Le Showcase, fidèle à ses habitudes depuis la reprise en main par Maître Grims (je ne suis presque pas désolé de cette vanne de bas étage…), a encore servi de cocon à la scène Metal locale. Mais pas seulement, puisque Mary (de chez nos très bons confrères : Chair Your Sound) nous avait concocté à la fois du très local avec Artery et Rytual, et des groupes à l’accent du sud-ouest à l’accent plus prononcé avec Soulbreaker et Severed Soul. Tout ce beau monde mange bien des chocolatines, mais va surtout distribuer des tartines de décibels de haute volée ce soir ! Quatre groupes, quatre univers, mais une même volonté, faire vibrer les murs et briser des cervicales.
Rytual :
Rytual ne vient pas pour juste ouvrir la soirée, ils viennent pour nous éclater avec leur Death Metal Old School, qui fleure bon les 80’s ! Le premier titre démarre comme une explosion, avec ce que je pense être un titre du prochain album, et c’est une ouverture en mode déflagration puisque le tempo est tout de suite très élevé !
La salle comprend immédiatement que le groupe est venu « enterrer » son EP Machinery avec panache. Les morceaux de cette ère sont joués avec une intensité nouvelle, plus lourde, plus large, comme si le groupe avait décidé de leur offrir une dernière vie… Les samples, ajoutés en intro et entre les titres, renforcent l’atmosphère : tantôt inquiétants, tantôt rituels, ils donnent une cohérence presque cinématographique au set.
Hugues, le frontman, n'a pas attendu plus de trente secondes avant de plonger dans le pit, micro en main, pour réveiller tout le monde. Le public, surpris mais ravi, se met immédiatement en mouvement : Wall of death, pogo massif, hurlements, tout y passe. Rytual a ce talent rare de déclencher le chaos tout en restant profondément humain.
Autant, en fin d’année dernière, j’avais trouvé le virage à une guitare sur scène un peu compliqué, autant le groupe maîtrise mieux son sujet aujourd’hui. Musicalement, le groupe a gagné en « épaisseur ». Les morceaux ont été légèrement repensés avec cette nouvelle donne, le son est plus musclé, les transitions sont plus fluides, le quatuor semble plus à l’aise. C’est prometteur pour l’album à venir.


Severed Soul :
Changement d’atmosphère, Severed Soul arrive pour distribuer des mandales à tendance Deathcore sans aucune forme de compromis. D’entrée de jeu, je trouve que leur son évoque Dying Fetus dans l’impact, mais avec une voix plus hardcore. Le groupe propose musicalement un vrai mélange des deux style Death et Hardcore. En général, c’est un style qui me laisse assez indifférent parce que souvent sur-produit, sur-joué, sur-sur… Mais ici, ce n’est pas le cas, le groupe joue avec les genres plus qu’avec les effets, ce qui rend vraiment bien en live. C’est gras, c’est lourd, c’est cochon, et ça fait du bien.
Le groupe ne cherche pas la démonstration technique, ils n’intègrent pas de solos, évite les effets de manche un peu faciles, ne font pas de fioritures, juste des rythmiques qui scient du bois, quelques breaks qui tombent comme des enclumes, et des beatdowns qui écrasent tout sur leur passage.
Le public, déjà bien chauffé par Rytual, répond immédiatement. Les premiers rangs se transforment en champ de bataille contrôlé, et les (très jeunes…) musiciens, imperturbables, enchaînent les titres avec une précision chirurgicale. Severed Soul livre un set compact, direct, sans détour, qui laisse des traces, bref une vraie démonstration de force.


Soul Breaker :
Les Toulousains de Soul Breaker sont attendus. Grims m’a bien vendu leur son qu'il trouve nickel, et un rendu live sympathique. Et en effet, dès les premières notes, il n’y a pas d’erreur, nous allons encore prendre une volée… Le groupe fait manifestement du Thrash, c’est la base, mais ce serait réducteur de s’arrêter là. Leur musique groove, casse les rythmes, surprend, et surtout embarque. Dès les premières mesures, on sent que le niveau technique est élevé : les riffs sont précis, les ruptures nombreuses, les transitions impeccables. Le niveau de composition est vraiment remarquable.
En effet le son est excellent : clair, puissant, équilibré. Chaque instrument trouve sa place, et la voix vient couronner l’ensemble avec une énergie communicative. Musicalement, Soul Breaker emprunte autant à Slayer pour l’agressivité et la rapidité du riffing, qu’à Machine Head pour le côté franc, massif et groovy. L’ensemble est hyper cohérent, et mérite sincèrement d’aller y jeter une oreille plus approfondie que cette découverte live.
La connexion entre la scène et la salle est totale : ça bouge, ça sourit, ça headbangue, ça vit. Le groupe remercie chaleureusement l’organisation, visiblement touchée par l’accueil. C’est le moment choisi par Mary, qui a organisé ce beau plateau, de s’offrir un slam, portée par un public tout aussi ravi qu’elle. Et pour conclure, cerise sur le gâteau, le chanteur de Severed Soul revient hurler sur le dernier titre. Sacré concert…


Artery :
Dernier groupe de la soirée et tête d’affiche, les Angoumoisins d’Artery, qui sont un peu comme à la maison au Showcase. Leur dernier album en date, Last Chance, leur aura permis de faire pas mal de dates cette année, et lorsque le quintet monte sur scène, ce soir, on sent une assurance palpable, un groupe sur de sa force et de son impact. Et en effet dès les premières notes, Greg saute dans la fosse, le ton est donné, la soirée se conclura bien avec une dernière claque.
Leur mélange Thrash-Death rempli aussi bien de banderilles directes que de groove fonctionne à merveille. Greg, toujours aussi puissant derrière son micro, mène le set avec une présence scénique impressionnante. Thierry et Mathieu aux guitares, tiennent vraiment la baraque. L’intenable Tiphaine derrière sa basse, ne résistera pas non plus à aller vers un tour dans le public, et seul nouveau (re)venu Simon, derrière les fûts qui avec seulement trois ou quatre répétitions dans les mains, fait déjà des merveilles. Il joue avec une solidité et une précision bluffantes, comme s’il avait toujours été là.
Artery finalise cette soirée en mode rouleau compresseur et va conclure tout en puissance avec une intensité qui ne faiblit jamais, laissant le public du Showcase rincé mais heureux.


Pour conclure ces quelques lignes, ce soir était une soirée comme on les aime. Quatre groupes de qualité sur scène, un accueil et une organisation qui savent ce qu’elle font, et des sourires affichés dans tous les coins de la salle. Le Showcase confirme encore une fois son rôle essentiel dans la scène Metal locale : un des derniers bastions Angoumoisins où les groupes peuvent venir se produire, où le public peut venir kiffer, et où la musique peut s’exprimer pleinement.