|
Interview Leopold, Alexandre et Charles-Elie
Pouvez-vous vous présenter et présenter le groupe ?Charles-Elie : Charles-Elie, bassiste et chanteur, grand frère d’Alexandre et Léopold Alexandre : Alexandre, batteur, petit frère de Charles-Elie et grand frère jumeau de Léopold Léopold : Léopold, guitariste et chanteur, petit frère de Charles-Elie et petit frère jumeau d’Alexandre. Mesmaekers, c'est 3 frères, 2 jumeaux (sic), 1 entreprise familiale depuis 35 ans qui ramène ce qu'il y a de plus sain dans le rock : un lâcher prise total, une prise de risque sans limite, une envie de transmission à travers l'énergie du live. D’où vient votre nom et quelle est son histoire ?Alexandre : Mesmaekers, ça vient de la bd Gaston Lagaffe, avec le personnage d’Aimé de Mesmaeker. Et on s'est rendu compte avec le temps que ça peut aussi être un jeu de mot anglophone (« Mess » et « makers » qui peut être grossièrement traduit par Créateurs de bordel) C'est un peu le cas au final quand on grimpe sur scène. Léopold : c’est également le patronyme de Jidéhem, Jean De Mesmaeker, qui a travaillé avec Franquin sur Gaston. Avant nous étions Admiral Boom, hommage au personnage de Mary Poppins, mais on s’est dit que si Disney nous collait un procès, il faudrait vendre plus de 3 EP pour rembourser… Charles-Elie : on avait hésité avec The Zinc Stoat of Budapest, qui est une référence à un des épisodes du Monty Python Flying Circus. Mais un organisateur de concert bien connu à Tours nous a conseillé de changer si on voulait faire carrière car c’est absolument impossible de retenir un tel nom… Parlez-nous de votre parcours ? Comment trois frères ont l’idée de former un groupe ?Alexandre : On a grandi à Selles Sur Cher et pour trouver des musiciens fans de rock de notre âge… Bon, ça ne se trouve pas partout. Donc vu que nos parents nous ont tous les trois inscrits dans la même école de musique et qu'on était voisins de chambre, on a commencé à jouer ensemble et comme ça collait bien, on a continué ! Léopold : Charles nous a vite regardé pour comprendre vers quel instrument se tourner pour monter un groupe et est passé du piano à la basse. Charles-Elie : oui j’avais la flemme d’apprendre un instrument « compliqué » et je voulais rapidement apprendre à jouer avec mes frères. J’ai pris une méthode de basse, quelques tablatures sur internet et des conseils de Léopold, et j’ai appris ça en jouant avec eux Comment vous faites pour séparer la vie de famille entre frère et le groupe ?Alexandre : Honnêtement, je ne me suis jamais posé la question… De base, on est une fratrie plus que soudée donc quand on se retrouve pour jouer, c'est comme si on se retrouvait pour boire un café ou passer du temps ensemble à se dire tout et n'importe quoi. Vous vivez de votre musique ?Alexandre : Hélas non, mais dans un futur proche, on y compte bien ! Vivre de sa passion, n'est-ce pas le but ultime ? Léopold : C’est en cours, mais ça demande plus d’un projet. Maintenant, si vous connaissez des gagnants du loto ou des mécènes, je laisse nos coordonnées en fin d’interview. Charles-Elie : Hélas non, mais on y travaille désormais avec, on espère, un projet qui est bien plus mature que ce qu’on a pu faire jusqu’à maintenant. Comment est né l’EP The Monochrome Tape, et The Monochrome Tape 2 ?Léopold : De deux sessions d’enregistrement au studio La Perrée (37). Une première session studio et une seconde session live quelques temps plus tard. Le premier avec 3 morceaux, d’où son titre [ˈθriː], three dans l’alphabet phonétique anglais et le second en avait deux, donc [ˈtuː], twoen anglais également. Comme les enregistrements sont différents, c’était logique de les séparer. Pourquoi avoir choisi ce format atypique de 2 EP regroupés ?Léopold : Et bien quand on réunit les EP 3 et 2, ça fait 1 EP qui s’appelle [ˈwʌn] (one en anglais): The Monochrome Tapes. L'idée est également de tromper les gens qui achètent deux cds pour le prix d'un mais qui ont presque la même pochette, presque le même titre, mais qui sont enregistrés totalement différemment (prises studios avec overdubbed sur le premier, et prise live pour le second) Qui compose et quels sont les thèmes abordés sur cet EP ?Léopold : Pour la composition, je ramène généralement une idée, un riff, ou un morceau terminé de A à Z. En fonction, soit j’écris les paroles, soit c’est Charles-Elie .J’ai écrit Wanderin' Around qui est une histoire d’amour, Don’t Cry Me A River sous forme de pamphlet contre l’élection de Trump en 2016 (sans imaginer que ce morceau serait terriblement d’actualité 10 ans après !) et I’m Terrified, qui est arrivée pile au début du Covid, et donc qui se projette sur la peur de l’inconnu. C’est assez varié au final et relativement en fonction de l’actualité. J’imagine que lorsque l’actualité est calme, ce sont les histoires d’amour qui s’imposent…. Charles-Elie : Shield Eyes From Light tient son titre d’une inscription sur le tableau de bord de la Delorean de Retour Vers le Futur. J’ai écrit le texte il y a 10 ans, quand j’étais bien plus jeune. Il n’a pas bougé et il reste pertinent, il parle des bonnes années, des moments où tout est encore possible, et du fait qu’à tout moment ces instants peuvent revenir. Jealousy parle de la toxicité liée à certaines relations amoureux, Bring’Em Down qui ouvre maintenant notre concert invite les gens à se protéger de ceux qui propagent la haine pour nous diviser. C’est hélas d’actualité… Comment définiriez-vous le son Mesmeakers ? Dans quelle catégorie peut-on vous classer (bien que la « catégorie » ne veuille pas souvent dire grand-chose) ?Alexandre : Justement, nous non plus, on ne cherche pas vraiment à se caser dans une catégorie précise. On mélange nos styles et influences diverses. De mon côté, je suis un fan de Métal et j'essaie d'insuffler ce côté groove dans ma manière de jouer. On arrive toujours à trouver un juste milieu dans nos compos. Charles-Elie : il faudrait regarder ça à l’envers. Écouter ce qu’on a fait et voir ce qui nous a inspiré inconsciemment. Notre son vient de 30 ans d’écoute de musique de genres différents, et à la fin quand tu nous mets dans une pièce, ça sonne comme ça. Donc, du rock, à cause des guitares, mais on ne s’interdit rien du moment que ça sonne. Quelles sont vos influences musicales ? Vos derniers coups de cœurs musicaux ?Alexandre : De mon côté, je dirais Slipknot, Limp Bizkit, RATM et Sepultura (Époque Roots) dans ma manière de jouer. Mais sans double pédale...Mon dernier coup de cœur, c'est le groupe Sleep Token. Je trouve que ça fait partie de ce genre de groupe que l'on peut difficilement classer en plus d'avoir une identité, un univers et une technicité bien différente de ce qu'on peut trouver actuellement. Léopold : Tout ce qui a été fait avant 1973/1974, des Beatles aux Beatles en gros. Dernier coup de cœur ? La réédition d'Abbey Road des…Beatles…. Non, mais Charles nous a fait découvrir « Me and Your Mama » de Childish Gambino, excellent. L’album de Doyle Bramhall II, « Rich Man », très bon, sans parler de Moundrag dont on a fait la première partie au Temps Machine, superbe découverte ! Charles-Elie : Vous avez 3h que je vous fasse une thèse ? J’aime beaucoup les approches alternatives de groupes comme Sonic Youth ou My Bloody Valentine, la simplicité et l’efficacité d’un Jack White, la pop de Tame Impala. En dernier coup de cœur, le dernier album de Fontaines DC. Est-ce que vous tournez beaucoup en ce moment pour défendre cet EP ?Alexandre : Pas beaucoup mais c'est notre projet… notre but… Léopold : Le Temps Machine, le Bateau Ivre dans quelques semaines ! On booke, donc n’hésitez pas à nous contacter, surtout si vous avez gagné au loto, mail et infos en fin d’interview. Si le groupe pouvait ouvrir pour un groupe, lequel choisiriez-vous ?Alexandre : Ça me ferait kiffer d'ouvrir pour The Who étant donné que ce groupe nous a tous quelque part influencé ! Léopold : On ne s’est pas concerté, mais The Who, de 1964 à nos jours, mais juste pour prendre des notes et pour savoir une chose : où trouvent-ils toute cette énergie ? Charles-Elie : Jack White ? Les Who pour l’histoire, Queen si on pouvait rêver. Quels sont les projets futurs pour Mesmeakers ?Alexandre : Conquérir le monde ? Non, jouer un maximum, enregistrer et vous faire découvrir tout ce qu'on a en stock ! Léopold : Un album avec plein de morceaux. Charles-Elie : un album, travailler un univers visuel et explorer d’autres médias, essayer de contourner les algorithmes et détruire les IA. Y’a-t-il une question que l’on ne vous a jamais posé et à laquelle vous aimeriez répondre ?Alexandre : Seriez-vous intéressé par être sponsorisé par la marque Evans/Remo ? Réponse : OUI ! Léopold: Pourquoi Léopold ? Pourquoi ? Pourquoi cette secrète passion pour les Charlots ? Pourquoi « Au Pays Des Pesetas » a tourné en boucle sur ta platine pendant des mois ? POURQUOI ??!Et je n’aimerais pas répondre à cette question. Charles-Elie : Pourquoi le choix d’une basse shortscale et pas d’un modèle plus standard pour jouer sur scène ? Pour notre webzine, vous pouvez nous filer une exclu ?Alexandre : On va faire la première partie de Yarol Poupaud au Bateau Ivre le 25 Mars ! Du coup c’est passé, mais c’était super !! Léopold : On va peut-être publier un nouveau morceau bientôt… Je vous remercie et vous laisse le mot de la fin…Alexandre : Un mot. Léopold : Merci Kabet pour ton temps, ton écoute et au plaisir de te revoir vite ! Charles-Elie : Protégez vos oreilles, on joue parfois trop fort.
|