Groupe:

Furiosfest 2025 - Jour 2

Date:

24 Aout 2025

Lieu:

Saint Flour

Chroniqueur:

philippec

Furiosfest – Jour 2

Après une première journée plus que prometteuse, le Furiosfest reprend ses droits pour une seconde session tout aussi intense, portée par une programmation toujours aussi affûtée.

Blooming Discord

À 13h tapantes, les Marseillais de Blooming Discord montent sur scène, bien décidés à électriser l’assistance. Leur performance, à la fois puissante et mélodique, fait littéralement vibrer les planches. Dès les premières notes, le groupe impose son identité : un savant mélange de metalcore et de nu metal, où riffs acérés et envolées lyriques s’entrelacent pour créer une ambiance explosive. Le public, plus nombreux que la veille à la même heure, se laisse rapidement emporter par le groove et l’énergie contagieuse des cinq musiciens, transformant la fosse en une mer déchaînée de corps en mouvement.

Les Phocéens savent créer du lien. Karim, le chanteur, interagit fréquemment avec le public, le remercie chaleureusement, tout comme les bénévoles et l’organisation du festival. Un discours sincère, direct, qui touche juste. Sam et Vincent, les deux guitaristes, ainsi qu’Antho le bassiste, sautent dans tous les sens, débordants d’énergie. Derrière ses fûts, Seb n’est pas en reste : il martèle sa batterie avec une intensité folle, comme possédé.

Emporté par une setlist courte mais efficace le public saute en cadence, dans une communion sonore et physique. Plus tard, un wall of death s’élance dans un nuage de poussière, suivi des premiers slams de la journée. Burn It clôt le set en beauté. Malgré la chaleur, Blooming Discord livre une prestation à la fois puissante, rafraîchissante et communicative.

Ce deuxième jour du Furiosfest démarre sur les chapeaux de roue grâce à Blooming Discord, qui a su insuffler une énergie brute et sincère dès les premières heures. Leur set, aussi intense que fédérateur, a parfaitement lancé les hostilités et préparé le terrain pour une journée qui s’annonce mémorable. 

Setlist :
Latch
You Won't Be Alone
Satelized
Trapped Again
Saddest Of Playgrounds
Idolies
Burn It

Charcoal 

Charcoal a fait une entrée fracassante sur la scène du FuriosFest. Après une décharge d’adrénaline pure, place à une bouffée de rock revigorant. Ce hard rock authentique, celui qui vous donne instantanément envie de taper du pied et de vous abandonner au headbanging, s’inscrit parfaitement dans l’esprit du festival. Sur scène, le groupe est au sommet de sa forme, électrisé, et cela se ressent à chaque riff.

Les morceaux s’enchaînent avec une fougue contagieuse, ponctués de solos incisifs et de rythmes qui s’emparent des corps. Le public, déjà conquis, se laisse porter par l’attitude sans compromis des musiciens et leur plaisir évident de jouer. Charcoal ne cherche pas à réinventer le genre, mais le sublime avec brio, mêlant puissance brute et élégance maîtrisée.

L’ambiance monte crescendo, jusqu’à ce moment de complicité intense où l’un des guitaristes descend jouer au cœur du public. Puis, lorsque les musiciens lancent ballons et cotillons dans la foule, transformant la fosse et la scène en une pluie de confettis dorés, c’est une véritable communion qui s’installe. Grâce à son rock fédérateur, aux solos flamboyants de ses deux guitaristes et à une setlist parfaitement calibrée, Charcoal nous a offert un set à la fois rafraîchissant et électrisant.

Charcoal a prouvé qu’il n’est pas nécessaire de réinventer le rock pour le faire vibrer. Il suffit de le jouer avec sincérité, énergie et passion. Ce concert fut une parenthèse incandescente, une célébration du rock dans ce qu’il a de plus viscéral et jubilatoire. Le public est reparti le sourire aux lèvres, les oreilles bourdonnantes, et le cœur chargé d’une seule certitude : Charcoal, c’est du rock pur, sans détour, et diablement efficace

 
Setlist :
Intro
Rocky Road To London
Hey Doc
Same Old Dance
Thin Lady Lizzy
Fat Bottom Girl
Merry Fuckin Xmass
Summer Shine
On Night Of Rock 'n Roll

Bloodorn 

Changement radical d’ambiance pour plonger dans l’univers flamboyant de Bloodorn, formation de power metal menée par l’inépuisable génie du guitariste français Niels Courbaron. Véritable virtuose et architecte du metal moderne, on le retrouve également dans Sirenia et Dropdead Chaos, preuve de son empreinte indélébile sur la scène metal.

À ses côtés sur scène, le line-up de leur album Let The Fury Rise sorti en 2024 : l’impressionnant Mike Livas au chant, Michael Brush à la batterie, Francesco Saverio Ferraro à la basse, et en renfort live, Jamie Hunt à la guitare rythmique. Ensemble, ces cinq musiciens forment une véritable armée sonore, soudée et implacable. Dès les premières notes, Saint-Flour tremble sous les assauts de riffs acérés de Jamie et de solos incendiaires signés Courbaron fidèle à sa légende. Le public entre immédiatement en transe, répondant par des cris, des applaudissements frénétiques et des headbangs parfaitement synchronisés. Une communion métallique intense, comme si la foule ne faisait qu’un avec la furie déchaînée sur scène.

Chaque morceau joué résonne comme un hymne : Fear The Coming Wave ouvre les hostilités, suivi de Rise Up Again, Under The Secret Sign, Tonight We Fight, Let The Fury Rise, Forging The Future, pour finir en apothéose avec l'éponyme Bloodorn. Tous issus de leur premier album, ces brûlots mettent en lumière la maîtrise vocale de Mike Livas, impeccable de bout en bout, sans une seule fausse note.

Bloodorn a littéralement embrasé cette dernière journée du festival, lançant les festivités sur les chapeaux de roues avec une prestation d’une intensité rare. Entre virtuosité technique et énergie brute, le groupe a offert un moment de pure exaltation métallique, gravé dans les mémoires comme l’un des sommets du week-end. Une entrée en scène magistrale pour un groupe qui ne fait aucun compromis : la fureur est leur language, et ils le parlent avec brio.

 
Setlist :
Intro
Fear The Coming Wave
Rise Up Again
UnderThe Secret Sign
Tonight We Fight
Let The Fury Rise
Forging The  Future
 

Killus 

Quand Killus monte sur scène, le ton est donné : pas de place pour la demi-mesure. Le groupe espagnol, fidèle à son esthétique gothique sombre et théâtrale, déchaîne une tempête de metal indus et d’électro furieuse, aussi puissante que jubilatoire. Dès les premières notes, le pit explose : ça saute, ça slamme, ça tourbillonne dans tous les sens. Le public, déjà bien chauffé par les groupes précédents, embraye sans hésiter.

Le son est massif, les guitares tranchantes comme des rasoirs, et la voix du chanteur, oscillant entre rage incantatoire et puissance brute, colle parfaitement à l’atmosphère. Killus livre un show viscéral, habité. Leurs tenues gothiques, maquillages sombres et gestuelle scénique accentuent la dimension théâtrale de leur performance. Dès les premiers morceaux, Skeletons of Society, Man-Made, Hell, puis Ascending Antichrist, la fosse s’embrase. Ça jump frénétiquement, les slams s’enchaînent, et l’énergie devient contagieuse.

Un énorme nuage de poussière s’élève sous le soleil lorsque le guitariste et le bassiste descendent au cœur d’un circle pit effréné, galvanisant encore davantage la foule. La suite de la setlist (Imperator, Free, Grotesk, Stranger Things, White Lines, Paralized…) ne relâche jamais la pression. Même sans connaître leur répertoire sur le bout des doigts, impossible de ne pas se laisser embarquer. Killus sait capter l’attention et la maintenir, avec une intensité qui ne faiblit jamais.

Et puis, arrive clou du spectacle : une reprise dantesque de Gimme! Gimme! Gimme! d’ABBA. Une version explosive, inattendue, qui transcende les codes et électrise le public. Une fin de set aussi surprenante qu’excellente, qui prouve que Killus maîtrise l’art du contraste et de la provocation musicale.

Killus ne se contente pas de jouer : ils incarnent leur musique avec une intensité rare. Leur passage au FuriosFest fut une véritable déflagration scénique, mêlant puissance sonore, esthétique marquée et communion totale avec le public. Une performance qui laisse des traces, et qui confirme que Killus est bien plus qu’un groupe de metal indus : c’est une expérience à vivre. Le public en redemande, et on les comprend.

Setlist :
Skelletons Of Society
Man-Made 
Hell
Ascending Antichrist
Imperator
Free
Grotesk
Strangers Things
White Lines
Paralized
Hypocrisy
Ultrazombies
Feel The Monster
Gimme Gimme Gimme (Abba cover)
 
En véritable chef de file de la scène death metal française, Destinity s’impose dès les premières notes. Mike et ses compères nous embarquent sans détour dans leur univers aux puissantes influences scandinaves. Pas de fioritures : l’enchaînement entre Aiming A Fist In Enmity et Reflections embrase instantanément la fosse. S’ensuivent A Scent Of Scorn et Only Way, deux classiques extraits de mon album préféré, Resolve in Crimson, qui confirment la maîtrise du groupe et leur capacité à fédérer.
 
 
Les Lyonnais poursuivent leur ascension sonore avec Silver Shades et Final Fiction, deux titres issus de leur dernier opus. Le public, connaisseur et réceptif, savoure chaque riff, chaque break, tout comme moi. L’ambiance monte encore d’un cran : les circle pits s’enchaînent, les walls of death explosent, et la foule, conquise, ne lâche rien.
 
 
Une véritable osmose s’installe entre le groupe et son public. Destinity poursuit son assaut avec In Sorrow, suivi du mythique Black Sun Rising. Et comme au Lions Metal Fest, c’est The Hatred qui vient clore le set dans une déflagration finale. Le public, en transe, acclame le groupe avec ferveur. C’était intense, viscéral, inoubliable.
 
 
Destinity a livré une performance magistrale, alliant puissance, précision et communion avec son public. Ce concert restera gravé comme un moment de pure intensité, où la passion du metal s’est exprimée dans toute sa splendeur. Merci pour cette claque sonore, et vivement la prochaine !
 
 
Setlist :
Aiming A Fist In Enmity
Reflections
A Scent Of Scorn
Only Way
Silvers Shades
Final Fiction
In Sorow
Black Sun Rising
The Hatred
 
Après leur passage au Hellfest en juin, les Norvégiens de Slomosa sont venus à Saint-Flour clore leur tournée des festivals. Leur stoner rock dynamique, à la fois lourd et groovy, a parfaitement trouvé sa place dans l’ambiance survoltée du FuriosFest, où la poussière soulevée par les pogos semblait danser au rythme des amplis.
 
 
Dès les premières notes, le public est embarqué dans un voyage sonore puissant, porté par des riffs sablonneux et une rythmique qui donne envie de rouler à toute vitesse dans le désert… ou de sauter dans le pit, ce que beaucoup ont fait sans hésiter ! Les têtes se balancent, les corps s’entrechoquent, et l’énergie brute du groupe transforme la fosse en véritable fournaise musicale.
 
 
Le chanteur, visiblement ravi d’être là, s’est exprimé souvent en français, créant une belle complicité avec le public. Ce détail, loin d’être anodin, a renforcé le lien entre la scène et la fosse, donnant à la performance une chaleur humaine rare dans ce genre de show. On a senti que Slomosa n'était pas simplement venu jouer, mais partager.
 
 
Mais le moment le plus marquant reste sans doute la reprise de Mastodon, jouée en hommage à Brent Hinds, tragiquement disparu quelques jours plus tôt. Une interprétation pleine de respect et d’émotion, saluée par une ovation spontanée du public, certains les yeux embués, d’autres le mains levés vers le ciel. Ce fut un instant suspendu, où la musique devenait mémoire et hommage.
 
 
Slomosa nous a offert bien plus qu’un concert : une expérience viscérale, sincère et généreuse. En mêlant puissance sonore, proximité avec le public et hommage poignant, les Norvégiens ont signé une prestation magistrale, gravée dans les cœurs des festivaliers. Le FuriosFest ne pouvait rêver mieux.
 

No One Is Innocent

Dès que No One Is Innocent est monté sur scène, l’électricité dans l’air est devenue palpable. Le groupe a une nouvelle fois démontré pourquoi il reste une figure incontournable du rock français : un son rageur, des textes percutants, et une énergie brute qui soulève littéralement les foules. Le public, déjà chauffé à blanc par Slomosa, s’est rapidement transformé en une bombe humaine prête à exploser, hurler, et se fondre dans une furie collective. No One n’a pas simplement joué, il a déclenché une véritable insurrection sonore.

Fidèle à son ADN de rock brut et sincère, le groupe enchaîne ses classiques Puis ils ne reste qu'a deux, le temps d’un duo guitare/batterie d’une intensité saisissante, avant de relancer la machine avec une reprise explosive de Bullet in the Head de Rage Against the Machine, qui embrase définitivement Saint-Flour. Clin d’œil savoureux à Ozzy Osbourne avec quelques notes de Sweet Leaf, puis le set s’intensifie avec une autre envolée de classiques que le public connaît par cœur, scandant les paroles dans une communion totale avec le groupe.

Même pour ceux qui ne sont pas familiers du style, l’expérience live de No One Is Innocent est implacable. Ce n’est peut-être pas ma tasse de thé habituelle, mais sur scène, leur puissance est indéniable. Le public ressort conquis, électrisé, et avec le sentiment d’avoir vécu un moment rare.

No One Is Innocent ne se contente pas de jouer,  il fédère, secoue, transcende. Ce set XXL restera gravé comme une démonstration de force, de sincérité et de communion. Une claque musicale, dans tous les sens du terme.

Rise of the Northstar

Dès leur entrée en scène, Rise of the Northstar a frappé comme un tsunami sonore : un hardcore dévastateur, un flow rap tranchant comme une lame, et une énergie brute qui a électrisé la foule du premier au dernier riff. Pas de demi-mesure, pas de répit — l’assaut fut immédiat, violent, implacable.

Les guitares lâchent des salves de riffs incendiaires, la batterie de Kevin Foley, dont je suis un fan absolu, écrase tout sur son passage, et la voix Vithia transperce l’air avec la précision d'un samouraï. Mais au-delà de la puissance brute, c’est l’esthétique du groupe qui fascine : un cerisier en fleurs surplombe la batterie comme un emblème, les références aux mangas et aux jeux vidéo fusent, et des interludes plongent le public dans l’univers des génériques d’anime. 

Ce contraste hypnotique entre la douceur nipponne et la fureur musicale crée une ambiance singulière, presque cinématographique. Pourtant, malgré cette déferlante visuelle et sonore, je n’arrive pas à m’imprégner de leur univers. Autour de moi, le public est conquis, transporté — moi, j’essaie encore, je me déplace sur le côté, je cherche un déclic… puis j’abandonne.

Rise of the Northstar livre une performance intense, cohérente et visuellement marquante, qui séduit sans effort une large partie du public. Mais parfois, même face à une maîtrise totale et une esthétique affirmée, la connexion ne se fait pas. Et c’est aussi ça, l’expérience live : une rencontre, parfois manquée, entre l’artiste et le spectateur. Ce soir, le groupe a brillé — mais pas pour moi.

Setlist :
Intro
Nekketsu
Welcame
Crank It Up
Interlude
One Love
Showdown
Neo Paris
Interlude
Bozoku
DMSS
Rise
Again And Again
 

Organiser un événement metal dans le Cantal relevait du défi. Pourtant, les organisateurs du FuriosFest ont osé, et le pari est plus que réussi : désormais en plein air, le festival s’impose comme une référence dans le paysage musical français.

Dans un décor naturel à couper le souffle, l’organisation nous a offert deux têtes d’affiche de renom, accompagnées d’une sélection de groupes tous aussi talentueux les uns que les autres. Malgré l’ampleur que prend le festival et l’affluence grandissante cette année, les bénévoles ont su préserver l’esprit familial et chaleureux qui fait toute la différence.

On ne peut qu’espérer que cette ambiance authentique perdure l’an prochain, pour une édition qui s’annonce encore plus ambitieuse : trois jours de musique, de passion et de communion autour du metal.

Venez donc discuter de ce live report sur notre forum !