant que le son est très puissant) et son jeu de scène (le vocaliste se la joue un peu pantin désarticulé ou zombie qui traine les pieds, avec les épaules tombantes et les yeux levés vers le ciel) me laisse un peu perplexe. Je ne suis donc pas complètement conquis mais j'aime bien quand même et suis content d'avoir vu ce groupe qui était l'une des raretés (et donc une curiosité) offertes par ce festival. Setlist Empyrios : 01. Nescience
Astra (Blaster). Les DGM n'ont vraiment pas fait le déplacement pour rien. Après leur concert, celui de Simone dans Empyrios, voilà que c'est au tour d'Emanuele Casali (le claviériste) de jouer avec son autre groupe : Astra. Je me souviens avoir vu Astra au sein de ce même festival il y a trois ans et si le groupe avait montré des qualités certaines, il avait été desservi par un son véritablement exécrable qui ne permettait pas d'apprécier correctement sa musique. Séance de rattrapage donc avec cette édition 2013. Tant mieux, d'autant plus que, cette fois-ci, le son est bon ! Très bon même. Prestation énergique, bonnes mélodies, le metal progressif des Italiens ne déclenche pas d'hystérie (on verra d'ailleurs rarement le public, plutôt sage, s'enflammer lors de ce festival) mais il s'écoute bien et fait passer un très agréable moment.
Manticora (Blaster). Il est maintenant l'heure d'accueillir les Danois speedés de Manticora. Oui, c'est bien de speed dont il s'agit. Déjà sur album, on remarquera qu'il y a peu de place pour les ballades ou les morceaux mid-tempos, mais sur scène, et particulièrement aujourd'hui, Manticora a choisi de balancer une succession de tempos effrénés à décorner des boeufs sur quarante minutes. Comme d'habitude Lars Larsen (ça ne s'invente pas un nom pareil quand on fait du metal) et ses amis assurent et atomisent. C'est précis, (très) rapide, carré... il n'y a pas à dire, l'exécution est admirable. Mais... oui, il y a un mais, le son manque de clarté (Lars me confiera un peu plus tard qu'il ne s'entendait pas lui-même sur les deux premiers titres) et rend le propos un peu confus ou, en tout cas, pas forcément super attractif pour ceux qui ne connaissent pas bien la musique du combo. Autre petit bémol, toujours pour les non-initiés (je peux en parler, mon acolyte Fifi en fait partie), le tempo ultra-speed est quasiment le même de la première à la dernière chanson... Alors soit, ça claque, mais cela manque tout de même un peu de variété. Malgré cela, je passe un très bon moment en compagnie de Manticora. Lars est toujours aussi charismatique, le groupe est très pro et particulièrement sympathique, et en plus certains titres joués sont véritablement excellents. Comment résister à des tueries telles que Cantos, A Lake That Drained ou Playing God ? Je ne sais pas et d'ailleurs, je n'y résiste pas. Un groupe fort et attachant à la fois, mais à revoir dans de meilleures conditions tout de même. Setlist Manticora : 01. The Black Circus
Rotting Christ (Fifi). Attention, voici venir l'un de mes chouchous de la catégorie Metal Extrême, j'ai nommé Rotting Christ ! Après m'être délecté de chacun de leurs albums et avoir pris de bonnes rasades de claques magistrales depuis Sanctus Diavolos (la dernière en date étant avec le sublime Kata Ton Daimona Eaytoy), je m'attends ni plus ni moins à vivre un moment jouissif ! Et bien devinez quoi ? Ce fut le cas ! Question forme, les démons issus de la pochette de leur nouvel album sont placés de chaque côté de la scène ; sur le fond, en plus d'avoir un son énorme et un light show idéal, bien en phase avec la musique fascinante du combo grec, l'interprétation est parfaite, d'une puissance imposante. La variété de la musique de Rotting Christ, aux atmosphères grandioses et sombres, qui n'oublie cependant pas les aspects mélodiques, a attiré un public nombreux et réceptif, indéniablement enthousiasmé. Rotting Christ est tout aussi à l'aise avec les rythmes pesants (Triarchy Of The Lost Lover, Noctis Era) que lorsqu'il s'agit de partir sur des tempi bien plus alertes (In Yumen - Xibalba, l'une des multiples merveilles du nouvel opus, The Sign of Evil Existence), les titres s'enchaînent, l'intensité ne fléchira jamais. Je m'attendais à du lourd, j'ai eu du lourd, et je confirme, sans surprise aucune, que Rotting Christ, sur album comme sur scène, est immense !
Orphaned Land (Fifi). Changement d'ambiance avec Orphaned Land, formation israélienne que je suis depuis leurs débuts, fasciné par la musique proposée et l'aura dégagée par le groupe. Le superbe DVD The Road to Or Shalem (2011) me fit constater que sur scène, Orphaned Land était remarquable, j'attendais donc tout simplement une confirmation dans le cadre du PPM... qui arriva, éclatante ! Je retrouvais donc ces hommes hautement sympathiques (Yossi Sassi, arrivant avec une belle guitare double-manche, toujours souriant), interprétant un répertoire peuplé de magnifiques chansons, mêlant puissance et subtilités, interprétées à la perfection, avec notamment Kobi Farhi aussi à l'aise avec les vocaux death ou clairs. Pas de souci en matière de son et de light show, tout est réuni pour faire de cet instant un moment privilégié ! On constatera qu'aucun des quatre albums studio n'a été oublié (une compo pour Sahara et El Norra Alila, quatre pour Mabool - The Story Of The Three Sons Of Seven et The Never Ending Way Of ORwarriOR) et c'est sous les yeux d'un public sous le charme qu'Orphaned Land nous plongera dans une ambiance envoûtante qu'une danseuse, à la prestation impeccable (Johanna Fakhry) et la voix de Shlomit Levi, malheureusement absente (sur le magnifique Sapari), viendront sublimer. Setlist Orphaned Land : 01. Barakah Amaranthe (Blaster). Amaranthe ou la nouvelle coqueluche du moment. Autant vous le dire tout de suite, je ne suis pas fan. Voilà, c'est dit, comme ça vous comprendrez d'autant mieux mon manque d'enthousiasme. Je ne vais pas me lancer dans une critique détaillée de la musique du groupe que je trouve assez peu variée et un brin artificielle, voire superficielle, mais je vais me concentrer sur la prestation des Nordiques. Oui, bien que n'adorant pas Amaranthe, j'ai bien voulu assister à leur concert car certains morceaux passent tout de même très bien, parce que les chansons sont pourvues de gros refrains efficaces et que leur style est tout de même assez dynamique. J'aurais donc pu trouver le show efficace. J'aurais pu... sauf que non. Le trio de chanteurs pose au delà du raisonnable, Elise minaude beaucoup et n'a pas l'air (sur les premiers morceaux, c'est flagrant) de trop savoir quoi faire sur scène... Tout semble assez peu spontané. En tout cas, une bonne partie du public a l'air de s'éclater et un nombre non négligeable de fans semblent passer un excellent moment. Tant mieux pour eux, c'est bien là l'essentiel... Je n'étais pas vraiment la cible du groupe non plus. J'ai bien essayé mais je n'y suis pas arrivé. Le chanteur à la voix claire et en casquette n'est pas dans une forme olympique, le hurleur s'en sort mieux. Quant à la jolie Elise, elle a une belle voix mais je ne la trouve pas très convaincue, elle fait le boulot, mais la fraicheur et la pêche que l'on serait en droit d'attendre d'un tel groupe répondent aux abonnés absents. Le son n'est pas mauvais du tout, voilà un point positif. A part cela, malgré quelques mélodies efficaces, j'ai vite décroché, ça manque de riffs, de variété... Et voir le trio de vocalistes sauter sur place le poing en l'air quelques fois de trop, ou faire des coeurs avec leurs mains à la fin d'une de leur compo m'a plutôt exaspéré. Je dois sûrement déjà (du haut de mes trente-six ans) être un vieux con, tant pis... Passons donc à autre chose. Setlist Amaranthe : 01. Invincible
Alestorm (Fifi). Et voici que débarquent sur la scène Oméga les écossais d'Alestorm. Etant donnée la musique pratiquée (un Folk Metal énergique qui incite à bouger !), j'espère que ce sera la fête ! Sans en être inconditionnel, j'apprécie cette formation et je suis sûr que sur scène, ça doit le faire ! Groupe à fond les manettes, light show impeccable, son au diapason, public (très nombreux) dans une forme olympique, qui participe activement à la fête de bout en bout, le "Pirate Metal" des Ecossais tape dans le mille ! Que les compositions soient plutôt orientées sur la rapidité (Wenches & Mead) ou déclinées sur un tempo plus modéré (Pirate Song, Captain Morgan's Revenge), c'est toujours aussi festif, le public en redemande... jusqu'au final incontournable dans le cadre d'histoires de pirates puisqu'il est dédié au rhum et se nomme... Rum ! Setlist Alestorm : 01. The Quest
Stratovarius (Blaster). Le groupe tête d'affiche du jour, dans le genre power prog (car c'est à Behemoth que reviendra réellement l'honneur de clôturer la journée), c'est Stratovarius. Oui, les Finlandais qui reviennent de loin, ce sont eux ! Je ne suis plus vraiment un grand fan du groupe mais j'ai tout de même beaucoup apprécié ses deux dernières livraisons, Elysium et Nemesis, qui, reconnaissons-le, sont ce que le combo a fait de mieux depuis une dizaine (pour ne pas dire une quinzaine) d'années. Sa présence en bonne place sur cette affiche a donc attisé ma curiosité, d'autant plus que la dernière fois que je les ai vus... et bien je ne les ai pas vus justement. Rendez-vous manqué sur la tournée d'Helloween pour 7 Sinners en 2011, puisque Stratovarius fut contraint d'annuler sa prestation, Timo Kotipelto étant bien malade ce soir-là. J'allais donc pouvoir observer ce que le quintet valait sur scène en 2013. Verdict : très sympa. Il m'a manqué un petit quelque chose, je n'ai pas trouvé ça magique mais le groupe s'est bien défendu. Une chose est sûre : les Finlandais sont en promo. Ils sont vraiment venus présenter Nemesis, aucun doute au vu de la setlist qui contient pas moins de six extraits de leur dernier opus (sur onze chansons jouées ce soir-là) ! Le concert démarre de façon très convaincante avec Abandon, suivie par une Speed of Light bien balancée et Halcyon Days qui est un de mes morceaux préférés sur Nemesis. Le son est très bon, les lumières sont classes et le groupe est bien en place. Rolf Pilve martelle ses fûts avec précision et puissance, le bassiste Lauri Porra est toujours aussi impressionnant... c'est carré. Timo Kotipelto a toujours quelques difficultés sur certains refrains un peu aigus, heureusement que le dernier album est privilégié, ça lui permet de chanter dans un registre plus médium et d'éviter ainsi de se retrouver trop souvent dans des postures vocales délicates. Je décroche un peu en milieu de parcours avec quelques chansons qui me passionnent moins (Eagleheart et Fantasy sont trop gentillettes à mon goût) mais la présence de Destiny dans la setlist me surprend et ravive mon intérêt. Quelle classe ! Le refrain est typique de ceux que Timo écorche un peu car il n'arrive plus à les chanter correctement, mais ça passe, je dirais même que, le temps de cette chanson, il y eut un peu de magie dans l'air. La fin du concert est très orientée "single" avec des compos comme Black Diamond (toujours aussi efficace), Unbreakable et Hunting High and Low. Cela manque un peu de Kiss of Judas, Father Time ou autres classiques du genre mais, comme je le disais au début, c'est bien fait et ça passe tout seul. Ce groupe peut donc encore nous faire passer de bons moments sur scène. Une bonne nouvelle pour les fans, assurément ! Setlist Stratovarius : 01. Abandon
Behemoth (Fifi). Scène Omega, le dernier groupe à l'affiche de cette seconde journée est plutôt surprenant. Non pas à cause du fait que ce soit un groupe de Metal Extrême (Rotting Christ, notamment, est également à l'affiche du festival) mais en raison de sa place sur le programme du jour. Le début du show est dans un esprit très théâtral. Les musiciens arrivent l'un après l'autre, Nergal, le chef d'orchestre, arrivant en dernier. Chacun d'entre eux est éclairé par une lumière, l'entrée en matière est réussie. Quant à la prestation, elle est évidemment sombre à souhait, d'une puissance impressionnante, le groupe proposant une musique lourde, malsaine. La setlist pioche dans plusieurs albums, avec une préférence pour le dernier sorti, le remarquable Evangelion (2009), représenté par quatre morceaux. Setlist Behemoth : 01. Ov Fire And The Void Venez donc discuter de ce concert, sur notre forum ! |
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