Samedi soir nous sommes allés en couple au fin fond des Alpes Maritimes, tout proche de la frontière italienne, au col de Castillon précisément (arrière pays de Menton), pour assister à la seconde édition du Mass Echoes Fest. Le festival est organisé par l’association Poutrasseau, dont je vous ai déjà parlé lors d’un des nombreux concerts qu’ils organisent à l’Althérax de Nice. Ici c’est un peu leur grand messe, la consécration après une belle année d’organisation de concerts. On retrouve d’ailleurs certains groupes déjà passés pendant l’année. Nous n’arrivons que pour le concert de 18h. Ce qui veut dire que nous avons déjà raté VanR à 15h, Hah à 16h et Pray à 17h et je m’excuse auprès d’eux. Première constatation, l’endroit est magique, on est sur les ruines d’un village abandonné suite à un tremblement de terre en 1887 et de la seconde guerre mondiale. Les ruines de l’église (où sont installées les loges pour les artistes) dominent la place où est installée la scène. Il y fait très frais, on est à 728 mètres, le soleil s’est déjà couché derrière la montagne et le contraste avec les températures sur le bord de mer est frappant. Pas mal se sont fait surprendre. D’autres se sont installés en hauteur, au pied de la ruine de l’église, ils profitent ainsi de la musique et des derniers rayons du soleil. Deuxième constatation, le public est au rendez-vous devant la scène, je dirais dans les 300 personnes. Le petit parking en cul-de-sac est déjà saturé, nous avons de la chance de trouver une place. L’entrée est à prix libre, c’est aussi un principe plutôt sympa et inclusif. Une fois dans la place, la brasserie artisanale La Mentounasc propose des bières citronnées bien agréables (au citron de Menton bien sûr) et il est possible d’acheter des salades et des grillades. Tout cela est très familiale et de bonne qualité. Un beau stand de merch propose des articles de tous les groupes présents, dans la majorité des cas à prix libre, c’est pas courant, c’est une belle initiative.
C’est le trio marseillais Glitch qui finit sa balance et attaque ensuite. Je trouve le groupe très intéressant, son British pop tendance post-punk est bien en place. La basse semble préenregistrée, mais je discute à la fin du set avec la guitariste qui m’explique trafiquer le son de sa guitare et utiliser un ampli basse pour les sons de basse et un autre pour la guitare. Du coup je ne sais plus, mais j’ai bien aimé l’ensemble.
Comme pour les concerts à l’Althérax, Poutrasseau propose un groupe toutes les heures et avec le même temps de jeu de 40 à 45mn. Je trouve ce modèle parfait pour découvrir des groupes. Après un rapide changement de plateau et une rapide balance, c’est Indykush qui prend le relais. Le groupe niçois fait partie de l’organisation, ils étaient déjà présents lors de la première édition et je les avais déjà vu à l’Althérax. Le style est bien plus metal, le devant de la scène commence à bien s’agiter. Ils livrent un très bon set. La foule a adoré le coup du ballon de foot géant estampillé Indykush, qui a circulé au dessus des têtes un bon moment avant de finir dégonflé et dans un sale état.
Ils laissent ensuite la place à Spiralpark, dont je vous ai déjà aussi parlé puisqu’ils étaient au Tribal Fest la semaine dernière. Je les retrouve avec plaisir. J’aime bien leur garage rock tendance psychédélique. Eux aussi sont proches de l’organisation, ce sont aussi des locaux puisque de Roquebrune Cap Martin. J’ai trouvé le chanteur moins tendu ici que la semaine dernière. Leur musique fait mouche, la foule répond bien.
La nuit est tombée quand Sator attaque son set. Eux sont de Gènes, en Italie, n’oublions pas que la frontière est très proche. Je ne connaissais pas le groupe et la foule non plus, je pense, mais leur sludge doomesque fait mouche (premier et seul circle-pit de la soirée). Le bassiste chanteur est assez impressionnant, sa basse saturée défonce tout, son chant hurlé d’écorché vif ajoute à l’ambiance noire de leur musique. L’ensemble est assez captivant, limite hypnotisant. Une bonne surprise.
Yarostan, qui monte ensuite sur scène est aussi un groupe de Marseille. Leur setup est assez original sur plusieurs points: tous les musiciens (sauf le batteur) ont un micro et participent au chant (tous en chant screamo). Ils opèrent à trois guitares puisque le chanteur utilise majoritairement sa guitare et de temps en temps un clavier. Les trois guitares assez originales (tête ajourée) sont fabriquées par l’un des guitaristes sous la marque Old Tree Instruments à Aix-en-Provence. Gros riffs, chant hurlé mais pas que, au final beaucoup d’émotions.
C’est au groupe Wormsand de clôturer le festival, il est déjà 23h. Wormsand que je ne connais pas du tout, est annoncé sludge/grunge sur l’affiche. C’est aussi le groupe de Clem, le pilier de l’association Pourtasseau. C’est un trio déjà bien établi, puisque ils ont tourné cet été dans toute la France, mais aussi en Angleterre, aux Pays-Bas et en Belgique avec en point d’orgue un passage au Hellfest sur la scène The Valley (petit extrait ci-joint).
C’est Clem qui est au chant, en plus de son jeu de basse très puissant (basse Gibson Ripper surpuissante). Julien à la guitare (lui aussi joue sur Old Tree Instruments) propose aussi du chant growl, qui contraste avec la voix claire et assez douce de Clem (un peu dans le style de Stoned Jesus), je trouve l’ensemble vraiment très convainquant. Clem est déchainé sur scène (il m’avais semblé beaucoup plus calme hors-scène), son énergie est très communicative et la foule répond bien. Je vais le féliciter à la fin et je m’offre leur second album You, The King.
Une belle soirée, très bien organisée, bravo aux organisateurs. La soirée était fraiche, mais avec un plateau de très bonne qualité, bravo à tous les groupes et un son aux petits oignons (bravo à la régie) qui nous a réchauffé les cœurs et notre foi en la bonne musique dans un lieu vraiment exceptionnel. Long live Mass Echoes Fest!
PS: Nous avions fait le choix de dormir sur place dans notre tente de toit, mais ça n’était pas forcément la meilleure idée car le démontage du festival a durée une bonne partie de la nuit… avant que le coq du voisin ne se venge, vers 4h du mat :-)