Groupe:

Molybaron

Date:

20 Août 2021

Interviewer:

Didier

Interview Steven et Camille

Salut les Molybaron, comment allez-vous ? Nous nous étions vus au Hellfest 2019, dernier en date. D’abord, comment avez-vous résisté à ce covid qui a mis à mal tout ce qui ressemble à de la musique live sur toute la planète ?

STEVEN : Salut Didier, écoute nous allons très bien. Si tu nous avais dit au Hellfest que, deux ans plus tard, le monde allait vivre cette pandémie et que toute la culture allait souffrir autant, je ne t'aurais pas cru… Bien entendu cette dernière année et demie a été plus qu'éprouvante et déprimante, mais le plus important pour nous a été d'aller de l'avant. L'arrêt des concerts a été un coup dur, surtout que notre album était prêt depuis déjà bien longtemps. Mais sans scène pour pouvoir le présenter et le défendre, nous avons dû attendre, mais cela nous a permis de peaufiner tous les angles.

CAMILLE : Dans un premier temps et en toute logique, nous avons subi le covid. Comme tout le monde, nous ne savions pas à quoi nous étions confrontés, combien de temps la situation allait durer… l’expectative d’une reprise de « la vie d’avant » ne nous semblait pas pouvoir durer aussi longtemps. Notre plus gros souci à ce moment était que la sortie de notre nouvel album était prévue et qu’il nous était inenvisageable de le sortir et de le défendre correctement dans ces conditions (arrêt total de la diffusion du spectacle vivant et de la culture en général). Nous avons donc revu notre stratégie et avons décidé de dévoiler une partie de notre album au compte goutte, un single après l’autre, via les plateformes de streaming. Cette stratégie a porté ses fruits puisqu'après quelques mois seulement, nous étions à un million et demi d’écoutes, ce qui est beaucoup pour un groupe de notre acabit… Par la suite, nous avons fait appel au soutien de notre communauté, fans, amis et famille, via une campagne de financement participatif, ce qui nous a permis de sortir notre album physiquement et de lui offrir les « accessoires » qui vont avec : pressage des disques, vinyles, T-shirt, goodies et surtout un magnifique clip pour notre single Animals, titre d’ouverture de l’album, réalisé par l’excellent Teddy Masson (https://www.youtube.com/watch?v=8jVmzzANlhw). Notre album est sorti depuis : il a été largement accueilli par la presse écrite et web, puis de belles choses sont arrivées ensuite mais nous en parlerons plus tard, j’en suis sûr.

Le groupe est toujours-là, c’est déjà une bonne nouvelle ; le line-up est resté identique, c’est encore une bonne chose. Lors de la dernière interview, en juin 2019 donc, vous nous confiiez que le second album était quasi prêt. Au final, il ne sort qu’en mai 2021, comment expliquer ce délai ?

STEVEN : Ce délai est surtout dû au fait que nous attendions le bon moment, et nous avions beaucoup de choses à faire dans les coulisses. Cela nous a aussi permis de reprendre certains morceaux, de les retravailler et de pouvoir présenter quelque chose dont nous étions fiers. Jusqu'aux derniers jours avant l'envoi au mix, des choses ont été rajoutées ou enlevées. Gary, en éternel insatisfait et perfectionniste, a vraiment pris le temps pour que chaque morceau sonne aussi bien que possible. Et au vu des nombreuses chroniques et retours, je me dis que c'est plutôt réussi héhé. Nous avons sorti un premier morceau, puis un deuxième, et nous avons eu presque un million de streams sur Spotify. Nous étions donc sur la bonne piste.

Certains groupes nous ont déclaré que les périodes de confinement avaient permis de pas mal avancer du côté des nouvelles compositions ; mais vous, vous aviez déjà vos compositions avant l’arrivée du covid, avez-vous aussi composé le contenu du troisième album pendant cette année compliquée ?

CAMILLE : Pour être très honnête, nous n’avons absolument pas chômé durant cette période de confinement, mais ce temps n’était pas consacré à l’écriture : entre la réalisation des vidéos promos, le montage de la campagne de financement, la réalisation du clip, le design de l’album/vinyles et produits dérivés et j’en passe… nous avons eu tous très peu de temps à consacrer à l’écriture pour le moment. Cela dit, le moment de préparer notre troisième album approche et nous sommes actuellement tous en train d’écrire chacun de notre côté.

STEVEN : Concernant le prochain album, nous ne nous sommes pas encore penchés réellement dessus. La période covid nous a permis de travailler nos morceaux, préparer les clips, la promo, et tout le travail qui se fait dans l'ombre. Nous avons des idées, des mélodies, des riffs, ainsi que certaines lignes directrices que nous aimerions suivre. On essaie de profiter un peu des retombées de l'album et on croise les doigts pour pouvoir le défendre sur les scènes françaises et mondiales au plus vite !

Avant de parler de l’album, votre page Facebook s’est affolée récemment avec un certains nombre de grandes nouvelles, tant du côté du management des tournées que du côté label, vous pouvez nous en dire plus ?

STEVEN : Effectivement, avec la sortie de l'album, nous avons pu intéresser énormément de monde, et nous avons tapé dans l'œil de très bonnes personnes. Cela nous a permis de rencontrer notre manager Richard Gamba, ainsi que Inside Out Music, ce qui est tout bonnement incroyable pour nous !

Franchement c’est une sacrée étape et vous pouvez être fiers de vous : Inside Out Music / Century Media Records, c’est quand même le label des plus grands, notamment dans le style metal progressif. Vous définissez-vous comme un groupe typé metal prog ?

STEVEN : C'est un magnifique label et nous sommes plus que fiers de faire partie de cette superbe écurie ! Être entourés d'artistes comme Devin Townsend, Leprous, Karnivool ou encore Dream Theater, c'est juste incroyable ! Au niveau de notre style, c'est toujours compliqué de le définir… Nous ne savons pas vraiment où nous classer, et cela n'est pas une volonté de vouloir être différent, mais c'est juste un fait. Cela dépend des gens, des magazines, des radios… Parfois ils disent prog, parfois alternatif, parfois moderne, parfois groovy... Disons qu'on fait du Metal, et c'est déjà bien !

CAMILLE : Pour ma part, je ne vois absolument pas le groupe typé metal prog. A l’écoute du premier album, je dirais que Molybaron est typé Rock/Métal. Aujourd’hui, avec The Mutiny, nous sommes clairement passés du côté Metal (sans étiquette).

Je suis aussi assez content de moi, puisque j’avais chroniqué et découvert le groupe via votre premier album, puis participé au financement participatif du second. A ce propos, comment s’est passé ce financement participatif ? Est-ce un vrai moyen de voir décoller des groupes ? Si vous n’aviez pas signé ce deal avec un label, auriez-vous continué de cette façon-là ?

STEVEN : C'est vrai que tu es un soutien depuis le tout début, et nous en sommes très reconnaissants ! Cela représente énormément pour nous, et merci pour ta participation ! Concernant cette campagne, cela s'est imposé à nous alors qu'au départ, nous n'étions pas forcément pour cette démarche. J'ai toujours pensé qu'il fallait qu'on se débrouille par nous-mêmes, et que l'argent ne devait pas entrer en compte avec les gens qui nous suivent. Mais j'ai commencé à penser à la chose autrement, en réalisant que c'était aussi un moyen de fidéliser les gens qui nous suivent, de leur permettre de faire partie de l'aventure, d'apporter une pierre à notre édifice, et aussi, grâce à nos packages, de faire en sorte que chacun gagne quelque chose (album, cd, t-shirt, vinyles, goodies…). Je n'y ai vu que des points positifs, et le lancement a été fabuleux ! Avec les dons PayPal, nous avons presque atteint 150% de notre objectif ! Nous avons atteint les 100% en deux jours. Les gens se sont montrés extrêmement généreux et mobilisés pour nous, et j'espère qu'en voyant les retours de cet album, que cela soit au niveau des chroniques que des retombées label/tourneur, ils réalisent que cela n'était pas pour rien ! Eh oui, on s'est pas moqué de vous avec cet album héhé.

CAMILLE : Tout d’abord, un grand merci à toi pour ton soutien. J’en profite d’ailleurs pour remercier infiniment toutes les personnes qui ont participé (financement, partage…), ça me touche beaucoup et ça nous aide énormément. Pour répondre à ta question, la campagne s’est extrêmement bien passée, bien au-delà de nos espérances. Personnellement, je ne partais pas confiant et nous avons vite réalisé que le soutien de notre communauté est incroyable. Je ne pense pas que ce soit le moyen de « décoller » à proprement parler, mais de permettre aux artistes de produire et/ou se produire avec des moyens qu’il est compliqué de rassembler par soi-même. L’autoproduction a ses limites et les campagnes comme celles-ci peuvent aider à se réaliser avec de plus grands moyens.

Parlons un peu de ce nouvel album et d’abord de sa pochette : parlez-nous de sa genèse et de son auteur.

STEVEN : Après le premier album, dont la pochette a été entièrement designée par Gary, nous avions envie de partir sur quelque chose de totalement différent. Suite à de très nombreuses conversations à propos du nouvel artwork, nous nous sommes tous deux mis d'accord : dominance de rouge et de noir, et quelque chose de centré. Pas de photoréalisme. J'ai donc passé des mois à emmagasiner des images, photos… Mais pas de coup de cœur (malgré quelques concepts très intéressants… Qui sait, pour le prochain peut-être). Gary est allé jeter un œil du côté d'artistes Russes, et est tombé sur Oleg Smirnov. Parmi plusieurs images, il m'a envoyé la pochette actuelle. J'ai flashé dessus et nous avons continué nos recherches. Puis quelques jours plus tard, je lui dis « tu sais, cette pochette… Elle me reste coincée dans la tête… ». Il me répond que lui aussi. Et aussitôt, nous avons contacté l'artiste pour acquérir les droits de cette peinture, ainsi que deux autres (qui servent pour l'intérieur de l'album et l'illustration du single Animals )

Il me semble que l’ambiance de l’album est à la révolte. Le titre semble le confirmer. Vous pouvez nous expliquer les motivations de cette révolte qui transpire plus ou moins violemment dans tout l’album ?

STEVEN : J'ai trouvé le titre de l'album avant qu'on se mette au travail dessus. Je regardais un film, et l'un des personnages a dit « it's a mutiny ». J'ai tout de suite flashé dessus. Cela pouvait représenter énormément de choses, être une métaphore de tout et de rien et je savais que cela parlerait à Gary. Je l'ai donc appelé et lui ai dit « j'ai le titre de l'album… Mutiny ! » Et c'était fait. Il a rajouté le « The » et nous avions notre titre. Gary écrit les paroles des chansons et parle de choses qui le touchent et l'interpellent. Pour le premier opus, qui est sorti en pleine période Trump, il avait besoin de déverser sa haine. Pour le second, mis à Part The Lighthouse dont j'ai écris les paroles, il est allé plus profondément dans l'intime, avec des thèmes proches de la maladie, du danger des réseaux sociaux, de la politique… Cela lui permet d'exorciser ses démons.

Peut-on parler pour autant de The Mutiny comme un album concept ?

STEVEN : Je ne pense pas qu'on puisse parler de concept album.. Il n'y a pas d'histoires qui se racontent sur la longueur, ou de thèmes qui sont récurrents. Pour notre premier album, beaucoup de personnes pensaient qu'il s'agissant d'un concept album. Donc en soit, tout le monde peut voir aussi ce second album comme il le veut. Et pourquoi pas d'ailleurs ?

CAMILLE : Je ne vois pas The Mutiny comme un album concept, pas du tout. Son identité est, certes, très forte et ancrée de par le son produit et puissant, son unité graphique, ses textes touchants et parfois engagés… mais The Mutiny reste un album somme toute « classique ».

J’ai été assez bluffé par la qualité des compos, je l’avais déjà souligné dans la chro du premier album ; comment avez-vous travaillé pour l’écriture de cet album ?

CAMILLE : Gary Kelly, chanteur/guitariste du groupe, est à l’origine de la quasi totalité de l’album. Le reste du groupe est bien sûr force de proposition sur les arrangements, mais The Munity reflète clairement le génie artistique de Gary.

STEVEN : Bien qu'étant très fiers de premier album, nous avons réalisé que beaucoup de morceaux avaient du mal à faire bouger les gens en concert. Pour le second album, nous avions décidé de partir sur des tempos plus rapides, plus agressifs, et toujours avec notre volonté d'avoir des mélodies accrocheuses et des gros riffs bien tranchants. Concernant l'écriture, la quasi totalité des morceaux a été composée par Gary dans son home studio, mis à part Lucifer qui a été composé avec Seb, et Animals et The Lighthouse que j'ai composés avec lui. Cela lui permettait de trifouiller, travailler, modifier les morceaux pour arriver au résultat qui lui plaisait. Parfois, nous jammons en studio, et il enregistre des idées, qu'il retravaille ensuite chez lui. Ensuite, il nous envoie des versions, nous faisons nos retours, et tout cela avance dans le même sens : avoir la meilleure chanson possible. Il a effectué un travail phénoménal, et nous sommes très fiers de cet album.

C’est étonnant et on a dû certainement vous le dire, mais Animals est un titre qui fleure bon le System Of A Down. Est-ce une influence importante dans votre musique ?

STEVEN : C'est drôle car nous n'écoutons pas vraiment SOAD. À vrai dire, Gary n'écoute quasiment pas de musique. Il est très « vierge » d'influence, car il écrit vraiment ce qui lui vient sur le moment. Cela arrive qu'un riff ressemble parfois à tel ou tel morceau. C'est marrant car la comparaison avec System Of A Down est assez fréquente mais j'ai du mal à voir où… Bien sûr, j'aime beaucoup ce groupe, mais je n'en écoute pas fréquemment… Je ne pense pas qu'on ait d'influences particulières car, mis à part Gary, nous écoutons chacun des choses bien différentes.

CAMILLE : System est en effet une influence importante et fait partie de notre culture, comme bon nombre d’artistes. Notre panel est assez large et notre culture, bien que Rock/Metal à la base, est assez éclectique au sein du groupe. Pour ma part, je suis plus dans la veine moderne Djent avec des artistes comme Periphery, Kadinja…

L’album possède aussi un savant mélange de sons électroniques, comme sur l’intro de Animals ou sur The Lighthouse ou encore Something For The Pain, ce sont des choses qui sont plutôt ajoutées tardivement dans la prod ou bien c’était là dès la conception du morceau ?

STEVEN : Ces petits sons et ajouts électroniques ont été ajoutés alors que Gary s'amusait avec les morceaux. Il arrive parfois qu'on se dise « il y a un petit temps mou ici, on pourrait peut-être rajouter ce son de synthé, et cela créerait en plus de l'ambiance ! ». Comme je l'ai dit plus haut, beaucoup de morceaux ont évolué, parfois même jusqu'à quelques jours avant l'envoi au mix !

Côté vidéo, vous avez frappé un grand coup avec le visuel de Animals. Vous pouvez nous raconter le making of de cette vidéo à fort teneur en hémoglobine ?

CAMILLE : L’idée sort tout droit de la tête de Steve, guitariste du groupe ! Je vais le laisser vous en dire un peu plus à ce sujet.

STEVEN : J'ai écrit le scénario du clip il y a bien longtemps. Le morceau parlant de la planète qui est en train de mourir, et de notre influence sur elle, j'ai eu envie de quelque chose de très visuel, qui puisse choquer et interpeller. J'ai donc fait un story board, et dans la première version du clip, nous devions avec plus de trente figurants. Nous devions les filmer indépendamment chacun, et tous les visages et corps, de taille, sexe, corpulence, couleur différents, devaient se mélanger pour partager l'idée que le message est universel et que nous sommes tous touchés par ce qui se passe. Mais à cause du covid, nous avons dû repousser le tournage et nous avons dû le faire seulement nous quatre. Mais nous sommes tout de même contents du résultat, et cela aussi grâce au professionnalisme et au travail du réalisateur Teddy Masson. Nous avons donc tourné dans un studio fond vert, et avons acheté une piscine gonflable afin de ne pas ruiner le lieu ! Peut-être un jour sortirons-nous des photos making of, car elles sont assez funs.

Pour le moment, il me semble être le seul morceau qui possède son clip vidéo ; d’autres vidéos sont-elles prévues ?

STEVEN : Nous avons aussi le clip de Twenty Four Hours, avec en feat Whit Crane de Ugly Kid Joe, qui est aussi sur YouTube. Il devait s'agir à la base d'une lyrics vidéo, mais nous avons poussé plus loin, et finalement nous avons fait un clip, très graphique et dynamique.

J’aime bien les chœurs sur Lucifer par exemple, c’est Gary qui s’y colle ou bien les autres membres du groupe ?

STEVEN : Sur le premier album, j'ai beaucoup fait de chœurs, un peu moins pour le second. Concernant Lucifer, tu peux apprécier ma voix ainsi que celle de Seb, le bassiste, sur les « white noises » héhé. Par contre, en live, je participe aux chœurs.

Le son de la basse de Sébastien est toujours atomique, notamment sur The Lighthouse, Amongst The Boys And The Dead Flowers et Properity Gospel. La basse semble être un composant important voire essentiel de votre son ?

STEVEN : Effectivement, parmi les constantes sur ce second album, nous voulions absolument garder cette basse très en avant dans le mix. Cela fait partie de notre ADN, et elle continuera à être toujours aussi mise en avant.

CAMILLE : En effet, le son de basse fait partie intégrante de la personnalité du son de Molybaron. Tout autant que le timbre de voix de Gary qui est reconnaissable dès la première écoute..

Sur le titre Twenty Four Hours, Gary chante avec un invité de marque, Whitfield Crane de Ugly Kid Joe. Comment s’est faite cette rencontre ?

STEVEN : Nous avons fait deux Boule Noire, et lors de la seconde, en 2018, Whit est venu voir notre concert, accompagné d'une amie. Suite à notre set, cette amie m'appelle « Rejoins-nous, Whit a adoré le concert, il veut vous parler ». Et voilà qu'on se retrouve à parler, et à prendre un verre quelques jours plus tard, et à jammer dans notre studio quelques jours encore plus tard (il y a un extrait sur Youtube). À force, nous parlons beaucoup, et la proposition de venir faire un feat sur notre album arrive très naturellement. Whit est ravis, et nous lui envoyons plusieurs morceaux. C'est alors qu'il flashe sur Twenty Four Hours. Deux jours plus tard, il est en studio aux Etats-Unis pour enregistrer sa partie.

Le titre The Lighthouse m’a beaucoup touché, quel en est le message exactement ?

STEVEN : Cela me fait plaisir car c'est un morceau que j'ai composé et dont j'ai écrit les paroles. C'était une expérience assez étrange pour moi, car c'est très dur d'écrire quelque chose de profond sans avoir l'air cliché, particulièrement quand ce n'est pas du tout ta langue… J'ai eu envie de parler de ces gens qui ont des cicatrices, qui sont brisés, qui ont vécus des choses dures et qui vivent chaque jour avec le sourire et qui avancent, sans broncher et surtout sans le montrer. Mais aussi avec l'idée qu'on les voit guidés par quelque chose d'invisible, une force qui les anime.. C'est compliqué à expliquer, c'est assez personnel et en même temps très abstrait…

Etant moi-même informaticien, je suis forcément interpellé par Slave To The Algorithm. Comment intégrer les progrès technologiques sans en devenir esclaves. Ca vous pose aussi un souci ?

STEVEN : C'est quelque chose dont tu pourras discuter avec Gary la prochaine fois qu'on se croisera héhé.

CAMILLE : Personnellement oui, ça me pose un souci. Je trouve la technologie fascinante ; elle avance à pas de géant et elle nous permet aujourd’hui bien des choses : une facilité d’accès à n’importe quelle information, une connexion permanente avec l’autre… c’est à la fois très pratique et contraignant. Je ne vais pas forcément m’étaler sur le sujet mais je sens l’étau qui se resserre de plus en plus sur nos libertés individuelles avec les outils que l’on utilise au quotidien.

Il y a quelques solos dans cet album (par exemple sur Something For The Pain, The Lighthouse, Amongst The Boys), qui s’y colle entre Gary et Steven ?

STEVEN : Il y a quelques solos que nous nous partageons, parfois l'un après l'autre, parfois lui, parfois moi. Mais le plus important, c'est qu'il fallait qu'ils soient mélodiques et qu'ils apportent quelque chose au morceau ! Nous tenions vraiment à éviter les expositions de techniques et les enfilades de notes à la vitesse de la lumière. Le plus important était de faire avancer la chanson et qu'ils ne soient pas gratuits.

Qui a trouvé le gimmick étonnant de Twenty Four Hours, qui fleure bon la Louisiane et ses bayous ?

STEVEN : C'est Gary qui a trouvé ce riff très bluesy, avec ce son un peu crado. Nous sommes super contents de ce morceau et de toute son ambiance rock 'n' roll, très Thin Lizzesque. Et cela fait vraiment du bien à jouer, surtout en live, car le public réagit très bien !

En tout cas, bravo pour cet album, il s’en dégage non seulement une certaine maturité mais surtout un vrai projet musical, abouti et prometteur. Et je ne suis aucunement surpris de ces contrats signés avec gros label et tourneur. Est-ce que cet album a permis ces signatures, ou bien vous étiez déjà en contact avant la sortie de The Mutiny ?

CAMILLE : Merci pour tes compliments… The Mutiny est clairement l’élément déclencheur de toutes ces signatures… il a été écrit avec une volonté : celle de marquer par sa production, de faire bouger par ses riffs, de toucher par ses textes, d’attirer par son visuel… tous ces éléments ont rassemblé au fur et à mesure des personnes d’une grande qualité, qui ont trouvé en Molybaron un lueur en laquelle ils ont envie de croire, et qui nous portent aujourd’hui. Je remercie ces personnes d’ailleurs, en espérant qu’elles se reconnaissent.

STEVEN : Nous avons été approchés par de nombreux labels, et cela depuis le premier album, mais nous avions toujours voulu rester indépendants, et d'attendre de vraiment trouver celui qu'il nous fallait. Suite à la sortie de ce second album, et de toutes ses retombées, chroniques, retours… je pense que certains gros labels ont commencé à s'intéresser à nous et à se dire qu'on pouvait vraiment apporter quelque chose. Nous avions aussi dépassé le million d'écoutes sur Spotify en trois morceaux, donc je pense que cela a été important aussi. Les morceaux marchent bien, les gens sont ultra réceptifs et nos chiffres ne font que grimper.

Quels sont vos plans pour les mois qui viennent, même s'il est toujours difficile, dans le contexte actuel, de prévoir les choses.

CAMILLE : Comme évoqué précédemment, nous avons un tournage de clip prévu début septembre, et l’écriture du troisième album. Pour ce qui est du live, nous avons bon espoir que la vie culturelle reprenne… une jolie tournée en première d’un beau groupe me trotte peut-être ? Europe, Etats-Unis ? Affaire à suivre, qui vivra verra, comme je dis… !

STEVEN : Nous avons plein de choses prévus, en plus des tournées et des concerts que nous sommes en train de planifier. Sinon nous allons sortir du contenu dans les prochaines semaines et mois, je ne peux pas trop en parler, mais vous n'avez pas encore fini d'entendre parler de nous et de notre Mutinerie.

Pensez-vous avoir l’opportunité de défendre The Mutiny sur le planches “comme au bon vieux temps” ?

STEVEN : Je pense que cela ne devrait plus tarder.. Du moins je l'espère de tout cœur ! Il n'y a pas grand-chose qui rivalise avec le plaisir d'être sur une scène et de jouer devant un public !

Merci pour votre temps, je vous laisse le mot de la fin pour nos lecteurs…

STEVEN : Merci à toi pour ton soutien, ta gentillesse et tout ce que tu fais pour nous depuis le début de notre aventure ! Merci aussi à tout ceux qui nous soutiennent, qui ont participé, et qui viennent nous voir en concert. Ce n'est vraiment que le début de cette belle aventure !

Venez donc discuter de cette interview sur notre forum !