Groupe:

The Losts

Date:

12 septembre 2021

Interviewer:

Didier

Interview The Losts

Salut The Losts, est-ce que vous pourriez présenter le groupe ainsi que les circonstances de sa formation à nos lecteurs ?

Salut à toi ! The Losts est un groupe de Heavy Metal des Hauts-de-France existant depuis 2010. Le groupe vient de l’envie de faire un bout de chemin musical entre une paire de frangins d’une part, et une bande de potes d’autre part. Composé de quatre musiciens (JCR à la batterie, PPG à la basse, DGC à la guitare et YGC au chant lead et à la guitare), le groupe a connu son premier changement de line-up il y a peu, concernant le poste de bassiste.

Et pourquoi avoir choisi ce nom: The Losts ?

L’ensemble de nos textes et visuels développe depuis toujours une même mythologie : celle des Egarés. Ces Êtres issus de notre imaginaire naissent habités d’un désir ardent d’humanité. Seulement, au contact de nos sociétés, ils n’arrivent à se nourrir que des plus grands maux de nos contemporains. Au-delà de l’histoire contée, ce thème nous fournit un cadre pour dresser une satire de notre ère. Cette part d’ombre absorbée par les Egarés, est-ce là la nature la plus profonde de l’Être humain ? C’est donc tout naturellement que nous avons donné pour nom au groupe : The Losts (avec un « S » final car « Lost » devient, ici, un nom propre).

Je finis avec mes questions relous. Pourquoi cacher vos noms derrière des initiales, vous voulez garder l’anonymat? Vous ne pouviez pas porter un casque comme les Daft Punk ? :-)

Ah ah ah ! Et bien figure-toi que nous avons des masques, ils sont le visage des Egarés ! Nous les avons essentiellement portés sur les concerts de promotion de notre précédent album, mais ils voyagent toujours avec nous ;-) On les apercevait sur les personnages et en amoncellement sur le visuel de Stan W. Decker, ainsi que sur les photos du livret. Pour en revenir aux trigrammes, encore une fois il s’agit d’une référence au concept que nous développons, c’est une manière d’évoquer la désindividualisation des Egarés ainsi que leur anonymat parmi les Êtres humains… mais il y a ici davantage une intention symbolique que celle d’un réel anonymat. Nos identités ne sont pas forcément difficiles à déjouer !

Est-ce que vous aviez déjà évolué au sein d’autres formation ou bien The Losts est votre premier projet concret ?

Nous avons tous un passif musical et des expériences variées au sein de groupes allant du Rock au Black Metal, en passant même par l’électro-goth. JCR, GGV (ex-bassiste) et moi, YGC, évoluions déjà ensemble au travers de certains de ces projets. Bien que nous ayons grandi ensemble, DGC et moi avons fait nos armes chacun de notre côté. Mais toutes ces expériences, en dépit de nombreux concerts donnés, sont restées au stade de démos. The Losts est donc notre projet le plus abouti. PPG, quant à lui, avait déjà à son actif plusieurs disques publiés avec des groupes divers (folk, Rock, Hard) lui offrant l’opportunité de tourner en Europe. Depuis, The Losts aura aussi ouvert les portes de projets parallèles pour certains d’entre-nous.

Quelles sont vos influences assumées ?

Les influences que nous citons le plus souvent sont Megadeth, Mercyful Fate, Iced Earth, Witchery, Therion ou encore Melechesh. Mais on pourrait en fait faire une liste de tout ce qu’on a ingurgité et adoré depuis qu’on est tombé dans la marmite en Metal ;-)

Et les moins assumées ? :-)

Les Musclés ou Pascal Billon, sans aucun doute !

A l’écoute de votre son, il n’est pas facile de vous “classer” dans un style en particulier, même si Heavy Metal semble être le courant majeur. Vous même, comment vous décrivez vous ?

C’est toujours difficile pour nous de synthétiser ce qui compose l’essence de The Losts. Nous venons tous les quatre d’horizons variés. DGC est fan de virtuoses de la guitare mais également de Metal plus moderne, JCR est avant tout amateur de Black Metal ou d’avant-garde, PPG de Classic Rock, de Jazz, de progressif et moi-même de Heavy Metal et de choses plus théâtrales. The Losts résulte de tout cela et l’appellation « Dark Heavy Metal » est ce que nous avons trouvé de mieux pour le définir !

En tout cas, même si j’ai lu des chroniqueurs qui s’en plaignaient, moi j’ai trouvé ça plutôt sympa. Mais est-ce que c’est le son de The Losts qui tâtonne et se cherche, ou bien c’est un choix délibéré qui est en train de venir votre signature ?

De mémoire, il y a eu peut-être deux ou trois rédacteurs, sur une trentaine de chroniques à ce jour, qui se sont interrogés sur cette démarche. Au contraire, nous avons été principalement encouragés dans cette voie. Pour revenir à ta question, je pense qu’on peut dire qu’il s’agit bien d’une signature que nous comptons encore approfondir. Nous avons en tout cas trouvé un équilibre permettant à chacun de s’exprimer dans son langage de prédilection. Si tu écoutes « No God, No Devil », notre premier essai, les chansons étaient très axées Heavy traditionnel. A ce stade, nous tâtonnions encore et nous ressentions qu’il manquait une bonne partie de notre identité.

Je crois que ce nouvel album Mystery Of Depths, n’est pas votre première réalisation. En quoi est-il différent de vos deux précédentes réalisations ?

En effet, nous avons sorti l’EP « No God, No Devil » en 2013 puis un premier album intitulé « … Of Shades & Deadlands » en 2016. « Mystery Of Depths » se veut plus abouti tant sur le plan de la composition que de la production. Les arrangements sont, à mon sens, plus matures, notamment concernant cette identité que nous cherchons à développer. C’est somme toute assez naturel, cela va de pair avec l’expérience du groupe.

Vous savez que je ai failli ne pas écouter votre album pensant que c’était du black/death extrême à cause de la pochette. Pourquoi un tel choix de pochette ? Et qui est l’auteur ?

Ah les codes ont la peau dure ;-) Nous aimons beaucoup de styles graphiques différents et c’est une composante importante pour nous dans la réalisation d’un disque. Au départ, nous avons donc fait une sélection de plusieurs artistes que nous aimions, nous avons pris des contacts et comparé les prestations avant de faire notre choix… qui s’est porté sur Chadwick St.John, un dessinateur américain, notamment à l’origine du « Old Star » de Darkthrone. Nous souhaitions quelque chose de différent de nos précédents disques. Outre ses qualités artistiques, il s’est montré très enthousiaste vis-à-vis des chansons que nous lui avons faites écouter. Le résultat au crayon et à l’encre nous a bluffés. Chadwick a parfaitement su capter ce qui se joue sur le disque : un rapport clair-obscur, entre ombre et lumière.

Pourtant, j’ai été bluffé par la qualité du travail, notamment du chant. D’abord l’anglais y est parfait, quelle est le secret de YGC ?

Merci ! Nous sommes touchés. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé tendre l’oreille pour reproduire des accents et amuser la galerie. Mon secret se situe peut-être là. Et puis c’est plus facile quand on a une sœur qui habite Londres et un frère qui pratique quotidiennement !

Ensuite, toujours niveau chant, tous les musiciens participent au chant avec chacun un style différent, vous pouvez nous expliquer ce concept ?

Pour « … Of Sades & Deadlands », nous avions déjà aménagé quelques espaces de chant Black pour JCR, ainsi que des choeurs. Quand nous avons commencé à composer pour ce qui est devenu « Mystery Of Depths », il nous est vite apparu naturel de retrouver ces éléments, de leur donner encore davantage de légitimité. De plus, pendant les enregistrements, DGC a expérimenté des backings plus Thrash qui ont tout de suite trouvé leur place et ont contribué à étoffer notre spectre. Nous en avons été les premiers fans ! PPG, arrivé après la phase de prises de son, n’a pas pu poser sa voix sur le disque mais il a déjà sa place dans les chœurs pour le live.

Du coup, c’est vrai que vous surprenez l’auditeur avec ces petites touches de death/black et ces plus grosses touches de thrash. Vous n’avez pas peur de déplaire un peu à tout le monde avec cette approche ? Vous comprenez des chroniqueurs qui vous suggèrent de faire un choix ?

Nous espérons plutôt plaire à tout le monde avec cette approche :-D Plus sérieusement, nous comprenons bien entendu que des personnes puissent ne pas se retrouver dans ce que nous proposons. Il n’existe pas de recette miracle. Les choix artistiques, mais également de production, sont tellement une affaire de goût. A partir de ce constat, ce que nous retenons c’est qu’on nous reconnait une qualité d’écriture, d’interprétation ainsi que du travail accompli. Quoi que tu fasses, il y aura toujours des gens qui adhèreront et d’autres qui passeront leur chemin. Et ce n’est pas grave, il y a tant de groupes à écouter ! La seule chose à faire en tant que musicien est donc de suivre ton instinct, de te faire confiance et de produire ce que tu as envie d’entendre, sans te retreindre. C’est ce que nous faisons. Celle ou celui qui, comme nous, aime divers embranchements du Rock et du Metal, sans trop se préoccuper des bornes inhérentes aux styles, trouvera sans doute son compte avec nos disques !

J’aime beaucoup le chant de YGC, est-ce qu’il m’en voudrait si je le comparais à un compromis entre Helloween, Judas Priest et surtout un artiste que j’aime beaucoup: Blaze Bayley ?

Ahahah ! Comment t’en vouloir ! Ce sont des références forcément incontournables. Pardon aux puristes, mais mon album favori de la Vierge de Fer est « The X Factor ». Il dégage une telle profondeur et une noirceur que seul Bayley pouvait incarner. Je partage ton affection pour cet artiste. Quant à Helloween, si j’aime ses trois chanteurs, c’est le timbre très personnel d’Andi Deris qui me touche le plus. Lorsqu’il s’agit de Heavy Metal, Judas Priest et Iron Maiden sont des références évidentes mais si je devais citer les voix qui m’ont le plus influencé, on y trouverait assurément Andre Matos (son décès est encore un tel choc), Snowy Shaw, King Diamond, David Bowie, Paul Stanley, Eric Clayton, et Dave Mustaine (un petit clin d’œil à peine masqué lui est d’ailleurs adressé dans la chanson « Inner Wounds »).

J’ai été bluffé par la qualité du chant, mais pas que. On pourrait aussi parler des compositions. C’est du grand art. Comment travaillez-vous quand vous composez ?

Merci pour ce compliment ! Les chansons prennent forme en répétition. L’un de nous ramène un squelette de chanson avec les riffs, ainsi que le chant pour ma part, et chacun vient ajouter sa partie, ses idées. C’est grâce à ce processus que chacun peut apporter un peu de sa personnalité, de sa propre marque de fabrique et que nos morceaux prennent naturellement plusieurs visages. Pour « Mystery Of Depths », certains arrangements ont également été retravaillés en studio, sous la direction artistique de Phil Reinhalter.

La production est aussi aux petits oignons, pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec Phil Reinhalter votre producteur ?

Phil, c’est le boss ! Après les phases d’enregistrement, qui se sont déroulées entre le Nectar Recordings studio concernant la batterie et notre matériel personnel pour les voix et les guitares, nous avions plusieurs studios en lisse pour la phase de mixage. Notre choix s’est porté sur le Psykron Studio – WaveLight Factory car Phil proposait plus qu’un simple service de mixage mais bien un véritable regard de producteur, en apportant des idées et une implication dans la réalisation du disque. Ses compétences ne sont plus à prouver : Mercyless, Noise Emission Control, Putrid Offal et bien d’autres lui ont fait confiance. Venant du milieu extrême, il a pu nous apporter ce son plus massif et sombre que nous cherchions, tout en gardant le côté très organique qui nous tient à coeur. Phil bosse en tandem avec Mobo du Conkrete studio (Gorod, Loudblast, ETHS, etc.), une autre pointure du paysage Metal français. C’est lui qui a réalisé le mastering de « Mystery Of Depths ». Pour couronner le tout, ce sont des gars vraiment adorables !

C’est apparemment aussi lui qui est à la basse, est-ce que c’est parce que PPG vous a rejoint après les enregistrements de cet album ?

Non, c’est bien PPG qui tient la basse sur le disque et il a fait un boulot incroyable ! La mention dans le livret est une indication quant au studio où PPG a enregistré. Par contre, effectivement, lorsqu’il nous a rejoints dans le groupe, l’album était en phase de mixage. Mais à l’écoute du produit fini, nous avons tous éprouvé une certaine frustration. PPG ne se retrouvait pas toujours dans les parties de basse de GGV, il avait des idées à exploiter et, de notre côté, il nous semblait important qu’il se sente faisant réellement partie du groupe. On trouvait dommage de sortir ce disque sans qu’il reflète le potentiel de notre nouvelle équipe. PPG a donc rejoint Phil en studio et a réenregistré toutes les parties en deux jours. Elles ont ensuite été réintégrées au mix. Le résultat nous a épaté. Ces lignes de basse ont apporté une nouvelle dimension aux chansons. « Inner Wounds » contient même un solo et « Pharaoh’s Curse », un slap. Nous avons cependant conservé la ligne de basse de GGV sur « Revelation Of The Losts » en mémoire de notre parcours antérieur.

Dans les thèmes abordés on sent une certaine attirance pour l’orient et même un morceau assez typé slave. Vous pouvez nous expliquer ?

Nous aimons ces sonorités qui appellent au voyage et les gammes orientales ont toujours fait assez bon ménage avec l’interprétation Metal. Des morceaux comme « Lema Sabachthani » sur « … Of Shades & Deadlands » ou « A Path To Arabia » sur « Mystery Of Depths » nous permettent de mettre en lumière nos instruments atypiques comme la mandoline ou le oud. Même si ça reste assez discret, c’est aussi une facette de notre identité. Et puis les Egarés ne s’arrêtent pas qu’aux civilisations occidentales, ils sont partout !

D’autres thèmes sont abordés comme la drogue dans The Drug I Miss. Qui a écrit les textes de ce morceau ? Et du reste de l’album ?

Si « In The Steam Of Opium » traite de l’expérience dissociative que les Egarés vivent à la découverte des addictions, « The Drug I Miss » aborde davantage, comme le faisait « Never Come, Never Gone » sur « … Of Shades & Deadlands », l’ambivalence, les dépendances et les tensions paradoxales dans la relation à l’autre, et surtout la relation amoureuse. Les Egarés, à la découverte de ces sensations, sont complètement bousculés dans leur innocence. Cela dit, nos textes sont plus suggestifs que descriptifs. A chacun d’y trouver le sens qui lui fait écho. Et sinon, tous les textes sont écrits par YGC.

Le dernier morceau est un hommage au soldat Pierre Callipel qui participait à la débâcle de la bataille de Dunkerque en 1940, pourquoi ce choix ?

« The Sand War (May 1940) » est un des rares textes qui s’offre une parenthèse dans le concept, bien qu’on pourrait l’y rattacher vis-à-vis du chaos dont est capable l’espèce humaine. Pierre Callipel était le grand-père de DGC et moi-même. Il a vécu la débâcle et l’horreur de cette bataille et a été sauvé de justesse par la « Reine des Flots », patrouilleur en partance pour l’Angleterre. Ce qu’il a vécu, il le griffonnait sur des bouts de papier, des petits carnets, ce qui a permis à la famille de retaper et conserver ces souvenirs éprouvants et émouvants. Le film de Christopher Nolan, quoi qu’on en pense, a réveillé un attrait pour ce pan d’histoire et a mis en lumière le patrimoine local sur un plan international. Je me suis replongé dans ces mémoires et nous avons composé cet hommage. Les narrations qui clôturent l’album sont tirées de ces écrits et ont été enregistrées par Rémi Vincent, comédien de la troupe de théâtre dunkerquoise « Les Armateurs ».

Au niveau musical, vous prenez l’auditeur a contre pied à plusieurs reprise avec des changements radicaux au sein d’un même morceau. Je pense à The Priests Control et son final thrash monstrueux digne du premier Metallica. C’est important de surprendre ?

Je ne sais pas s’il y a forcément une intention préalable mais c’est sûr que nous aimons composer des choses non linéaires, avec des ruptures de tempo, des cohabitations de styles. C’est également souvent ce que je recherche dans ce que j’écoute. Nous prenons en tout cas le fait que nous puissions surprendre comme une bonne chose. C’est signe que nous trouvons notre place dans un paysage metallique sur-balisé depuis des générations et, ça, nous pouvons le considérer comme une victoire.

Comment avez-vous réussi à travailler sur cet album en pleine crise du COVID ?

Lorsque le premier confinement est tombé, nous avons déjà dû faire face au changement de line-up. Nous avons fait des auditions vidéo et nous avons très rapidement trouvé notre perle rare. Cependant, il n’était pas possible de se réunir pour jouer. A ce stade l’album était enregistré. Si le confinement a rendu certaines choses compliquées comme le fait de se rendre en studio, de faire les sessions photos, etc. Il nous a également permis de peaufiner certains aspects du disque. Nous avons donc pris le temps de travailler à distance sur le mixage avec Phil, en réenregistrant parfois quelques idées nouvelles. Puis DGC en a profité pour développer le livret du disque et les éléments graphiques.

N’est-ce pas frustrant de ne pas pouvoir vraiment défendre cet album sur scène ?

C’est un peu étrange en effet. L’absence de la scène rend la promotion et les ventes d’un disque forcément moins évidentes. Le contexte a nécessité de se réinventer. En lieu et place de la release party, nous avons proposé une présentation et une écoute interactive en ligne. Nous avons monté des clips avec les moyens que nous avions chez nous. Ellie Promotion, notre attachée presse, nous a organisé des interviews en visioconférence. Maintenant, nous attendons forcément tous que le contexte se détende.

Quels sont vos plans pour les mois à venir ?

Même si l’on sent le terrain encore un peu frileux, nous travaillons sur un retour progressif aux concerts. Il nous tarde de fouler la scène avec ce nouveau line-up. Nous serons notamment le 09 octobre au Chope‘n Shop d’Hazebrouck, dans le Nord. D’autres dates arriveront. Nous allons également nous pencher sur du nouveau merch’, les t-shirts à l’effigie de l’album n’ont pas encore vu le jour !

Merci de nous avoir accordé cette interview, je vous laisse le mot de la fin pour nos lecteurs…

Un grand merci à toi pour ton intérêt et cette interview conséquente ! Un sticker sera offert à chaque lecteur qui nous aura lus jusqu’au bout :-D … mais il faudra venir le retirer lors de nos concerts ! En attendant, soyez ouvert(e)s et défendez la musique que vous aimez, elle vous le rendra toujours, même dans les moments les plus sombres !

Venez donc discuter de cette interview sur notre forum !