BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
Soir de rentrée sur la Ville Rose avec la première date post estival au Rex. Il fait toujours aussi beau, les températures flirtent avec les 30°, les terrasses sont pleines, la vie est douce sur la Ville Rose. Pour autant, ce premier concert de septembre sera black metal, du bon gros, bien rude. C'est aussi pour le promoteur de concert Noiser l'occasion de faire sa soirée de rentrée de nouvelle saison. L'association, désormais mature sur le plan professionnel, invite pas mal de monde, des donateurs à la presse locale avec en point d'orgue la release party du dernier album du groupe Mourir, projet black d'Oliver Lolmède connu pour son activité solo puis celle de Plebeian Grandstand autre projet black toulousain réputé. Il y a donc du monde au Rex et remercions l'association Noiser pour l'ensemble de son œuvre en locale.
Outre faire venir de sacrés plateaux, l'association Noiser a une démarche très humaine, une politique tarifaire très raisonnable avec l'idée de faire vivre la scène en locale mais aussi de faire venir du monde dans une logique culturelle pure. On peut ne pas toujours être d'accord avec l'offre musicale (trop de psychédélique à mon goût mais ça n'engage que moi ;-)), la démarche est très intéressante, profondément humaniste et avec une volonté féroce d'autonomie loin des grosses structures et de ces compromissions qu'on retrouve parfois dans notre business où le cynisme règne (un peu comme partout ailleurs mais c'est un autre débat). Respect à Noiser pour son œuvre et sa démarche. J'aime à penser qu'il règne ici une logique collective où organisateurs, groupes et public font chacun des efforts pour que la scène "tourne". Le public répond présent (bien aidé par une communauté étudiante très active en plus d'avoir la belle vie ici). C'est un écosystème fragile mais qui fonctionne. Faisons en sorte que cela dure !
Urge
Démarrage cool avec Urge qui réalise ici son troisième concert (dixit le chanteur). Forcément, ça se ressent un peu mais ça tient déjà bien la route. Une coldwave très 80's est proposée ici et on croirait entendre du Joy Division (qu'on me pardonne c'est ma seule référence du genre). La basse est très présente, le chant avec un peu de réverb passe bien. Allez je peste gentiment sur le maillot du PSG du frontman non parce que cela représente le club de la capitale mais parce que c'est un maillot de football tout simplement. Je dis ça il a une belle allure ce maillot et le chanteur dégage de la sympathie avec une communication certes un peu rigide mais sincère.
Comme pour le groupe Mourir, on retrouve des anciens membres de Plebeian Grandstand, c'est une soirée en "en famille" ce soir. Une bonne demi-heure de coldwave, c'est cool, chill et cela passe bien. Jeune groupe efficace avec deux guitaristes complémentaires qui proposent de belles mélodies douce-amère, une ambiance plaisante pour un public qui a suivi avec intérêt ce concert.
Mourir
Je m'étonne parfois de projets black metal dans le Sud. Oh pas que les thématiques du style nous soient étrangères (elles sont universelles) mais la "lumière" n'est pas tout à fait la même qu'en Norvège. C'est fascinant aux beaux jours la Norvège Mère Patrie du style mais l'hiver ce n'est pas simple avec cette 'nuit" très présente.
Projet black je l'ai dit plus haut ayant ouvert la Temple le deuxième jour de l'édition 2026, Mourir c'est du black expérimental bien féroce. Le mur de guitares fait très mal, épuise l'auditeur. Olivier Lolmède et ses deux micros hurle (à la mort), vocifère. C'est brutal, intense. Quarante minutes de gros black, cauchemardesque à souhait, c'est trop pour moi mais cela a plu. Je laisse aux spécialistes du black le bon goût de les placer sur la carte de la scène actuelle mais le groupe bénéficie d'une belle hype et le dernier album Nous, Le Venin reçoit un très bel accueil chez les puristes.
Interprétation nickel, utilisation intelligente de l'écran (avec des vidéos reprenant les dramatiques incendies de cet été), ambiance pesante, noire, chaotique (les influences noise rock sont bien présentes), résolument avant-gardiste avec un nihilisme assumé et revendiqué (rien que le nom du groupe), le public black s'est régalé avec un des meilleurs représentants du genre dans un show d'une rare intensité. Le fait de l'organisateur d'avoir organisé une soirée de présentation a en outre offert une bonne exposition aux deux groupes du soir ce qui est sympa dans la démarche.
Voilà c'est la rentrée. C'est cool. La saison commence dans la douceur de l'été indien, le top 14 a repris ses droits nous remobilisant d'entrée. Une belle arrière-saison nous attend, Noiser a communiqué sur ses dates et il y a du lourd au programme (avec en point d'orgue une date Polyphia - Perturbator). C'est reparti !