Groupe:

Amon Sethis + Syr Daria + Elfica Tribute Epica

Date:

21 Février 2026

Lieu:

Fréjus

Chroniqueur:

philippec

Le samedi 21 février marquait le grand retour d’Amon Sethis au Monster’S Art de Fréjus. Une date attendue, d’autant que le groupe revenait tout juste d’un concert à Lyon en compagnie de Syr Daria, également présent ce soir. Pour compléter l’affiche, Elfica (tribute dédié à Epica) avait la mission d’ouvrir les hostilités et de chauffer la salle. Une entrée en matière qui s’est révélée bien plus qu’un simple échauffement.

Elfica

C’est Elfica qui lance la soirée. Formé en 2023 dans la région PACA, ce tribute à Epica aurait pu n’être qu’un nom de plus dans la longue liste des hommages consacrés aux Hollandais. Mais dès les premières mesures, on comprend que le projet est travaillé avec sérieux et ambition. Pas question ici de reproduire mécaniquement les titres : les arrangements et orchestrations proposés sont élégants, soignés, et surtout exempts de caricature. Ils apportent une vraie fraîcheur aux morceaux choisis pour ce set d’ouverture.

Porté par Christelle, une chanteuse au talent impressionnant, capable de passer d’une douceur lyrique à des envolées puissantes sans jamais perdre en justesse, le groupe impose rapidement une présence scénique solide. Autour d’elle, les musiciens assurent avec conviction et revisitent des classiques comme Code of Life, Unleashed ou encore l’incontournable Cry for the Moon, pour le plus grand plaisir d’un public immédiatement conquis.

L’alchimie fonctionne : refrains fédérateurs, énergie sincère, maîtrise technique… On ressent les heures de travail et l’envie de rendre hommage sans trahir l’esprit originel d’Epica. Elfica se distingue également par le choix de titres plus rarement joués en live par le groupe hollandais, comme Edge of the Blade ou In All Conscience qui ne figure sur aucun album, une initiative que l'on ne peut que saluer.

Difficile de ne pas être séduit : rarement un tribute n’aura dégagé une telle personnalité tout en respectant autant son modèle. Avec cette prestation solide et inspirée, Elfica a non seulement ravi la salle, mais aussi parfaitement préparé le terrain pour la suite de la soirée.

 
Setlist :
Code Of Life
Unleadshed
Design Your Univers
Edge Of The Blade
Serenade Of Self - Destruction
In All Concience
Cry For The Moon
 

Syr Daria 

Originaire d’Alsace et actif depuis 2007, Syr Daria a été la surprise totale de la soirée. Pour beaucoup, moi compris, c’était une première rencontre avec leur univers… et quelle rencontre. Arriver sans rien connaître du groupe a rendu l’impact encore plus fort : une montée d’adrénaline immédiate, un choc musical qui a saisi la salle dès les premières secondes.

Je me faufile devant la scène avec mon appareil photo, juste avant que les lumières ne s’éteignent. Autour de moi, les conversations continuent, les rires fusent, et la plupart des gens ne savent pas vraiment à quoi s’attendre.

Syr Daria ? Quelques t-shirts dans la foule, en réalité ce sont quelques amis du groupe venus de Colmar pour leur faire une surprise, mais dans l’ensemble, beaucoup d’entre nous les découvrent pour la première fois. Puis les amplis s’allument, un grondement parcourt la salle, et tout change. Les premiers riffs claquent comme une gifle. Un heavy metal massif, frontal, groovy, qui prend à la gorge sans prévenir. La rythmique est compacte, les guitares tranchent l’air comme des lames, et je sens immédiatement la fosse se resserrer, happée par cette énergie brute. Beast Is Back démarre, et c’est comme si quelqu’un avait appuyé sur un interrupteur : la salle se réveille d’un coup, les têtes bougent, les poings se lèvent.

Will au chant déboule sur scène comme un ouragan. Une boule d’énergie impossible à ignorer. Il occupe chaque centimètre carré, hurle, chante, fédère, galvanise. Quand il lance un regard ou un sourire, tu as l’impression qu’il s’adresse directement à toi. Sur Pogo, la fosse explose ; sur First Believer, le groupe de fans venu de Colmar chante chaque parole. Will les repère, leur renvoie des clins d’œil, des sourires, des interactions qui renforcent encore l’ambiance. La fosse devient une seule entité, compacte, vivante, portée par la musique et par ce frontman incandescent.

Les morceaux s’enchaînent sans temps mort. Ceux de leur album Dark Carousel sorti à l'automne glissent naturellement, puissants, cohérents, portés par ces guitaristes Michel et Thomas deux sacrés solistes qui se répondent comme des duellistes. Mr Gray » et Tears of a Clown apportent une dose d’émotion inattendue, un contraste qui fait mouche. Le groupe oscille entre heavy old school, combinant des influences punk, thrash et nu metal, tout en conservant un son fluide, clair et organique porté par la rythmique basse/batterie explosive formé du virevoltant Basscal et Bubu le bucheron.

Quand le dernier riff retombe, je reste planté là, un peu sonné. Je ne m’attendais à rien, et je repars avec l’envie de tout écouter, tout comprendre, tout suivre de ce groupe. Syr Daria fait partie de ces découvertes rares, celles qui te prennent par surprise et te marquent durablement.

 
Setlist :
Beast is back
Pogo
Mr. Gray
First believer
Tears of a clown
Fate
Lucifer
Zug zwang
Carousel
 

Amon Sethis  

Dès les premières minutes, on retrouve cette atmosphère si particulière qu’Amon Sethis sait installer au Monster’s Art. Comme lors de leurs précédents passages, le line-up a connu quelques changements, mais cela ne semble jamais freiner l’élan du groupe. Cette fois, bonne surprise : Laëtitia est enfin présente à la basse, aux côtés de Julien (chant) et d’Andréa (guitare). En revanche, comme lors de leur dernière venue, aucun clavier sur scène, et Sébastien est remplacé à la batterie par Florent (Talvienkeli, Pharnal), qui assure l’intérim.

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Malgré ces absences, le rituel reste immuable. Le set s’ouvre sur l’instrumental Dawn Of An Apocalyptic World. Julien, masqué, fait son entrée et joue avec les flammes sur Lamentations, avant d’enchaîner avec The Rise Of Tyrant et son refrain entêtant. La setlist inclut également The Blood Red Temple, puis le dantesque At The Threshold Of Doom, où Andréa livre un solo incandescent. L’ordre des titres reste proche de leur dernier passage, à ceci près que Kubatalawa s’intercale entre Threshold of Doom et l’épique The Rise of Aoutef’s Army, sur lequel Julien impressionne une fois de plus.

Ce chanteur possède un charisme rare. Ce soir, il est particulièrement en voix : il incarne chaque morceau, navigue avec aisance entre chant clair, passages plus gutturaux et attaques agressives. Son sens de la mélodie éclate notamment sur Osiris God Of The Dead. Le set se conclut avec Pyramidion, un classique toujours aussi efficace. Comme d’habitude, le son façonné par Philippe Casetti est impeccable : voix et instruments sont nets, parfaitement équilibrés. La basse de Laëtitia, déjà impressionnante, en ressort magnifiée. Toujours souriante, elle apporte une fraîcheur communicative au groupe. Quant à Florent, il ne s’est pas contenté d’assurer : il a sublimé son rôle d’intérimaire par son talent et son énergie.

Même si la setlist reste très proche de la précédente, nous avons encore passé une excellente soirée. Le public a répondu présent du début à la fin, headbanguant sans retenue sur la plupart des morceaux. Amon Sethis a une nouvelle fois démontré sa capacité à captiver son auditoire. Malgré les absences, le groupe a livré une performance splendide, fidèle à sa réputation, et a prouvé qu’il sait toujours transformer chaque concert en véritable voyage.

Setlist :
Intro (Dawn Of A apocalyptic World)
Lamentations
The Rise Of TheTyrant
The Blood Red Temple
At The Treshold Of Doom
Kubatalawa
The Rise Of Aoutef’s Army
Osiris God Of The Dead
Pyramidion
Outro (From Dust To The Stars)

 

Au terme de cette soirée intense et généreuse, difficile de ne pas ressortir avec le sourire. Entre la fraîcheur inspirée d’Elfica, la claque inattendue assénée par Syr Daria et la puissance narrative toujours aussi envoûtante d’Amon Sethis, le Monster’s Art a une nouvelle fois prouvé qu’il reste un lieu privilégié pour vivre la musique de près, dans toute son authenticité.

Un immense merci aux trois groupes pour leurs prestations habitées, pour leur passion palpable et pour cette capacité rare à fédérer un public venu d’horizons différents. Merci également à l’équipe du Monster’s Art pour son accueil impeccable et son engagement constant en faveur de la scène metal. Et bien sûr, merci au public, dont l’énergie, la bienveillance et l’enthousiasme ont fait de cette soirée un moment à part.

Que ce soit pour une découverte, une confirmation ou un véritable coup de cœur, chacun est reparti avec quelque chose de précieux. Vivement la prochaine date, et vivement les prochains voyages musicaux à partager ensemble.

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