|
On est samedi et les excuses de « je suis au boulot » prennent moins (même si je sais que certains bossent aussi le samedi). D’autant que pour cette journée, ce sont six groupes qui vont se succéder et le premier débute à 16h10. Mais point d’inquiétude, je suis bien au poste.
From The Inside Il s’agit d’un tribute band qui vient ouvrir cette journée, tribute band de Linkin Park. Alors déjà je ne suis pas un grand fan de Linkin Park et surtout, je n’ai jamais accroché aux tribute band, ersatz des originaux sans jamais les atteindre, et c’est valable pour tous les tributes qui tournent en ce moment. C’est un avis purement personnel, mais je le partage. Alors vous dire que le concert démarre mal c’est une certitude. A cette heure-ci le public n’est pas venu en masse écouter du Linkin Park, la fosse est très clairsemée. Le public reprend les morceaux, forcément ils sont connus, mais mouais… Dommage car le chanteur possède un timbre de voix plutôt sympa et agréable et le gratteux semble maitriser son affaire. Les voir sur scène avec leurs propres compos devrait donner quelque chose, et c’est ce sentiment qui ne m’a pas lâché de tout le concert. Mais bon ce n’est visiblement pas le but recherché. Le public semble avoir kiffé, moi beaucoup moins. 
White Sofa
C’est au tour des locaux de monter sur scène en cette fin d’après-midi. Locaux mais aussi organisateurs du Sidfest, les mecs ils sont partout ce week-end et il n'est pas simple de le toper pour discuter un peu (finalement si au merch à la fin du concert). Je vais prendre toutes les pincettes qu’il faut et la hauteur nécessaire pour évoquer ce groupe. Ben ouais, comme ils font partie de l’orga, qu’ils sont du coin comme moi, et sont connus de tout le monde aujourd’hui, je n’ai pas envie d’être taxé de favoritisme. En même temps s’ils sont bons, je ne vais pas non plus leur casser du sucre sur le dos. Ah elle n’est pas toujours simple notre activité de chroniqueur… Dès les premières notes de White Sofa c’est un son mastoc qui nous arrive en plein face. Gauthier s’active en frontman qu’il est et qu’il assume, et leur metal industriel au phrasé rappé par moment fait plus que le boulot. Le groupe m’embarque dans son univers par sa prestance, son gros son et le jeu de scène qui voit l’apparition de fumées. L’heure prévue passe comme un éclair, bien que leur son ne soit pas le plus abordable possible à première vue, et par rapport à d’autres groupes bookés ce week-end. C’est dire si la prestation de White Sofa est bonne. Un groupe à classer comme l’une des belles découvertes sur ces deux jours. Ils sont venus et ils ont taillé patron. 
Primal Age En parlant de découverte, c’est au tour de Primal Age et leur hardcore de venir faire mordre la poussière au Sidfest. Entre puissance et bourrinage, le groupe qui compte déjà plus de vingt d’ans d’expérience ne se laisse pas impressionner. A classer dans le registre heavy-hardcore, dire que c’est bourrin est un doux euphémisme. Didier au chant en fait des caisses en sautant partout et en haranguant le public, malgré un look de prof de SVT. Il hurle à tout va, accompagné d’un véritable mur de son qui tabasse à envoyer des parpaings de partout. Le public, connaisseur, ne s’y laisse pas tromper et répond présent, moi un peu moins. Pas ma came, pas ma zone de confort ce bourrinage, ma foi un peu brouillon par moment. 
Darcy
La soirée commence gentiment à prendre place, et une nouvelle dose de jus de houblon permet de reprendre des forces pour le concert de Darcy. Autant être honnête de suite, je ne connais absolument pas les bretons de Darcy, et savoir qu’ils distillent un punk rock aux textes politiquement engagés n’est pas pour me rassurer. C’est le genre de groupe que j’évite poliment, j’ai jamais vraiment aimé tous ces groupes qui aident à penser (même si le discours est parfois riche de sens). Darcy est porté par son chanteur Irvin Darcy, accompagné d’un band qui va montrer les crocs et les biscoteaux très vite. D’ailleurs Marc Corlett à la basse fait un show monstrueux et occupe la scène sans aucun temps mort, et je me demande comment il trouve toutes ces ressources vu la touffeur de la salle. Les titres s’enchainent bien, et les refrains plutôt mélodiques de Darcy permettent de contrebalancer la puissance des textes. On constate vite que la fosse est acquise au groupe, le nombre de t-shirts à leur effigie est assez impressionnant. Si tout se passe plutôt pas mal, c’est le moment du premier coup de gueule du festival. La musique de Darcy est, certes, matière à slamer, donc c’est parti pour l’autoroute du slam et les festivaliers vont s’en donner à cœur joie, jusqu’à presque cacher le groupe par moment. Alors ok, une fois, ça va, mais à la 30e ça devient vite relou, d’autant que la jauge n’est pas non plus un stade, et ce sont toujours les mêmes qui portent. Surtout, si le slam est toléré, je ne comprends pas les deux ou trois gus qui sont montés sur scène pour prendre les membres du groupe par les épaules, voir chanter avec les musiciens. Ça pue le manque de respect, et j’ai trouvé les membres de Darcy très cléments. Une attitude vraiment pas cool que je voulais dénoncer. Allez j’arrête de grogner parce qu’au final, je dois reconnaitre que Darcy c’est vraiment sympa en live. Pour info, le groupe prépare la sortie d’un single pour la fin de l’année, de l’aveu même de Vincent, le guitariste, plus d’autres petits trucs par la suite, mais je n’ai pas pu en savoir plus, car tout n’est pas encore abouti. Un plaisir à ne pas bouder. 
Marcel et son Orchestre Escroquerie, quand tu nous tiens...Ça c'est de l'intro de ce qui va suivre. Il est 22h et c’est l’heure de voir débarquer la tête d’affiche du jour, Marcel et Son Orchestre, groupe de rock festif qui a connu ses heures de gloire dans les années 2000. Avant l’arrivée du groupe, la scène est plutôt engageante avec la présence de cuivres, un orgue Hammond, tout pour faire passer un bon moment pour votre humble serviteur qui a toujours poliment tourné les yeux et les oreilles quand il s’agissait de ce groupe. Mais bon, comme on dit, fontaine…Bien sur j’aurai dû me méfier, car au milieu de la scène trônait déjà des perruques de couleurs…Et la suite sera mon second coup de gueule, ou plutôt non, juste un report de ce que j’ai vu et entendu autour de moi. C’est donc sept mecs qui déboulent sur scène, déguisés dans le plus mauvais gout possible, perruques sur la tête, maquillage outrancier, et autres bijoux d'encore plus mauvais gout que le reste. Le groupe joue clairement sur la réserve, et tant mieux tant c’est mauvais. Le chant et faux, les instruments guère mieux, je me demande ce que je vois là, mais aussi ce qu’eux foutent là. Ils vont enchainer leurs titres, avec parfois un discours politique engagé, sauf que déguisés comme ça, ça ne ressemble plus à rien. Le groupe tire en longueur chaque morceau jusqu’à y inclure des extraits de Sardou, Début de Soirée, Niagara ou Polnareff, ça fout les boules hein ? Nan mais franchement on se regarde dans la fosse en se demandant si c’est une blague. Mais rien n’arrête Marcel et Son Orchestre, et Franck nous gratifie d’une chenille tout autour de la fosse, ouais ! Super ! Le concert est long pour l’auteur de ces lignes, très long même, et entre bâillements et coup d’œil sur la montre, j’ai hâte que ça prenne fin, et je ne suis pas le seul, L.Red est dans le même état que moi. On touche le fond sans se rendre compte qu'il est aussi bas. Prévu pour durer une heure et quinze minutes, ils ne vont pas déborder d’une seconde, rappel compris, parlotte entre les morceaux compris. Ça fleure un peu le foutage de gueule, même si j’avoue ne pas vouloir en réclamer plus de leur rock festivo-graveleux. Le groupe qui s’était séparé en 2012, s’est réuni en 2017 pour tourner de nouveau. Était-ce une bonne idée ? Je ne pourrais conclure ce report de Marcel et Son Orchestre sans paraphraser l’immense Jean Mich’Hell qui disait un jour (nous parlant de Kyo) : « Je ne m’attendais à rien, j’ai quand même été déçu ». C’est exactement ce qui s’est passé… 
Shaârghot
Ce n’est pas une déception que le concert précédant puisque j’avais surtout misé sur celui de Shaârghot, et visiblement je ne suis pas le seul. Depuis le début de l’après-midi, c’est groupe qui bat tout le monde au jeu des t-shirts, le nombre de « shadows » étant assez impressionnant. Il faut dire que le groupe est suivi d’une fan base qui lui voue presque un culte, déjà que Skarskin erre dans l’enceinte du festival depuis un moment en marquant qui veut de sa célèbre ploie. Rien n’est laissé au hasard, et c’est une scène métamorphosée qui se présente à nous, même si Shaârghot n’a pas ramené tout son matériel, c’est déjà énorme, et le show n’a pas encore commencé. Il est presque minuit quand le groupe arrive devant une fosse qui, cette fois, est bien remplie, forcément beaucoup sont venus pour eux. C’est un véritable show qui s’abat sur le public, autant visuel que musical, et même si on a appris juste avant que les membres du groupe étaient pour la plupart malade (Etienne l’avait annoncé), ça ne s’est pas ressenti, pro jusqu’au bout les mecs. Ils vont enchainer les titres sans temps mort, tout est génial, et quel show ! Entre le slam d’Etienne, la guitare laser de Bruno ou les passages de Skarskin qui va même nous gratifier d’une baston avec Etienne après avoir copieusement arrosé le public de billets estampillés « Shaâghot », n’en jetez plus la coupe est pleine. On sort groggy de cette performance et de leur cyber metal maitrisé à la perfection du début à la fin. Pour un concert de clôture c’est un feu d’artifice que nous a offert Shaârghot. Setlist : Let Me Out Kill Your God Life And Choices Traders Must Die Cut Cut Cut Shaarghot Great Eye Red Light District The Way Uman Iz Jaws Break Your Body Something In My Head 
Encore une édition réussie pour le Sidfest, une fois de plus sold out, c’est donc que le choix des groupes est pertinent d’année en année. Alors oui tout ne convient pas à tout le monde, et vous l’avez lu, moi le premier, mais au final les deux jours sont d’une très grande qualité artistique. J’ai déjà inscrit la prochaine édition sur mes tablettes, pas envie de louper ça. J’en profite pour remercier Gauthier pour l’accréditation et L.Red qui m’aura donné un coup de main pendant ces deux jours. Merci aussi aux festivaliers qui m’auront filé quelques infos sur leurs groupes fétiches et leurs impressions qui auront nourris ce propos, Julie, Fanny et Didier. Si on se recroise on se boira une bière, yeah ! Et un grand merci à Phil Dub qui m'aura gentiment autorisé à utiliser ses photos. Allez jetez un œil sur sa page Facebook où elles sont toutes, ça vaut le détour: https://www.facebook.com/stratophill Et surtout, si vous avez l’occase, venez l’année prochaine, il vaut le détour ce festoche.
|