BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
Grosse madeleine de Proust que Burning Heads. Groupe membre éminent de la vague punk mélodique (punk à roulettes, hardcore mélodique, appelez comme bon vous semble), Burning Heads est, avec Uncommonmenfrommars, le pendant des Green Day, The Offspringou encore les précurseursBad Religion. C’était au début des années 90, cela cartonnait et on pouvait sentir comme un esprit adolescent dans un punk plaisant, facile à écouter, résolument fun et léger. Burning Heads nous vient d’Orléans, a connu un mini âge d’or fin des 90’s avant de rentrer dans un certain anonymat comme toute cette scène qui finalement aura marqué une génération mais n’aura pas su se renouveler. Ce qui la rend profondément datée ce qui a son charme. Où j’en reviens à ma Madeleine de Proust.
Historiquement articulé autour du quatuor Thomas Viallefond (batterie) - Jean-Benoît "JB" Thauvin (basse) - Philippe Agogué (guitare) - Pierre Mestrinaro (chant, guitare), le groupe a connu le départ en 2001 de Philippe Agogué ce dernier étant revenu en 2019 un an après le départ marquant de Pierre Mestrinaro. Ce dernier a été récemment vu jouant seul avec sa guitare de la chanson française lors d’une Convention du disque au Bikini preuve de l’éclectisme du garçon. Mais j’en reviens à Burning Heads revenu très sérieux avec Frank "Fra" Patin au chant.
De manière (trop) discrète, le groupe a accumulé les sorties, le dernier Ambers Of Protest datant de 2024 mais ce All Fired Up voit sa sortie plus remarquée. Ce qui est plaisant, c’est qu’on retrouve direct notre Burning Heads, ce son caractéristique, ce punk mélodique que certains qualifieront de désuet mais que je trouve excellent. Un peu de nostalgie sans doute, tant ce groupe ramène à l’adolescence (surtout en ayant grandi à Orléans, ville pas simple par ailleurs). Mais surtout il y a un sacré savoir-faire. Ça sonne bien, c’est dynamique. SOS 2 (acronyme de Same Old S***) permet de retrouver cet esprit, cette ambiance. Ce morceau est la suite du titre SOS paru sur Escape au tournant du millénaire. Burning Heads assure ainsi une certaine continuité avec son glorieux passé. Il y a une vraie continuité artistique en tout cas.
S’ensuit une dizaine de missiles punk mélodiques hyper chill, très fun. On y trouve des guitares en pleine forme avec des solis punk très réussis. Tout fonctionne pour qui adhère au style. La voix de Frank "Fra" Patin ressemble à celle de Pierre Mestrinaro ce qui permet de ne pas perturber l’auditeur. Quelques intro de basse font un effet remarquable, Jean-Benoît "JB" Thauvin est en pleine forme et nous renvoie au Krist Novoselic période Nevermind(ah la mythique intro de Lounge Act). Il assure ici un super job.
Et puis un disque de Burning Heads n’en serait pas un sans son titre reggae. Spécificité du combo, cette dimension a toujours été un marqueur fort du combo qui, en concert, nous offrait un petit momentum reggae décalé où les odeurs qui régnaient dès lors dans la salle ne trahissaient pas l’esprit des morceaux. Je l’ai attendu tout ce All Fired Up et c’est sur la dernière piste High Times que ce plaisir arrive. Oh musicalement, ce n’est pas incroyable en soi mais c’est un plaisir coupable d’entendre le combo repartir sur ce terrain là.
Capsule temporelle réussie, ce disque nous renvoie tout droit en 1997 ce qui ne nous rajeunit pas, mais le plaisir est là. Au-delà de cette patine vintage, le disque est bon, les compos efficaces et cet album n’est pas juste un cours d’histoire du punk mélodique, c’est aussi un vrai bon disque, ni plus ni moins. Délicieux !
PS Pour toute découverte du groupe on recommandera Be One With the Flames, juste remarquable. Le Smashfrançais.