Groupe:

Witchorious + Ponte del diavolo

Date:

13 Mars 2026

Lieu:

Paris

Chroniqueur:

darklord

Ce soir, en plein cœur du quartier de Pigalle, c’est une soirée 100% doom qui m’attend à la Boule Noire, petite salle coincée entre la Cigale et l’Elysée Montmarte. Deux jeunes groupes, puisque formés autour de 2019/2020 chacun, sont au programme. Les deux évoluent dans un registre très doom metal mais avec deux approches bien différentes. En effet, Witchorious se veut doom traditionnel avec une dimension stoner et psyché tandis que Ponte Del Diavolo mélange allègrement doom, black metal et post punk.
 
Witchorious
 
C’est d’abord aux franciliens de Witchorious, formation de doom née dans la ville de Chelles en 2019, d’inaugurer la soirée. Le groupe compte trois membres, dont un frère et une sœur (Lucie et Paul Gaget, respectivement bassiste et batteur) et un guitariste-chanteur (Antoine Auclair). Il ne s’agit pas de doom à 100% mais d’un mélange stoner / doom avec une légère orientation psyché. Alors que la scène se teinte d’un rouge profond, le groupe déverse ses riffs impitoyables et fuzzy non dénués d’une certaine dose de groove. Peu communicatif et assez peu mobile sur scène, le trio parvient néanmoins assez rapidement à installer une ambiance particulière. Tantôt planante ou agressive, leur musique n’a pour ainsi dire rien de révolutionnaire mais elle possède néanmoins son originalité. Bien qu’il n’ait pour le moment sorti qu’un seul et unique album éponyme en 2024, le groupe a réussi à créer un son qui lui est propre. Riffs pachydermiques, chant hypnotique et son froid et menaçant sont au programme de leur set qui réalise la performance de captiver le public dès les premières notes de musique.
 

Setlist :
Watch me die
Monster
The Witch
Lost in this insanity
Beg for evil
Cursed
Sanctuaire
Blood

Ponte Del Diavolo

Formation née à Turin en 2020 et signée sur le label marseillais Season of Mist, Ponte Del Diavolo est la tête d’affiche de la soirée. Leur musique représente un alliage entre du doom metal traditionnel, du black metal et du post punk. Composée de cinq membres, le groupe possède la particularité de compter deux bassistes dans ses rangs. La scène se veut théâtrale à l’image du pied de micro orné d’un étrange blason. Les italiens n’ont sorti que deux LP mais ils semblent déjà aguerris à la scène. Dès leur entrée, les membres de Ponte del diavolo prennent possession de la Boule Noire, déversant leurs riffs vénéneux et d’une froideur mortuaire. Leur musique ressemble à un mariage contre nature entre Burzum, Candlemass et Joy Division. Leur son me fait penser à du Chelsea Wolfe avec un côté black metal assez prononcé et un chant en italien. Du haut de la scène, la chanteuse Erba del diavolo scrute le public de son regard perçant. Puisant parmi les titres des albums Fire blade from the tomb (2024) et De venom natura (2026), les italiens se distinguent par leur son très particulier, à mi-chemin entre metal et new wave. Le public semble plutôt réceptif. De son côté, la chanteuse se démène dans tous les sens, s’assoit parfois face au public comme pour mieux attirer l’attention. S’ils ont déjà joué au Roadburn festival en Hollande, ce concert est leur premier sur le sol hexagonal. Pour revendiquer leur côté post punk assumé, les piémontais proposent notamment une reprise des Britanniques de Bauhaus, groupe phare de la new wave des années 80, qui est présente sur leur dernier album en date. Après un dernier titre en italien (Un baccio a mezzanotte), le groupe tire sa révérence. Fiers d’avoir offert au public l’occasion de passer un moment magique et empreint de mysticisme, les membres de Ponte del diavolo vont à la rencontre de ce dernier dans la salle avant la fermeture.

Setlist :
Spirit, blood, poison, ferment !
Every tongue has its thorns
Lunga vita alla necrosi
Red as the sex of who she lives in death
Il venelo della natura
Zero
Nocturnal veil
La razza
In the flat field (reprise Bauhaus)
Demone
Covenant
Un bacio a mezzanotte

 

 

 

 
 
 

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