Groupe:

Nuclear Fest

Date:

18 Octobre 2025

Lieu:

La Carnougue

Chroniqueur:

philippec

Le 18 octobre, je me trouvais en Lozère, département qui a vu renaître avec éclat l’an dernier, grâce aux associations Nawakstyle et Inklusion, le Nuclear Fest. Ce festival, autrefois installé dans la Drôme et déjà réputé pour avoir accueilli de prestigieux groupes, connaît désormais une seconde vie. Pour cette résurrection, c’est la cité de La Canourgue, fief de Nawakstyle, qui a été choisie comme nouveau berceau de l’événement.

Cette deuxième édition lozérienne s’annonce riche en émotions, portée par une programmation solide : Bengal, Vetha, Nothing from No One, Lafayette, Carcariass et LocoMuerte.

Comme toujours, l’accueil est chaleureux : nous récupérons nos accréditations dans une ambiance conviviale, tandis que le public ne tarde pas à investir la salle. Souriante et d’une extrême gentillesse, l’équipe des bénévoles incarne parfaitement l’esprit de ce festival, où passion et convivialité se mêlent à l’énergie des concerts.

Bengal

Le rideau s’est levé sur cette nouvelle édition du Nuclear Fest avec une déflagration sonore signée Bengal, formation originaire de Bollène. Fusionnant prog rock et metal, le groupe s’est imposé dès les premières minutes comme un catalyseur d’énergie brute et d’imaginaire foisonnant. Inspirés par le cinéma et la science-fiction, leurs univers musicaux et visuels plongent le public dans une atmosphère immersive où chaque membre apporte sa pierre à l’édifice.

Le set s’ouvre sur The March Of The Colony Of Andromeda, véritable manifeste de l’univers Bengal. Olivier “Mr. Lovie” (chant), Johann “Yokor” (guitare), Olivier “Olivium” (guitare), Seb (claviers), Olivier “Ol” (basse) et Davy “La Massue” (batterie) posent les bases d’un voyage sonore intense. La tension monte avec They’re Not Our Friends, puis Jungle Run, porté par l’intro de Seb au clavier et les interventions flamboyantes de Yokor et Olivium, dont riffs et solos électrisent la salle. Le public commence à vibrer, happé par cette montée en puissance.

La setlist enchaîne avec Sacri-Fire et Final Assault, où la voix polymorphe et puissante de Mr. Lovie insuffle une dimension théâtrale aux récits futuristes. Chaque morceau est accompagné de visuels projetés sur écran, ajoutant une profondeur cinématographique aux compositions. Bengal poursuit avec The Last Of…, Dolls, puis Gladys Dance, qui met littéralement la salle en ébullition. Le punky Chestburners relance l’énergie avant un final explosif avec Hypergalatic, porté par la rythmique implacable du duo basse-batterie Ol et Davy.

En ouvrant le festival, Bengal a réussi à embraser la salle et à installer une ambiance électrique dès les premiers instants. Leur fusion audacieuse de prog rock, metal et influences cinématographiques n’ont pas seulement chauffé le public : elle a posé les fondations d’un Nuclear Fest placé sous le signe de la créativité et de l’intensité. Une entrée en matière magistrale, qui promettait déjà un week-end riche en émotions et en découvertes musicales.

 
Setlist
The March Of The Colonny Of Andromeda
They’re Not Our Friends
Jungle Run
Sacri-fire 
Final Assault
The Last Of... 
Dolls
Gladys Dance
Chestburners
 

Nothing From No One

La soirée du Nuclear Fest prend une tournure plus brutale avec l’arrivée sur scène de Nothing From No One, deuxième groupe de la programmation. Originaire de Montpellier, cette formation injecte une dose de thrash hardcore qui fait grimper d’un cran l’intensité du festival.

Dès les premières notes, les Montpelliérains enchaînent les morceaux comme autant d’uppercuts sonores. Le chanteur, porté par une agressivité vocale saisissante et un charisme indéniable, capte immédiatement l’attention. À ses côtés, Lorenzo, le bassiste, attire également les regards — d’autant plus que ce concert semble être sa dernière apparition avec le groupe. Une perte regrettable, car avec Camille à la batterie, ils formaient une section rythmique puissante et parfaitement synchronisée, mettant en valeur les riffs acérés des deux guitaristes, Axel et Paul.

Bien que le set ait été relativement court, les sept titres joués ont provoqué une véritable onde de choc dans le public. Les premiers véritables circle pits de la soirée se sont déclenchés, notamment lors de l’enchaînement explosif de Control Freak et Undertaker, extraits de leur EP Requiem From Mankind. Le final, Bloodshed Scenery, a achevé de transformer la fosse en champ de bataille sonore, avec des secousses émotionnelles dignes d’un séisme.

En conclusion, Nothing From No One a livré une performance intense et sans concession, marquant les esprits par sa brutalité maîtrisée et son énergie scénique. Un set court mais percutant, qui a laissé un public bien chaud pour le prochain groupe.

 
Setlist
Hell Is Upon Us
Fucked By Life
Control Freak
Undertaker
Whispper In Darkness
Set It Off
Bloodshed Scenery.
 

Vetha 

Après un set déjà bien musclé de Nothing From No One, c’est avec une excitation palpable que j’attendais l’arrivée de Vetha, troisième groupe à fouler la scène ce jour-là. Et comme toujours, mes potes Azuréens n’ont pas déçu.

Dès les premières notes de Pachyderm, le ton est donné : la salle est chauffée à blanc. Le groupe enchaîne avec Talk To My Hand, et l’énergie ne faiblit pas. Ayant eu la chance de les voir à Cannes quelques jours plus tôt, la setlist m’est familière, mais le plaisir reste intact. Musardier suit, et je suis toujours aussi fan. Le public semble partager mon enthousiasme : en seulement trois morceaux, La Canourgue est déjà en ébullition.

Le feu ne retombe pas avec Rancid or Acid, devenu un véritable classique du groupe. Fidèle à lui-même, Éric, le chanteur, multiplie les interactions avec le public, annonçant les titres avec une complicité naturelle. Viennent ensuite Ours et Boa, ce dernier étant présenté comme un inédit qui figurera sur leur prochain album, attendu depuis un moment (on croise les doigts !).

L’ambiance monte encore d’un cran avec Freefight, morceau taillé pour les circle pits et les pogos qui s’enchaînent sans répit. Le public est en transe, la fosse bouillonne. Le groupe poursuit avec Pyranha avant de conclure en apothéose avec Radiant Sun, qui achève de mettre tout le monde d’accord.

Vetha a fait du Vetha. Ces gars débarquent à La Canourgue sans merch, les mains dans les poches, montent sur scène avec un léger retard, et pourtant… ils nous collent une raclée monumentale. Leur performance restera gravée dans les mémoires, comme en témoigne la foule qui se presse devant la scène pour figurer sur la photo finale, immortalisant ce moment fort du festival.

 
Setlist :
Pachyderm  
Talk To My Hand  
Musardier  
Rancid or Acid  
Ours  
Boa  
Seed  
Freefight  
Pyranha  
Radiant Sun  
 

Lafayette

Après l’intensité de Vetha, la soirée prend une nouvelle dimension avec l’arrivée de Lafayette. Originaire de Lyon et formé début 2024, le groupe s’impose déjà comme une valeur montante de la scène metal française. Leur style, à la croisée du metalcore et du nu metal post-90’s, annonce un set brutal et sans concession.

Dès les premières notes, Lafayette frappe fort. L’impact est immédiat : aucune respiration possible pour le public, happé par une déferlante sonore qui ne faiblira pas, du premier morceau A Soul with a Gun jusqu’au dernier, The Fucked-Up Song.

Le chanteur Olivier Sicaud, fraîchement arrivé dans le groupe, est une véritable pile électrique. Tel un zébulon monté sur ressort, il occupe l’espace avec une aisance impressionnante. Vocalement, il ne triche pas : il pousse ses cordes jusqu’à l’extrême et termine le set presque à bout de souffle. Son énergie, contagieuse, insuffle au concert une intensité rare. Dans la fosse, c’est l’explosion : ça part dans tous les sens, la foule est chauffée à blanc !

Un clin d’œil à Flo, le batteur, déjà croisé au Lions Metal et au Furios Fest cet été avec Destinity, qui confirme une fois de plus son talent. Bassiste et guitariste complètent ce tableau avec une rage communicative. Les quatre musiciens, soudés et déterminés, livrent un set incandescent. Résultat : un public secoué, des cervicales mises à rude épreuve, et une ambiance qui flirte avec l’explosion.

En conclusion, Lafayette s’impose comme l’une des révélations de cette édition. Leur prestation, à la fois percutante et maîtrisée, prouve qu’ils ont déjà tout d’un grand groupe de scène. Entre énergie brute et cohésion musicale, ils laissent derrière eux un souvenir marquant et une promesse : celle de revenir encore plus forts.

 
Setlist :
A Soul With A Gun
Holding Back The Light
Accelerate
Song To stare At The Sun
Forever Yours
Red Pill Overdose
The Fucked-up Song.
 
Carcariass
 
Avant-dernier groupe de la soirée, Carcariass a frappé fort. Attendu depuis longtemps par les fans, ce pilier du death metal technique n’a laissé aucune place à la déception. 
 
Dès les premières notes, le son se déploie avec une précision chirurgicale, porté par une énergie brute et une maîtrise instrumentale impressionnante. Les musiciens, véritables « serial killers » de la scène, ont enchaîné les morceaux avec une intensité qui a littéralement happé le public.
 
 
Le concert de Carcariass fut une véritable immersion dans leur univers musical. Leur capacité à intégrer de longues parties instrumentales sans jamais sombrer dans la monotonie témoigne d’une rare finesse de composition. Soutenu par un son impeccable, chaque titre s’impose comme une claque sonore, une expérience sensorielle qui dépasse largement les frontières du festival.
 
 
La setlist a mis en avant les brûlots issus de leurs albums les plus récents, Planet Chaos (2019) et Afterworld (2023), avec des morceaux marquants tels que Star Implosion, Billions of Sun, No Aftermath, Psychotic Starship, Black Rain, The Hive ou encore Letter from the Trenches. Mais Carcariass n’a pas oublié ses classiques : Domination, Chaos & Decay et Watery Grave ont été accueillis avec enthousiasme par un public conquis.   
 
 
Carcariass s’est imposé comme l’un des coups de cœur incontestable de la soirée. Les quatre musiciens ont électrisé la foule avec un set implacable, confirmant qu’ils méritent une visibilité bien plus grande au regard de leur travail et de leur qualité musicale. Cette performance magistrale, saluée par des ovations nourries, restera comme un moment fort du festival.
 
 
Setlist
Star Implosion 
Billions Of Sun 
No Aftermath
Psycotic SStarship
Black Rain
Domination
The Hive
Chaos & Decay
Watery grave
Letter From The Trenches.
 
LocoMuerte
 
Après la démonstration technique de Carcariass, place à LocoMuerte, tête d’affiche de la soirée. Le quatuor débarque avec ses armes les plus redoutables : une joie de vivre communicative et une énergie débordante.
 
 
El Termito,  entre sur scène lunette clouté sur le nez et  fidèle à lui-même, manie son micro-sabre avec fougue avant de le délaisser pour mieux bondir dans tous les sens. Le set est une véritable déferlante : slammers en cascade, circle pits déclenchés à coups de pancarte, et une ambiance euphorique où se mêlent chants, pogos et danse.
 
 
C’est la fiesta totale, une célébration du chaos joyeux. El Mitcho (guitare) saute comme un possédé en envoyant ses riffs tranchants, tandis que Nico Loco (basse) ponctue ses sauts par de grimaces délirantes. Avec El Floco (batterie), ils forment une rythmique groovy et implacable, propulsant le public dans une transe collective.
 
 
Les « Chicanos du 91 », comme ils aiment se surnommer, ne trichent pas : ils abordent la scène avec une sincérité brute et une énergie revigorante. L’interaction avec le public est constante, presque fusionnelle : chants repris en chœur, crocodiles gonflables surfés par des enfants, El Mitcho qui slamme sur la foule et, comme toujours, cette communion finale sur scène. Avec LocoMuerte, tout se termine dans un joyeux chaos où chacun devient acteur de la furia ambiante.
 
 
Une chose est sûre : un show de LocoMuerte ne s’oublie pas. C’est un moment de pure démesure, où la musique se transforme en prétexte à communion, défoulement et fête. Ce soir encore, ils ont prouvé qu’ils étaient les maîtres incontestés de cette alchimie explosive. Le Nuclear Fest 2025 a une fois de plus tenu ses promesses, enchaînant les performances incandescentes dans une ambiance survoltée.
 

Setlist :
Tir Opa Matar
Parano Booster
La Brigada De Los Muertos
Sangre Por Sangre
Plata O Plomo
Pura Vida
Animale
Bandolero
Ronque
Demonios
B91
Barrio
Mi Familia
Los Narcos
La Vida Loca

 

Le festival touche à sa fin et, comme l'année précédente, il se conclut par le tirage au sort sur scène d'une tombola dont le prix est une superbe guitare personnalisée aux couleurs du Nuclear Fest. Le gagnant chanceux est convié par les organisateurs à monter sur scène afin de garder un souvenir de cet instant.

Et voilà, cette deuxième édition lozérienne du Nuclear Fest touche à sa fin. Nous ne pouvons qu’exprimer toute notre gratitude aux organisateurs qui ont, une fois encore, su concocter une programmation exceptionnelle. Un immense merci également aux groupes qui ont enflammé la scène, aux bénévoles dont l’énergie et la générosité ont rendu l’événement possible, ainsi qu’au public venu nombreux partager cette belle aventure. Grâce à vous tous, le Nuclear Fest s’impose comme un rendez-vous incontournable, et nous avons déjà hâte de vous retrouver pour la prochaine édition !

 

 

 

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