The Red Sea est un one man band français, domicilié au Havre, évoluant entre blackgaze et post-black. Les influences revendiquées sont Deafheaven, Sylvaine, Harakiri for The Sky, Regarde les Hommes tomber. L’ambiance liée, je cite « au thématiques de l’anxiété, la dépression, la culpabilité et la recherche de sens » n’est pas vraiment celle d’un album à s’envoyer tout l’été mais il m’a pourtant accompagné pendant mes vacances, qui se sont néanmoins très bien passées, merci. A la teneur sombre des textes, la musique proposée ici permet de voir parfois la lumière au bout du tunnel grâce aux nombreux passages mélodiques qui apportent un peu d’optimisme, illustrant à mon sens une certaine forme de résilience. Les sept morceaux présentés ici, dont un court instrumental, sont nommés selon une des 22 arcanes majeures du tarot de Marseille, jeu de cartes associé à la cartomancie, le tirage des cartes, et à différents courants occultistes, dont celui mené par Alester Crowley, bien connu des metalleux. Le titre de l’album est lui aussi inspiré d’une de ces cartes . N’étant pas un spécialiste, je ne pourrai pas vous en dire plus sur le concept. Sans doute que les auditeurs férus des arts divinatoires y trouveront davantage de sens. Les textes, principalement en anglais, sont en lien avec le thème évoqué par la carte intitulant chaque chanson (la mort, la tempérance...). L’idée est de nous entraîner dans un voyage explorant « les abysses de l’esprit ». Combats intérieurs, maux de l’âme, conflits internes, existentialisme... sont entre autres les thèmes abordés par l’artiste. Le premier morceau, La Tour, donne le ton pour le reste de l’album. Construit autour de quelques notes de guitare en arpèges, le morceau alterne entre purs moments lumineux, et noirceur black metal, et ça fonctionne plutôt bien. C’est parfait pour lancer le disque et ressentir l’ambiance générale de l’album, entre fureur et introspection. La musique de Les Amoureux est un peu sur le même schéma mais reste plaisante et s’articule bien avec le titre précédent. Sorte de marche funèbre à la sauce metal, La mort rompt avec la construction des deux titres précédents avec une intro bien glauque, digne du thème, et un rythme plus lourd. Comme sur tous les morceaux, le chant est parfaitement maîtrisé et adapté au style. L’Hermite est un court instrumental tout en guitares cotonneuses qui apporte du répit à mi-album. L’ambiance reste néanmoins grave. Second plus long morceau de l’album, avec plus de 8 minutes, La Tempérance installe une ambiance plus progressive, toujours très solennelle et mélancolique, autour d’arpèges de guitare avant d’évoluer vers un mid tempo black metal. A noter des breaks extrêmement bien pensés, presque pop de mon point de vue et qui ajoute une touche épique au morceau. La aussi le chant est parfaitement en place. Contrairement aux morceaux précédents, La Force démarre d’emblée par des blast beats. Le chant vociférant illustre bien le thème du morceau. Des breaks bienvenus renforcent la puissance de la composition. Le Monde se conclut par le plus long morceau de l’album, Le pendu (8:49). Dès l’introduction, celui-ci dégage une tristesse infinie, à l’image des paroles. Nous avons droit à une montée crescendo qui se termine en apothéose sans délaisser la mélancolie de rigueur tout au long du périple. C’est parfait pour conclure l’album. Au final, même si la musique reste dans les canons des styles précités, elle n’a rien à envier à d’autres productions du genre, en France ou ailleurs. Les titres sont tous accrocheurs et donnent envie d’y revenir. Tout est en place et rien ne sonne approximatif : Son, production, chant, construction des morceaux, arrangements. L’intention d’amener l’auditeur à voyager au gré de l’écoute de l’album est pleinement atteint. C’est donc pour ma part, une très bonne découverte. N’hésitez pas à jeter une oreille. Tracklist de Le Monde : 01. XVI - La Tour 02. VI - Les Amoureux 03. XIII - La Mort 04. IX - L’Hermite 05. XIV - La Tempérance 06. XI - La Force 07. XII - Le Pendu
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