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Groupe:

Amon Sethis

Date:

11 Avril 2026

Interviewer:

L.Red

Interview Julien Tournoud & Laëtitia Bertrand

Tout d’abord merci d'accorder cette interview à notre webzine Aux Portes du Metal dans le cadre de la 5e édition Crick Fest. On vous a souvent chroniqué et réalisé des live reports mais jamais finalement interviewé.Donc, pour nos lecteurs, est-ce que vous pouvez présenter Amon Sethis ?

Julien : Déjà bonjour à tous, et effectivement, on connaît bien Aux portes du métal depuis des années, donc on est très contents de cette interview. Amon Sethis c'est un groupe qui a été créé en 2007. Donc ça fait 19 ans. On raconte des histoires sur l'Égypte ancienne de la 6e et la 7e dynastie. On a 4 albums à notre actif. Le 1er EP est sorti en 2009, mais le 1er LP The Profecy Pt.1 est sorti en 2011, en 2014 Part 2 : The Final Struggle, en 2020 Part 0 : The Queen with Golden Hair, et tout récemment en février 2025 Part III : Dawn of an apocalyptic world.

[Je rappelle que Julien est à l'initiative du groupe et qu'il en est le chanteur.]

Et Laëtitia est-ce que tu peux te présenter ?

Laëtitia : Alors-moi je suis arrivée dans la dernière occurrence du line up rythmique, pour le dire comme ça, parce qu'en qu'en fait, c'est vrai que Amon Sethis c'est un groupe qui a de la bouteille, pas mal de changement de line up. Il n'y a eu que 3 bassistes officiels. Je suis arrivée fin 2018, début 2019. Notre première répète ensemble, en décembre 2018, et ensuite on a commencé à préparer du coup Part. 0, l'avant-dernier album ensemble et puis les concerts qui allaient avec. Et je suis arrivée en même temps que Seb notre batteur. Donc voilà, la section rythmique est arrivée d'un bloc en force exactement. Je suis contente d'avoir pu enregistrer 2 albums avec Amon Sethis, surtout qu'on sent qu'il y a aussi une orientation un peu différente avec ces 2 albums-là. Notamment avec une orchestration plus riche, avec peut-être une dimension un petit peu plus prog sympho par rapport à avant, on était plus sur du prog technique.

Julien : Oui tout à fait. 

Et qu'est-ce qui motive ces évolutions ? Qui est ce qui gère ça dans le groupe?

Julien : D'abord la maturité, parce que c'est vrai que quand on parle du line up, il y a eu un guitariste qui est resté très longtemps dans le groupe jusqu'en 2022, Olivier Billoint avec qui j'ai créé le groupe. Et effectivement, on a ressenti le besoin sur l'album Part. 0. qui est sorti en 2020 de partir sur des morceaux plus efficaces, peut-être plus catchy, moins alambiqués dans les compositions, même si c'était le principal compositeur. Voilà, c'était vraiment une direction artistique, c'était un choix voulu en fait, et approuvé par Laetitia, par Sébastien pendant leur intégration dans le groupe, donc c'est d'un commun accord. 

Laëtitia : En plus il y avait également Eliott Tordo qui était donc le clavieriste, qui a intégré le groupe après l'enregistrement de l'album précédent. Il est également producteur et spécialisé notamment dans la production d'orchestration. Donc, lui, il avait déjà composé une partie des orchestrations. Et Julien m'avait présenté les orchestrations, avant même de montrer les compos à la guitare, et il m'a dit, voilà, on aimerait intégrer ça à la DA d'Amon Sethis. Et moi qui adore cette dimension cinématographique dans le métal, surtout avec un concept comme celui-là où tout de suite on voyage, il y a des couleurs musicales qui sont super intéressantes je me suis dit que ça donne envie d'apporter une petite touche. Moi, je pouvais apporter une couleur aussi avec la basse fretless, qui a un son un peu boisé qui peut vite aller vers le côté orientalisant de la musique, donc en fait, c'était très inspirant. Et à partir de ces orchestrations là, avec Olivier qui proposait des riffs à la guitare, on a ensemble cocréé la dimension plus instrumentale. Donc, il y avait en fait cette orchestration à la base qui a été un ciment je trouve pour trouver une DA pour Part 0, et qui nous a ensuite servi un petit peu de modèle pour Part 3, quand on a composé l'album suivant, même si ce n'était plus Olivier, mais l'autre, guitariste, qui est arrivé juste après, Bruno, qui était à l'origine de la majorité des compos et des idées de riffs pour le dernier album. Donc, il y a vraiment eu cette espèce de dialogue entre la dimension instrumentale métal, les riffs, le partage des lignes mélodiques entre guitare, basse et puis une batterie qui est très expressive. Aussi Seb a une batterie extrêmement riche, avec des petites percussions en plus, donc ça rajoute vraiment une couleur et un intérêt musical supplémentaire même si on est moins dans le technique par rapport au 1er album, il y a une richesse dans la composition des lignes de chaque instrument. Il y a cette envie d'entremêler les lignes des instruments rock avec les lignes des instruments orchestraux. Pour qu'il y ait vraiment une question de réponse entre ce qu'on peut entendre dans les violons, dans les percu et cetera, et puis ce qui va se jouer sur scène. [Laëtitia s'adresse à Julien] Ce que tu fais aussi quand tu rajoutes les coeurs derrière la voix, toi-même, tu te réponds par rapport au cœur qui sont enregistrés dans l'orchestration. Je pense que c'est un peu ça qui caractérise cette DA des deux derniers albums par rapport aux albums précédents.

Julien : Complètement. 

Laëtitia : Ça permet vraiment de créer un folklore au-delà simplement de choisir certaines gammes qui vont avoir une couleur un peu orientale, il y a vraiment toute l'instrumentation derrière une orchestration qui vont aider à faire voyager l'auditeur avec des petits instruments un peu folk.

Et donc, après 4 albums, un ep, quels sont les projets ? 

Julien : Alors pour le moment vu que l'album est sorti en février 2025, finalement, ça fait un peu plus d'un an, on est toujours sur la défense de cet album en live, donc on enchaîne plutôt les concerts et les festivals, donc ça s'est plutôt bien, il y a des, il y a des bons festivals qui arrivent dont certains qui ne sont pas encore annoncés, donc on est très contents. Ça nous permet aussi de d'intégrer notre nouveau guitariste arrivé en décembre 2024, on est hyper contents de son intégration. On a enchaîné pas mal de concerts du coup, c'est vrai qu'on ne va pas tout de suite composer sur un nouvel album même s'il y a des idées déjà, on en parle, ça va être la suite logique. Et cet été, on va commencer à parler un petit peu de voilà, de composer.

Laëtitia : On et Andréa, il a déjà quelques riffs et Ben notre clavieriste actuel, qui est arrivé pour le dernier album, lui, il compose énormément d'orchestrations avec son clavier et toute une banque de données dans son ordinateur donc il est très prolifique, il compose énormément.

Je ne l'ai pas vu au niveau des balances?

Julien : Ouais, il n'y a pas pu se libérer sur la tournée.

Sur les 3 jours avec DGM, vous enchaînez, vous faites des kilomètres aux 4 coins de la France. Comment on se prépare ?

Julien : Et bah on se drogue! (rires collectifs) Non c'est pas vrai.

Laëtitia : On est des gentils, moi je ne bois que de l'eau et c'est complètement vrai. 

Julien : Je ne sais pas comment ils font les mecs pour se mettre des caisses. Marseille a été reportée, ça n'a été annoncé qu'aujourd'hui, on n'a que 2 dates, mais effectivement c'est monnaie courante qu'on fasse 3 dates et qu'on aille partout.

Laëtitia : Dans un ordre qui est celui du hasard des salles.

Julien : Ouais, c'est un investissement humain, mais on s'en sort. 

Laëtitia : Quand il y a des indisponibilités, on a la chance aussi d'avoir des remplaçants qui, à la batterie, à la base, peuvent prendre le relais quand c'est nécessaire. Ben on a une version ordinateur entre guillemets, de ce qu'il fait, évidemment, pas la même chose que quand il est là, car il apporte énormément, mais on peut récupérer les pistes en fait de l'orchestration de l'album. Donc, il n'y a que Julien qui ne peut pas être remplacé (rires). On a effectivement d'autres musiciens qui sont là pour dépanner quand il y a des fois où malheureusement, on ne peut pas se libérer pour le travail. Le jour où on sera pros ce sera notre travail, donc ce sera plus facile. Mais en attendant, on a tous un boulot à côté et avec les contraintes qui vont avec. 

Justement comment vous arrivez à jongler entre les deux?

Laëtitia : Alors en fait, on est deux profs à l'éducation nationale dans le groupe. Donc, c'est pas toujours simple parce qu'on a des vacances imposées. Donc on peut pas demander un jour de congé, alors, on essaye de s'arranger pour déplacer des cours, mais parfois, c'est pas possible. Donc, dans ces cas-là, et bah évidemment, il y a quelqu'un qui prend le relais.

Julien : On a un bassiste b, c, d. Donc on a 3 bassistes potentiels et 2 batteurs potentiels. Après Andréa, arrive plutôt à se libérer. Pour ma part, je suis dans le monde de la musique donc au niveau professionnel même si c'est dans un autre cadre, je peux m'arranger. C'est monnaie courante, dans le milieu musical, je vois par exemple DGM là le batteur n'est pas présent parce que pour des contraintes, donc c'est un batteur de session qui joue. Parfois Andréa tourne avec Ronnie Romero, avec Gus G.avec d'autres groupes, il ne peut pas être présent sur toutes les dates

Laëtitia : Il faut le savoir à l'avance. Il y a des années qui sont plus chargées. Moi, cette année, je vais essayer de faire tous les concerts. Et puis, on a des remplaçants qui gèrent super bien et ça c'est une chance.

Comment vous vous sentez à quelques minutes de monter sur scène ? 

Laëtitia : On est tellement bien accueilli que c'est comme à la maison. Les gens qui nous accueillent sont aux petits oignons pour nous, les conditions scéniques sont incroyables, les techniciens sont supers talentueux et gentils. Je veux bien planter ma tente ici et faire un concert tous les jours (rires).

Julien : Bah tu reviens le 19 septembre au Zik'n Dry Festival qui est organisé par Christophe Dannacker. J'ai la chance aussi de travailler avec Christophe. C'est un super challenge ce festival avec des méga-groupes.

Avec une jauge à 1500 entrées.

Julien : Il faut venir et prendre les billets. Et soutenir ces beaux projets. On est super bien accueilli. Il y a toujours la fatigue, mais il y a cette adrénaline qui nous laisse porter en fait tout simplement par la journée, t'es sur un nuage, tout est cool. 

Laëtitia : Et en plus, il y a des groupes trop cools qui jouent avec nous, on est content à la fois de jouer et d'être spectateurs. 

Est-ce qu'il y a une question qu'on ne vous a jamais posée et à laquelle vous aimeriez répondre ? 

Laëtitia : Cette question on ne nous l'a jamais posée (rires).

Julien : On nous a posé la question "Quel est votre plus mauvais souvenir ou quel est votre plus beau souvenir"...

Et bien les réponses m'intéressent aussi.

Julien : Le plus beau souvenir, le Plane'R, c'était quelque chose. Et le Prog Power Metal Festival en Belgique qui était le plus gros festival indor d'Europe en 2014, et on a joué avec Saxon, Finntroll, Rage, Evergrey, Vanden Plas etc.

Laëtitia : Je suis un peu jalouse.

Julien : C'était énorme.

Laëtitia : En vrai les mauvais souvenirs ? Ben, parfois il y a des dates un peu décevantes, on fait beaucoup de routes et puis il y a personne, mais en même temps, ça empêche pas de passer un bon moment entre copains.

Julien : Un concert qu'on a fait en 2012 ou 2013, on s'était déplacé à Marseille, il y avait personne, 2 entrées dont un agent de la Sacem qui disait si vous faites le concert vous me devez tant. Je pense que c'était la seule personne qu'il y avait un concert. La promo a été très mal faite et en fait l'organisatrice nous a dit, on peut pas faire le concert.  Donc on s'est déplacés jusqu'à Marseille pour juste faire les balances, et on a pas joué. On est rentrés en van, personne parlait (rires). On en rigole.

Laëtitia : Ça donne des anecdotes. Non, mais il n'y a que des bons souvenirs. C'est vrai que, en ce qui me concerne dans ma courte expérience du groupe, finalement ça ne fait que 8 ans (rires), le Plane'R c'était quelque chose. Je me souviens encore du moment où, parce que les balances, ça va il n'y a pas grand monde. Mais quand tu montes et que tu vois les gens. Je joue sans lunettes, donc je vois rien. Mais là je voyais quand même parce qu'il y avait trop de gens, et je pouvais pas faire comme s'il je ne les voyait pas. Je voyais une marée humaine. Là, ça te fait un petit truc dans le cœur quand-même. Il faut prendre une photo mentale.

Il y a encore la photo en couverture de votre page Facebook.

Laëtitia : Ah bah oui, il faut faire mieux pour pouvoir l'enlever celle là. Je ne sais pas si on va pouvoir faire mieux?

Julien : Avec ce qui arrive ça peut être pas mal.

Laëtitia : Faut faire du suspens un peu.

Donc tu vas rien lâcher, là (rires). Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour la suite ? 

Julien : Encore plus de bons festivals aussi bien accueillis qu'aujourd'hui, et puis que ça dure. Et ça me fait un lien avec la question qu'on nous a jamais posée. C'est "Est-ce que ça vous a traversé l'esprit d'arrêter Amon Sethis"? Tu vois, ça peut être une bonne question. 

Et alors, la réponse à cette question?

Julien : C'est vrai, de se dire en fait on en a marre, ça fait 19 ans.

Laëtitia : Et là Julien va te répondre "aujourd'hui je voulais en parler. J'avais quelque chose à te dire d'ailleurs" (rires)! Il y a eu beaucoup de changements de line up. [A Julien] Ça te fait aussi porter la responsabilité d'essayer de trouver des gens qui se regroupent toujours. À chaque fois de reconstruire quelque chose. Oui, c'est pas évident. 

Julien : Mais la question non on continue! (Rires) Donc il y a eu une partie 4 qui va arriver. On est toujours motivés, et on est d'autant plus motivés qu'il y a des festivals qui arrivent, des concerts, de l'émulation toujours. On se sort de ces travers de ces concerts où il y a 2 personnes ou dans des endroits miteux, et cetera. Nous on est prêts, durant la carrière entre guillemets modeste d'Amon Sethis, on est passé par des concerts où on était à notre niveau, en faisant des concerts dans des bars et ça nous allait bien à ce niveau-là. Puis le niveau a augmenté, notre notoriété aussi, donc du coup, on a gravi les échelons. C'est juste un plaisir de ressentir ça quoi. Il y a des bons festivals, il y a des endroits un peu moins prestigieux, mais où on est bien accueilli. On est prêts à être conciliants par rapport à ça parce qu'on est dans le partage de notre musique.

Et peut-être un mot pour la fin ? 

Laëtitia : Sable chaud. 

Julien : Il y en a deux (rires).

Laëtitia : Sable. 

Merci pour ce temps d'interview.

Laëtitia : Je cherche un mot en rapport avec l'Égypte mais c'est tout pourri tu peux dire autre chose (rires).

Julien : Tout ça pour dire que voila, on est très contents d'être ici, merci Aux portes du métal de nous soutenir depuis des années, Didier notamment avec qui j'ai été très souvent en contact depuis les débuts. C'est toujours un plaisir d'être soutenu par rapport à tous ces supports webzine.

Laëtitia : Ça permet de continuer à exister, surtout pour un genre musical qui est assez minoritaire, quand même, il faut le dire. Ça permet de découvrir des groupes, d'avoir des retours critiques intéressants sur ce qu'on fait quoi. Savoir ce qu'on peut améliorer, ce qui marche, ne marche pas ? Ça fait plein de souvenirs quand il y a des photos, c'est super précieux. Donc merci à toi et à toutes les personnes qui sont investies dans ces webzines.

Julien : Merci, à bientôt.

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