Groupe:

Festival 666 Jour 3

Date:

22 Aout 2021

Lieu:

Cercoux

Chroniqueur:

JeanMichHell

Jour 3

Carbone

C’est Carbone, qui ouvre en cette journée de clôture. Le groupe formé en 2017, originaire de La Rochelle propose un Heavy Rock / Stoner qui revendique des influences telles que Motorhead ou Royal Blood. Le groupe travaille à la sortie de son premier album Let Me Explode pour partir à la conquête des salles et festivals de France ! Le groupe se compose de Guillaume (Guitare/Chant) d’Alexi (guitare), d’Alexis (basse) et d’Olivier (batterie)

Un premier titre qui part sur les chapeaux de roues, un style en effet bien rock’n roll avant tout. Guillaume est hyper motivé et compte botter des culs à tour de bras. Il se déchaîne et enchaîne les riffs boostés aux hormones ! Le groupe est d’ailleurs plus original lorsqu’il ralentit le tempo et s’attaque à des compositions plus Stoner.

Visuellement ça bouge parfois peu, la faute aux trois guitaristes qui se positionnent chacun derrière un micro, et parfois ça part dans tous les sens. Musicalement c’est très convaincant, le groupe sait accélérer les choses pour du rock punk efficace à souhait, à tel point que le groupe arrive à motiver le public pour un premier wall of death !

Globalement la recette du groupe est bien équilibrée. Un chant mélodique et puissant teinté d’accent rock, des riffs blues groovy, et sait alourdir à l’occasion le propos, ce qui a pour conséquence directe le mode headbang automatique.

Carbone est convaincant même s’il a encore à gagner sur le jeu scénique mais le quatuor a réussi le pari de réveiller le public et c’est ça le plus important.


 
Breakdust

Changement d’ambiance avec l’arrivée de Breakdust. Le groupe propose un Death Old School à placer entre le Sepultura du début, Death et Morbid Angel. C’est d’ailleurs peut-être le côté David Vincent du guitariste qui, au-delà du style musical du groupe, me fait penser ainsi. De plus, le bassiste possède un t-shirt Arise, j’ai au moins une influence de bonne !

Sincèrement j’ai été vraiment convaincu par Breakdust. Globalement leur Death est lourd, souvent en mode rouleau compresseur et lorsque le tempo augmente, les accélérations sont faites pour décorner Satan lui-même. Et même si les musiciens sont très concentrés sur leur instrument, ce qui limite un peu le jeu scénique, l’ensemble est très cohérent et d’une qualité évidente.

Pour me confirmer cette sensation de puissance, le public est totalement habité pendant la prestation du groupe, et l’on voit la poussière apparaître là où il y avait jusque là de l’herbe. Et lorsque le groupe décide de descendre d’un ton sur The Malignant extrait de leur album Mutilated Earth, où s’enchaine rythmiques ciselées et solos heavy à souhait, c’est un carnage ! Il est clair que les bordelais sont tel Attila ! Rien ne repoussera !
Pour le dernier titre, le groupe veut voir un circle pit de motherfu****, et cela confirme que je serais totalement terrassé par cette prestation tout en cheveux et en poil ! Merci Breakdust !

Scarlean

Je ne vais pas m’attarder sur la prestation de Scarlean, qui n’est clairement pas un groupe pour moi. Le public est quant à lui content de ce qu’il est en train de vivre, je suis ravi pour eux, mais perso je suis allé boire une bière.

 

Cachemire

L’ami JC et moi-même avions eu l’occasion de découvrir Cachemire à la Voix du Rock en 2019, une belle découverte et je ne m’attendais pas à voir une telle prestation ce soir. Leur rock en français sous amphétamines me redonne goût à la vie. Le groupe est on ne peut plus motivé, le public les attend et l’ensemble respire l’envie et la bonne humeur dès les premières secondes du concert.

Et cela ne va jamais faiblir, Freddy, le chanteur, veut la guerre et je peux vous assurer qu’il va l’avoir ! Donnons-lui la guerre ! Sa prestation est d’ailleurs tout à fait remarquable, avec ou sans guitare chanteur en main, il envoie une débauche d’énergie totalement irrésistible. Il est vraiment un super frontman, il n’arrête jamais de jouer avec le public ! il fait chanter les filles et les mecs séparément, fait s’accroupir tout le monde puis les fait sauter partout… Il va même jusqu’à slammer dans le public, se ramasse en remontant sur la scène et chambre le public pour son non-soutien. Bref, il est une véritable pile électrique, qui emmène tout le monde avec lui.

Hallelujah....Les cloches carillonnent prêtes pour faire trembler la terre à Cercoux, et pour rendre un bel hommage à un personnage, lui aussi bien rock’n roll, le King Eric Cantona. Ce ne sont pas les seules références du groupe, puisque le groupe pense également à l’un des pionniers du rock à la française, non pas Johnny, mais à M. Alain Bashung pour une version haute en couleur de La Nuit Je Mens.


Cachemire a proposé une véritable tornade d’énergie et, de fait, un concert très convaincant. On peut entendre que le rock c’était mieux avant... Je peux vous assurer que Cachemire est, non seulement un groupe qui en défend les couleurs avec ferveur et modernité, et est clairement un de ses plus dignes représentants à l’heure actuelle.

No One Is Innocent

Les parrains du rock à la française depuis maintenant 1993, prennent possession de leur terrain de jeu favori ; la scène. Et on peut dire qu’ils ne boudent pas leur plaisir, le groupe se retrouve assez rapidement autour de la batterie comme s’il jouait juste pour eux quelques instantes histoires de repartir de plus belle. Mais il ne faudra pas attendre bien longtemps pour un retour en forme du quintet.

L’ambiance sera vite au rendez-vous, Silencio avec ce riff principal imparable fait office de détonateur. Dorian Wild, que nous avons pu découvrir avec Dolloster, en a profité pour monter sur scène le temps de la fin du titre. François Maigret alias Shanka va le chercher, tait sa guitare, et lui laisse exprimer son talent, une initiative très sympa.

Et des moments sympas, nous allons en vivre quelques-uns. Kemar ne se fend pas de grand discours mais présente avec fois et passion les titres du combo. L’excellent Ali aux relents de RATM sera présenté poing levé, Charlie remue encore des souvenirs douloureux à ne jamais oublier, et la reprise de Bullet In Your Head reste le moment où tout le monde pète totalement les plombs !

Le public est au taquet car même sans rien demander les pogos et les wall of death s’enchaînent sur Nomenklatura entre autres… Tandis que sur What the Fuck (habituellement chanté avec Niko de Tagada) le public s’assoit et saute partout de son propre chef ! C’est assez incroyable. Même les membres de Trepalium observent avec un grand sourire cette communion entre No One et son public.

A la lumière de ce qu’il se passe, l’ensemble des membres du groupe (Popy à la guitare, Bertrand Dessoliers à la basse et Gaël Chosson à la batterie) est tout sourire et on voit bien que les parisiens prennent un pied énorme, pour une prestation qui nous aura mis dans les mêmes dispositions.

 


Trepalium

Je ne vous cacherai pas que Trepalium fait partie des groupes que j’attendais de pied ferme. Le groupe originaire Boismé, dans les Deux-Sèvres, est donc un quasi local. Et comme moi aussi, je suis un quasi local, j’ai eu l’occasion de voir Trepalium sous à peu près toutes ses formes, sauf celle avec M. Renato Di Folco derrière le micro. Leur album From The Ground m’avait vraiment plu et j’avais hâte de voir la transition sur scène.
Mais il y avait une autre surprise, Sylvain Bouvier tourne actuellement avec les excellents Igooor et n’est pas présent ce soir. C’est donc Quentin Regnault qui s’y colle, et croyez-moi sur parole, il va s’y coller très très correctement. Il suffit de l’écouter s’échauffer avec les parties de batteries de Remembrance de Gojira pour savoir que le Monsieur va nous en mettre plein les dents ! Autre surprise, la formation se présente à quatre avec Harun Demiraslan à la guitare et Ludovic Chauveau à la basse.

Et il n’y a pas que le batteur qui est chaud comme la braise, après l’enchaînement des groupes comme Cachemire (que Renato louera la prestation scénique !) et No One, il suffit de pousser sur le bouton On pour mettre le public en route. Et même si le frontman joue beaucoup avec ce dernier, il ne lui faudra pas longtemps pour l’avoir dans la poche.

Trepalium va distiller son Death Metal Jazzy comme personne. Quel pied d’entendre Sunshine Limbo ou encore From The Ground (que le groupe nous avait gentiment soufflé pour notre compil des indépendants 2020) en live ! Le groupe nous présente un nouveau titre, même si le futur album n’a aujourd’hui pas encore de nom. Les titres s’enchaînent avec force et cohérence, et à l’instar du public je suis totalement convaincu par ce nouveau line-up.

Après le concert Harun a publié ces quelques mots : « Après un an et demi sans scène, à quatre, sans avoir pu répéter avec Renato Di Folco, avec Quentin Regnault pour la 1ère fois... qui d’ailleurs n’avait jamais rencontré Renato avant cette soirée. Un concert free style mais l’éclate. » Je n’aurai pas dit mieux, il transpirait une telle envie et une telle joie de retrouver la scène que cela aura largement éclipsé les quelques imperfections.

 
Shaârghot

Shaârghot était manifestement attendu et a occupé le site, via le souffre-douleur / esclave Skarskin Omega depuis le début de l’après-midi. Il aura pris soin de venir saluer tous les Shadows (nom du public du groupe) qui pouvaient arborer une tenue avec du maquillage noire. Il faut reconnaître que cet esprit de « camaraderie » donne tout de suite une cohésion évidente entre le groupe et ses fans.

Malheureusement, je ne fais vraiment pas partie de ceux-là, et je suis très mal placé pour parler de musique industrielle, car comme j’ai l’habitude de le dire (oui je sais je m’autocite comme les footeux) : « La seule chose qui m’emmerde encore plus que l’Indus c’est la chanson française avec vocoder…" Bref, c’est avec un sacré paquet d’a priori que je m’installe pour profiter du concert.

Et contre toute attente, j’ai été plutôt séduit par le groupe, même si musicalement c’est assez répétitif, comme le veut le style. Je dois avouer que je me suis laissé prendre par l’ambiance qui se dégage du groupe. Une ambiance sombre, un jeu de lumière impressionnant qui colle complètement au style, des effets pyrotechniques sont autant d’éléments qui rendent la scène vivante. C’est un véritable son et lumière qui est proposé par le groupe. Il est bien évidemment impossible de ne pas penser à leurs homologues allemands d’autant que le groupe arbore un style qui s’en rapproche aussi.

Autre point de vie sur scène, le chanteur et son esclave. Tout d’abord Skarskin Omega apporte un fusil avec lequel il « tire » sur le public, tente d’apporter à boire aux musiciens, il prend des coups de bâton, sert à tenir un bidon qui fait office de percussion. La manière dont il se déplace sur scène me fait penser aux vilains suceurs de sang du narnardesque jeu vidéo Night Trap. 

Un autre point qui m’a convaincu c’est leur motivation. La musique est certes binaire, mais elle possède un aspect bestial et très martial. Leur acharnement va jusqu’au boutisme et l’ensemble s’avère vraiment prenant. La seule chose qui me surprend, et que j’ai un peu de mal à saisir, c’est que le groupe est français et communique avec ses shadows en anglais, dans un festival en France. J’imagine qu’il y a une motivation à cela mais c’est un aspect excluant dans une démarche artistique qui me semble faire le nécessaire pour être justement dans l’efficacité fédératrice.

Shaârghot aura réussi son coup, leur ambiance est idéale pour conclure un festival, un peu comme un after. C’est un véritable show que propose le groupe et il faut leur reconnaître une véritable force d’attraction.

 
En conclusion de ce festival, il y aura trois éléments notables à Cercoux :

- En premier lieu, l’ensemble des groupes a exprimé combien c’était bon de se retrouver enfin en face à face après DIX-HUIT mois de pause contrainte et forcée. Le public aura aimé se retrouver pour prendre enfin des décibels dans le museau !
- Ce festival sent le festival en devenir, le site est très sympa, même s’il est placé en plein milieu du village. Je me demandais comment les habitants pouvaient accueillir cet événement, et bien j’ai eu ma réponse, les bras ouverts.
- Et enfin Victor Pépin (qui aura aussi bien assuré les relations publiques, que le service derrière le bar, que le pogo…) et son équipe, Guillaume en tête, qui sont la vraie raison de cette réussite. Là encore, tous les groupes ont félicité ce jeune homme, à peine majeur, d’avoir décidé de maintenir, presque à tout prix, ce festival. Ils ont tous loué l’accueil de l’ensemble des bénévoles, leur disponibilité et leur gentillesse. J’ai vu des artistes rester tout au long du weekend, et ça c’est un signe qui ne trompe pas, lorsque l’on est bien reçu, on n’a pas envie de partir.



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