Groupe:

Furiosfest 2025 - Jour 1

Date:

23 Aout 2025

Lieu:

Saint Flour

Chroniqueur:

philippec

Installé à Saint-Flour, dans le Cantal, le Furiosfest célèbre cette année sa cinquième édition, dont la deuxième en plein air. Au fil des années, les organisateurs ont su gagner en crédibilité en proposant une programmation toujours plus ambitieuse. Le tournant s’est opéré lors de la quatrième édition, marquée par le passage au format open air, une évolution réussie qui a permis d’accueillir des groupes français de renom tels que les Tambours du Bronx et Mass Hysteria, ainsi que des formations internationales comme Audrey Horne et Orange Goblin.

Cette année, le festival remet ça avec une première journée ensoleillée, portée par la tête d’affiche suédoise Dark Tranquillity. Avant leur montée sur scène, plusieurs groupes de haut vol viendront chauffer le public… mais je vous laisse découvrir la programmation au fil du reportage.

Ask Your Mom

C’est avec les Canourguais d’Ask Your Mom que débute cette cinquième édition du Furiosfest. J’avais découvert le groupe en octobre dernier lors du Nuclear Fest Reborn, événement dont deux membres du groupe sont également les organisateurs. À l’époque, leur set m’avait déjà bien accroché.

Le concert démarre fort avec le morceau éponyme de leur EP Y Mettre Un Terme, suivi de Système COVID. Ces deux titres posent d’emblée les bases du style du groupe : un hard rock alternatif porté par des textes engagés, assumés avec conviction. Le public commence à affluer devant la scène, attiré par l’énergie brute de Ask Your Mom.

Sur le titre suivant, Fils De, Serge, le chanteur, sort son harmonica — un instrument qu’il maîtrise avec aisance et qui ajoute une touche singulière, captant l’attention d’un auditoire de plus en plus nombreux et réceptif. Accompagné de ses complices Sébastien M (guitare), Sébastien J (Basse) et Phil (batterie), le groupe enchaîne avec Opprimés, un excellent morceau malheureusement absent des plateformes de streaming, puis avec Ukr’Haine un manifeste contre la guerre.

Le son est impeccable : chaque instrument se distingue clairement, preuve que la technique est parfaitement rodée dès ce premier concert. Le quatuor nous offre ensuite une reprise musclée de Cargo du groupe Tagada Jones, avant de poursuivre avec Anéanti, titre très engagé que je vous recommande vivement d’écouter sur leur EP, interprété ici dans son intégralité.

Les Lozériens concluent leur prestation avec deux compositions puissantes : La Peur et Carcéral, déjà entendues au Nuclear Fest Reborn. Être le groupe d’ouverture d'un tel événement n’est jamais chose facile, mais Ask Your Mom a su conquérir le public, qui leur a rendu hommage par des applaudissements chaleureux, saluant une performance solide et sincère.

Setlist : 
Y Mettre Un Terme
Système COVID 
Fils De
Opprimés 
Ukr'Haine 
Cargo ( Tagada Jones )
Anéanti 
La Peur 
Carcéral
 

Sweet Needles

C’est au tour de Sweet Needles de faire vibrer la scène de Saint-Flour. Ce groupe parisien, au style résolument original, échappe aux classifications habituelles. Didier, qui avait chroniqué leur premier album Tormenta, qualifie leur musique de " hard rock du XXIe siècle " — un genre qui leur colle parfaitement à la peau grâce à leur énergie communicative, leur créativité et les changements de direction parfois audacieux au sein d’une même composition.

Le concert démarre sur les chapeaux de roue avec Tormenta, le titre éponyme et très court de leur album, suivi du groovy Shake It ! Groove It !, qui sur son final bascule dans une frénésie hardcore, puis Be Bop. Ces trois brûlots lancent le set avec brio : les têtes et les popotins s’agitent dans tous les sens, et le public adhère instantanément au groove du groupe.

Le chant polymorphe d’Oscar Bonnot est bluffant. Il est entouré de son frère Arthur (guitare), Simon Dagallier (guitare), Arthur Colonne (basse) et Hippolyte Bordes (batterie) — tous aussi talentueux que lui. Le quintet enchaîne avec Not The Only One, dont l’énergie débordante fait grimper la température déjà bien élevée devant la scène. Les premiers slammers apparaissent.

Les Parisiens poursuivent sur leur lancée avec le puissant Like Jesus et le grungy Failed. Ces deux excellents morceaux, disponibles à l’écoute en ligne mais pas encore édités sur support physique (bientôt, espérons-le !), ne font qu’amplifier l’ambiance. Tout comme Better Late Than Never et Thirteen, deux brûlots bien présents sur Tormenta, que je vous recommande chaudement.

Une véritable communion s’installe entre le groupe et le public : les sourires sont sur toutes les lèvres. Le furieux Rage's Not Quiet vient clore ce set admirable, livré par un Sweet Needles débordant d’enthousiasme et d’énergie positive. Les cinq musiciens quittent la scène sous les ovations d’un public conquis. Quelle claque !

Setlist :
Intro 
Tormenta
Shake It ! Groove It !
Be Bop
Not The Only One
Like Jesus
Failed
Better Late Than Never
Thirteen
Rage's Not Quiet
 
 
Dätcha Mandala
Un peu plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées devant la scène, bravant un soleil de plomb. Le reste du public, bien que réceptif aux premiers groupes, préfère profiter du spectacle depuis les zones ombragées sur les côtés. Reste à voir si le trio bordelais de hard rock, Dätcha Mandala, parviendra à les faire sortir de leur torpeur.
 
Avec Dätcha Mandala, on reste dans la veine groovy et dansante amorcée par Sweet Needles, mais avec une touche résolument seventies que le groupe revendique pleinement. Le set démarre avec Hit and Roll, suivi de Janis, un hommage vibrant à la grande dame du blues et du rock. Peu à peu, la foule se densifie devant la scène : le public adhère instantanément à ce flot de groove ultra-positif qui fait bouger les têtes et les popotins en cadence.
 
 
Les refrains, très chantants, sont faciles à reprendre, portés par Nicolas, bassiste et chanteur charismatique. Le trio déroule sa setlist avec assurance, enchaînant des titres qui font mouche auprès de l’auditoire. Personnellement, j’ai craqué pour le très funky The Wanderer, qui m’a rappelé la belle époque du groupe Boston, et pour le final Pavot, psychédélique à souhait, sublimé par un solo de guitare magistral signé Jérémy, et des parties de batterie explosives dignes de Gonzo, interprétées par Jean-Baptiste.
 
Avec leur groove contagieux et leur présence scénique affirmée, les trois Bordelais ont su conquérir la foule. Une belle découverte rock avec un grand R ! Le public, tout comme le groupe, ressort de ce set le sourire aux lèvres et l’énergie au cœur.

Setlist :
Hit and Roll
Janis
You Make Me Feel
Koda
The Wanderer
Eht Bup
She Said
Pavot

Mercyless

L’ambiance grimpe d’un cran avec l’arrivée sur scène de Mercyless, le groupe culte originaire de Mulhouse. Fidèle à l’esprit thrash/death old school, le quatuor impose dès les premières notes une énergie brute et sans concession, rappelant instantanément pourquoi leur réputation n’est plus à faire.

Leur set, à la fois technique et impitoyable, ne laisse aucune place à l’hésitation. C’est avec l’enchaînement explosif de Rival Of The Nazarene et I Am Hell que Mercyless attire irrésistiblement le public vers la scène. Suivent Christianist et Substance Of Purity, (titre extrait de leur premier album), qui font basculer le concert dans une folie furieuse. Les fans, pris dans une même frénésie, réagissent avec une intensité à la hauteur de la performance, déclenchant une série de Wall of Death et Circle Pit.

Après Extreme Unction, le groupe envoie Without Christ, l’un de ses premiers brûlots, qui embrase littéralement la foule. Sur ce morceau, le son de Mercyless, massif et chirurgical, est sublimé par la voix et les riffs tranchants de Max Otero, membre fondateur et figure emblématique du groupe.

La setlist se poursuit avec God Is Dreaming, Crown Of Blasphemy, le fabuleux Abject Offerings (titre éponyme de leur premier opus), puis Evil Shall Come, avant de conclure en apothéose avec Pathetic Divinity.

Le public est aux anges ! Portée par une musique sombre et hypnotique, Mercyless transforme la scène en véritable champ de bataille sonore. Sans conteste, leur passage restera comme l’un des moments les plus intenses de l’après-midi, laissant derrière eux une foule électrisée et avide de nouvelles déflagrations musicales.

Setlist :
Rival Of The Nazarene
I Am Hell
Christianist
Substance Of Purity
Extreme Unction
Without Christ
God Is Dreaming
Crown Of Blasphemy
Abject Offerings
Evil Shall Come
Pathetic Divinity

 

TARLD (The Amsterdam Red Light District)

Dès les premières notes, TARLD  s’empare de la scène avec une intensité saisissante. Inspiré par des références telles que Refused, Fever 333 ou Stray from the Path, le groupe déploie un metalcore/hardcore/punk aussi incendiaire que parfaitement maîtrisé.

Le trio instrumental, composé de Maxxx à la guitare et Grégory à la basse et Julien à la batterie assure avec brio. Leur fusion explosive de punk hardcore, brut et survolté, déborde d’énergie. Les mélodies sont finement travaillées, la puissance est omniprésente, Elio, le chanteur, les incarne avec une présence scénique remarquable. Il n’hésite pas à mouiller le maillot : plonger dans les circle pits, slammer sur le public qui le porte tel un roi… Il vit chaque morceau avec une intensité contagieuse.

Du premier titre évocateur Good Intentions au dernier The Best Is Yet To Come, en passant par des hymnes fédérateurs comme Nobody Moves Like You, Social Sickness, Insomnia ou encore Black Smoke (où Elio descend dans le pit avec les fans), TARLD maintient une tension constante. Leur rage est canalisée, leur énergie résolument positive. Le groupe incite à la bienveillance et au respect mutuel : dans les circle pits, on voit les festivaliers tourner main dans la main, relever ceux qui tombent. Elio, toujours porteur d’un message fédérateur, favorise une véritable communion avec le public.

Depuis le début de la journée, l’ambiance n’a cessé de monter en puissance grâce à des groupes de grande qualité. Mais avec TARLD, on atteint l’explosion. Ce groupe est une véritable bombe sur scène, une découverte fulgurante ! Pour de nombreux festivaliers, ce fut LA révélation de cette première journée.

Setlist :
Good Intentions
Traped
Nobody Moves Like You
Happy Ending
Social Sikness
Need
Insomnia
Black Smoke
Threatened Generation
The Best Is Yet To Come
No Place Like Home

Après un show aussi intense, on savoure pleinement le calme entre deux plateaux. Ce moment de répit permet de recharger les batteries et de se remettre d’aplomb avant l’arrivée du prochain groupe : Smash Hit Combo, réputé pour être un véritable cyclone sur scène.

Smash Hit Combo

Je retourne devant la scène et m’installe dans le pit photo pour assister à la performance des Alsaciens de Smash Hit Combo. Je les avais découverts aux Nuits Carrées, chez moi à Antibes, en 2018… si ma mémoire est bonne. Leur style rap metal, imprégné de culture gaming, leur confère une identité musicale singulière et reconnaissable entre mille.

Autre particularité : le chant est assuré par deux frontmen, qui se livrent à de véritables joutes verbales façon battle. "HP", membre fondateur du groupe, est toujours là pour mener la danse et mettre l’ambiance. Son acolyte a changé depuis, mais le nouveau venu est tout aussi percutant. Ensemble, ils interagissent constamment avec le public, l’invitant à sauter, chanter sur les classiques ou même déclencher un gigantesque wall of death.

L’énergie que dégage Smash Hit Combo est contagieuse, surtout sur des titres phares comme Terreur Nocturne, MCP, Mirage ou Contre-courant. La foule est en délire, portée par cette déferlante sonore et scénique.

Le public en redemande, mais l’heure tourne : le set touche à sa fin. Ovationnés longuement, les membres du groupe donnent rendez-vous à leurs fans au stand de merchandising. Musicalement, ce n’est pas tout à fait mon univers, mais il faut reconnaître que sur scène, les Alsaciens ont livré une performance impeccable.

Black Rainbows

C’est à la tombée de la nuit que le trio italien Black Rainbows fait son entrée sur scène, enveloppant Saint-Flour d’une distorsion monumentale. Le set débute avec l’imposant Evil Snake, suivi de Prophet : deux brûlots portés par la guitare incandescente de Gabriele Fiori, qui posent les bases d’un décollage imminent. Ce dernier survient avec l’enchaînement explosif Supernova Asteroid / Fire In The Sky, deux titres fusionnés en une seule odyssée sonore.

Une véritable frénésie psychédélique s’empare alors de la ville, poursuivie par une reprise magistrale de Black To Comm des MC5. Le public, en transe, scande les "Come On" en chœur avec Gabriele. L’apesanteur s’installe ensuite avec le fuzzy et planant The Cosmic Picker. L’ambiance oscille entre envolées atmosphériques et passages lourds et puissants, comme sur Desert Sun, où la basse d’Edoardo Mancini et la batterie tentaculaire de Filippo Ragazzoni tissent une rythmique pachydermique.

Le public s’enflamme sur l’enchaînement des classiques Apocalypse March et Superhero Dopeproof, portés par un son clair et massif, sublimé par des lumières soignées qui renforcent l’univers du groupe. Sur Grindstone, la réverbe – tant sur la voix que sur la guitare de Gabriele – est tout simplement saisissante. Puis vient Isolation, où chaque vibration de la basse d’Edoardo se fait ressentir avec intensité. Roulements de tambours : Filippo mène la danse sur Children Of The Fire And Sacrifices, au rythme sabbathien, évoquant le jeu de Bill Ward. Le voyage s’achève avec The Hunter, dont le final dantesque clôt magistralement le set.

Ce soir, le trio italien a offert un concert d’une rare intensité, mêlant atmosphères planantes, psychédélisme incandescent et lourdeur hypnotique, captivant totalement le public. À l’image des prestations mémorables d’Orange Goblin et Audrey Horne l’an dernier, celle de Black Rainbows entre sans conteste dans les annales du Furiosfest ! 

Setlist :
Evil Snake 
The Prophet
Till The Outerspace 
Supernova Asteroid + Fire In The Sky
Black To Comm (mc5)
Cosmic Picker 
Desert Sun
Apocalypse March
Superhero Dopeproof
Grindstone
Isolation 
Children Of The Fire And Sacrifices 
TheHunter + Finale

Dark Tranquillity

L’année dernière, le Furiosfest avait accueilli les Britanniques d’Orange Goblin, mais c’est le collectif français Les Tambours du Bronx qui avait assuré le rôle de tête d’affiche. En 2025, les organisateurs ont vu les choses en grand : pour clore cette première journée en apothéose, ils ont invité l’un des fleurons du death metal mélodique, le groupe suédois Dark Tranquillity.
 
Dès que les membres du groupe foulent la scène, l’ambiance devient électrique. On sent une véritable attente dans le public, prêt à vibrer. Ce soir, Dark Tranquillity propose une setlist puisée dans ses albums phares : Endtime Signals (2024), Moment (2020), Atoma (2016), Fiction (2007), Damage Done (2002), et Projector (1999).
 
 
Souriants et visiblement ravis, les musiciens, menés par Mikael Stanne, ouvrent le concert avec The Last Imagination. L’intro au synthé du morceau suivant déclenche des acclamations : Nothing to No One, plus ancien, est immédiatement reconnu par la foule, suivi du classique Hours Passed in Exile. L’ambiance s’échauffe et monte encore d’un cran.
 
 
Le groupe enchaîne avec Unforgivable et Forward Momentum, des titres plus récents qui ne font pas faiblir l’intensité. Celle-ci atteint son apogée avec Terminus (Where Death Is Most Alive), l’un des morceaux emblématique du groupe, qui déclenche les premiers slams dans la fosse et qui s'enchainent sur le titre éponyme de l'album Atoma. Les vibrations dans la foule sont palpables : la connexion s’établit enfin, tout s’enchaîne sans temps mort, dans une atmosphère de plus en plus envoûtante.
 
 
Les Suédois poursuivent avec Shivers and Voids, le classique Cathode Ray Sunshine, puis l’excellent Not Nothing, extrait du dernier album, et Phantom Days.
La communion entre les musiciens et le public est totale. Elle s’intensifie encore avec une série de brûlots : Final Resistance, Therein, Lost to Apathy, et enfin Misery’s Crown. C’est sur cette conclusion épique, portée par quatre classiques, que Dark Tranquillity achève un concert d’une rigueur et d’une intensité remarquables.
 
 
Ce concert restera sans doute comme celui de Black Rainbows l’un des moments forts de cette édition du Furiosfest. Dark Tranquillity a su offrir une performance à la fois puissante et émotive, mêlant virtuosité technique et générosité scénique. Une démonstration éclatante de ce que le death metal mélodique peut offrir de meilleur, et une soirée que les festivaliers ne sont pas près d’oublier.
 
 
Setlist :
The Last Imagination
Nothing to No One
Hours Passed in Exile
Unforgivable
Forward Momentum
Terminus (Where Death Is Most Alive)
Atoma
Shivers and Voids
Cathode Ray Sunshine
Not Nothing 
Phantom Days
Final Resistance
ThereIn
Lost to Apathy
Misery's Crown
 
La première journée du Furiosfest arrive à son terme. Elle a été riche et diversifiée, avec une programmation qui a réservé de belles surprises, comme les groupes Sweet Needles et TARLD (The Amsterdam Red Light District), ainsi que les performances impressionnantes de Black Rainbows et des maîtres Dark Tranquillity. Félicitations à l'organisation et à ses bénévoles qui, malgré un public plus nombreux, ont réussi à améliorer la qualité de l'accueil et à maintenir une atmosphère conviviale et bienveillante. Nous sommes déjà dimanche, alors à tout à l'heure...

 

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