Groupe:

Just'N'Fest - Jour 2

Date:

04 Octobre 2025

Lieu:

Saint Just

Chroniqueur:

philippec

Just'N'Fest Jour 2

Après une première soirée mémorable placée sous le signe du « More Women on Stage », me voici de retour sur le site du festival pour une deuxième journée qui démarre en fin de matinée. L’espace extérieur s’anime avec l’ouverture du marché They Rock (merchandising de groupes, bijoux, tatouages), enrichi de nouveaux food-trucks par rapport à la veille. Dès 14 heures, deux groupes se succèdent pour faire patienter le public avant l’ouverture de la salle.

Le premier, Indianphonics, formé en 2004 et originaire de Montpellier, impose son heavy rock teinté de stoner. Les Montpelliérains déploient une énergie scénique communicative et livrent des compositions solides qui mettent rapidement l’ambiance.

Ils sont suivis par Cover Inc., qui enchaîne les reprises de Metallica, Guns N’ Roses, Green Day ou encore Motörhead. Les groupes de covers n’étant pas vraiment mon univers, j’en profite pour flâner parmi les stands du They Rock.

 

Un peu avant 17 heures, je pénètre dans la salle pour attendre le premier groupe de cette deuxième soirée. Le programme s’annonce particulièrement alléchant avec : Murder At The Pony Club, Worselder, Red Gordon, Seeds Of Mary, Heart Attack, Hypno5e, et en tête d’affiche, Sidilarsen.

Murder At The Pony Club

La deuxième journée du Just'N’Fest s’ouvre avec les Montpelliérains de Murder At The Pony Club. Déjà venus une première fois, ils reviennent cette année pour pallier le forfait du groupe azuréen Schrödinger. Formés en 2015, les quatre musiciens n’ont pas tardé à imposer leur style : un metal alternatif énergique et incisif, idéal pour lancer la soirée.

Malgré une salle encore clairsemée en début de set, le groupe prend rapidement ses marques. Portés par l’humour et la dérision communicative de leur chanteur, ils parviennent à capter l’attention et à embarquer le public. Les titres s’enchaînent avec puissance : Pretty Vicious Summer, All I Wanna Do, Human (clin d’œil amusé à Gojira), puis Wake Up avant de conclure sur un Slow Down brûlant.

Le résultat est sans appel : l’auditoire, déjà bien échauffé, répond avec enthousiasme. Murder At The Pony Club a parfaitement rempli son rôle de chauffeur de salle, donnant le ton pour cette seconde soirée du festival. Leur prestation, à la fois énergique et décontractée, a conquis le public et lancé les hostilités de la meilleure des manières.

 
Setlist :
Pride
Pretty vicious summer
Aversion
All I wanna do
Human
2’14
Wake up
Gravity
Slow down

Worselder 

Après un premier set déjà bien chargé en énergie, la soirée continue avec un changement de cap musical. C’est au tour des Ariégeois de Worselder de prendre possession de la scène, prêts à imposer leur univers thrash groovy et à embarquer le public dans une nouvelle vague de puissance sonore.

Dès les premières notes, le ton est donné : un thrash groovy porté par la voix de Guillaume Granier, dont le registre vocal se révèle riche et varié. La qualité du son est remarquable, tout comme celle des compositions proposées. Rapidement, le public – désormais plus nombreux – se laisse happer par l’énergie et le groove du groupe.

Le répertoire des Ariégeois est taillé pour le live, avec des titres marquants tels que Para Bellum, Atheist, Pillars Smoke ou encore le puissant morceau final Disciples. Tout au long du set, on ressent non seulement le talent de chaque musicien, mais aussi leur plaisir évident de jouer ensemble. Worselder navigue habilement entre thrash, groove et death, et cette diversité fonctionne à merveille. Une véritable communion s’installe entre le groupe et son auditoire, créant une atmosphère vibrante et fédératrice.

On peut affirmer sans hésitation que Worselder a rempli sa mission avec brio. Le public, épuisé mais ravi, a headbangué du début à la fin, emporté par cette déferlante sonore. Ce set intense restera gravé dans les mémoires comme une véritable claque musicale, une de celles qui rappellent pourquoi on aime tant les concerts live.

Setlist :
Insurgents
Para Bellum
The exoteric verses
Atheist
Pillars of smoke
Severed
Disciples
 
Red Gordon

Le festival prend une tournure plus sombre et apocalyptique avec l’arrivée des Clermontois de Red Gordon. Dès les premières notes, on sent que le groupe n’est pas là pour faire de la figuration : leur univers est brutal, intense, mais toujours porté par un groove implacable qui captive et secoue le public.

Leur musique est un savant mélange de genres — nu metal, metalcore, hardcore et death — fusionnés avec une énergie qui ne laisse aucun répit. À la tête du groupe, Tao, fidèle à son masque, mène la danse avec une prestance scénique qui s’est affirmée au fil des concerts. À ses côtés, Aurélien à la guitare, Lucas à la batterie et Yohann à la basse, ce dernier ayant gagné en assurance et en mobilité sur scène, complètent une formation désormais parfaitement rodée.

Le set est une véritable déflagration : 404.exe ouvre les hostilités, avant de laisser place à des morceaux taillés pour les pogos et les circle pits comme Scream Motherfucker, Inside of Me ou Quizzical Mind. Le final, explosif, se conclut sur Say My Name, laissant le public exsangue mais galvanisé. La réaction de la foule ne trompe pas : Red Gordon a franchi un cap, et leur envergure scénique s’impose désormais comme une évidence.

De bout en bout, l’ambiance est électrique, presque insoutenable tant l’énergie dégagée est brute et contagieuse. Red Gordon délivre une véritable décharge d’adrénaline et de violence maîtrisée, confirmant qu’ils sont devenus une valeur sûre de la scène metal française. Un set qui marque les esprits et laisse derrière lui un champ de ruines… mais surtout des sourires ravis.

 
Setlist :
404.exe
Useless
Scream motherfucker
Inner repeat
Inside of me
Quizzical mind
Like a virus
Say my name
 
 
Seeds Of Mary
 
Parmi les groupes attendus, les Bordelais Seeds Of Mary occupent une place particulière dans notre webzine. Nous les suivons depuis longtemps : Ced 12 avait chroniqué leur album LOVE, sorti en octobre 2024, et leur titre Spiral Me Down figure sur notre compilation téléchargeable "Les Indé’spensables Vol. 6". Pourtant, malgré cette familiarité, c’est la première fois que je les vois sur scène. L’occasion est donc unique de confronter l’écoute studio à l’expérience live.
 
Sur scène, Jeremy Dourneau (chant), Julien Jolivet (guitare), Ralph Gatuingt (guitare/chant), Aaron Silvestre (batterie) et Clément Leclecq (basse) nous plongent immédiatement dans leur univers, riche en musicalité et en émotion. Le set s’ouvre sur Amor Fati, extrait de LOVE, où Jérémy déploie déjà toute sa palette vocale. Les roulements de caisse claire d’Aaron annoncent Begins the End, brûlot aux riffs plus violents que son prédécesseur. Puis vient Spiral Me Down, dont la rythmique incite le public à sauter en cadence.
 
 
Un grand bravo à Fab à la régie : le son est d’une précision remarquable. Les guitares de Ralph et Julien se distinguent à la note près, comme sur l’hypnotisant Insomnia, où chaque couche instrumentale enveloppe la voix de Jérémy et intensifie la mélodie. Le groupe nous offre ensuite Sanity Is Satistical, extrait de Serendipity (album sorti juste avant la crise sanitaire et resté trop discret). Ce titre vivifiant est accueilli avec enthousiasme, porté par un solo magistral de Julien.
 
 
Le moment fort du set survient avec LOVE, dont l’interprétation est sublimée par une qualité sonore impeccable : chaque intervention instrumentale, chaque effet, chaque nuance est perceptible. Enfin, comme toutes les bonnes choses ont une fin, Seeds Of Mary clôt sa prestation avec Somewhere Between Me & Myself, autre extrait de Serendipity. Ovationnés par le public, les musiciens immortalisent l’instant avec une photo souvenir.
 
 
Ce soir, Seeds Of Mary ont prouvé qu’ils ne sont pas seulement un groupe à écouter, mais une véritable expérience à vivre. Leur prestation, à la fois puissante et sensible, a conquis l’ensemble du public. Entre énergie brute, maîtrise technique et intensité émotionnelle, les Bordelais ont fait l’unanimité. Une première rencontre scénique qui restera gravée, et qui confirme que Seeds Of Mary méritent toute l’attention que la scène rock française peut leur offrir.
 
 
Setlist :
Amor Fati
Begins the end
Spiral me down
Insomnia
Sanity is satistical
LOVE
Somewhere between me & myself
 
 
Heart Attack
 
Cinquième groupe de cette deuxième journée du Just 'N' Fest, Heart Attack débarque une nouvelle fois pour rappeler pourquoi ils sont devenus incontournables sur la scène metal française. Je ne compte plus "leurs" grands moments que j'ai partagé avec eux : Motocultor, Hellfest, Festival 666, l’Opéra de Nice… et ce soir encore, une nouvelle page s’ajoute à cette longue histoire. Chaque concert est une redécouverte, et celui-ci n’a pas fait exception.
 
 
Comme à leur habitude, les Azuréens entrent sur scène masqués, prêts à incendier la salle. Le show démarre fort avec Wings of Judgment enchaîné à Burn My Flesh, avant que Kévin ne lance l’incontournable cri de ralliement : “Nous sommes Heart Attack !”. La fosse explose instantanément, c’est devenu une habitude : le public les attend, et certains viennent au festival rien que pour eux.
 
 
Kévin prend ensuite la parole pour présenter Defeat The Veil, dont le clip a été tourné sur la Tour Eiffel. Le morceau déchaîne la foule : slams, circle pits, une véritable tempête humaine. Sur scène, Kévin, Antoine, Will et Chris sont en furie, chacun poussant l’énergie encore plus haut.
La frénésie continue avec les classiques When The Light Dies Down et Fight To Overcome, qui embrasent littéralement la fosse. Le set se conclut sur “Negative Sun”, titre phare de leur dernier album, qui résonne comme un manifeste de puissance et de noirceur.
 
 
Une fois de plus, Heart Attack a fait du Heart Attack : brut, intense, fédérateur. Les quatre Azuréens ont prouvé qu’ils ont l’art de retourner n’importe quelle foule grâce à leur énergie et leur talent. À la fin du set, le public les acclame longuement, avant de se presser devant la scène pour immortaliser ce moment avec une photo souvenir. Un instant majestueux, témoin de la communion entre un groupe et ses fans.
 
 
Setlist
Wings Of Jugement
Burn My Flesh
Defeat The Veil
When The Light Dies Down et Fight
Fight To Overcome
Negative sun.
 
Hypno5e
 
Hypno5e est un groupe qui ne laisse jamais indifférent. Leur univers sombre et cinématographique, mêlant post-metal et envolées atmosphériques, attire un public passionné et fidèle. Ce soir encore, la salle est comble, prête à plonger dans une expérience sensorielle où musique et émotions se confondent.
 
C’est dans la pénombre et la fumée que débute le set d’Hypno5e. Dès les premières notes, l’ambiance est posée : hypnotique, envoûtante, presque mystique. On ressent immédiatement que nombre de spectateurs sont venus spécialement pour eux, tant l’accueil est chaleureux et impatient.
 
 
La musique, toujours aussi immersive, entraîne le public dans une véritable transe collective. Pourtant, en tant que témoin des débuts du groupe, j’ai du mal à m’identifier pleinement aux choix artistiques d’Emmanuel, seul musicien encore présent du projet originel. Après quelques photos, je me place près de la table de mixage pour savourer le son dans de meilleures conditions.
La setlist, largement composée des deux derniers albums, ne me captive pas autant que je l’espérais. Mais une belle surprise surgit avec Maintained Relevance of Destruction – Part II, extrait de Des Deux, L’Une est L’Autre (2007), un titre que j’affectionne particulièrement. Le concert se conclut sur une autre note positive avec Acid Mist Tomorrow, classique incontournable du groupe, tiré de l’album éponyme.
 
 
La prestation, comme toujours, est impeccable : le professionnalisme et l’intensité d’Hypno5e ne peuvent être remis en cause. L’enthousiasme du public à la sortie en est la preuve éclatante. Pourtant, de mon côté, seuls deux morceaux m’ont réellement transporté, et c’est la première fois que je quitte un concert d’Hypno5e avec une pointe de déception.
 
 
Setlist :
Sheol prt I (intro concert)
Sheol prt II 
On The Dry Lake 
Maintened Revelance of Destruction prt II 
Slow Steams of Darkness part II
Tauca prt II
Acid Mist Tomorrow

 

Sidilarsen
 
Pour clore cette édition du Just'N'Fest, c’est Sidilarsen qui est la tête d’affiche de ce second soir. À quelques jours seulement de leur premier Olympia, les Toulousains ont fait halte à Saint-Just, offrant au public une concert mémorable placée sous le signe de l’énergie et de la communion.
 
 
Depuis la sortie de leur album Que la lumière soit, la setlist du groupe reste fidèle à elle-même. Mais loin de lasser, elle galvanise les spectateurs dès les premières notes de Comme On Vibre. S’enchaînent ensuite Intox et Retourner la France, et l’ambiance explose immédiatement. Les musiciens, sourires aux lèvres, délivrent une décharge d’ondes positives qui emportent la fosse. Leur capacité à faire bouger les foules avec naturel et bienveillance impressionne toujours : « Positif à bloc », comme le dirait Mass Hysteria.
 
 
Sur Money Game, la salle entière s’anime, scène et public ne faisant plus qu’un. Le moment de grâce survient avec Adelphité, véritable hymne fédérateur. Le refrain « Hello, ici l’Adelphité / Hello, hello, hello, hello » résonne comme une incantation, rappelant que chaque concert de Sidilarsen est une expérience collective où l’on ne fait qu’un.
 
 
La fraternité se poursuit avec On Revient Sur Terre et Back To Basics, où ça chante, danse et saute dans tous les sens. L’ambiance reste brûlante avec À Vif et On Va Tous Crever. Puis vient le rituel de fin : le public s’assoit pour entonner ensemble « Tant que l’humain s’adresse à l’homme, nous sommes Des Milliards contre une élite… ». Quand tout le monde se relève, c’est l’explosion finale. Le groupe quitte la scène sous nos chants a cappella, avant de revenir saluer et partager un moment de proximité au stand de merchandising, entre signatures, photos et sourires.
 
 
Comme je l'ai déjà écrit ultérieurement : Bienveillance, humilité, générosité, voilà ce qui définit Sidilarsen. Plus qu’un simple concert, leur passage au Just’N’Fest fut une véritable célébration de l’unité et de l’énergie collective. À Saint-Just, le groupe a prouvé une fois de plus qu’il sait transformer chaque performance en expérience humaine et fédératrice.
 
 
Setlist :
Intro
Comme on vibre
Intox
Retourner La France
Money Game
Adelphité
On revient sur terre
Le meilleur est à venir
Back to basics
On va tous crever
Des milliards
 
Après deux jours de concerts intenses, le Just'N’Fest peut se féliciter d’une sixième édition réussie, mettant à l’honneur la scène metal féminine française avant de mêler artistes confirmés et jeunes talents prometteurs. Un immense merci aux bénévoles pour leur accueil chaleureux et leur dévouement, sans qui cette aventure ne serait pas possible. Comme une grande partie du public, je repars avec des souvenirs vibrants et l’envie déjà pressante de revenir pour la prochaine édition !

 

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