Groupe:

Organisateur Festival 666

Date:

26 Juin 2021

Interviewer:

JeanMichHell

Interview Victor Pépin

En préambule de cette interview je tenais à préciser que le (très) jeune homme que j’ai rencontré a effectué avec son équipe un travail remarquable de mobilisation, de création de réseau, et grâce à leur investissement sans faille, ils peuvent être fiers de présenter une aussi belle affiche. C’est tout simplement admirable !

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis Victor Pépin. J’ai créé cette association en 2017 dans le but de monter un festival de Metal en août 2018. Cette envie m’est venue après plusieurs Hellfests, j’avais 15 ans et je suis donc allé voir plusieurs amis du collège en leur demandant si cela pouvait les intéresser de monter un festival. C’est clairement un événement qu’il manquait dans la région. Je voulais aussi voir comment les porteurs du projet Hellfest faisaient pour monter un tel événement. Comment on fait pour attirer les groupes, comment cela se passe techniquement sur scène… Je suis ensuite aller voir Mme la Maire en septembre 2017, et elle a tout de suite dit oui. Elle nous a beaucoup aidé.

Une première édition en 2018 donc…

Une première édition qui s’est bien passé, nous avions reçu Tagada Jones. Et comme nous avons équilibré notre budget, pour 2019 nous sommes passé à un format à deux jours. Nous avons accueilli Dagoba, Black Bomb A, Chris Slade que j’ai été ravi d’accueillir. Le second jour a très bien fonctionné puisque nous avons fait Sold Out. Et pour 2020, nous avons été contraints de reporter l’édition.

Comment es-tu tombé dans le Metal ?

C’est avant tout mon père, un peu comme tout le monde non ?

Non pas vraiment, mes parents étaient pas mal Johnny, il gueulait lui aussi à sa manière…

Pour ma part, c’est lui qui m’a fait découvrir d’abord Queen, Nirvana, Metallica puis il m’a emmené au Hellfest. Nous y allons depuis 2014, l’édition avec Maiden, jusqu’à la dernière en 2019.

Et donc un festival à Cercoux ? Au niveau infrastructure ce n’est pas trop compliqué ?

Nous avons deux scènes en open air. Nous allons ouvrir vers 16h00 pour finir à 2h00. Il y aura un parking dédié à côté de la supérette et un lieu de repos où les gens pourront faire une pause.

Et comment une petite ville de 1200 habitants accueille ce festival ? Quel soutien tu as de la mairie ?

La mairie a dit tout de suite : « Ok, pourquoi pas ? ». Je suis allé rencontrer Mme la maire au marché aux plantes, du haut de mes quinze ans avec ma pette voix, elle m’a tout de suite dit oui. Elle n’a pas cherché. Elle soutient vraiment le projet, et après les deux premières éditions, elle adore le projet. Nous faisons plusieurs réunions par an. Elle nous propose toujours des solutions. Nous allons occuper le terrain de foot cette année, contrairement aux autres années où une partie se faisait en intérieur.

Techniquement qui est ce qui vous accompagne ?

C’est Black Line Event. https://www.black-line-son-lumiere.fr/son

L’affiche a bougé entre 2020 et 2021, pour les raisons que l’on connait et de fait se recentre sur des groupes français, même si elle reste assez éclectique, comment vous vous organisez pour la programmation ?

C’est moi qui programme de A à Z. J’ai été aidé par un ami de Paris qui a des contacts et qui a pu faire avancer la troisième journée en particulier. L’affiche se veut éclectique, et l’idée maitresse c’est d’éviter d’avoir pendant tout le temps du festival la même musique dans les oreilles. Faire venir des groupes plus rock, comme Phil Campbell ou encore Cashmire, ils ne dénotent pas par leur énergie sur scène.

Et comment as-tu réussi à faire venir une pointure comme Phil Campbell ?

C’est très marrant. Il s’est inscrit sur notre compte Instagram et je lui ai fait comme réponse que ça nous faisait forcement plaisir. Et en réponse il m’a dit : « Pourquoi pas venir jouer dans ton festival ? ». J’ai répondu que j’en serais honoré, et il m’a envoyé l’adresse mail de son booker, tout simplement. C’est dans l’idée aussi d’avoir un nom à l’international, Chris Slade, Phil Campbell, on pourra peut-être avoir des membres d’Iron Maiden aussi qui sait.

Trois jours c’est ambitieux, j’imagine qu’en terme de budget tu as dû passer un cap ? Quel soutien as-tu ?

Nous avons un budget de 150 000€, avec une grosse part d’autofinancement. La commune nous aide surtout au niveau des structures, nous avons un peu de budget de leur part, le département et la région un peu aussi mais nous comptons avant tout sur nous-mêmes. La billetterie (60% de vendu au moment de l’interview) est une des plus grosses recettes, et puis la bière aussi !

Comment les commerçants voient le festival ?

Nous faisons attention à travailler avec les associations de Cercoux, les entreprises locales, les commerçants. Par exemple le restaurant est réservé pendant tout le weekend pour les groupes. La supérette qui fait un chiffre d’affaire important, la boulangerie du coin aussi, tout le monde s’y retrouve. On se prête du matériel entre association, des bénévoles d’autres association viennent aussi, nous sommes bien intégrés dans la vie du village.

Comment tu vois la suite de cet événement ? Tu penses être parti pour 20 ans, une carrière à la Ben Barbaud ?

Difficile à dire à aujourd’hui, mais mon objectif personnel en tant que programmateur c’est de faire venir Gojira. A l’international, j’aimerai bien faire venir Sick Of It All, ou Clutch, Powerwolf aussi.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

Une belle météo pour le festival vu que nous sommes en total open air cet année.

Un mot de conclusion ?

Nous sommes une petite équipe de jeunes, qui nous nous donnons à fond et quand on voit le résultat ça fait chaud au cœur.

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