BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
Soirée classieuse au Rex sous l’égide du talentueux Einar Solberg. On le sait, le leader de Leprous est un hyper actif, très productif et de peur de se lasser de son groupe de cœur a monté un projet solo. D’abord plus versatile (16), il a ensuite développé une musique plus cinématique encore avec Vox Occulta, album audacieux truffé d’arrangements. C’est ce disque qu’il est venu présenter et nous allons le voir, il est venu avec une grosse production.
Raphael Weinroth-Browne
Je débarque dans un Rex correctement rempli sans que ce soit la grosse affluence non plus. On est dimanche soir, la nuit tombe plus tôt même s’il fait encore très bon le soir, l'automne arrive gentiment sur la Ville Rose. Lorsque je rentre dans le Rex, c’est le violoncelliste Raphael Weinroth-Browne qui est sur scène, seul avec son instrument. On connait le garçon qui a déjà œuvré en live avec Leprous, on est en famille ce soir. N'y allons pas par quatre chemins, j’ai trouvé ce show absolument génial. Utilisant le système de boucles permettant de superposer les différentes parties qu'il joue successivement, l'ensemble gagne en dynamisme donnant une dimension presque rock à la musique de Raphael Weinroth-Browne. Du classique mais dans une approche rock telle est l'approche de Raphael Weinroth-Browne.
C’est vraiment plaisant, ce système de boucles permet d’assurer des rythmiques efficaces, et les mélodies sont superbes. Le public est très réceptif et ce sont des applaudissements nourris qui résonnent à la fin de chaque pièce. Fort de son troisième album solo, Raphael Weinroth-Browne propose un nouveau morceau avant de conclure avec une reprise d’Opeth très réussie. Un show excellent, très agréable à suivre. Seul avec son violoncelle, Raphael Weinroth-Browne a renvoyéApocalypticaà ses études. Absolument remarquable.
Royal Sorrow
Les finlandais avaient déjà ouvert pour Leprous par le passé, je vous l’ai dit on reste en famille ici. Le premier album des finlandais m’avait bien plu, les retours des concerts étaient bons, j’attendais donc ce show avec intérêt. Le résultat fut un peu mitigé je dois l’admettre. Lookés de manière cohérente et élégante, les musiciens délivrent un metal progressif efficace mais un peu trop mélodique pour moi. Pour le dire clairement, ça manque de puissance malgré deux guitares. Bon j’abuse un peu il y a quelques breaks bien musclés qui passent bien et lorsque le groupe envoie des bons gros riffs prog, ça le fait bien. La voix de Markus Hentunen passe bien. Dominique notre estimé collègue suisse avait relevé sa tendance à l'excès artifices entre tenues et maquillages un peu forcés et c’est juste, il en fait un peu trop le garçon.
Malgré mes petites réserves, j’ai apprécié ce bon metal prog qui gagnerait à s’affermir, se durcir un peu. Sans que je sache pourquoi, j’ai songé à Unprocessed (look du chanteur, dynamique générale). En tout état de cause, ça tient la route, l’auditoire a passé un bon moment et pour tout dire j’en aurais bien repris deux ou trois titres car trente minutes, c’est un peu court pour bien affiner son jugement.
Einar Solberg
Le changement de plateau est annoncé de dix minutes ce qui est ambitieux car d’un coup, la scène se remplit vite. Sans surprise, on attend dix petites minutes de plus ce qui est n’est pas désagréable vu la qualité des titres envoyés dans la sono (dont un Paranoid Android non entendu depuis un moment). L'âme de Leprous assure ici la troisième date de sa première tournée solo et a fait venir pour cela une production aboutie. Outre un groupe électrifiée avec guitare, basse et batterie, on trouve un claviériste, deux violoncellistes (dont Raphael Weinroth-Browne) et un violon. Les arrangements de Vox Occulta ne seront donc pas bâclés, bien au contraire. Excellente initiative autant qu’ambitieuse.
Il y a donc du monde sur scène et les musiciens devront composer cet espace réduit. Einar Solberg présentera en fin de shows ses musiciens et c’est peu dire que le collectif est international : un américain au violon (pas facile d'être américain en ce moment dira Einar), une néerlandaise (violoncelle), un islandais derrière les fûts, ça vient de partout. Tiens un mot sur le batteur. Naturellement discret (islandais CQFD), ce dernier a la charge de jouer le même instrument que Baard. Pas évident et ce dernier avec son look Tahiti Bob assure comme un chef. Il sait toujours aussi bien s’entourer le Einar.
Le démarrage est très théâtral les musiciens arrivant avec une longue robe de cérémonie et les capuches qui vont avec. C’est très visuel et cela lance bien le show. D’entrée, Einar sidère toujours autant avec sa voix iconique qu’il maîtrise toujours aussi bien. La section à cordes est bien utilisée, le rendu est chouette, classieux. Les toges et capuches tombent, les musiciens reviennent élégamment vêtus et déroulent un show intense, immersif où on accroche d’entrée. A Beautiful Life illumine temporairement le Rex avec ce refrain impressionnant et cette voix totalement envoûtante. Avec un bloc lui permettant de se surélever par rapport à la sène, Einar, se met en avant, maîtrise bien. Entre deux morceaux, il se raconte comme à son habitude, sa dépression, son mieux être sur lequel il a beaucoup travaillé. Plus compliqué le passage où il parle des tourments de son père, du suicide de ce dernier. S’en suivent deux morceaux plus mélancoliques, plus sombre qu’on devine éminemment personnel. Le vocaliste nous perd un peu d’ailleurs avec des titres difficiles d’accroche mais on devine et on respecte le moment cathartique du frontman.
Le titre Medulla permet de relancer la dynamique avec un refrain XXL aussi beau que celui de A Beautiful Life lançant le final de ce concert remarquable, Einar Solberg a proposé une belle contre-offre à Leprous avec son élégance coutumière. La partie instruments à cordes a été géré brillamment avec trois musiciens excellents rendant ainsi hommage à la dimension cinématique du dernier album d'Einar Solberg. Un excellent show et une très belle soirée, variée et riche musicalement.
Incroyable artiste ce Einar Solberg, profondément humain et attachant, touchant de sincérité sur ses tourments personnels qui génèrent une profonde empathie pour l’homme, régulièrement accablé par un destin tourmenté et pour autant d’une résilience admirable. Et inspirante.