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Interview Asrunn
Bonjour. Eihwar a connu une ascension verticale depuis 2024 avec un premier album, entre autres une prestation remarquée – et remarquable – au Hellfest. Vous avez multiplié les concerts et Fest. Comment avez-vous vécu ce succès ? En avez-vous été surpris ?Asrunn : Merci ! C’est vrai qu’on garde du Hellfest un sacré bon souvenir, quelle folie c’était :). Écoute, moi en tout cas, je le vis avec une grande ambivalence : à la fois avec sidération, un peu comme une poule devant un œuf carré haha, et à la fois avec… je ne sais pas comment dire, une sorte de… transparence. Comme si je n’avais pas le temps de savourer, ou comme si ce n’était pas moi qui vivais ce succès, tant j’ai l’impression de vivre dans une urgence permanente du travail à faire. J’ai l’impression de traverser ça comme si j’étais dissociée. Alors que j’ai conscience, dans le même temps, que c’est absolument exceptionnel dans tous les sens du terme. Dans ce cadre, vous avez mis en place un show plus élaboré. Comment avez-vous appréhendé la mise en scène du show sachant que Mark est par définition « contraint » dans son jeu de scène ?Eh bien justement, on prévoit quelques surprises pour ce nouveau show, avec plus de présence pour Mark, aussi et surtout grâce au génie créateur de Yann, notre nouvel ingé lumière, qui a 3 000 idées folles à la minute et a véritablement créé un tableau vivant sur chaque chanson. On est très contents et très reconnaissants de l’avoir dans notre équipe ! On imagine que la pression a dû être importante pour ce second album. Comment s’est déroulé le processus de création et d’enregistrement ?Ouais, c’était épuisant… Et encore on a pas fini, maintenant il va falloir assurer ce show et cette tournée pour faire honneur à tout le travail accompli cette dernière année. Pour le tout premier album, on avait eu un mois pour le composer et le réaliser. Du coup on s’est dit : « pour le deuxième, on prend six mois, vas-yyyyyyyy laaaaaarge, ce sera flex ! » TU PARLES, c’était sans compter un été plein de fests et de concerts aux quatre coins de l’Europe, où on a pas eu plus de deux jours d’affilée à la maison pendant deux ou trois mois… Du coup on s’est retrouvés (presque) à la bourre, mais comme on est des cinglés de la ponctualité et de la Parole, on tient coûte que coûte les deadlines que l’on annonce. Donc ça n’a pas été de tout repos, d’autant qu’on a tourné les trois clips principaux dans le même temps. Des vrais cinglés ouais. Concernant les thématiques, j’imagine que vous êtes toujours sur un univers pagan folk très marqué. Avez-vous développé le concept ?On a surtout choisi de développer l’histoire de l’univers d’où l’on vient et répondre aux questionnements des fans sur nos origines, sur qui l’on est vraiment. De là est né notre album Hugrheim, qui porte le nom du dixième monde caché d’Yggdrasil, notre berceau. Après quelques écoutes, j’ai trouvé l’album excellent dans la continuité du premier effort. Outre la voix d’Asrunn impressionnante, la dimension médiévale me semble encore plus accentuée avec un petit côté Eluveitie. Partagez-vous ce ressenti ? Etait-ce un souhait ? J’ai aussi ressenti un gros job sur les refrains (celui de Ein m’a particulièrement impressionné par exemple).Merci ! Ein est le tout premier morceau qu’on a composé pour le second album. Il est très fort car émotionnellement chargé : Ein signifie « seul » en vieux norrois, c’est la chanson dans laquelle j’exprime la douleur de la solitude subie, au contraire de la solitude choisie, qui nourrit et ressource. Toutes ces longues années passées à me débrouiller sur Hugrheim, sans ressources, avant l’arrivée de Mark, c’était pas facile. Pour le reste de ta question… non, il n’y a aucune volonté de notre part, sachant que nous ne puisons pas tant d’inspiration que ça dans notre scène folk. Nous laissons juste le flot qui nous traverse s’exprimer exactement comme on l’entend, ensuite on ajuste. Le seul choix artistique clair que nous avons fait en amont était de me laisser davantage de place au chant. Eihwar est déjà annoncé sur quelques Festivals 2026. Pouvez-vous nous donner un peu de visibilité sur les concerts à venir ? Verrons-nous (avec plaisir) du Eihwar très présent ?Alors, moins en termes de festivals parce que nous avons quand même eu la chance immense de pas mal écumer les scènes des fests en 2025. Donc là, nos bookers travaillent à condenser nos apparitions sous forme de tournées. Ce qui est beaucoup mieux pour nous, c’est mille fois moins fatiguant que des successions de one shots sans véritable moment de pause. Je sais que vous êtes tous deux pas mal impliqués entre autres sur la Nuit des Sorcières. Ce projet va-t-il perdurer ? Ou du fait de la montée en puissance d’Eihwar, allez-vous devoir prioriser ce dernier ?On adore ce concept, sans lui Eihwar n’aurait jamais vu le jour. Ces soirées drainent toujours un public complètement génial, costumé, libre, inclusif, joyeux. C’est un revival des soirées goth des années 2000 à mes yeux. Où l’on dansait jusqu’à plus soif et jusqu’au lever du jour, dans l’accueil des fantaisies et des kinks de chacun.e. On espère vraiment pouvoir continuer à les organiser, c’est pas impossible qu’on imagine ça pour une tournée française à venir. Le développement du groupe est impressionnant nous l’avons dit. Quels sont les impacts réels dans vos vies d’Artiste ? Outre la Présence de Season Of Mist à vos côtés, sous-traitez-vous certaines activités (tourneur, graphiste) ? Concrètement, comment s’organise Eihwar dans son fonctionnement ?On est très control-freaks. C’est à double tranchant. C’est à la fois top de pouvoir avoir la main sur tout ce qu’on fait, parce que personne ne connaît Eihwar mieux que nous. D’un autre côté, tout faire, ça devient impossible. Clairement, signer avec Season of Mist a été une vraie valeur ajoutée concernant la mise en lien avec The Link Prod et Doomstar Bookings qui s’occupent depuis janvier 2024 de notre booking à 100%. Ça m’a fortement soulagée puisque c’est moi qui avait cette mission avant la signature. La mise en lien avec les journalistes et les médias de manière générale aussi, c’est un domaine dans lequel un gigantesque réseau est nécessaire. Ce que nous n’avions pas avant SoM. En revanche, tout ce qui est artistique, les graphismes, les clips, la musique, les reels sur nos réseaux, et j’en passe, tout est 100% fait maison par vos serviteurs. Même mes costumes, sauf le tout dernier réalisé par Yaëlle Ghyselink, à l’époque étudiante costumière en dernière année, ça a été son sujet de diplôme. C’est le costume marron que je porte dans le clip de Heill Odinn. Il me semble que tous les visuels sont de votre main. Est-ce bien le cas ? Est-ce important pour vous en tant qu’artistes avec une approche « complète » et non seulement dans la production de musique ?C’est ce que je disais précédemment. Nous avons de vrais savoir-faire. Nous avons travaillé avec acharnement toute notre vie pour les acquérir. Maintenant, on est à même de pouvoir maîtriser ce que l’on veut exprimer dans notre art. Et on a la chance d’avoir un boss (Michael Berberian, directeur et créateur de Season of Mist), qui est à fond derrière nous et soutient toute notre démarche. Un petit focus plus local. Eihwar est annoncé pour la seconde année consécutive au Festival Echos & Merveilles (qui se déroule à Bruguières, au Nord de Toulouse). Comment s’explique cette seconde présence si rapprochée ?Ah ben demandez à Nicolas Chaccour, pas à nous ahah ! En tout cas on est très contents de revenir, d’autant que ce sera notre seule date dans la région en 2026 prévue pour le moment , en tout cas. Je pense surtout qu’Échos & Merveilles est un gros fest qui se déroule sur 4 jours (!), et dans le domaine médiéval fantastique/Pagan Folk, il n’y a pas dix mille groupes non plus. Donc pour remplir tout ce programme, il y a forcément un turn over moins franc que dans les grands festivals généralistes. C’est d’ailleurs aussi, à mon sens, une partie des raisons de notre visibilité : on a -sans le vouloir- comblé un vide musical là où le public était en grande demande. Que peut-on souhaiter à Eihwar pour 2026 ?Du vrai repos haha ! Et que les concerts se passent tous à merveille :) Y a-t-il une question qu’on ne vous a jamais posé et à laquelle vous souhaiteriez répondre ?Est-ce que je porte quelque chose sous mon pagne ? Mais je laisserai planer le mystère :B Et d’ailleurs… EST-CE QUE MARK AUSSI PORTE QUELQUE CHOSE SOUS SA JUPE ? HAHAHAHAHA XD
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