Artiste/Groupe:

Zornheym

CD:

The Zornheim Sleep Experiment

Date de sortie:

Octobre 2021

Label:

Noble Demon

Style:

Symphonic Extreme Metal

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

17/20

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Je n’écoute pas du black symphonique tous les jours, loin de là... Mais quand j’ai vu que le deuxième album de Zornheym nous avait été envoyé pour être chroniqué, je ne me suis pas fait prier. En 2017, j’avais totalement partagé le coup de cœur de mon confrère Orion qui avait d’ailleurs très bien dit dans son "papier" tout le bien qu’il pensait de Where Hatred Dwells And Madness Reigns. Je m’étais alors dit que je garderais un œil sur ce groupe. Promesse tenue. En même temps, il y a des promesses plus dures à tenir que celles-là. Quand on aime certaines formes de metal extrême (mélodique et bien produit pour ma part... trop de brutalité et de saleté m’abiment les oreilles) où se mêlent le dramatique et l’épique, les arrangements symphoniques classieux, les ambiances ténébreuses (avec histoire horrifique à la King Diamond), les mélodies accrocheuses mélangées au guitares rageuses toutefois capables de livrer de très beaux solos (plus proches du heavy metal), avec un peu de chant clair venu contrebalancer l’agressivité des vocalises plus extrêmes, il n’est vraiment pas difficile de se laisser charmer par Zornheym (projet mené, je le rappelle, par le Suédois Zorn connu pour avoir fait partie de Dark Funeral). 

On retrouve ici une formule proche de celle utilisée en 2017 : l’album est court (trente-sept minutes) avec dix pistes qui contiennent sept véritables "chansons" et trois pistes faisant plutôt dans l’interlude ou l’épilogue. En plus de Zorn (guitare, basse et clavier), on retrouve également Bendler au chant ainsi que Scucca (guitares, clavier, arrangements). On note l’arrivée d’un nouveau batteur, Steve Joakim, et la présence d’un quatuor à cordes (nommé The Zornheym String Quartet) ainsi que d’une chorale (le Zornheym’s Chorus Tenebris) comprenant sept vocalistes... Ca en fait du monde !

Pas d’intro pour mettre en place la narration de The Zornheim Sleep Experiment (dont l’histoire prend place dans le même hôpital psychiatrique que la fois précédente), on commence directement avec Corpus Vile qui livre d’entrée tous les ingrédients qui nous attendent par la suite : tempo enlevé, chorale, clavecin, cordes et cloches, guitares alternant leads extrêmes et parties plus mélodiques, alternance entre chant caverneux effrayant et parties claires plus mélodiques, changements de rythme, ambiance cauchemardesque et j’en passe... C’est dense mais très bien écrit et produit. Riche mais entraînant et efficace. Un croisement réussi entre Dimmu Borgir, Therion (lorsque le chant clair intervient) et King Diamond. An Evil Within est une sorte d’intro d’une vingtaine de secondes dont le thème mélodique chanté par la chorale sera repris dans le morceau suivant, le virulent Dead Silence, au couplet plus rapide et agressif que ce qui a précédé (on relèvera une inspiration death mélodique et des blasts qui secouent bien)... Le refrain est plus mélodique avec le fameux thème d’Evil Within repris au violon. Arrivent ensuite les deux morceaux choisis pour promouvoir l’album en amont, toujours belliqueux mais, il est vrai, encore plus catchy (et moins furieux, notamment en terme de tempo) : le très bon Keep The Devil Away et surtout l’incroyablement entêtant Slumber Comes In Time qui emmène le groupe vers des hauteurs encore plus épiques grâce à son refrain grandiloquent (basé sur une chanson folklorique suédoise du XVIe siècle) porté par des chœurs que l’on pourrait trouver chez un groupe de power style Hammerfall ou Powerwolf, tout cela sur fond de double grosse caisse qui mitraille à volonté. Brillant.

Black Nine accélère à nouveau le rythme, possède lui aussi un thème marquant (la mélodie principale juxtaposée sur le riff est entonnée par une voix féminine) et le solo - à l’esprit King Diamondesque - est fantastique. L’un des points forts de l’album (il en a beaucoup) réside dans le fait que chaque compo a vraiment quelque chose qui la distingue des autres. Et cela se confirme sur la fin du disque, avec le court instrumental The Veiling Of Bettelheim’s Eye qui introduit la lourde et hypnotisante The Revelation avec ses chœurs répétitifs qui donnent l’impression d’assister à un rituel occulte... avant de repartir sur quelque chose de plus rapide et violent grâce à la percutante Keep Cutting, dernière véritable compo chantée puisque The Madness That Lurks Within est un épilogue symphonique ténébreux (avec bruitages de portes, clés, quelques cris aussi... tout un poème).

The Zornheim Sleep Experiment n’est pas un disque léger. Il est même chargé, l’espace sonore étant continuellement rempli d’arrangements, de cris, de chœurs, de guitares virevoltantes, violons et j’en passe... La durée a priori un peu courte de trente-sept minutes est plutôt appréciable du coup. Vu l’intensité de l’ensemble, l’expérience aurait pu être épuisante si elle avait été moins concise. Le premier album m’avait impressionné, cette suite très soignée (dans ses moindres détails), reprenant la même recette (un peu moins black mais plus riche en mélodie et airs mémorables) est une belle réussite dont on devrait reparler au moment de se lancer dans les tops de fin d’année. 
 

Tracklist de The Zornheim Sleep Experiment :

01. Corpus Vile
02. An Evil Within
03. Dead Silence
04. Keep The Devil Away
05. Slumber Comes In Time
06. Black Nine
07. The Veiling Of Bettelheim’s Eye
08. The Revelation
09. Keep Cutting
10. The Madness That Lurks Within (Epilogue)

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