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le 4 mai 2026.

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Groupe:

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Date:

11 Avril 2026

Interviewer:

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Interview Simone Mularoni

Quelle excellente surprise de vous voir en France en 2026… À quoi doit-on le plaisir de cette mini-tournée ?

Tout simplement parce que nous avions vraiment envie de rejouer en live. On s’est arrêtés un bon moment avec le COVID, puis on a enregistré deux albums en même temps. Donc la période sans concerts, surtout en Europe, a été trop longue. On a décidé qu’il était temps de revenir.

Cette tournée fait-elle partie de quelque chose de plus vaste ? Comment s’est-elle mise en place ?

Non, non, on fait juste quelques dates ponctuelles, comme ces trois concerts en France. Ensuite, on a l’Allemagne en juin, je crois, puis on part aux États-Unis en septembre. Aujourd’hui, pour un groupe comme le nôtre, c’est vraiment plus simple de fonctionner comme ça plutôt que de faire une longue tournée. Les coûts sont devenus complètement fous, entre l’essence et le personnel. C’est incroyable.

Comment votre participation au CrickFest s’est-elle faite ?

Je pense que ça vient de Julien, le chanteur d’Amon Sethis, parce que j’ai mixé leur dernier album et il avait déjà organisé quelques concerts pour nous dans le passé. Il y a environ 10 ans, je crois. Maintenant, il s’occupe de tout ce qui est booking et promotion pour Vanden Plas et d’autres groupes, et il nous a simplement contactés pour nous parler de ce festival et de quelques autres dates. C’est bon d’être de retour, le premier concert en France hier était génial et je pense qu’on reviendra en octobre prochain pour ce festival à Toulouse, le Ready For Prog festival.

En octobre 2024, vous avez sorti l’album "Endless", qui était assez différent, moins orienté prog power metal et davantage tourné vers un rock progressif avec des influences des années 70. C’était un peu risqué… comment a-t-il été accueilli par le groupe et les fans ?

Le groupe a totalement adhéré. Certains membres du groupe commençaient à dire qu’on jouait toujours le même style encore et encore. Artistiquement, ça devenait un peu ennuyeux. On adore jouer les anciens morceaux en live parce qu’ils sont fun, mais en termes d’évolution artistique, on avait l’impression de stagner. Ça fait plus de 15 ans qu’on joue ensemble. Alors on s’est dit : essayons autre chose, quelque chose de différent qu’on aime. Le style reste du DGM, on n’a pas complètement changé. On fait juste les choses un peu différemment, en essayant de nouveaux sons et en incorporant d’autres influences. Le groupe était vraiment partant, mais certains fans hardcore ont trouvé ça ennuyeux, ils préfèrent les morceaux rapides avec double pédale… On respecte ça. On perd des gens, on en gagne d’autres. Mais je ne pense pas que ce soit si différent. On ne joue pas du jazz non plus… Et puis on écoute tous des choses très différentes. Aujourd’hui, on a roulé six heures et chacun a choisi un album à tour de rôle, et ce n’était jamais du power prog. C’est bien d’intégrer des influences variées pour garder de la fraîcheur.

Est-ce une direction que vous souhaitez suivre pour la suite ou envisagez-vous de revenir à votre style précédent ? Ou encore tenter autre chose ?

On a commencé à parler du prochain album, mais on n’a pas encore de direction précise. Hier, on discutait de faire quelque chose de plus prog et moins heavy, puis on s’est dit : pourquoi ne pas faire simplement ce qu’on veut ? Peut-être un titre très heavy, puis le suivant dans un style à la Jethro Tull… La musique progressive n’est pas censée avoir de limites, alors pourquoi se limiter ? On adore la flûte par exemple, donc on en mettra sûrement davantage, peut-être mélangée à des éléments plus lourds, parce que j’aime toujours ça. Il n’y a pas de direction définie. Tout dépend des morceaux. Si j’ai une excellente chanson heavy, tant mieux. Si c’est du prog rock doux, parfait aussi. Mélanger les styles est plus intéressant.

17 ans sans changement de line-up ! C’est impressionnant, surtout quand on sait qu’avant "Frame", il y avait beaucoup de mouvements… Est-ce facile de garder cette stabilité ?

Non, pas du tout. Comme dans toute relation — amitié, couple — on ne peut pas être heureux tout le temps. Au début, c’était plus simple, peut-être parce qu’on était plus jeunes et toujours en tournée. Après la période COVID, j’ai parfois eu le sentiment que tout le monde ne s’investissait pas à 100 %, ce qui était frustrant. On a fait beaucoup de réunions en ligne, mais quand on vit loin les uns des autres, ce n’est pas pareil que de se retrouver autour d’une bière. Parfois, on ne se parle pas pendant des semaines, voire des mois, et on se remet en question. Il y a eu des moments où je me suis dit que je devrais peut-être passer à autre chose. Mais dès qu’on se retrouve en répétition, tous les doutes disparaissent. Je me rappelle pourquoi j’ai commencé avec eux. Après 17 ans, c’est plus qu’un groupe, c’est une amitié. On se connaît parfaitement, avec nos qualités et nos défauts. C’est un effort constant, surtout en vieillissant, où certaines habitudes agacent plus vite. Mais sur scène, voir les sourires, comme hier sur cette petite scène, ça vaut tous les efforts.

Vous avez dit réfléchir au prochain album sans encore travailler dessus. Avez-vous déjà des idées, des morceaux en cours, des démos ?

On n’a aucun morceau terminé. On a plein d’idées, des discussions du type « pourquoi ne pas faire ça ? ». On n’en est même pas au stade de démo, mais j’ai des centaines d’idées sur mon téléphone : mélodies, riffs… On n’enregistrera rien cette année. Peut-être l’année prochaine.

Qu’en est-il de vos influences ? Toujours fan de Dream Theater ou Symphony X ? De nouvelles références ?

Des groupes comme Dream Theater ou Symphony X ont façonné le musicien que je suis, mais je les écoute moins aujourd’hui. Les goûts évoluent. J’écoute beaucoup Opeth ou Porcupine Tree récemment. Des artistes comme Steven Wilson ou des groupes comme Spock’s Beard et Neal Morse font partie de mes favoris actuellement. On se lasse un peu des mêmes albums, donc c’est bien d’avoir du nouveau. Mais quand j’écoute Symphony X en voiture, c’est comme rentrer à la maison. J’adore toujours, même si ce n’est pas ce que j’écoute le plus. Et j’ai quand même bien hâte d’entendre ce qu’ils sortiront la prochaine fois.

Vous avez eu des invités prestigieux : Tom Englund, Jorn Viggo Lofstad, Michael Romeo, Russell Allen… Y a-t-il d’autres musiciens avec qui vous aimeriez collaborer ?

Je n’y ai pas vraiment réfléchi récemment. Il y a évidemment des artistes avec qui j’aimerais jouer, mais ça dépend des chansons. Si un morceau me fait penser à quelqu’un, alors oui. Par exemple, j’adorerais échanger des solos avec Yngwie Malmsteen… mais ça n’arrivera jamais (rires) ! C’est juste parce que c’est mon héros. Il y a beaucoup de gens avec qui j’aimerais collaborer.

J’adore l’artwork de "Endless", comme celui de "Life"... et de la plupart de vos albums en fait. Quelle importance accordez-vous au visuel d'un album ?

Quand j’ai appris qu’on allait travailler avec Travis Smith, j’en ai eu des frissons. Il a réalisé les deux dernières pochettes. C’est un de mes héros. Il a travaillé avec Devin Townsend, Nevermore, Death… Pour Life, c’était simple, très minimaliste. Mais pour Endless, on n’avait pas d’idée précise. On a essayé beaucoup de choses, et ça peut rendre les artistes fous. Mais il a été super professionnel et patient. Son style onirique correspond parfaitement à notre musique. J’espère continuer avec lui.

Simone, il y a 10 ans, lors de l’interview pour "The Passage", tu évoquais ton perfectionnisme en studio quand il s’agissait de produire les albums de DGM et le stress qui allait avec… Est-ce toujours le cas ou as-tu réussi à gérer ça avec plus de facilité ?

J’ai atteint un niveau de stress maximal avec "Tragic Separation". C’était un cauchemar à enregistrer. Depuis, j’essaie d’en faire un peu moins. Je reste très contrôlant, mais je délègue davantage. Il m’arrive de demander à un assistant « Peux-tu enregistrer la batterie, s’il te plait ? Je serai là mais je ne ferai pas tout ». J’ai appris à gérer mon côté « control freak ». Cela dit, j’aime toujours tout faire moi-même quand cela est possible, quand j’ai le temps pour le faire, parce que c’est comme ça que je garde le contrôle.

Des projets parallèles à venir ? Des productions pour le label Frontiers, d’autres collaborations ?

J’ai arrêté les projets pour Frontiers, ce n’était pas vraiment mon truc. Mais je continue à produire et enregistrer des groupes. Je joue toujours avec Redemption, un groupe prog américain, même s’il n’est pas très actif, en live du moins. Quand ils enregistrent un album, j’enregistre des solos de guitare. On fera le ProgPower aux États-Unis cette année avec Redemption et DGM. Je fais parfois des solos pour d’autres artistes, mais je me concentre surtout sur la production et DGM. J’ai aussi ce rêve de faire un projet personnel, pas forcément sous mon nom, pour explorer des styles très différents… Peut-être un jour. Avec de la guitare acoustique par exemple… ou du piano.

Imaginez un festival power prog idéal pour lequel on vous donne carte blanche pour décider de l’affiche : qui inviteriez-vous ?

Symphony X, à 100 %. Dream Theater aussi, évidemment en tête d’affiche, même si récemment je ne suis pas exactement leur plus grand fan. Angra également. J’aimerais aussi voir Shadow Gallery, Tyranny est un de mes albums préférés. Ark aussi ! Mais c’est un festival de rêve, certains groupes ne sont plus actifs. Et Dali’s Dilemma, un groupe des années 90, je ne sais pas si tu l’as déjà écouté… avec Matt Guillory, le claviériste américain qui a travaillé avec James Labrie sur ses albums solo.

Non, ça ne me dit rien…

Ils n’ont fait qu’un album, mais il est incroyable. À découvrir absolument. Il faudra que tu y jettes une oreille…

C’est noté ! Je me souviens d’une reprise de Malmsteen que DGM avait enregistré il y a 25 ans de cela. Et si vous deviez faire un album de reprises aujourd’hui, que trouverait-on dessus ?

Ce serait génial ! Il y aurait beaucoup de Kansas, un de mes groupes préférés. Un album de reprises signé DGM serait cool mais un peu bizarre aussi. Car Andrea choisirait du thrash comme Annihilator, Mark plutôt du funk ou de la soul… Moi, surtout du prog des années 70 et du Rainbow. Ce serait très varié !

C’est le moment de conclure en faisant passer un message qui te tient à cœur, en parlant peut-être de quelque chose que je n’ai pas pensé à demander…

J’aimerais vraiment savoir ce que les fans attendent de DGM. On ne reçoit pas beaucoup de retours précis. Par exemple, quand je discute avec des gens après un concert, c’est cool mais ils ne me disent jamais « j’aimerais entendre telle ou telle chose, je préfère quand vous êtes ceci ou cela… ». Endless était un pari, et je me demande parfois si les fans aiment cette direction. On veut faire la musique qu’on aime, mais aussi ne pas perdre nos fans. Avoir plus de retours serait formidable.

Merci pour ton temps, Simone !

Merci à toi !

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