Groupe:

Araki Records

Date:

20 Octobre 2021

Interviewer:

fabulous

Interview Simon

Salut Simon, peux-tu nous faire une petite présentation de ton label Araki Records stp, date de création, styles référencés etc.

C’est un label familial, qui a été créé en août 2015. On avait créé un premier label en 2013 orienté jazz-noise-expérimental (qui existe toujours d’ailleurs), puis j’ai eu envie de sortir un groupe de copains qui faisait plus de la pop, du coup on a créé ce second label. J’aime beaucoup le post-rock, le label se dirigeait vers ça au début puis au fil des rencontres, ça s’est tourné vers de la pop, le folk puis dévié vers la noise, garage, punk… Au final beaucoup de styles référencés.

Quel est ton parcours personnel, et professionnel, comment es-tu devenu gérant de label ?

Je suis né en 84 au fin fond des Ardennes, ma mère s’en souvient car j’avais une grosse tête, que j’ai toujours d’ailleurs (pas en termes de melon ou d’intellect mais plus en difficulté à trouver une bonne casquette). Puis parcours scolaire assez banal sans grain de folie, primaire, collège, lycée. J’ai commencé à m’intéresser à la musique vers dix-huit ans où j’ai franchi une grosse étape en achetant un album de « Tool » alors que j’étais plutôt cantonné à écouter du « Britney Spears » (j’en écoute toujours un peu en soirée d’ailleurs). C’était l’album « Lateralus », je l’ai écouté en boucle tous les soirs pendant des années !! Cet album m’a ouvert vers d’autres groupes et m’a appris à écouter plusieurs fois un morceau avant d’en apprécier toutes les subtilités. Puis ça s’est enchainé, l’énergie des concerts, la découverte d’associations qui programmaient des groupes inconnus au bataillons. Le label est né de toutes ces belles rencontres.

Quel est selon toi la ou les meilleures qualités qu’il faut pour gérer un label comme le tien ?

Le partage, la passion. J’aime la musique, la partager avec d’autres personnes, faire des rencontres, découvrir de nouveaux groupes. Ce qui est dingue, c’est que je me dis toujours, il est énorme cet album, bondiou, ça fait longtemps que je n’ai pas pris une claque comme ça et je m’en reprends une autre peu de temps après, et ça fait six ans que ça dure !!

Es-tu seul à tout gérer ?

Je gère le label avec mon frangin, il adore s’occuper de la comptabilité. Et je commence à embarquer les gamins également, ils sont plus dans le coup que nous maintenant, même s’ils préfèrent le MP3 aux vinyles (les ringards).

Tu en vis ou tu as un second job ?

Je n’en vis pas (ce qui me permet d’être assez libre, de prendre le temps, et de le faire quand j’en ai envie), j’ai un boulot à côté.

Quel est le groupe qui a eu le plus de succès, les meilleures ventes ?

J’ai regardé la définition de succès dans le Larousse, en 1 : résultat heureux obtenu dans un travail et en 2 : audience accordée par le public. Du coup pour la 1 je dirais qu’ils ont tous du succès, pour la 2, y en a certains qui tournent plus ou que l’on aperçoit davantage dans les webzines ou radio mais il n’y en a aucun qui remplira le stade de France (et c’est bien dommage ou pas). Pour les ventes, je ne suis pas très doué en communication du coup je ne vends pas beaucoup (mon sous-sol commence à déborder !!) sauf en concert où là je me donne à fond pour défendre les groupes, je suis un redoutable vendeur.

Comment choisis-tu les groupes qui feront partie du label, tes critères de sélections ?

Je reçois des propositions par mails essentiellement. J’aime bien aussi contacter les groupes que j’entends chez des amis ou sur l’intranet. Et bien sûr en concerts !!

Combien de groupes sont chez Araki Records ?

A la louche, je dirais une soixantaine de groupes (mazette, ça commence à en faire !!)

Le label se focalise sur un style particulier ou pas ?

Le foxtrot, communément appelé en France le trot de renard. Ma mère était passionnée par cette danse. Elle a dansé dans quasiment tous les salons de Suisse. C’est comme ça qu’elle a connu mon père. Mon père n’est pas aussi fluide et continu dans ses gestes comparés à ma mère, il faut le dire, mais il se débrouille pas mal et brille par son humour. J’aime surtout le trot de renard de Memphis. Comme il a été dansé entre 59 et 61. L’histoire de ma vie c’est que je cherche désespérément des groupes qui savent danser ce 4/4 légendaire, mais je n’en trouve jamais, alors en attendant, pour compenser, je sors des groupes de post-rock bien planosses.

Le label aide les groupes pour les dates de concerts également ?

Absolument pas, mais dans un cas de groupe de foxtrot, j’ai pas mal de contacts et je pourrais même être roadie.

De nombreux groupes optent pour les sorties d’albums sur plusieurs labels, un bon moyen de se partager les coûts ?

Carrément ! La co-prod permet de partager les coûts, de diffuser l’album au maximum. Il y a énormément de labels indépendants, plus sympathiques les uns que les autres. C’est en faisant des co-prod que le réseau s’étend, on partage nos contacts, nos idées, nos façons de faire, c’est très enrichissant.

Quels groupes « découvertes » peux-tu nous présenter que tu as signé sur le label ?

J’ai envie de dire tous, même si pour certains ça fait déjà des années qu’ils font de la musique et sortent des albums mais c’est toujours une découverte. Tous les groupes que j’ai eu la chance de pouvoir sortir ont été des découvertes pour moi, ils m’apportent beaucoup, m’enrichissent. Ils sont pour beaucoup dans cette aventure de label.

Tu vends plus de vinyles ou de CD ?

En moyenne je vends huit-dix vinyles et cinq-six CD’s, donc je dirais plus de vinyles quand même.

Quelle est la partie de ton job que tu préfères ?

J’adore préparer des colis et aller à la poste.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut créer son label ?

Tant que tu le fais avec amour, fonce !!

Je te laisse le mot de la fin

Merci pour votre patience

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