Groupe:

KO-MA

Date:

05 Mars 2026

Interviewer:

KABET

Interview Léonard et Pierre-Louis (Pilou)

Pouvez-vous vous présenter ?

Pilou : moi c’est Pilou, je suis bassiste de Ko-Ma

Léonard : Moi c’est Leo, je suis guitariste et chanteur de Ko-Ma, et il manque Eliot, batteur et chanteur.

D’où vient le nom Ko-Ma ?

Léonard : Pour le coup c’est assez bateau car on avait commencé le groupe, Eliot et moi et on cherchait quelque chose d’assez impactant, et à la fois avec un côté un peu plus doux aussi pour montrer un peu l’ambivalence de la musique parce que ce sont des passages très forts et très énervés, avec des passages plus calmes et plus éthérés. On voulait un peu cette histoire de dualité par rapport à ça. On voulait aussi un truc court qui puisse se prononcer dans toutes les langues, mais aussi quelque chose de graphique. C’est comme ça que nous est venue l’idée de Ko-Ma avec le tiret entre les deux qui montre cette opposition.

Parlez-nous de votre parcours (du premier EP, en passant par le projet Blurry…) ?

Pilou : Avant que je rentre dans le groupe, Leonard et Eliot ont commencé à enregistrer des morceaux en studio tous les deux pendant le confinement, avec dès le début l’objectif de me faire intégrer le groupe lors ses live quand les concerts reprendraient. Quand je les ai rejoints on a rapidement commencé à composer des morceaux à trois. Des compos qui ont formé Trencadis, notre premier EP. Et dans cette création de Trencadis on avait envie d’expérimenter un peu du noise, des choses plus improvisées.

Léonard : ce sont des choses qu’on s’est mis à faire un peu naturellement en concert, et on s’est dit que ce serait cool de l’enregistrer.

Pilou : Comme tu le disais, Blurry, full improvisé. On se dit deux ou trois trucs très basiques et on se lance, et ça a donné ce résultat qu’on a pas touché ensuite. Ce sont les projets Blurry, on en a fait deux, on en fera peut-être plus tard, mais c’est un peu l’opposé de ce qu’on fait par rapport à Trencadis ou Anthropolis, des projets très travaillés avec des textes, une histoire. Blurry c’est tout l’inverse, c’est « sur le moment ».

Vous venez pour défendre Anthropolis, parlez-nous de ce projet. Qui compose, quels sont les thèmes, sa genèse… ?

Léonard : On compose beaucoup à trois maintenant. Au début c’est beaucoup moi qui ramenais les idées, et très vite on se les ait beaucoup confrontées, et sur la composition globale sur l’arrangement ça a changé pas mal. On est allé un peu plus loin par rapport à ça, y’a des idées que j’ai pu ramener, Eliott en a apporté aussi, et des trucs qu’on a fait aussi sur le coup en jammant. Voilà un peu comment ça s’est passé niveau compositions. Pour ce qui est des paroles c’est moi qui m’en occupe en grande partie. Par contre pour tout le processus qu’on veut raconter, on en discute avec les gars parce que ce projet est un projet narratif, un concept album ou tous les morceaux se suivent et racontent une histoire. Sur ce gros arc narratif on en a beaucoup parlé avec les gars, mais sur l’exécution des paroles en tant que telles, les tournures de phrases c’est plutôt moi qui vais venir mettre ma patte là-dessus.

Quelles sont vos influences sur cet album ?

Léonard : Multiples ! On est autant influencé par la scène actuelle que passée. Quand je parle de la scène actuelle, y’a des groupes qui sont proches de nous, que ce soit du côté noise rock ou post hardcore et tout ce qui peut se retrouver entre les deux, genre Birds In Row, Ititanita, même des choses comme La Dispute aussi. Et si on remonte encore plus loin, Fugazi, et même pour le coup Sonic Youth. Mais en plus de ça on est tous nourris par beaucoup de style rock et metal au sens large.

Pilou : Moi c’est Linkin Park, Rage Against The Machine. Quand on compose on amène tous la patte de ce qu’on écoute chacun de notre côté.

Comment vous définiriez le son Ko-Ma ?

Léonard : Pas facile comme question…Déjà il y a cette histoire de dualité comme je te disais au début. Donc des passages très fournis, énervés assez noise, et puis des moments plus éthérés avec du spokenword et des côtés psychés

Pourquoi il y une majuscule devant chaque titre ?

Pilou : C’est une forme de titre qu’on avait déjà faite pour Trencadis, on aime bien…Effectivement il y a une signification, mais on préfère ne pas la donner, c’est aux gens de chercher. Il y a des indices qui peuvent être donnés à droite à gauche, mais j’en dis pas plus.

Une tournée est prévue pour soutenir l’album ?

Léonard : Ce soir on a la release au Bateau Ivre, après on va partir en tournée à partir d’Avril. On va un peu partout en France, le Sud-Ouest, Lille, Paris au Supersonique le 24 Juillet. Et à l’automne d’autres choses en Belgique aussi. Y’a la Bretagne aussi en Mai, Rennes, Vannes, Rezé (proche de Nantes), puis ensuite Toulouse, Bordeaux…

Vous êtes là ce soir (et c’est une super nouvelle) suite à la séparation de Pogo Car Crash Control, une réaction sur cet évènement ?

Pilou : Surpris.

Léonard : Ouais surpris. C’est Brice du Bateau Ivre qui m’a appelé car il l’a appris le matin même, fin janvier et donc pas si loin de la date, et il cherchait quelqu’un pour remplacer. Pour nous ça tombait bien, même si on a été surpris, et c’était surprenant pour tout le monde, même si nous on connait un peu le groupe sans suivre de façon très vénère. Ca a été surprenant, mais une opportunité pour nous car on cherchait une release qui tombe le jour de la sortie de l’album (ce soir à minuit).

Quels sont vos derniers coups de cœur musicaux ?

Pilou : Le dernier album d’Igorr.

Léonard : Attends je triche, je vais voir dans mes albums (il cherche sur son téléphone, mais ne trouve pas)… Si je réfléchis je dirais Elie Zoe dont le dernier album est très chouette. J’écoute beaucoup de folk et tous ses dérivés. J’ai beaucoup aimé l’album featuring de Birds In Row.

Si vous pouviez ouvrir pour un groupe, ce serait lequel ?

Léonard : Y’en a pas mal, après soit on fait un truc accessible soit on y va, tu vois ce que je veux dire. Parce que Deftones ou Linkin Park ce serait énorme. Potentiellement ça, sinon plus proche de notre scène Cold Guns de fou ! Leurs shows ont l’air vraiment incroyables. Birds In Row se serait très chouette aussi

Est qu’il existe des collaborations que vous aimeriez explorer dans l’avenir ?

Léonard : encore une bonne question…

Pilou : pour l’instant ce n’est pas d’actualité. On en a fait une il y a trois ans avec un copain, Benjamin Gruvy, un featuring, et c’était très chouette.

Léonard : oui très sympa car on a réussi à faire rencontrer nos deux univers. Lui est plus artiste de pop indé. Pour le moment il y a plein de choses qu’on a envie d’explorer à trois. Mais clairement pourquoi refaire ce truc là.

Y a t'il une question qu'on ne vous a jamais posée et à laquelle vous aimeriez répondre ?

Pilou : Celle-là déjà (rire)

Léonard : Whoua c’est dur…Y’a plein de choses qui me passent par la tête. Si on n'a pas forcément beaucoup l’occasion de parler du quotidien d’un musicien, ce qui est intéressant car pour beaucoup de gens c’est assez nébuleux. Ce sont beaucoup de moments de travail seul chez soi avec parfois des horaires très différents des horaires de bureau qui peuvent y avoir en fonction des rythmes de chacun. Donc des moments de tournée ou t’es tout le temps à fond avec plein de monde, et des moments où te retrouves chez toi, redescendre et tafer sur des compos, refaire du mailing, des trucs comme ça. C’est très fluctuant en termes de rythme. Je pense que c’est pas forcément facile pour tout le monde. Chaque musicien a ressenti ces moments bizarres quand on rentre de tournées. D’ailleurs comme on tourne souvent le week-end ou en fin de semaine, après on a le temps d’aller voir les copains pour aller boire des coups, on est euphorique pour y aller etc.. Sauf que les copains, ben aussi ils bossent en semaine.

Avez-vous une exclu pour notre webzine ?

Léonard : en prévision de l’album, trois clips sont sortis. On peut vous dire que c’est pas fini, y’a d’autres vidéos qui arrivent, et qui sont un aspect très important du projet.

Je vous remercie beaucoup de votre disponibilité et je vous laisse le mot de la fin pour les lecteurs d’Auxportesdumetal.com

Léonard : Allez dans les petites salles de concert à côté de chez vous. Y’a de très bons artistes à côté de chez vous qui même parfois viennent de très loin. Soyez curieuses et soyez curieux et allez dans les cafés concerts, les salles…

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