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Direction Montcul, pour la septième édition du Plane'R Fest. Avec la programmation, ces deux journées promettent d’être résolument métalliques ! L’ouverture des portes nous permet de déposer nos affaires à l’hôtel sans être en retard. Nous aurons même le temps de discuter avec quelques collègues photographes et de faire un tour du site avant le début des concerts. Vertex Le festival démarre fort sur la grande scène du Terminal 1 avec Vertex, formation lyonnaise née en 2018. C’est la première fois que je les vois en live, mais leur batteur Pierre Rettien ne m’est pas inconnu : il officie également chez Hypno5e, et autant dire qu’il ne déçoit pas.  
Le groupe nous offre six titres tirés de leur premier album Scalable, fraîchement sorti. Difficile de les enfermer dans une case : leur musique est à la fois ultra technique et complètement barrée. Maxence Griffond à la guitare enchaîne les riffs dissonants avec une précision chirurgicale, pendant que Pierre Rettien explose littéralement derrière ses fûts, enchaînant des plans rythmiques hallucinants. Michael Alberto Merone à la basse n’est pas en reste : son jeu est d’une virtuosité rare. Face à cette déferlante instrumentale, le chanteur Jean-Christophe Mastan tient la barre avec une aisance impressionnante, posant sa voix avec justesse et puissance.  
Le public, de plus en plus nombreux devant la scène, réagit avec enthousiasme à ce set intense et sans concession. Vertex propose une musique aux structures complexes, aux changements de tempo abrupts, et à l’énergie brute. Une expérience sonore immersive, percutante, mais jamais indigeste. Les amateurs de Meshuggah ou The Dillinger Escape Plan y trouveront leur compte. Le set se termine en apothéose avec le morceau Scalable, véritable claque sonore qui clôt cette prestation hors norme. Vertex s’impose comme une révélation du festival, un groupe à suivre de très près. Setlist : Two All my hatred Nextage War is peace Following arrows Scalable Après ce premier concert, je me dirige vers le Terminal 2, dont la scène et l’espace devant sont plus réduits que ceux du Terminal principal. Et c’est tant mieux : la foule compacte donne immédiatement l’impression d’un concert complet quand Pogo Car Crash Control fait son entrée. Ce groupe, qui séduit de plus en plus la jeunesse férue de metal (et pas seulement elle), balance sa musique avec une puissance et une conviction impressionnantes. À chaque début de morceau, le public explose d’enthousiasme. L’équipe de sécurité, postée derrière les crash-barrières, réceptionne les premiers slammers du festival, tandis que les circle pits s’enchaînent sans répit. L’ambiance est tout simplement survoltée. P3C envoie ses tubes — Déprime Hostile, Cristaux Liquides, Tourne Pas Rond — pour le plus grand bonheur de ses fans. Le boulot est fait : ces quatre jeunes, bien dans leur époque, livrent une prestation à la hauteur de leur réputation, qui, selon moi, est loin d’être usurpée. Et même après le dernier titre, Quelle Est La Diff, le public en redemande encore. Une belle claque sonore ! Setlist : Intro Cerveau Mort Shallow Time Le Ciel Est Ouvert Déprime Hostile Fréquence Violence Cristaux Liquides Comme Toi You Came To Me Don't Get Sore Tourne Pas Rond Quesqui Va Pas Tête Blème Quelle Est La Diff Après avoir passé un excellent moment avec Pogo Car Crash Control, quel plaisir de retrouver Loudblast, les vétérans incontestés du death metal old school français. Inutile de les présenter : leur réputation les précède. Leur passage au Plane'R Fest s’inscrit dans une tournée célébrant leurs 40 ans de carrière — une longévité impressionnante dans le paysage extrême. Hormis les deux titres les plus récents Flesh (1998) et Putrid Of Decay (2024), le groupe va puiser dans ses classiques, jouant exclusivement des morceaux datant de 1989 à 1993. On retrouve ainsi des extraits de Sensorial Treatment (1989), Disincarnate (1991), de l’EP Cross The Threshold (1993) et Sublime Dementia (1993). Le set débute avec les brûlots les plus récents, Flesh et Putrid Of Decay, qui déclenchent instantanément le headbang frénétique du public. S’ensuivent Presumption et The Horror Within (1989), et déjà l’ambiance monte en flèche. Fidèle à lui-même, Stef Buriez interagit sans relâche avec les fans : grimaces complices, chants scandés en chœur ("Hoye ! Hoye ! Hoye !"), incitations au circle pit et au wall of death… La fosse devient incandescente, les slams s’enchaînent. Avec la triplette Subject To Spirit, Fire In Ice et From Beyond, Loudblast embrase littéralement le Terminal 1. Le public est en transe, et les titres Neverending Blast puis No Tears To Share ne font qu’amplifier cette furie jusqu’à l’explosion finale : Cross The Threshold, monument du genre, nous laissant épuisés mais comblés. Quel show ! Le public scande à l’unisson : "Loudblast ! Loudblast !" Le groupe, auteur d’une prestation XXL, salue longuement ses fans avant de donner rendez-vous au stand de merchandising. Setlist : Flesh Putrid Of Decay Presumption The Horror Within Subject To Spirit Fire In Ice From Beyond Neverending Blast No Tears To Share Cross The Threshold Vous avez déjà vu un Jésus qui traverse une marée humaine? Sun n'en aura donc pas fini de nous surprendre! Avec son brutal pop, la formation soulève les foules au point de nous rendre témoin de scènes improbables. On connaît notamment Sun pour Karoline Rose, chanteuse et guitariste charismatique à la tessiture vocale impressionnante. Ne vous fiez pas à sa robe rose de princesse, avec ses growls et ses riffs, ce n'est pas Barbie que vous venez voir en concert.  
Bassem Ajaltouni manager et bassiste du groupe et Loris Larosa à la batterie ne sont pas en reste et accompagnent parfaitement la frontwoman. Groupe à l'apparence mainstream, en témoignent les nombreuses familles présentes dans le pit, le trio de Sun nous propose toutefois un live méticuleusement travaillé et intense. Le tout avec une totale communion avec ses nombreux fans présents, le public sera réactif tout le long du set avec des pointes d'euphorie sur les brûlots Free Your Soul, Painful Attraction, John & I (Money) et bien entendu le titre final Higher Fire qui clôt en apothéose ce fabuleux set !  
Nous avons assisté à une belle performance de la part de Sun, et malgré sa courte durée, ce set énergique de 35 minutes en début de soirée nous met bien en jambes pour la suite du festival.  
Setlist : I Killed My Man Fast Car Free Your Soul Painful Attraction Come Clean Survivor John & I (Money) Higher Fire While She Sleeps Retour au Terminal 1 pour une claque monumentale signée While She Sleeps. Pour des raisons de sécurité liées à l’usage intensif de pyrotechnie pendant le show des Anglais, l’accès au pit photo nous est interdit. Une contrainte qui s’est transformée en opportunité : j’ai découvert ce groupe de metalcore en totale immersion au cœur du public.  
Depuis la fosse, la vue d’ensemble m’a permis d’apprécier pleinement la qualité des lights et l’utilisation répétée de colonnes de flammes, qui ajoutent une intensité spectaculaire au set. Porté par un son impeccable et une puissance scénique redoutable, While She Sleeps fait chavirer le Plane'R Fest. Le public, conquis, enchaîne les slams, les circle pits, les sauts… une véritable déferlante d’énergie.  
Loz, le chanteur, communique sans relâche avec l’auditoire. Il ira même jusqu’à se jeter dans la foule, porté à bout de bras jusqu’au centre de la fosse. Un peu plus tôt, Aaran McKenzie, le bassiste, s’est lui aussi offert un bain de foule en jouant au milieu d’un circle pit. Deux moments de communion intense, à graver dans les mémoires.  
Quelle énergie, quelle interaction ! While She Sleeps et ses fans ne font qu’un. Nous étions des milliers devant la scène du Terminal 1 à encaisser cette magistrale branlée. Une performance d’une telle intensité qu’elle entrera sûrement dans la légende du Plane'R Fest.  
Setlist : Systematic Civil Isolation The Guilty Party Anti Social You Are All You Need You Are We Self Hell Rainbows Four Walls Silence Speaks To The Flowers Sleeps Society Vestige Changement radical d’ambiance sur le Terminal 2 avec Vestige, groupe français de post-metal et shoegaze qui mérite une attention toute particulière. Dès les premières notes, le public est happé par les atmosphères sombres et puissantes du quatuor. Une alchimie faite de mélancolie et de désespoir s’installe entre Vestige et son auditoire. Le voyage débute avec Automne Part 1 puis Envy, deux premières décharges émotionnelles qui me plongent dans l’univers du groupe en live. La voix Théodore Rondeau évoque parfois celle de Neige d’Alcest, tout comme la texture shoegaze qui enveloppe la musique.  
Plus déchaîné, Océan adopte une structure résolument post-metal où le jeu de batterie de Quentin Regnault brille particulièrement. Avec Corentin Lagrue (Matrass / Fhorce) qui remplace Pierre André Krauzer à la basse, ils alternent entre rythmiques lourdes et passages plus subtils, comme sur l’envoûtant Démence de l’Âme, où la voix de Théodore Rondeau se fait tour à tour caressante et tourmentée. On se laisse emporter par ce flux d’émotions.  
Le périple se poursuit avec Corrosion, où Thomas Petit et Théodore alternent technicité et finesse dans les parties de guitare, selon les nuances du morceau. Sa conclusion est tout simplement magnifique. Vient ensuite Appel de l’Âme, plus violent, plus hurlé, ponctué par un solo saisissant. Cette expérience sensorielle s’achève avec Devient la Nuit, un titre à la fois atmosphérique et intense. Le public s’est laissé porter par ce doux voyage à la fois onirique et émotionnel que nous a proposé Vestige.  
Maintenir une telle intensité et une ambiance aussi envoûtante tout au long du concert force l’admiration. Je vous invite vivement à écouter leur album Janis, sorti en 2024, dont sont extraits la majorité des titres joués ce soir. Entre rêve et cauchemar, le set de Vestige n'a laissé personne indifférent. Un grand moment de cette journée ! Setlist : Automne Part 1 Envy Océan Démence de l'Âme Corrosion Appel de l'Âme Deviens la Nuit Beyond The Black (L.Red) Avec 1h de set le vendredi, Beyond The Black est venu clore en beauté la scène du terminal 1 du Plane'r. Groupe de métal symphonique créé en 2014, la formation germanique nous a servi un show où on se laisse volontiers envoûter par la charismatique Jennifer Haben.  
Une première expérience en live pour moi qui les écoute depuis quelques années et je ne suis pas déçue. Bon, faut dire que quand on a commencé la scène par un Wacken Open Air, on comprend leur aisance à investir les planches.  
Loin d'autres divas du metal symphonique, la chanteuse évolue avec grâce au fur et à mesure des compositions laissant la part belle aux instruments sublimant le concert. Avec des mélodies intenses et des riffs puissants, on traverse avec le groupe une bonne partie de leur répertoire ce qui ravit un public encore nombreux. A noter aussi la complicité des deux guitaristes qui nous ont à tour de rôle envoyé de jolis solos, le duo et le reste du groupe nous ont fait passer un agréable moment.  
Les allemands auteurs d'une belle prestation, nous ont même joué Rising High, qui est un avant goût de leur prochain album dont la sortie est prévue le 9 Janvier 2026. Comptez sur moi pour la chronique !  
Setlist : In the Shadows Hallelujah Wounded Healer Reincarnation Rising high Songs Of Love And Death Dancing In The Dark Is There Anybody Out There ? Heart Of The Hurricane When Angels Fall Shine And Shadr Lost In Forever Comme à son habitude, Eihwar sont présents pour mettre le feu! Après avoir été conquise par leur passage en 2024 au Hellfest puis au Motocultor, je savais qu'ils n'allaient pas me décevoir! Accompagnée de Mark aux claviers, guitare et chœurs, Asrunn envoûte le public avec ses danses magnifiant ses vocalisations morceau après morceau. Le mystérieux duo viking se présentant toujours masqué et costumé propose un vrai show mêlant percussions, claviers électroniques et chants. Ponctuant ses propos de quelques notes d'humour sur Montcul, la chanteuse embarque tout le festival avec elle sur ce dernier concert de la programmation du vendredi. 45min de set c'est à la fois peu et suffisant pour recueillir assurément de nouveaux adeptes de leur trance pagan. Malgré l'heure tardive, les français d'Eihwar ont su transmettre une énergie folle nous permettant de trouver la moelle de regagner l'hôtel et de remettre le couvert le lendemain. Setlist: Volva’s Chant Ragnarök Yggdrasil’s Renewal Baldr Sir Mannelig Skjaldmö Viking War Trance Fenrir Berserkr (Acoustique) Berserkr Nous avons vécu une première journée magnifique, remplie de nombreuses surprises agréables ! Nous allons maintenant prendre un moment de repos pour récupérer de l'énergie en préparation d'une deuxième journée qui s'annonce très prometteuse ! Merci à Lydie (L.Red), qui vient de rejoindre notre webzine, pour sa contribution aux deux reportages du festival !
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