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Just'N'Fest Jour 2
Après une première soirée mémorable placée sous le signe du «
More Women on Stage », me voici de retour sur le site du festival pour une deuxième
journée qui démarre en fin de matinée. L’espace extérieur
s’anime avec l’ouverture du marché They Rock (merchandising de groupes, bijoux,
tatouages), enrichi de nouveaux food-trucks par rapport à la veille. Dès 14 heures, deux
groupes se succèdent pour faire patienter le public avant l’ouverture de la salle.
Le premier, Indianphonics, formé en 2004 et originaire de Montpellier, impose
son heavy rock teinté de stoner. Les Montpelliérains déploient une énergie
scénique communicative et livrent des compositions solides qui mettent rapidement
l’ambiance.

Ils sont suivis par Cover Inc., qui enchaîne les reprises de
Metallica, Guns N’ Roses, Green Day ou encore
Motörhead. Les groupes de covers n’étant pas vraiment mon univers,
j’en profite pour flâner parmi les stands du They Rock.

Un peu avant 17 heures, je pénètre dans la salle pour attendre le premier groupe de cette
deuxième soirée. Le programme s’annonce particulièrement alléchant
avec : Murder At The Pony Club, Worselder, Red
Gordon, Seeds Of Mary, Heart Attack, Hypno5e, et en tête d’affiche, Sidilarsen.
Murder At The Pony Club
La deuxième journée du Just'N’Fest s’ouvre avec les Montpelliérains
de Murder At The Pony Club. Déjà venus une première fois, ils
reviennent cette année pour pallier le forfait du groupe azuréen
Schrödinger. Formés en 2015, les quatre musiciens n’ont pas
tardé à imposer leur style : un metal alternatif énergique et incisif, idéal
pour lancer la soirée.
 
Malgré une salle encore clairsemée en début de set, le groupe prend rapidement ses
marques. Portés par l’humour et la dérision communicative de leur chanteur, ils
parviennent à capter l’attention et à embarquer le public. Les titres
s’enchaînent avec puissance : Pretty Vicious Summer, All I Wanna Do, Human (clin
d’œil amusé à Gojira), puis Wake Up avant de
conclure sur un Slow Down brûlant.
 
Le résultat est sans appel : l’auditoire, déjà bien échauffé,
répond avec enthousiasme. Murder At The Pony Club a parfaitement rempli son
rôle de chauffeur de salle, donnant le ton pour cette seconde soirée du festival. Leur
prestation, à la fois énergique et décontractée, a conquis le public et
lancé les hostilités de la meilleure des manières.
Setlist :
Pride
Pretty vicious summer
Aversion
All I wanna do
Human
2’14
Wake up
Gravity
Slow down
Worselder
Après un premier set déjà bien chargé en énergie, la soirée
continue avec un changement de cap musical. C’est au tour des Ariégeois de
Worselder de prendre possession de la scène, prêts à imposer leur
univers thrash groovy et à embarquer le public dans une nouvelle vague de puissance sonore.
 
Dès les premières notes, le ton est donné : un thrash groovy porté par la
voix de Guillaume Granier, dont le registre vocal se révèle riche et
varié. La qualité du son est remarquable, tout comme celle des compositions
proposées. Rapidement, le public – désormais plus nombreux – se laisse happer
par l’énergie et le groove du groupe.
 
Le répertoire des Ariégeois est taillé pour le live, avec des titres marquants
tels que Para Bellum, Atheist, Pillars Smoke ou encore le puissant morceau final
Disciples. Tout au long du set, on ressent non seulement le talent de chaque musicien, mais
aussi leur plaisir évident de jouer ensemble. Worselder navigue habilement entre
thrash, groove et death, et cette diversité fonctionne à merveille. Une véritable
communion s’installe entre le groupe et son auditoire, créant une atmosphère
vibrante et fédératrice.
 
On peut affirmer sans hésitation que Worselder a rempli sa mission avec brio.
Le public, épuisé mais ravi, a headbangué du début à la fin,
emporté par cette déferlante sonore. Ce set intense restera gravé dans les
mémoires comme une véritable claque musicale, une de celles qui rappellent pourquoi on
aime tant les concerts live.
 
Setlist :
Insurgents
Para Bellum
The exoteric verses
Atheist
Pillars of smoke
Severed
Disciples
Red Gordon
Le festival prend une tournure plus sombre et apocalyptique avec l’arrivée des Clermontois
de Red Gordon. Dès les premières notes, on sent que le groupe n’est
pas là pour faire de la figuration : leur univers est brutal, intense, mais toujours porté
par un groove implacable qui captive et secoue le public.
 
Leur musique est un savant mélange de genres — nu metal, metalcore, hardcore et death
— fusionnés avec une énergie qui ne laisse aucun répit. À la
tête du groupe, Tao, fidèle à son masque, mène la danse avec
une prestance scénique qui s’est affirmée au fil des concerts. À ses
côtés, Aurélien à la guitare, Lucas
à la batterie et Yohann à la basse, ce dernier ayant gagné en
assurance et en mobilité sur scène, complètent une formation désormais
parfaitement rodée.
 
Le set est une véritable déflagration : 404.exe ouvre les hostilités,
avant de laisser place à des morceaux taillés pour les pogos et les circle pits comme
Scream Motherfucker, Inside of Me ou Quizzical Mind. Le final, explosif, se
conclut sur Say My Name, laissant le public exsangue mais galvanisé. La réaction
de la foule ne trompe pas : Red Gordon a franchi un cap, et leur envergure
scénique s’impose désormais comme une évidence.
 
De bout en bout, l’ambiance est électrique, presque insoutenable tant
l’énergie dégagée est brute et contagieuse. Red Gordon
délivre une véritable décharge d’adrénaline et de violence
maîtrisée, confirmant qu’ils sont devenus une valeur sûre de la scène
metal française. Un set qui marque les esprits et laisse derrière lui un champ de
ruines… mais surtout des sourires ravis.
Setlist :
404.exe
Useless
Scream motherfucker
Inner repeat
Inside of me
Quizzical mind
Like a virus
Say my name
Seeds Of Mary
Parmi les groupes attendus, les Bordelais Seeds Of Mary occupent une place
particulière dans notre webzine. Nous les suivons depuis longtemps : Ced 12 avait
chroniqué leur album LOVE, sorti en octobre 2024, et leur titre Spiral Me
Down figure sur notre compilation téléchargeable " Les
Indé’spensables Vol. 6". Pourtant, malgré cette familiarité,
c’est la première fois que je les vois sur scène. L’occasion est donc unique
de confronter l’écoute studio à l’expérience live.
Sur scène, Jeremy Dourneau (chant), Julien Jolivet
(guitare), Ralph Gatuingt (guitare/chant), Aaron Silvestre
(batterie) et Clément Leclecq (basse) nous plongent immédiatement dans
leur univers, riche en musicalité et en émotion. Le set s’ouvre sur Amor
Fati, extrait de LOVE, où Jérémy déploie
déjà toute sa palette vocale. Les roulements de caisse claire
d’Aaron annoncent Begins the End, brûlot aux riffs plus violents
que son prédécesseur. Puis vient Spiral Me Down, dont la rythmique incite le
public à sauter en cadence.
 
Un grand bravo à Fab à la régie : le son est d’une
précision remarquable. Les guitares de Ralph
et Julien se distinguent à la note près,
comme sur l’hypnotisant Insomnia, où chaque couche instrumentale enveloppe la
voix de Jérémy et intensifie la mélodie. Le groupe nous offre ensuite Sanity
Is Satistical, extrait de Serendipity (album sorti juste avant la crise sanitaire et
resté trop discret). Ce titre vivifiant est accueilli avec enthousiasme, porté par un
solo magistral de Julien.
Le moment fort du set survient avec LOVE, dont l’interprétation est
sublimée par une qualité sonore impeccable : chaque intervention instrumentale, chaque
effet, chaque nuance est perceptible. Enfin, comme toutes les bonnes choses ont une fin, Seeds
Of Mary clôt sa prestation avec Somewhere Between Me & Myself, autre
extrait de Serendipity. Ovationnés par le public, les musiciens immortalisent
l’instant avec une photo souvenir.
Ce soir, Seeds Of Mary ont prouvé qu’ils ne sont pas seulement un
groupe à écouter, mais une véritable expérience à vivre. Leur
prestation, à la fois puissante et sensible, a conquis l’ensemble du public. Entre
énergie brute, maîtrise technique et intensité émotionnelle, les Bordelais
ont fait l’unanimité. Une première rencontre scénique qui restera
gravée, et qui confirme que Seeds Of Mary méritent toute
l’attention que la scène rock française peut leur offrir.
Setlist :
Amor Fati
Begins the end
Spiral me down
Insomnia
Sanity is satistical
LOVE
Somewhere between me & myself
Heart Attack
Cinquième groupe de cette deuxième journée du Just 'N' Fest, Heart
Attack débarque une nouvelle fois pour rappeler pourquoi ils sont devenus
incontournables sur la scène metal française. Je ne compte plus "leurs" grands moments
que j'ai partagé avec eux : Motocultor, Hellfest, Festival 666, l’Opéra de
Nice… et ce soir encore, une nouvelle page s’ajoute à cette longue histoire.
Chaque concert est une redécouverte, et celui-ci n’a pas fait exception.
Comme à leur habitude, les Azuréens entrent sur scène masqués,
prêts à incendier la salle. Le show démarre fort avec Wings of Judgment
enchaîné à Burn My Flesh, avant que Kévin ne
lance l’incontournable cri de ralliement : “Nous sommes Heart Attack !”. La fosse
explose instantanément, c’est devenu une habitude : le public les attend, et certains
viennent au festival rien que pour eux.
Kévin prend ensuite la parole pour présenter Defeat The
Veil, dont le clip a été tourné sur la Tour Eiffel. Le morceau
déchaîne la foule : slams, circle pits, une véritable tempête humaine. Sur
scène, Kévin, Antoine, Will et
Chris sont en furie, chacun poussant l’énergie encore plus haut.
La frénésie continue avec les classiques When The Light Dies Down et
Fight To Overcome, qui embrasent littéralement la fosse. Le set se conclut sur
“Negative Sun”, titre phare de leur dernier album, qui résonne comme un
manifeste de puissance et de noirceur.
Une fois de plus, Heart Attack a fait du Heart Attack : brut,
intense, fédérateur. Les quatre Azuréens ont prouvé qu’ils ont
l’art de retourner n’importe quelle foule grâce à leur énergie et leur
talent. À la fin du set, le public les acclame longuement, avant de se presser devant la
scène pour immortaliser ce moment avec une photo souvenir. Un instant majestueux, témoin
de la communion entre un groupe et ses fans.
Setlist :
Wings Of Jugement
Burn My Flesh
Defeat The Veil
When The Light Dies Down et Fight
Fight To Overcome
Negative sun.
Hypno5e
Hypno5e est un groupe qui ne laisse jamais indifférent. Leur univers sombre
et cinématographique, mêlant post-metal et envolées atmosphériques, attire
un public passionné et fidèle. Ce soir encore, la salle est comble, prête à
plonger dans une expérience sensorielle où musique et émotions se confondent.
C’est dans la pénombre et la fumée que débute le set
d’Hypno5e. Dès les premières notes, l’ambiance est
posée : hypnotique, envoûtante, presque mystique. On ressent immédiatement que
nombre de spectateurs sont venus spécialement pour eux, tant l’accueil est chaleureux et
impatient.
La musique, toujours aussi immersive, entraîne le public dans une véritable transe
collective. Pourtant, en tant que témoin des débuts du groupe, j’ai du mal
à m’identifier pleinement aux choix artistiques d’Emmanuel, seul musicien encore
présent du projet originel. Après quelques photos, je me place près de la table
de mixage pour savourer le son dans de meilleures conditions.
La setlist, largement composée des deux derniers albums, ne me captive pas autant que je
l’espérais. Mais une belle surprise surgit avec Maintained Relevance of Destruction
– Part II, extrait de Des Deux, L’Une est L’Autre (2007), un titre
que j’affectionne particulièrement. Le concert se conclut sur une autre note positive
avec Acid Mist Tomorrow, classique incontournable du groupe, tiré de l’album
éponyme.
La prestation, comme toujours, est impeccable : le professionnalisme et l’intensité
d’Hypno5e ne peuvent être remis en cause. L’enthousiasme du public
à la sortie en est la preuve éclatante. Pourtant, de mon côté, seuls deux
morceaux m’ont réellement transporté, et c’est la première fois que
je quitte un concert d’Hypno5e avec une pointe de déception.
Setlist :
Sheol prt I (intro concert)
Sheol prt II
On The Dry Lake
Maintened Revelance of Destruction prt II
Slow Steams of Darkness part II
Tauca prt II
Acid Mist Tomorrow
Sidilarsen
Pour clore cette édition du Just'N'Fest, c’est Sidilarsen qui est la
tête d’affiche de ce second soir. À quelques jours seulement de leur premier
Olympia, les Toulousains ont fait halte à Saint-Just, offrant au public une concert
mémorable placée sous le signe de l’énergie et de la communion.
Depuis la sortie de leur album Que la lumière soit, la setlist du groupe reste
fidèle à elle-même. Mais loin de lasser, elle galvanise les spectateurs dès
les premières notes de Comme On Vibre. S’enchaînent ensuite Intox
et Retourner la France, et l’ambiance explose immédiatement. Les musiciens,
sourires aux lèvres, délivrent une décharge d’ondes positives qui emportent
la fosse. Leur capacité à faire bouger les foules avec naturel et bienveillance
impressionne toujours : « Positif à bloc », comme le dirait Mass
Hysteria.
Sur Money Game, la salle entière s’anime, scène et public ne faisant
plus qu’un. Le moment de grâce survient avec Adelphité, véritable
hymne fédérateur. Le refrain « Hello, ici l’Adelphité / Hello, hello,
hello, hello » résonne comme une incantation, rappelant que chaque concert de
Sidilarsen est une expérience collective où l’on ne fait
qu’un.
La fraternité se poursuit avec On Revient Sur Terre et Back To Basics,
où ça chante, danse et saute dans tous les sens. L’ambiance reste brûlante
avec À Vif et On Va Tous Crever. Puis vient le rituel de fin : le public
s’assoit pour entonner ensemble « Tant que l’humain s’adresse à
l’homme, nous sommes Des Milliards contre une élite… ». Quand tout le monde
se relève, c’est l’explosion finale. Le groupe quitte la scène sous nos
chants a cappella, avant de revenir saluer et partager un moment de proximité au stand de
merchandising, entre signatures, photos et sourires.
Comme je l'ai déjà écrit ultérieurement : Bienveillance,
humilité, générosité, voilà ce qui définit
Sidilarsen. Plus qu’un simple concert, leur passage au Just’N’Fest
fut une véritable célébration de l’unité et de
l’énergie collective. À Saint-Just, le groupe a prouvé une fois de plus
qu’il sait transformer chaque performance en expérience humaine et
fédératrice.
Setlist :
Intro
Comme on vibre
Intox
Retourner La France
Money Game
Adelphité
On revient sur terre
Le meilleur est à venir
Back to basics
On va tous crever
Des milliards
Après deux jours de concerts intenses, le Just'N’Fest peut
se féliciter d’une sixième édition réussie, mettant à
l’honneur la scène metal féminine française avant de mêler artistes
confirmés et jeunes talents prometteurs. Un immense merci aux bénévoles pour leur
accueil chaleureux et leur dévouement, sans qui cette aventure ne serait pas possible. Comme
une grande partie du public, je repars avec des souvenirs vibrants et l’envie déjà
pressante de revenir pour la prochaine édition !
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