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Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur les Portes du Metal. Aujourd'hui, nous allons tenter de répondre à la question suivante : est-il possible de passer une mauvaise soirée en compagnie de Judas Priest ? Pour ce faire, nous avons envoyé deux reporters au Zénith de Paris le 17 septembre dernier, Blaster et Bane, qui, n'écoutant que leur courage, ont eu tout le loisir d'assister à (et d'analyser avec tout le professionnalisme dont ils sont capables) la prestation de la légende britannique accompagnée des revenants américains de Nevermore en première partie. Blaster : quatre dates dans l'Hexagone sur la tournée Faithkeepers en ce mois de septembre, après un passage remarqué au Motocultor en août dernier... on ne pourra pas dire que Judas Priest se moque de ses fans français. Merci à eux. Et merci d'avoir pris Nevermore en première partie. Revoir ces Américains (la dernière fois, c'était en 2011 pour moi), avec un nouveau line-up attise ma curiosité et ce groupe m'a bien manqué depuis sa disparition. Pour rappel à ceux qui ne maîtriseraient pas le sujet : Nevermore a splitté en 2011, Warrel Dane, chanteur pour le moins singulier, est décédé en 2017... et le bassiste Jim Sheppard n'a pas été convié à cette nouvelle mouture. On retrouve donc la moitié du groupe d'origine, à savoir le guitariste Jeff Loomis et le batteur Van Williams... ce qui n'a pas manqué de créer une petite polémique (comme avec le retour de Pantera). Je ne vais pas rentrer dans le débat "est-ce vraiment Nevermore si deux membres - dont l'emblématique vocaliste - manquent à l'appel ?" mais vais plutôt me concentrer sur ce que donne cette nouvelle formation sur scène. Et là, en ce qui me concerne, aucun débat, pas la moindre hésitation : ces messieurs ont livré un set d'une puissance, d'une précision et - plus globalement - d'une qualité indiscutables.  
L'entrée en matière se fait sur un titre de choix, l'implacable Narcosythesis issu de l'excellent Dead Heart In A Dead World. Et là, plusieurs se passent et se constatent. Le groupe, armé de ses nouvelles recrues, est sacrément en place. Qu'est-ce que ça joue bien ! Mais ça n'est pas tout... on observe une attitude de conquérant chez les petits nouveaux qui fait plaisir à voir. Le bassiste Semir Özerkan harangue les premiers rangs, chante les paroles de chanson pendant qu'il parcoure la scène, lève le poing vers le ciel... et l'on sent une belle complicité avec le guitariste Jack Cattoi. Ces deux-là se tournent autour ou se retrouvent face à face assez régulièrement et semblent prendre beaucoup de plaisir à être sur scène. On ne perd pas une miette du jeu bien physique du batteur Van Williams (quelle frappe !), ses toms sont placés sur sa batterie, ça aide... Jeff Loomis reste le virtuose que l'on connaît et quand viennent ses interventions solo, toujours d'une précision chirurgicale, on en prend plein les oreilles ! Et, bien sûr, il y a Berzan Önen. Cette montagne de muscle et de pilosité qui, physiquement, s'éloigne fortement de Warrel Dane mais qui, d'un point de vue vocal, est le clone parfait de son prédécesseur. Un collègue qui les avait vus pendant l'été et que j'ai croisé à l'entrée du Zénith m'avait d'ailleurs prévenu : "c'est bien simple, tu fermes les yeux, tu as l'impression que c'est Warrel Dane qui chante !". Pas faux. J'ajouterai même qu'on a l'impression que c'est un Dane en très grande forme qui chante car Özen a du coffre, une justesse, une maîtrise et une capacité à monter dans les aigus que le grand Warrel n'avait pas toujours (en tout cas pas sur la dernière tournée à laquelle j'avais assisté).  
Et la setlist ? Imparable. Déjà, Nevermore semble être conscient que Dead Heart In A Dead World est son meilleur album (c'est mon avis et je le partage). Sur huit titres joués, cinq proviennent de ce classique. Quel plaisir de se prendre de plein fouet Inside Four Walls, The River Dragon Has Come et son solo hallucinant ou la bien thrashy Engines Of Hate... On apprécie l'accalmie apportée par la power ballade (bien heavy et sombre) The Heart Collector, dédiée à Warrel Dane, superbement interprétée et qui voit le Zénith sortir les portables en mode éclairage pour produire une sorte de nuit étoilées dans la salle. Les autres compos balancées sont loin d'être mauvaises puisqu'il s'agit de My Acid Words et Born, deux tornades extraites de This Godless Endeavor et la terrassante Enemies Of Reality de l'album du même nom qui conclut un ultra puissant, servi par un son propre et un groupe plus que pro, franchement dynamique (les membres ne se privent pas de headbanguer en cadence) et qui semble s'amuser sur scène.  
Bref, si l'on devait résumer ce set en trois mots, il me semble que "LA GROSSE CLAQUE !" conviendrait parfaitement. Il n'y a aucun doute sur le fait que les fans seront heureux de retrouver le groupe prochainement en tête d'affiche. Et ça tombe bien, on vient justement d'apprendre que Nevermore passerait par l'Elysée Montmartre le 16 mai 2027. Bane : "Mais si, mec, tu devrais écouter Nevermore, c'est trop bien". Voilà un aperçu - un peu sommaire, j'entends - de mes conversations privées avec le camarade Blaster. Et là, ça tombait bien, ils passaient en première partie d'un concert que je ne comptais pas louper. J'allais donc découvrir le groupe (même si j'ai un disque sur l'étagère, que j'avoue honteusement ne pas avoir beaucoup écouté). Me v'là donc dans la fosse du Zénith quand une bande de chevelus viennent jouer des riffs lourds comme une planète et qu'une espèce de montagne sur pattes débarque, micro en main. Conan le barbare, le mec. Sauf que, contrairement, à ce que j'imagine quand je regarde le film, il chante vachement bien, Conan ! De toute façon, même s'il avait mal chanté, je n'avais pas l'intention d'aller lui dire, vu la mandale qu'il pouvait me coller...
On ne va pas se mentir : l'hétérogénéité n'est pas la grande force du groupe. Ce set, ça a été 45 minutes bien lourdes en pleine poire, avec des riffs de pachyderme, un batteur hallucinant, des soli vraiment cool et ce chanteur imposant. De là à retourner les voir en mai, je ne sais pas, mais en tout cas j'ai passé un excellent moment à me faire rouler dessus, j'aurais même apprécié un ou deux titres en plus. Mais bon, j'étais pas là pour toi, Conan, j'étais là pour Rob. 
Setlist Nevermore : Narcosynthesis My Acid Words Inside Four Walls The River Dragon Has Come The Heart Collector Engines Of Hate Born Enemies Of Reality Bane : Une fois les hostilités terminées, me voilà à attendre les Metal Gods. La scène est planquée derrière un énorme rideau composée des pochettes du groupe, d'un mauvais goût tout à fait délicieux. Quand soudain, ça commence. Voilà notre quatre gaillards qui s'avancent et, tel Dieu descendu sur Terre, Rob débarque, crâne brillant, barbe fleurie, charisme débordant. Le tout sur You've Got Another Thing Comin', parfaite ouverture pour chauffer tout le monde. Même si c'est bien inutile : tout le monde est chaud !  
Cette fois, contrairement à il y a deux ans, le son est impeccable tout de suite, on entend même Rob. Alors parlons-en, d'ailleurs, de Rob. Le bonhomme a 75 ans, on pourrait s'en faire pour lui. Alors, évidemment, il ne saute pas partout, il s'économise, disparaît souvent pendant les soli pour boire un coup. Mais on aurait bien du mal à deviner son âge. Autant, il y a deux ans, c'est clairement Faulkner qui faisait le show, autant cette fois Rob a repris sa place. D'ailleurs, vu qu'il était à gauche et moi à droite, je n'ai quasiment pas pu voir le bon Richie et sa belle guitare bleue. D'un point de vue vocal, Rob est un petit malin, il se connaît : il s'arrange pour esquiver les passages compliqués, chante moins haut, chante moins bas. Les aigus, par contre, il les a, le salaud. Je l'ai même trouvé presque bien sur Painkiller, c'est dire. Et, bien sur, la foule lui mange dans la main. Oh, c'est le Metal God, tout de même !  
Vous l'aurez probablement déjà lue : la setlist est tout simplement dingue. Un peu de tout, qui pioche dans toutes les périodes, avec quelques titres qui m'ont fait particulièrement plaisir. Je dois avouer que l'enchaînement The Ripper sur The Sentinel a failli me tuer de bonheur, rien que ça. Tout comme Steeler/Delivering/Panic/Victim, put*in, c'est mieux que l'amour ! Vous l'aurez compris : du tube et quelques "deep cuts" bien sentis : on frôle la perfection. Manquerait juste un petit One Shot At Glory. Ou Locked In, tiens, à la place de Turbo Lover ! M'enfin, je chipote.  
Set absolument impérial, un groupe en forme, un super son, une ambiance de folie : clairement un grand concert du Priest. J'en ai pris plein la tronche, j'ai particulièrement profité de mes petites préférées et je vous le dis une fois de plus, s'il en fallait une : Judas Priest est le plus grand groupe de heavy du monde de l'histoire de la galaxie de la terre de tous les temps. Oui.  
Blaster : Bane a raison, ce fut un excellent concert. Je ne vais pas le paraphraser. Juste apporter quelques détails supplémentaires. Ce qui change, de tournée en tournée, avec le Priest, c'est l'importance des écrans sur scène. Les animations sont nombreuses (elles ne cessent jamais en fait)... mais le groupe se démène bien et n'est pas relégué au second plan pour autant. Plus les années passent et plus Andy Sneap se fait présent, je trouve. Richie Faulkner reste le guitariste le plus "remarquable" des deux mais cela me semble plus équilibré que par le passé. Et comme l'a dit mon collègue, Halford s'en sort avec les honneurs pour son âge. Oui, quelques passages sont périlleux mais à d'autres moments, il sait nous cueillir. En revanche, on sent que le show est minuté à la seconde près et il n'y a pas de temps pour les discours : dix-huit titres pour une heure et demie de concert, pas une minute de plus. Rob fera quand même chanter le public (toujours de la même façon "oh oh ohohoh yeah!") mais ce sera quasiment la seule chose qu'il s'autorisera à faire entre deux morceaux. Merci à ces vétérans, ils nous ont encore bien régalés. Et en plus, ils ont joué Desert Plains. Alors, que demande le peuple ?
Un grand merci à Olivier Garnier de Replica Promotion pour l'accréditation ! 
Setlist Judas Priest : You've Got Another Thing Comin' Metal Gods Breaking The Law The Ripper The Sentinel Desert Plains Lightning Strike Turbo Lover Steeler Delivering The Goods Panic Attack Victim Of Changes Never Surrender Painkiller ----------------------------------------------- The Hellion / Electric Eye Hell Bent For Leather Living After Midnight 
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