Mustasch

Interview date

27 Novembre 2013

Interviewer

Didier

I N T E R V I E W

Interview David Johannesson, Jejo Perkovic (face à face)


Salut David, Salut Jejo, merci de m’accorder un peu de votre temps. Nous sommes Aux Portes Du Metal, un Webzine français et cette interview sera publiée en Français et en Anglais.

Salut Didier. Pas de problème.

Pouvez-vous d’abord nous présenter votre groupe, pour les personnes qui ne connaissent pas encore Mustasch.

David : D’accord, je suis David Johannesson, le guitariste et voici Jijo Perkovic, notre batteur, Là c’est Mats Johansson notre bassiste et Ralf Gyllenhammar notre chanteur. Notre premier album est sorti en 2001, il me semble. En ce qui me concerne je fais partie du groupe depuis cinq ou six ans maintenant et Jejo nous a rejoints il y a deux ans.

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez choisi un nom de groupe aussi étrange ? C’est également un mot français, vous le savez ?

David : Il me semble que vous ne l’écrivez pas de la même façon, non?

Effectivement, mais c’est plutôt bizarre comme nom, vous ne trouvez pas ?

David : C’est vrai, mais au moins c’est un nom facile à retenir, non ?

C’est sûr, mais cela fait drôle de dire à ses amis que l’on va assister au concert de Mustach. Cela peut faire penser à un club gay ou ce genre de chose…

David : [rires]

Jejo : En fait c’est exactement ce qu’a pensé Lemmy, de Motörhead. Il se demandait si nous faisions partie d’un groupe gay. [rires] En fait nous avons choisi ce nom pour rendre hommage à des personnes et des groupes comme Freddy Mercury, Black Sabbath. Parce que dans les années 70, tout le monde portait une barbe ou une moustache. Quand Ralph a créé le groupe, nous avons proposé ce nom pour rire, mais finalement nous avons pensé que c’était une bonne idée.

Quelles sont vos influences majeures ?

David : Je dirais que ce sont les groupes des années 70, surtout Black Sabbath.

Jejo : J’écoute aussi beaucoup de hip hop, de reggae et de soul. Mais nous avons vraiment une passion commune pour Black Sabbath.

Je suis allée au Hellfest cette année, et j’ai pu assister à votre set. Je dois dire que cela m’a beaucoup plu. Avez-vous apprécié cette expérience ?

Jejo : Oui beaucoup. Cela a été très positif pour notre groupe. Avant ce concert, nous ne connaissions pas du tout la France, nous ne savions même pas si le public serait au rendez-vous.

David : C’était la première fois que nous jouions en France.

Jejo : Nous avons été surpris qu’il y ait tant de monde pour nous écouter ce jour-là. En tout cas, ça a été une très bonne surprise.

David, il me semble que tu as eu un problème à cause d’un jean trop serré pendant ce concert ?

David : Oui je suis trop gros [rires]. Il a craqué. Et ça m’était déjà arrivé auparavant. Une fois il s’est même déchiré entièrement pendant un festival en Suède, alors pendant notre dernier morceau je l’ai enlevé et je l’ai jeté au public.

Jejo : Il a l’habitude maintenant, cela lui arrive très souvent [rires].

Quelles sont les différences entre un si grand festival et un concert en tant que tête d’affiche ?

Jejo : Les deux sont très bien. Le plus gros avantage des grands festivals, surtout si on joue sur la grande scène, c’est qu’ils nous permettent de faire découvrir notre musique à des gens qui ne nous connaissent pas du tout. Moi je préfère jouer dans les clubs, un peu plus grands que celui de ce soir, mais en tout cas je préfère jouer dans une salle car le son est meilleur en intérieur. Mais cela ne veut pas dire que je ne suis pas heureux de participer aux festivals. Les créneaux sont en général plus courts, donc nous préparons une setlist spéciale pour ce genre d’évènement, car il faut plaire au plus grand nombre. C’est aussi bien pour nos fans car cela leur permet de découvrir plein d’autres groupes. Certains viennent de très loin, par exemple pour le Hellfest, je me souviens que beaucoup de gens avaient fait le voyage depuis l’Espagne. Nous sommes partis en tournée en Espagne en Mars, et beaucoup de gens là-bas nous ont dit qu’ils iraient assister au Hellfest.

Nous avons reçu votre dernier album dimanche soir, ce qui ne nous a laissé que deux jours pour préparer cette interview…

David : Nous l’avons terminé jeudi ! C’est tout récent.

Sur la pochette il y a le chiffre romain VII mais aussi le titre : "Thank You For The Demon". De quel démon s’agit-il ?

David : Pour nous c’est une façon de dire que tous les obstacles que l’on peut rencontrer au cours de notre vie nous permettent d’être meilleurs et nous rendent plus forts.

Jejo : En fait c’est ce qui forge votre personnalité. Et à mon avis, ce que Ralph veut dire à travers ce titre, c’est merci de m’avoir permis de devenir la personne que je suis. Enfin, c’est mon avis.

David : Et comme c’est notre septième album, l’artiste qui a réalisé notre pochette a ajouté un VII. Il nous a demandé ce qu’on en pensait et du coup, nous avons décidé de ne pas la changer.

Pouvez-vous nous dire comment vous avez procédé pour composer cet album ?

David : Nous avions déjà trouvé pas mal de riffs, mais tous ensemble nous avons effectué environ 60% du travail en studio.

Jejo : Lorsque nous sommes entrés en studio, nous avions déjà quelques idées, et quasiment trois chansons terminées. Après ça, il nous restait beaucoup de riffs que nous avons ensuite organisés en studio. Nous avons travaillé à l’ancienne, comme ils le faisaient dans les années 60, en improvisant tous ensemble dans le studio. C’était très sympa. Même si les guitaristes avaient déjà trouvé la plupart des riffs, il nous a fallu ensuite travailler tout ensemble pour arranger les chansons.

Et qui écrit les paroles ?

David : C’est Ralf qui s’en occupe.

Ok, je ne sais pas si vous pourrez me répondre mais est-ce que ses textes sont autobiographiques ?

David : Oui, ils le sont tous.

Parce que la plupart des textes de vos chansons sont assez torturés, comme par exemple "Feared and Hated", "Don't Want To Be Who I Am"...

David : Oui. Il a été adopté et il en veut beaucoup à ses parents biologiques de l’avoir abandonné. Voilà pourquoi nos textes sont souvent tristes.

Et il n’aime pas danser, c’est ça [rires] ?

Jejo : Non [rires]

David : Attends un peu, je l’ai vu danser moi, mais cela ne m’a pas plu. [rires]

J’ai pu entendre du violon dans le morceau "Don't want to be who I am", et du piano dans "Thank You For the demon". C’était la première fois que vous utilisiez ces instruments ?

David : En fait Ralf a une formation de pianiste classique. Nous avions déjà utilisé quelques instruments à cordes pour notre album précédent. Mais c’est la première fois que nous ajoutons du piano.

David, voilà une question pour toi. Je n’ai pas entendu un seul solo de guitare sur cet album, tu es en grève ?

David : [rires] Il y a quand même un petit solo de basse. Non nous n’avons pas eu le temps de parler de ça et de décider si nous voulions ajouter des solos de guitare. Nous étions un peu pressés et de toute façon ce n’était pas nécessaire.

Jejo : La plupart du temps je trouve les solos inutiles. Cela n’apporte pas grand-chose à la chanson...

David : C’est devenu une tradition : il faut absolument qu’il y ait un solo. Mais moi, ça me va très bien comme ça.

Qui s’est chargé de la production de cet album ? Le résultat me plaît beaucoup, je trouve que tout est très bien équilibré.

David : C’est notre nouveau producteur. Nous avons également participé à la production avec Rikard Löfgren et Gustav Ydenius. Le studio où nous avons travaillé se situe dans les bois en Suède, c’est de là que je viens. Entre Oslo et Stockholm, tout près d’un grand lac. Nous sommes restés là-bas pendant un mois, ça s’est super bien passé. Nous ne pouvions pas travailler à Stockholm, il nous fallait plus de calme. Puis ils se sont occupés du mixage et ce type a travaillé avec les musiciens les plus connus de Suède, comme Roxette.

Jejo : C’est le producteur le plus demandé de Suède.

J’ai l’impression que les premiers morceaux de l’album ont des intros plutôt douces et sont ensuite suivies par des titres plus lourds. Vous aimez les contrastes apparemment.

David : Oui, nous ne savions pas trop quoi faire pour le début de "Feared And Hated". Alors nous avons enregistré du chant et des chœurs et cela nous a plu, alors nous n’avons rien changé.

La chanson "Borderline" ressemble à un mélange de Metallica et de Danko Jones, est-ce une comparaison qui vous déplaît ?

David : Non. En fait je suis assez d’accord avec toi, en particulier lorsque j’écoute la partie guitare du refrain.

Lorsqu’on écoute "The Mauler" et "From Euphoria to Dystropia", on perçoit nettement l’influence de Black Sabbath. Alors vous m’aimez bien maintenant parce que je vous ai dit ça ?

David : Oui, nous aimons beaucoup qu’on nous compare à Black Sabbath

Les paroles de "From Euphoria to Dystropia" sont assez effrayantes et sombres, est-ce également une chanson autobiographique ?

David : Oui, elles sont toutes autobiographiques. Ralf a besoin de textes authentiques, en accord avec ses convictions, sinon il a beaucoup de mal à interpréter les chansons. Il faut qu’il y ait un message derrière chaque chanson. Cela compte beaucoup pour lui.

L’intro du titre "I hate to Dance" est assez commerciale, et par son texte cette chanson ressemble à une critique de la musique disco. Est-ce exact ?

David : Oui tout à fait.

Jejo : En fait, moi j’aime bien la musique disco.

J’ai remarqué que vos refrains sont souvent très entraînants, est-ce quelque chose que vous travaillez particulièrement ou bien est-ce naturel ?

David : Nous travaillons surtout le chant, et la plupart du temps c’est Ralph qui trouve les lignes de chant.

D’accord, alors en ce moment vous êtes en tournée pour promouvoir cet album. Avez-vous déjà choisi les morceaux que vous allez jouer sur scène ?

Jejo : Non pas encore malheureusement. En fait, nous ne faisons pas cette mini-tournée pour promouvoir cet album, et c’est bien dommage que notre agent allemand ait décidé de l’appeler le "Thank You For the Demon tour". Cela n’a aucun rapport car nous ne jouerons aucune des chansons de cet album avant l’année prochaine. Nous n’avons pas eu le temps de les répéter.

David : C’est une mini-tournée de deux semaines, ensuite nous prendrons le temps de répéter avant de repartir.

Jejo : Nous allons d’abord partir pour une grande tournée en Scandinavie en février, puis nous espérons pouvoir revenir en France après ça, peut-être en avril ou en mai.

Avez-vous des projets parallèles en plus de votre groupe ?

David : Pas vraiment. Ralf a participé au Melodifestivalen en 2013, c’est un concours de chansons. Il s’en est bien sorti, il a même participé à la finale, et c’était ce qu’il espérait. Nous n’avons pas voulu y participer en tant que groupe alors il l’a fait de son côté, en jouant du piano. Il a dit qu’il ne recommencera pas car c’est trop le cirque !

Jejo : Pour ma part, cela fait quinze ans que je fais partie d’un groupe de hip hop, notre premier album va bientôt sortir.

Avez-vous un message pour vos fans français ?

David : Oui, ce soir vous allez tâter de l’acier suédois !!!


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