Encore une belle date sold-out. Décidément, en dépit des difficultés inhérentes au format live pour les organisateurs / groupes, le public est (sans doute plus que jamais) au rendez-vous. Ce soir, c’est la sensation suisse Paleface Swiss qui débarque et déjà une belle file d’attente est formée le temps que tout ce petit monde rentre dans un Rex prêt à voir débarquer une horde de coreux surmotivés.
Desolated
Une grosse demi-heure après l’ouverture des portes, les lumières s’éteignent et une bande sonore annonce les règles de sécurité inhérentes au show qui va démarrer. Bande annonce au demeurant excellente rappelant les conventions du pit, précisant que le groupe se dégage de toute responsabilité et demandant au public de se rapprocher de la scène. Pas besoin d’insister, la salle est blindée ce qui n’empêche pas la création d’un cercle où les agités des pits hardcore vont s’en donner à cœur joie. Les anglais de Southampton n’ont rien sorti de 2016 et le groupe semble à la relance. Un nouvel album pour 2025 sera d’ailleurs annoncé au milieu d’un concert particulièrement animé. A peine lancés, les premiers riffs hardcore arrachent tout et on est immédiatement dedans. Outre une musique agressive comme on les aime avec un hardcore hyper intense avec des guitares tranchantes, un chant hurlé parfait pour le style, le spectacle est dans le pit. L’atmosphère y est méchamment déchainée et on y retrouve les pas traditionnels ainsi que des coups de poings circulaires dans le vide et autres dingueries hardcore. Vraiment, c’est limite brutal et ça ne rigole pas. Le paroxysme est atteint lorsqu’un golgothe au physique de deuxième ligne débarque dans la fosse. Ça remuait de la viande là-dedans et je me suis bien gardé de me plonger dans ce chaos à peu près organisé. Sincèrement brutal ce pit, ça ferraillait là dedans.
Le chanteur exprimera d’ailleurs sa satisfaction devant un tel spectacle et la grosse demi-heure du show de Desolated fut un régal avec un hardcore juste excellent. Sur les trois derniers titres, on vit le chanteur de Paleface Swiss venir assister depuis le côté de la scène à la « boucherie » du soir. Le sourire qui arpentait son visage en disait long sur le spectacle qu’il avait sous les yeux. S'il est venu prendre la température, il a dû être sacrément impressionné par ce qu'il avait sous les yeux. Desolated très grand groupe de hardcore a été reçu de manière royale ce qui est cool surtout après ce week-end rugby de Crunch si frustrant pour nos Coqs. Les pits hardcore sur Toulouse sont toujours plus dingues, ça fait vraiment plaisir même si l’intensité qui y régnait implique de ne pas y aller en touriste et la surenchère de violence qui y règne impressionne même si là on arrive à mon sens à une certaine limite (loin de moi de faire le rabat-joie, c'était spectaculaire mais juste là ça semblait vraiment brutal). Un concert génial, une énergie folle.
The Acacia Strain
Pas facile de passer après une telle tornade. The Acacia Strain existe depuis 2001. On délaisse le hardcore plus traditionnel pour un deathcore particulièrement intense. Gros riffs agressifs, breakdowns coriaces, chant hurlé à coup de pig-squeals, The Acacia Strain ne fait pas dans la dentelle et la fosse est encore à bloc. Pour ma part, j'ai pris un peu de recul. Aussi, il commence à faire sacrément chaud dans le Rex, l’intensité qui règne dans le pit n’y étant pas étrangère. Une grosse quarantaine de minutes pour une prestation très solide, un deathcore certes un peu trop « dur » pour moi (le chant notamment je n’accroche définitivement pas à ces pig-squeals !) mais bigrement efficace. Le public a adoré, l’intensité n’a pas faibli, tout ce petit monde est prêt pour la tête d’affiche du jour, hyper attendue.
Paleface Swiss
Nouvelle sensation, Paleface Swiss semble bénéficier d’une très bonne cote, notamment avec son dernier album Cursed juste excellent. On dénombre pas mal de t-shirts du groupe dans la salle confirmant ainsi ce ressenti. La chaleur est encore montée d’un cran et dès le début, le show des Suisses démarre à cent à l’heure après une introduction permettant à la salle de monter en tension. Hatred pose ainsi les bases d’un concert musclé porté par un Marc "Zelli" Zellweger, charismatique chanteur à qui on prédit une grande carrière. Son chant est juste impressionnant entre agressivité, profondeur (avec un petit côté Corey Taylor) et une étonnante capacité aussi à dégainer des flows hip-hop. Le spectre vocal du zurichois est épatant. Pourtant, il confiera vite ne pas être en grande forme et dira à de multiples reprises avoir envie de vomir. Et pourtant, s’il ne l’avait pas précisé, on n’en aurait rien su tant ce dernier a assuré comme un chef.
On peut en dire autant du guitariste Yannick Lehmann et du bassiste Tommy Lee. Le batteur Cassiano "Cassi" Toma aussi très solide et qui a eu un très bon mot disant au micro (et en français) avoir laissé trainer quelque chose dans le pit et demandant au public de s’écarter pour retrouver ledit objet. Manière originale de réclamer un wall of death obtenu sans trop forcer tant le public leur mangeait dans la main. Wall of Death qui s'ouvrit jusqu'à la console de son offrant un beau spectacle. Et aussi un moment plus intéressant car pas mal de téléphones étaient sortis pour filmer le carnage à venir non sans que le chanteur ne dise à un gars d'arrêter de filmer et de profiter du moment.
Un show très très solide qui fit la part belle au dernier disque (huit titres, soit une très grosse moitié de la setlist). Allez pour pinailler, le solo de guitare n’apportait pas grand-chose ainsi que la trop longue présentation des musiciens et de toute l’équipe technique (y compris le chauffeur de bus accessoirement en train de finir sa nuit) générant ainsi une petite baisse de rythme avant l’assaut final. Rien de bien méchant, quelques détails à régler afin que la mécanique suisse ne donne sa pleine mesure (déjà sacrément performante au demeurant). J’ai aussi adoré la petite phrase « nous sommes la raison des trous dans le fromage suisse » plutôt marrante. et cet aveu du chanteur "it's the hottest show I've ever made". C'est vrai que la chaleur y était intense.
Le final définitif avec la géniale Love Burns permit un dernier moment de communion avec un public ravi. Paleface Swiss tient là son moment Memory Remains. Déjà tout d’un grand ce groupe suisse dont les shows estivaux déjà annoncés (Festival 666, Motocultor) seront à ne pas manquer. Un sacré groupe, très gros potentiel qui vient d'achever une soirée hyper intense.