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Marillion est le groupe que j’ai le plus vu en concert dans ma vie. Découvert en 1985 au Théâtre de Verdure à Nice avec, à l’époque un Fish maquillé (à la Peter Gabriel) au chant. J'ai pu les voir de nombreuses fois avant mars 2017 et mon premier Marillion Weekend à Port Zélande aux Pays-Bas. Ambiance Incroyable ! J’y suis retourné en 2019 mais pas pu en 2023. En 2025, un Marillion Weekend à Paris (ainsi que dans d’autres grandes villes d’Europe) est organisé au Casino de Paris et je me suis laissé tenter. L’expérience est, bien sûr, complètement différente puisque nous ne sommes pas logés sur place, mais simplement conviés à deux concerts, le vendredi soir et le samedi soir. J’avais contacté la manager du groupe Lucy et obtenu un pass-photo mais pas d’interview. Ne restait plus qu’à chopper un billet d’avion, mon pote Thierry, fan de prog devant l’éternel me logeant comme un pape, chez lui, en famille. Vendredi soir Nous arrivons un peu tardivement à la salle. On me confie mon pass photo, qui me donne accès au pit pour toute la soirée et pour les deux soirs. Quelle bonne nouvelle ! Je décide de m’occuper du premier soir et de laisser Thierry, par ailleurs, excellent photographe amateur à ses heures, prendre le samedi soir. Je suis partageur. Par contre c’est raté pour la première partie, un certain Conal Kelly, qui finissait un Come Together endiablé quand nous sommes rentrés dans la salle. Il avait commencé à 19h, joué environ 45mn. Je m’incruste dans le pit photo, confort, on peut s’y assoir pour ne pas trop gêner les fans des premiers rangs. Nous sommes 6 ou 8 photographes à arpenter la zone. 
A 20h15 pétante, la salle, pleine à craquer, s’éteint. L’intro de The Invisible Man résonne, et Steve Hogarth apparait dans les projecteurs avec sa tenue habituelle pour ce morceau (manteau long noir, petites lunettes ovales), c’est parti pour le grand show, le son est impeccable, les lumières aussi, la foule répond au quart de tour et je mitraille (nouveau boitier, nouveaux zooms). 
J’adore la montée en puissance de ce morceau, Steve H est en pleine forme, il mime tout, on peut lire les paroles sur ses mimiques, comme toujours, il vit son concert. Au final 80% de mes photos sont de lui. Il attire la lumière et les yeux, surtout que les autres ne bougent pas beaucoup, voir même pas du tout. Mark Kelly reste impassible derrière ses claviers, Ian Mosley, casqué est encore plus impassible derrière ses fûts. Seul Pete Trawavas, bouge un peu sur la gauche, tandis que Steve Rothery reste très peu démonstratif, collé à son pedalboard et son rack d’effets. 

Vous l’aurez compris le spectacle c’est Steve H, les autres se chargent de la bande son. Steve H n’a plus qu’à poser sa magnifique voix, ajouter quelques passages de piano, assurer une guitare rythmique sur certains solos de Steve R et jouer du tambourin. Tu m’étonnes qu’il sorte épuisé de ses concerts ! Je suis emballé par ce Fantastic Places que je n’avais pas souvent entendues en live et scotché par l’interprétation fabuleuse de The Only Unforgivable Thing que fait Steve H, quelle voix ! L’autre moment fort pour moi, c’est You’re Gone, qui me remue profondément, comme toujours lors des concerts de Marillion, mes yeux coulent sans prévenir sur certains morceaux, ou certains soli de maitre Rothery. 

Ils terminent le set par un magnifique et épique Neverland. Le rappel est constitué d’un Sugar Mice qui emporte la salle qui chante à tue-tête. Steve H s’assied sur le bord de la scène et laisse chanter la foule. C’est toujours comme ça quand ils jouent des morceaux de l’époque Fish. Ils terminent par King avant de quitter la salle sous les applaudissements. Dans le hall, le bar et la boutique de merchandising sont pris d’assaut, le t-shirt du week-end parisien est sympa, je crois que je vais me laisser tenter. Il est 22h30, j’ai pas l’habitude de finir si tôt, mais apparemment c’est courant sur Paris. Setlist Marillion du vendredi soir : The Invisible Man Marbles I Genie Fantastic Place The Only Unforgivable Thing Marbles II Ocean Cloud Marbles III The Damage Don't Hurt Yourself You're Gone Marbles IV Neverland ---- Sugar Mice King Samedi soir Après une belle journée passée dans Paris avec la famille de mes hôtes, nous sommes cette fois-ci dans les temps pour assister à la première partie, le groupe français Lazuli dont la réputation n’est plus à faire. C’est Thierry qui se glisse dans le pit-photo, le veinard et je m’incruste sur le côté à 5m de la scène. J’ai eu vent de la setlist par mon frère, qui réalise, un peu tard, que c’était le concert à ne pas rater, il est furax et me spoile en m'envoyant la setlist. Mais avant de savourer ça, il est 19h et Lazuli monte sur scène. Lazuli Je connais un peu le groupe formé par les frères Léonetti en 1998. Ils avaient déjà assuré la tournée de Fish en 2015, il n'est pas illogique de les retrouver en première partie de Marillion ce soir, en tout cas, ils en sont visiblement ravis et remercient dès le départ le groupe pour l'invitation. J'avais écouté et apprécié le dernier album 11, le onzième du nom, mais ce soir le groupe a choisi de ratisser large dans son répertoire complet pour séduire les fans de Marillion. Des retours que j'en ai eus ou lu, ça a plutôt bien fonctionné. Sur scène, le groupe est bien en place. 
Dominique Léonetti est au chant (un chant qui me fait penser à celui de William Sheller), les paroles sont en français, il joue aussi de la guitare. A ses côtés, Arnaud Beyney est à la guitare lead, il assurera de magnifiques et endiablés solos tout au long du concert en alternance avec Claude Léonetti et sa léode. En retrait, on trouve Vincent Barnavol aux fûts et Romain Thorel aux claviers et au cor d'harmonie, un instrument qu'on ne voit pas souvent. En parlant d'instrument étrange, que dire de la léode jouée par Claude ? Anciennement guitariste, Claude a perdu jeune l'usage de son bras gauche lors d'un accident de moto, du coup il s'est inventé (avec le fabricant Français Lag) un instrument qu'il peut manier uniquement de sa main droite, une sorte de guitare-synthé qui réagit à la pression des doigts sur le manche. Claude peut accorder son instrument pour jouer des solos de guitare ou de basse et plein d'autres trucs étranges. Il fait partie du son Lazuli. 
Vincent viendra plusieurs fois sur le devant de la scène pour des solos de cor (étrange). Soit dit en passant, son cor est sacrément customisé, puisqu'on peut y voir 2 embouchures alors que sur son pavillon est ajoutée une pièce métallique qui le bouche, peut-être pour le sonoriser. 
Après un set très sympa, plutôt calme et mélancolique, les cinq musiciens terminent Le Pleureur sous la Pluie (un petit côté Balavoine le refrain de ce morceau je trouve), un morceau que je trouve très bon, extrait de 11. Ils posent alors leurs instruments et attrapent des maillets de percussion, puis installent un Marimba autour duquel ils se placent tous et attaquent un final étonnant au cours duquel ils jouent un premier morceau puis terminent par une reprise de Marillion que tout le monde a immédiatement reconnu et salué (Incommunicado). 
Au final, une superbe prestation de Lazuli qui, je pense aura glané auprès des fans de Marillion, bon nombre de nouveaux adeptes. Setlist de Lazuli : Dieter Böhm Les chansons sont des bouteilles à la mer Qui d'autre que l'autre Quel dommage Être et ne plus être Chaque jour que le soleil fait Les courants ascendants Le Pleureur sous la Pluie Neuf Mains autour d'un Marimba Marillion A 20h15 précises, Marillion entre en scène pour ce deuxième épisode et attaque fort avec une première vieillerie de l'époque Clutching at Straws de 1987 (comme Incommunicado d'ailleurs, je ne sais pas si c'était un clin d’œil au final de Lazuli ou l'inverse). Merde, ça ne fait même pas une minute que ça a commencé et la foule crie déjà "this is the story so far" et mes yeux se mettent à couler. 
La soirée promet d'être une tuerie Marillion-esque car ils enchainent avec The Uninvited Guest que j'adore. Je ne suis pas le seul le Casino de Paris est déjà en ébullition. Même pas le temps de respirer que je vois Steve Rothery attraper sa 12 cordes acoustique et entamer l'intro de Easter (de Seasons End), c'est la crise de poils, le public chante, trop même. Le solo de ce morceau, interprété à la perfection par Steve R, qui troque au vol son acoustique pour une statocaster noire de l'époque. C'est à tomber à genoux un tel toucher de guitare. Je préfère rester debout pour ne pas en perdre une miette: quel génie ! 
Et que dire du final, où Steve H emporte tout le monde. Il me faudra deux morceaux (Holloway Girl et Beautiful) pour me remettre de mes émotions et surtout me préparer pour la suite (puisque je la connais). Avant d'attaquer Holloway Girl (encore de Season's End), Steve H raconte que le thème de basse qu'avait trouvé Steve Trawavas l'avait scotché à l'époque. Beautiful (Afraid of Sunlight) est magnifique et superbement interprété. 
Mais voilà le moment jouissif tant attendu: l'enchainement de Script for a Jester's Tear (1983) puis Kayleigh, Lavender, Bitter Suite et Heart of Lothian (de l'album Misplaced Childhood - 1985). Comme disait l'autre en 1998: "après avoir vu ça, on peut mourir tranquille". On verse des larmes partout autour de moi, ça chante dans toute la salle, c'est énorme, les solos de Steve R sont des bijoux qui donnent le frisson et rappellent tellement de souvenirs. Même pas le temps de trouver un Kleenex, que déboule l'intro de synthé et basse de The Space, bon dieu mais on va pas tenir tout le concert à ce rythme. C'est le troisième morceau de l'album Easter sorti en 1989, le premier sans Fish et absolument fabuleux. Quel morceau magnifique, entre le piano de Mark Kelly, le chant de Steve H et les contre chants de guitare de Steve R, c'est ouf. Dire que des fans ont arrêté d'écouter Marillion quand Fish est parti. En écoutant ce morceau, j'avoue ne toujours pas les comprendre. Le chant final "everybody in the while of the world, is the same inside" me retourne complètement, je ne peux retenir mes larmes. Heureusement que c'est Thierry qui fait les photos ce soir, j'aurais eu du mal. 
Afraid of Sunlight et les deux morceaux de Brave qui suivent sont moins intenses en émotions (pour moi), ça me permet de reprendre une contenance. Ils terminent le set par The Great Escape (encore extrait de Brave dont je suis moins fan) et quittent la scène sous les applaudissements. Personne n'est dupe puisque la set list des Marillion Weekend est connue de tous, on sait que la soirée est loin d'être finie. Les voilà qui reviennent pour un premier rappel entièrement consacré à F.E.A.R. (Fuck Everyone And Run) sorti en 2016), avec l'enchainement des The New Kings. C'est intense, c'est très bon. 
Les voilà qui disent au revoir et quittent la scène une seconde fois... pour revenir pour un second rappel. Steve H a enfilé sa veste de corbeau et ils attaquent un superbe The Crow and the Nightingale extrait du dernier album en date, An Hour Before It's Dark, sorti en 2022. Après ça, nous avons droit à un magique Man of a Thousand Faces (extrait de This Strange Engine - 1997) et ils terminent ce second rappel par une petite douceur que j'adore, le dernier acte de Care de An Hour Before It's Dark, Angels on Earth. Là encore, je suis au comble de l'émotion, heureusement que c'est court. Cela sera le seul extrait du dernier album avec The Crow and the Nightingale de tout le weekend, c'est dire si ces Marillion Weekend sont particuliers et n'ont rien à voir avec une tournée promotionnelle. 
Ils sortent de scène une troisième fois. On installe sur scène un tabouret haut et un autre plus bas. Ils reviennent, Steve H s'installe sur le tabouret haut et un jeune avec un accordéon sur l'autre. Steve H présente Charles Kieny et celui-ci attaque le début de La Marseillaise. La foule reprend en chœur et poursuit alors que lui, visiblement ne connaissait que le début. Ils attaquent ensuite deux morceaux quasi acoustiques (Pete a troqué sa basse pour une guitare acoustique) Faith (Somewhere Else - 2018) et Made Again encore extraite de Brave. Bon! cette fois c'est la bonne, ils nous quittent pour de bon ! 
Quelle soirée de dingue ! Quel groupe exceptionnel ! Quelle fan base incroyable ! Y aura -til encore un Marillion WeekEnd dans 2 ans ? Je l'espère et j'y serai et si possible à Port Zélande, c'est une expérience encore plus exceptionnelle que d'être tous (fan et groupe) réunis dans un même lieu pendant 3 jours. Setlist Marillion du samedi soir : Slàinte Mhath The Uninvited Guest Easter Holloway Girl Beautiful Script for a Jester's Tear Kayleigh Lavender Bitter Suite Heart of Lothian The Space... Afraid of Sunlight Wave Mad The Great Escape ---- The New Kings: I. Fuck Everyone and Run The New Kings: II. Russia's Locked Doors The New Kings: III. A Scary Sky The New Kings: IV. Why Is Nothing Ever True? ---- The Crow and the Nightingale Man of a Thousand Faces Care (IV) Angels on Earth ---- Faith Made Again
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