BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
Retour à l’asile ! Zornheym sort enfin son troisième album, suite très attendue de l’histoire démarrée avec les excellents Where Hatred Dwells and Darkness Reigns (2017) et The Zornheim Sleep Experiment (2021). Cependant, Descending Into Markness, en termes de narration, se déroule avant les faits des précédents opus. On y suit le docteur Bettleheim qui prend ses fonctions de directeur du fameux asile dépeint depuis les débuts du groupe, arrive sur place avec sa femme (enceinte) qui ressent rapidement un fort malaise en se promenant dans ce lieu et dont le séjour va évidemment basculer dans le bizarre... voire l’horreur. On n’en attendait pas moins. Pour ce qui est des musiciens, on retrouve la majorité du lineup précédent : le maître à penser Zorn (Tomas Nilsson de son vrai nom, qui, rappelons-le, a fait partie de Dark Funeral) compositeur principal mais également guitariste de la formation, Bendler et son chant versatile, le guitariste Scucca et... un nouveau batteur répondant au patronyme de Qual. Un album, un batteur... c’est vraisemblablement le mode de fonctionnement de Zornheym. Au menu, dix pistes (douze si l’on compte les bonus de l’édition digipack) qui vous promèneront dans un monde lugubre et inquiétant, mélangeant des éléments death mélodique, heavy et symphoniques avec un savoir-faire qui force l’admiration.
Dès le prologue, le ton est donné, l’ambiance est sombre et pesante, violons et instruments à vent se donnent la répliquent alors qu’une chorale s’ajoute, vite suivie par les instruments électriques... et voilà que déboule à toute allure Deus Rex, premier morceau de bravoure de cette galette ! Le tempo est typiquement death metal, Bendler est en mode caverneux et agressif... mais il sort la voix claire sur le deuxième refrain (une belle réussite, ce "The God of Gods, the King of Kings" épique précédé d’un pré-refrain furieux va vous rester dans la tête) avant qu’un break plus mélodique (avec guitares tourbillonnantes et orchestrations) ne s’invite à la fête. Le tout s’achève avec la chorale. Superbe. Rien à redire, c’est une tuerie. Changement de ton et de tempo avec Somewhere Far Beyond, excellent single, dont le refrain pourrait tout à fait figurer sur un disque de Therion ou Epica. C’est encore bien épique et symphonique avec des parties agressives (au niveau de certaines vocalises uniquement) et des mélodies très accrocheuses. Ce mid-tempo est extrêmement entraînant, la musique respire et ne nous étouffe pas malgré sa richesse, elle est rythmée et il y a toujours quelques courts passages plus calmes pour varier le propos. De plus, la production est impeccable et met en valeur le travail de tous les nombreux intervenants (petite précision, le groupe a tenu à engager de véritables choristes et musiciens... tout cela ne sort pas d’un clavier - pas uniquement en tout cas - ou d’un ordinateur, ça va mieux en le disant).
Avec Deep Below, Zornheym signe son morceau le plus long à ce jour (presque neuf minutes). La pièce est évidemment grandiose et connaît moults développements. La voix belliqueuse de Bendler se voit adjoindre un chant féminin, les tempos varient, les guitares proposent des solos mélodiques de toute beauté et c’est une nouvelle fois aux chœurs que revient la conclusion. Encore un très bon titre. Faisons court et simple : toutes les pistes sont réussies, il n’y a pas un seul morceau à jeter. Le tout est complètement homogène et cohérent. L’album veille à bien équilibrer l’agressivité et la mélodie et l’on trouve une jolie alternance "titres remuants, morceau plus posé". Ainsi après Deep Below, Annaliese accélère le tempo et s’ouvre un lead de guitare qui n’est pas sans rappeler King Diamond. Un peu plus tard, vous trouverez une compo bien plus lente (lente, certes, mais pas molle pour autant, le couplet est bien typé - de par son chant et ses parties de double grosse caisse - metal extrême) intitulée The Funeral March dont le thème principal est emprunté à la Marche Funèbre de Frédéric Chopin. Mais dès qu’elle s’achève, c’est Descending qui fait irruption avec une rythmique mélodeath furieuse dont le tempo vient rivaliser avec celui de Deux Rex. L’aspect symphonique est omniprésent mais tout de même moins en avant ici que sur d’autres pistes. La conclusion épique de cette aventure se fait sur l’excellente (et speedée) Come Sweet Death qui mélange power metal épique (notamment sur le refrain qui ne choquerait pas sur une compo signée Helloween... mais également au niveau des guitares dont les leads pourraient tout à fait coller à la musique des fameuses citrouilles... ou des bardes de Blind Guardian) et ingrédients plus extrêmes avec succès.
C’est à nouveau une grande réussite pour Zornheym ! C’est bien simple, j’écoute et réécoute Descending Into Markness... et ne trouve rien à lui reprocher. Le travail fourni est admirable, l’ennui est proscrit, il se passe toujours quelque chose, l’album sonne du tonnerre et je loue encore une fois l’esprit de concision dont Zorn et ses sbires ont fait preuve (dix pistes, trente-neuf minutes, c’est parfait). Bien sûr, on peut parler puissance, technicité, arrangements, etc. Il y a de quoi faire... mais au final, ce qui marque le plus, c’est sans doute la qualité d’écriture et le soin apporté à l’accroche mélodique. Alors, le monde est-il prêt ? Zornheym va-t-il enfin goûter à un succès plus important ? Vu les immenses qualités déployées ici, ce serait amplement mérité. L’un des grands disques de l’année. On le retrouvera en bonne place dans mon top 2026 au moment du bilan, c’est une certitude.
Tracklist de Descending Into Markness :
01. Prologue: From the Depths of Sêlasee 02. Deus Rex 03. Somewhere Far Beyond 04. Deep Below 05. Anneliese 06. Alone in the Dark 07. Gallow’s Oak 08. The Funeral March 09. Descending 10. Come Sweet Death 11. The Foreboding (CD Bonus Track) 12. None For All (CD Bonus Track)