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Interview NIHIL par mail
Bonjour, et merci de nous accorder un peu de votre temps pour répondre à nos questions.Avec plaisir. Pour commencer, pouvez-vous retracer la première décennie de NIHIL ? Comment vous êtes-vous rencontrés, et qu’est-ce qui vous a motivés, à l’époque, à former un groupe ensemble ?La naissance du groupe remonte à la nuit des temps ! Quelques rencontres fortuites, quelques longues nuits bordelaises, quelques sombres répétitions et le projet NIHIL était né ! Ce qui a toujours fédéré notre envie, c’est le partage des émotions et une volonté d’ouvrir le spectre musical sur toutes nos influences. Quelles sont vos principales influences musicales ? Y a‐t‐il des artistes ou des groupes qui ont particulièrement façonné votre son et votre style ?Évidemment nous avons tous une base commune très forte, à l’époque c’était des trucs comme Tool qui nous montraient la voie vers un metal prog cérébral et ultra sensible à la fois. Neurosis a aussi été très important pour nous, dans sa démarche musicale comme extra musicale. Et au-delà, nous avons toujours été impressionnés par les longues plages mystiques de groupes comme Godspeed You! Black Emperor, mais aussi par des sonorités venues d’ailleurs, Moyen Orient, Europe de l’Est, Afrique. Bref, toute une palette de couleurs musicales au service d’une mélodie ! Après un Ep et quatre albums sortis entre 1998 et 2006, quelles sont les raisons de l’arrêt de NIHIL en 2008 ?Nous avions le sentiment d’être arrivés à la fin d’un cycle, d’avoir accompli ce que nous souhaitions faire avec ce projet et qu’il était temps de tourner la page. Que ce soit pour des raisons musicales ou personnelles, nous avions tous l’envie de voir d’autres horizons. Il s’agissait d’un arrêt, qui à l'époque mettait un point final à cette belle aventure. Pouvez-vous nous parler de la genèse de ce retour pratiquement seize ans après votre séparation ?Nous sommes toujours restés en contact les uns avec les autres, parfois dans des projets musicaux (Blackstars United, Lois Must Die..), mais surtout au travers de notre amitié bien évidemment. Et c’est notre manager de toujours, Laurent Lefebvre qui nous a proposé un jour de reformer le projet et de réenregistrer nos anciens morceaux. En 2008 lorsque Nihil s’est arrêté, il n’y avait pas autant de réseaux sociaux ou de plateformes de streaming. C'était donc une occasion inespérée de laisser une trace « numérique » de nos titres en leur redonnant un petit coup de jeunesse ! Qu’est-ce qui vous a inspiré le projet Syzygy ? Quelle est sa signification ?Syzygy est la dénomination scientifique qui désigne un alignement des planètes. Et c’est clairement le sentiment que nous avons eu lorsqu’il nous a été proposé de partir en studio, tout le monde semblait prêt, disponible et volontaire pour s’investir autant que possible dans des réenregistrements, les planètes s’alignaient ! Comment les titres inclus dans Aphelion, la section « best of » de Syzygy, ont-ils été sélectionnés ? Existe-t-il une raison pour laquelle aucun titre de Pandora’s Box n’y figure ?De manière très démocratique, nous avons proposé nos morceaux préférés, ceux qui avaient compté pour nous dans cette folle décennie, et assez vite la liste des 9 titres est arrivée : tous s’y reconnaissaient, et sentaient aussi la possibilité de les amener plus loin, grâce à nouveau travail en studio. Quant à Pandora’s Box, c’était déjà un album à part dans notre discographie, puisqu’il réunissait une poignée d’anciens morceaux complètement réarrangés. Comment vous est venue l’idée de les réenregistrer ? Quelle a été le processus ?C’était la condition de départ pour remonter le groupe : ne pas sortir un “simple best of” mais partir de notre matière pour l’amener un peu plus loin, dans les sons notamment. Le retour en studio était donc nécessaire ! Nous avons enfin pu aller au bout de notre processus créatif, entendre nos anciens titres tel que nous en rêvions, avec le son d’aujourd’hui ! Depuis sa sortie en septembre 2025, quels retours avez-vous reçus sur Aphelion ?D’abord de la surprise !! Si Aphelion a été un cadeau pour nous, ce fut aussi une surprise inattendue pour celles et ceux qui nous connaissaient à l’époque ! Le groupe est revenu sur la pointe des pieds, très discrètement, comme un fantôme venu du passé, mais ce retour a réjoui pas mal de fans, parce qu’ils ne nous attendaient plus ! Il est maintenant temps de leur présenter du nouveau ! Après Aphelion, c’est Perihelion qui vient conclure notre projet Syzygy. Comment avez-vous mené votre processus de création pour arriver à Perihelion, le second volet de Syzygy, constitué uniquement de morceaux inédits et prévu pour une sortie en avril?De manière assez simple et naturelle, les premières répétitions pour Aphelion nous ont portés vers quelques idées neuves, que nous avons creusées comme nous le faisions avant: le processus créatif n’était pas mort, nos réflexes sont vite revenus, et notre envie de nous exprimer aussi ! Comment composez-vous en général ? Écrivez-vous les paroles avant la musique ou l’inverse ? Y a‐t‐il un membre du groupe qui se charge principalement de l’écriture ?Comme tout “vrai” groupe, le processus créatif est très collégial, quelqu’un apporte un riff, une idée, une ambiance, et chacun des autres membres va apporter sa touche, sa vision : le morceau se développe alors lentement, prend parfois des directions inattendues, pour mieux devenir NIHIL ! Le texte arrive souvent a posteriori mais ça n’est pas toujours le cas, et si c’est Yves le chanteur qui finalise le tout, les idées de texte sont elles aussi souvent partagées. Quels thèmes vous tiennent particulièrement à cœur ? Y a‐t‐il un message global que vous souhaitez transmettre à travers votre musique ?Nous nous sommes rendus compte que le temps n’avait pas vraiment eu de prise sur le projet créatif (c’est d’ailleurs une ligne (prémonitoire ?) d’un de nos morceaux phare, Deus Pendulum), 20 ans plus tard, nous essayons de creuser le même sillon, les mêmes émotions, les mêmes thématiques, car elles nous taraudent encore ! Le rapport à l’Autre, l’incommunicabilité, nos différents masques et identités, le sentiment de perte, en voici quelques exemples, toujours très gais ! ;) En février, vous avez sorti un single accompagné d’un clip, intitulé F.E.A.R. (Floating Eternally Across Realms), qui ne figurera pas sur Perihelion. Pourquoi ce choix ? Pouvez-vous nous en dire plus sur ce morceau et sur son importance dans le contexte de l’album ?F.E.A.R. est le premier morceau que nous avons composé en retournant en répétition, il a beaucoup évolué mais il est là pour témoigner de notre retour ! Nous le proposons donc en premier single, et les retours étant très positifs, le titre pourrait même intégrer la tracklist de Perihelion ! Quels défis avez-vous rencontrés lors de la production des deux volets de l’album, et comment les avez-vous surmontés ?Le principal défi était de se renouveler tout en conservant l'essence de ce que représente Nihil, de créer quelque chose de nouveau sans renier son passé. C'est cette ligne conductrice entre Aphelion (le point le plus éloigné, le passé) et Perihelion (le point le plus proche, le présent) que nous avons voulu retracer au travers de ces différents titres, tout en conservant une certaines homogénéité sur l'ensemble des deux disques. Nous avions très peu de temps en commun pour produire tous ces titres, une vingtaine au total. Compte tenu de nos emplois du temps respectifs et des délais impartis pour sortir le projet Syzygy, nous sommes au final très fiers du résultat. Pour la promotion, vous avez choisi de collaborer avec Klonosphère et Base Production. Pourquoi avoir retenu ces partenaires ? Êtes-vous satisfaits de leur travail, et qu’est‐ce qu’ils vous apportent concrètement ?Base Productions reste notre producteur exclusif et leur équipe a l'habitude de travailler avec Klonosphère en qui nous avons une totale confiance. C'est donc tout naturellement que la collaboration s'est mise en place et nous en sommes très satisfaits : sans eux nous ne serions pas là aujourd'hui à parler d'un double album, c'est assez incroyable ! Quels sont vos espoirs et attentes concernant la réception de Perihelion par le public et les critiques ?Nous espérons que le public prendra autant de plaisir à écouter cet album que nous en avons eu à le composer et à se retrouver entre amis pour ce fabuleux projet. Je pense que cela se ressent dans nos compositions. Et pour être tout à fait honnête nous l'avons aussi fait pour nous-mêmes : avoir de nouvelles versions de nos anciens titres et de nouvelles compositions aussi bien produites (merci Benjamin Mandeau et toute l'équipe du studio Cryogène !) c'était l'objectif principal, il est pour nous clairement atteint, c'est une véritable fierté. Envisagez-vous un retour sur scène prochainement ? Est-ce un souhait ?Ce n'est pas à l'ordre du jour, mais si l'occasion se présente nous y réfléchirons très sérieusement. Merci beaucoup pour cet échange. Pour conclure, avez-vous un message particulier à adresser à vos auditeurs, qui attendaient votre retour depuis tant d’années ?Merci à vous de continuer à nous supporter et à nous suivre après toutes ces années et bonne écoute à toutes et tous. Puis partagez, partagez, partagez !! Faites connaître aux nouveaux venus !
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