Ambiance de rentrée ce soir au Bikini avec un programme alléchant pour ce retour personnel dans les salles de concert. Hasard du calendrier, ce sont trois soirées Metal consécutives qui sont proposées dans ce lieu emblématique de la Ville Rose. Ce soir c’est metalcore / hardcore, demain ce sera symphonique autour d’Epica et c’est Jinjer accompagné d’une belle affiche djent qui conclura ce triptyque aux allures de mini-Festival. Très chouette programmation, hyper qualitative et c’est un vrai plaisir de se lancer dans ce mini-marathon très varié. Ce soir c’est ambiance core, la reprise est donc bien nerveuse d’entrée avec un groupe qui a connu une année 2025 remarquable et que nous sommes ravis de déjà retrouver. La météo est plutôt douce (pour la saison) et c’est une belle effervescence que connait le Bikini en ce lundi soir.
Stick To Your Guns
Travail oblige, je manque Static Dress qui semble proposer un metalcore assez catchy et ce sont les californiens de Stick To Your Guns qui débarquent. Bien connu en local, le groupe est un habitué et tourne énormément, ce qui est respectable et surtout semble payer, nous allons y revenir. Fin 2022, ils étaient venus accompagnés d’un line-up hallucinant a posteriori (Knocked Loose, Landmvrks) dans un feu-Connexion déchainé. Début 2025, c’est dans un Metronum animé qu’ils avaient débarqués avec Bodysnatcher, groupe incroyable. Le plus dingue est que Stick To Your Guns officiait en tête d’affiche avec des premières parties démentes (non mais j’y reviens, Knocked Looose & Landmvrks !!). Pour être honnête, je les avais trouvés méritants mais sincèrement moins impactants que les groupes les précédant et ne comprenant pas trop leur statut de headliner. Ce soir, le groupe me semble donc plus « à sa place » ouvrant pour la nouvelle sensation suisse. Je précise que les deux groupes du soir ont ouvert pour … Landmvrks le 31 janvier dans un Zénith parisien blindé, preuve supplémentaire que les positionnements sur les affiches peuvent évoluer à une vitesse sidérante et que tout va décidément très vite dans un business souvent impitoyable.
Comme à chaque fois, les californiens nous gratifient de musiques décalées dans la sono et c’est encore la géniale et iconique Take On Me de A-Ha qui permet de lancer les hostilités. Les trois quarts d’heure de hardcore mélodique vont passer très vite avec une dynamique réelle, un groupe en mode valeur sûre live. Pour être sincère avec mon lecteur, ce n’est pas mon groupe préféré dans le genre et je trouve que ça manque un peu de puissance, trop le c.. entre deux chaises entre hardcore mélodique et metalcore burné. Le frontman Jesse Barnett dégage une bonne énergie, tient son auditoire qui le lui rend bien avec un pit déchainé. Point de bassiste, ils ne sont que quatre mais assurent bien et délivrent un bon show de première partie. Le petit dernier Keep Planting Flowers paru début 2025 est naturellement mis en valeur avec 4 titres, des titres plus rapides succèdent à des breaks solides.
Une performance solide, très suivie alors que la pluie est arrivée, rendant l’extérieur du Bikini moins agréable.
Setlist
Diamond
What Choice Did You Give Us ?
Such Pain
Invisible Rain
Married ToThe Noise
Nothing You Can Do To Me
More Than A Witness
Keep Planting Flowers
Spineless
Amber
Against Them All
Nobody
Paleface Swiss
Début 2025 le groupe helvète jouait en tête d’affiche au Rex dans la foulée d’un Cursed absolument excellent et porteur d’une dynamique différente, moins deathcore de psychopathe pour un nu-deathcore bien vénère. Un an plus tard, porté par ce disque et des présences remarquées en festival (en ce qui me concerne une des très grosses performances du dernier Motocultor), c’est au Bikini que le groupe joue. Ok ce n’est pas le guichet fermé mais la salle est copieusement garnie même si le balcon est fermé. Le groupe a clairement passé un cap en termes de popularité et en une année, la progression est flagrante. Un EP a été proposé début Janvier en amont de cette tournée et est bien représenté dans la setlist du soir même si en toute logique, c’est le disque Cursed qui est copieusement retranscrit avec pas moins de dix titres dont l’excellente ballade River Of Sorrows ou encore l’épique Love Burns et son final hyper intense et fédérateur.
Ces deux pistes n’arrivent qu’en fin de show car le groupe attaque pied au plancher avec des brûlots hyper efficaces. Vocaux déments rappelant avantageusement Corey Taylor, riffs furieux et diablement efficaces, rythmiques ultra véloces, Paleface Swiss impressionne encoreet se montre à son avantage dans ce format plus grand. Batterie surélevée, effets de fumée, les zurichois font le show. Ne maîtrisant pas la langue de Molière, c’est en anglais que le frontman arrangue son public. Bavard (sans doute un peu trop) mais créant une connexion avec un public d’abord un peu timide en ce lundi soir, la scène est très bien tenue, le show dynamique et énergique ce qu’il faut. Les circle pits et autres wall of death désormais rituels sont bien présents, le public est à fond, l’ambiance excellente.
Le souvenir d’il y a un an qui a marqué le chanteur qui avait souffert de la chaleur ce jour-là est bien présent et le chanteur y fait référence en conservant un souvenir fun mais d'un concert où il avait un peu dû lutter contre lui-même. Continuant sa montée en puissance, Paleface Swiss se débrouille à merveille et confirme l’excellence de ce groupe que pour ma part j’apprécie tout particulièrement. Un petit retour sous une pluie peu gênante avec un programme bien chargé dans cette semaine de Jeux d’Hiver.