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le 4 mai 2026.

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Groupe:

Headkeyz

Date:

15 Avril 2026

Interviewer:

Didier

Interview Edge

Salut à vous les Headkeyz, pouvez vous nous expliquer la genèse du groupe et nous présenter le lineup actuel ?

Hello, et merci beaucoup pour cette interview. HEADKEYZ est né en plein confinement 2021. À ce moment-là, le sentiment d’enfermement était omniprésent, ce qui a nourri en grande partie la naissance du projet. À l’origine, HEADKEYZ devait être la continuité de mon projet solo ADG, mais très vite, j’ai ressenti le besoin de porter quelque chose de plus vaste, avec une identité plus forte et une dimension de groupe plus affirmée. C’était une façon de partager ce que j’avais créé avec d’autres musiciens également.

Aujourd’hui, le line-up est composé de moi-même (Edge) au chant, Tim et Stella aux guitares, Sam à la basse et Sylvain à la batterie.

Pourquoi ce choix de nom de groupe ?

HEADKEYZ évoque, de manière assez intuitive, l’idée de « clés de l’esprit ». Ce nom reflète complètement l’ADN du projet : quelque chose de créatif et de libre, qui refuse de se laisser enfermer dans des codes trop rigides. Il y a derrière ce nom l’idée d’aller trouver les clés pour ouvrir des portes en nous, d’explorer des états de conscience, des images, des émotions, sans se fixer de limites.

Quelles sont vos influences musicales majeures ?

Mes influences plongent principalement dans le rock alternatif des années 90 et le nu metal des années 2000. Mais il y a aussi des textures plus fuzzy, parfois presque psychédéliques, qui viennent plutôt du rock des années 70.

Au fond, j’aime surtout dire que HEADKEYZ s’inspire de la musique dans son ensemble. On peut retrouver des éléments très tribaux sur un morceau comme Ctrl+X, des synthés aux couleurs plus 80’s sur The End, ou encore des touches plus hip-hop sur Rotten Party. L’idée, ce n’est pas de cocher des cases stylistiques, mais de laisser chaque morceau trouver sa propre couleur et de le laisser vivre.

J'ai relevé dans ma chronique des références à Tool, Perfect Circle mais aussi Black Keys ou Royal Blood ou encore Linkin Park, ce sont des noms qui vous agacent ou au contraire, qui vous font plaisir ?

Au contraire, ce sont des références très flatteuses. Tool et A Perfect Circle, en particulier, font partie des groupes qui m’ont profondément marqués.

Cela dit, notre objectif n’a jamais été de ressembler à tel ou tel groupe. Ces artistes existent déjà et le font parfaitement. Ce que je trouve intéressant dans le processus de création, c’est de digérer toutes ces influences, de les assimiler, puis de les transformer pour faire émerger une identité propre, quelque chose qui ne soit pas une addition de références mais un nouveau langage, en quelque sorte.

J'ai noté que vous êtes catalogués metal alternatif qui est est un genre un peu fourre-tout, j'aime pas trop ces étiquettes, mais est-ce surtout une façon de dire que vous touchez un peu à tout ?

Oui, complètement. “Metal alternatif” reste sans doute l’étiquette la plus simple, mais elle reste forcément très réductrice. HEADKEYZ est un projet qui repose justement sur l’idée de mouvement, d’évolution, de mélange.

L’objectif recherché, ce n’est pas de représenter un style, mais de proposer une expérience. Chaque morceau peut tirer dans une direction différente, tant que l’ensemble reste cohérent émotionnellement et artistiquement. C’est pour ça qu’au fond, la définition la plus juste reste encore de dire qu’on fait du HEADKEYZ.

Parlons un peu de ce deuxième album: The Cage & The Crown : Chapter II. Vous avez travaillé avec Emerson Mancini, célèbre pour avoir bossé avec des groupes tels que Linkin Park ou Paramore, comment s'est fait cette rencontre et quelle pourquoi avoir fait appel à lui ?

Nous avons fait appel à Emerson Mancini parce que son approche correspondait exactement à ce que nous voulions pour The Cage & The Crown : Chapter II. On a beaucoup aimé ce qu’a proposé Linkin Park dans son retour récent, justement parce qu’ils n’ont pas essayé de rejouer la carte nostalgique ou de faire un disque “fan service”. Il y avait une vraie volonté d’avancer, avec une approche forte et sincère.

Emerson, en complément du fantastique travail de mix de notre ami Thibault Akrich, a apporté à l’album quelque chose d’unique : une certaine modernité, mais sans pour autant lisser le tout. Le Chapter II possède une base assez nu metal dans son ADN, mais nous voulions qu’il conserve une vraie dimension rock, organique et incarnée. Nous ne cherchions surtout pas un son metal trop générique, trop clinique, trop synthétique. Le paysage est déjà saturé de ce type d’esthétique. Nous voulions préserver le relief, l’urgence et surtout, cette dimension de réalité.

Vous aviez déjà fait appel à une autre pointure pour le premier chapitre, pourquoi avoir changé ?

Howie Weinberg, qui a masterisé le Chapter I, a une approche différente, et c’est précisément ce qui nous intéressait. L’idée, avec ce diptyque, était de proposer deux chapitres liés sur le fond, dans l’écriture et dans la narration, mais avec une identité sonore distincte. C’était aussi une prise de risque. Le Chapter I possède une couleur plus brute, plus 90’s, et Howie était clairement l’homme de la situation. Quand on pense à son parcours avec des artistes comme Nirvana, Deftones ou Muse, ça faisait totalement sens. Emerson, de son côté, a apporté une forme de modernité et de précision qui servait parfaitement le Chapter II. Ce changement n’était donc pas une rupture, mais une continuité pensée différemment.

Stella et Sylvain ne sont pas les musiciens qui apparaissent sur l'album, pour quelles raisons ?

HEADKEYZ a connu plusieurs évolutions de line-up, ce qui est assez naturel pour un projet de cette nature. Construire un groupe avec une vraie ambition demande énormément de rigueur, d’investissement et d’énergie, et avec le temps, les priorités de chacun peuvent évoluer, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel.

Les deux albums ont en réalité été enregistrés il y a déjà quelque temps, à une période où Stella et Sylvain n’avaient pas encore rejoint l’aventure. C’est simplement pour cette raison qu’ils n’apparaissent pas sur les enregistrements. Aujourd’hui, ils font pleinement partie du groupe et apportent énormément à sa dimension live et à son évolution sonore.

Je viens de finir la chronique, qui a reçu un coup de cœur, j'ai beaucoup regretté de ne pas avoir vu passer le premier chapitre. Mais enfin bref, parlez nous un peu du thème global de ce diptyque ?

Avant toute chose, merci beaucoup pour ce coup de cœur. Ça nous touche sincèrement.

Sur le fond, The Cage & The Crown parle de l’effondrement, celui de la civilisation, de l’humain, et de cette obsession du pouvoir qui pousse sans cesse à vouloir dominer, posséder, contrôler. “The Cage”, c’est le monde dans lequel nous évoluons, ce système dans lequel on est enfermés. “The Crown”, c’est cette promesse impalpable de grandeur, cette quête illusoire qui pousse toujours à vouloir plus, sans jamais vraiment combler quoi que ce soit. Ce double album montre que la couronne (The Crown) est notre cage (The Cage).

Si j'ai bien compris cet univers est tout droit sorti de ton cerveau ?

Oui, totalement. C’est un univers que j’ai construit progressivement, et qui a demandé du temps avant de pouvoir exister pleinement. Il ne s’agissait pas seulement d’écrire des morceaux, mais de bâtir une cohérence globale : musicale, visuelle, narrative.Cela concerne autant les chansons que l’artwork, les clips, l’image du projet, la symbolique… Tout devait dialoguer. HEADKEYZ a été pensé dès le départ comme un univers à part entière, pas simplement comme une succession de titres.

Quand on se plonge dans cet univers coincé entre The Cage et The Crown on se dit que c'est très cinématique, que ça ferait une super BD, un bon ciné-concert, voire même un film, je suppose que vous y avez déjà pensé ?

Oui, clairement. Ce serait même un rêve de pouvoir un jour transposer cet univers sur d’autres formats, que ce soit au cinéma, en BD ou dans une forme de ciné-concert même.

Tous les clips ont été pensés comme les épisodes d’une même histoire. Ils se suivent, se répondent et laissent aussi volontairement certaines zones d’ombre. Le format clip impose malgré tout une contrainte : le rythme et la couleur de la musique, ce qui limite parfois la possibilité d’installer certaines ambiances, certains silences ou certains dialogues. Mais oui, l’aspect cinématographique est au cœur du projet, et j’aimerais énormément l’emmener encore plus loin un jour.

On se dit aussi que la réalité actuelle rattrape votre fiction, non ?

Oui, mais en réalité, cette fiction a été nourrie par le réel. Elle s’est construite dans une période très particulière, où beaucoup pensaient qu’il y aurait un “après”, une remise en question profonde, une prise de conscience sur notre manière de vivre et sur l’impact destructeur de l’être humain sur le monde.

Finalement, ce fameux “monde d’après” ressemble beaucoup au monde d’avant, parfois même en pire. Donc oui, il y a aujourd’hui un effet de résonance assez troublant, mais parce que cette fiction est depuis le départ une lecture symbolique de notre époque.

Pouvez-vous aussi expliquer les petits pictogrammes mystérieux qu'on retrouve dans l'artwork et dans les clips ?

Chaque pictogramme correspond à une iconographie propre à un morceau. C’est une manière d’étendre l’univers visuel et symbolique de l’album.

The Crown est représenté par une couronne ; Intoxicated par un scolopendre, cet insecte qui se faufile partout ; The Keys par un visage de profil traversé d’une serrure, ce qui renvoie aussi directement à l’identité de HEADKEYZ ; Rotten Party par une bouteille d’alcool brisée ; Viking par une hache et une fleur, pour illustrer le contraste entre virilité et sensibilité ; Revenge par un poignard enlacé d’un serpent ; Ctrl+X garde volontairement une part de mystère avec ses trois points ; et The End est symbolisé par un crâne de corbeau à trois yeux.

Ces pictogrammes forment presque un alphabet parallèle du diptyque.

Maintenant que le diptyque est clos, l'histoire est-elle vraiment terminée ? Et si oui, quels pourraient être vos prochains thèmes ?

Pour l’instant, oui, cette histoire est terminée. Il y avait un besoin d’aller au bout de ce cycle, puis de tourner la page pour explorer autre chose. Cela ne veut pas dire qu’un Chapter III est impossible un jour, mais ce n’est pas l’intention actuelle.Le prochain album sera probablement lui aussi conceptuel, mais dans un registre très différent. Un besoin s’est créé d’ouvrir une nouvelle porte et de changer d’air.

Allez-vous pouvoir défendre ce nouvel album sur scène ? En France ? A l'étranger ?

Bien sûr. Nous défendons déjà ces morceaux sur scène, notamment à travers plusieurs ouvertures pour Ultra Vomit, et nous jouons aujourd’hui une grande partie des titres issus des deux chapitres.

Nous avons plusieurs formats de set, de 30 minutes à 1h15, selon les gigs. Plus le format est long, plus nous pouvons installer une atmosphère immersive et donner au public une vraie plongée dans l’univers du groupe. Le live permet offre une toute autre approche. Un approche plus frontale mais également lumineuse.

Allons nous vous retrouver dans certains festivals cet été ?

Oui, absolument. Nous serons notamment présents sur un festival très important, qui sera annoncé très bientôt. On a hâte d’en dire plus, mais pour l’instant, on laisse encore un peu planer le mystère.

Quels sont vos autres plans pour les mois à venir ?

Je suis actuellement plongé dans l’écriture du prochain opus. C’est une phase de recherche très excitante, mais aussi très exigeante.

J’ai envie que ce futur disque soit très différent des deux précédents. Plus incisif, mais aussi plus émotionnel. Pour arriver à quelque chose dont on est fiers, il faut pouvoir se plonger entièrement dans ce processus créatif. C’est long, mais c’est aussi ce qu’il y a de plus passionnant selon moi.

Merci à vous, je vous laisse le mot de la fin pour nos lecteurs...

Merci à vous pour l’invitation et pour votre écoute.On est vraiment touchés par l’accueil réservé à The Cage & The Crown, et particulièrement par ce coup de cœur. On espère que les lectrices et les lecteurs auront envie de plonger dans l’univers de HEADKEYZ, de découvrir les deux chapitres à travers nos albums et nos clips, mais aussi de venir vivre et partager une réelle expérience avec nous en live.

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