BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
Cette chronique, comme il est de coutume concernant les miennes - je ne sais pas pour les autres -, se fera sans la moindre once d’objectivité. Pas la moindre, même pas un peu, même pas un grain. Je vous dis ça d’entrée de jeu parce qu’on parle de Tony Iommi, qu’on parle d’un album de heavy doomy à la Sabbath (forcément) et que j’ai donc rangé mon éthique de chroniqueur au placard. La présente bafouille sera une ode à la gloire du Saint Tony et de son œuvre, de celle-ci en particulier. Vous avez vu la note, vous avez vu la mention coup de cœur, ai-je encore besoin de vous expliquer ? Non ? Très bien, sautons donc une ligne.
Je me permets de préciser ça d’entrée parce que j’ai lu tout et n’importe quoi depuis la sortie dudit-disque (allitération en d, bang bang). Etant le presque-jeune homme sensible que je suis, je n’ai pu me retenir de hurler mon amour pour la présente galette partout où c’était possible depuis qu’elle est sortie (même dans la cellule de dégrisement dans laquelle on m’a collé quand les voisins ont appelé les flics, soi-disant que leur conseiller un bon disque en frappant à leur porte tous les jours à toute heure n’est pas un comportement normal, c’qui faut pas entendre, j’vous jure). Et devant mon amour immodéré pour cette quarantaine de minutes de musique bien troussée, j’ai pu lire les pires horreurs, les pires quolibets. Soi-disant que ce serait pas si terrible, très répétitif, pas original et, pire encore, "un peu chiant".
Débunkons ou pas ces bêtises. Chiant, ça non, même pas un peu. A moins que vous n’aimiez que le speed mélodique, le death le plus bourrin ou l’électro-dance - mais dans ce cas, qu’est-ce que vous foutez là ??? -, franchement, faut qu’on m’explique comment vous pouvez vous ennuyer. Huit titres, quarante minutes, le format idéal. Des titres aux alentours de cinq minutes mais aussi un plus court et un plus long - le dernier, vous imaginez bien. Le tout avec les riffs du patron, des belles lignes de chant, du refrain et du solo. On ne peut pas s’ennuyer, avec une telle affiche.
Pas original, ça, je veux bien l’entendre. Ce From The Dark est un condensé de ce que fait Iommi depuis toujours. En un sens, il est la suite logique du The Devil You Know, le dernier disque qu’il avait pondu avec feu Dio. Mélangé avec un peu de Dehumanizer et de, si, si, Headless Cross sur un titre bien précis. Alors effectivement, ça ne réinvente ni la roue, ni l’eau chaude, ni le metal. Mais qu’est-ce qu’on s’en tape ! On n’apprend pas au vieux singe de nouvelles grimaces et Iommi est un vieux singe de 78 ans. Vous auriez préféré qu’il fasse de la polka ?!
Très répétitif, euh, pardon ? Non. Ok, les deux premiers titres font dans le doom bien costaud mais dès le troisième, on a un titre plus enlevé. Et, par la suite, on a Stormwatcher ou The Arbalist, pas doom pour un sou. Donc non, pas si répétitif que ça, faut pas déconner. Dosé un peu comme Dehumanizer, tiens, on y revient, avec des Time Machine et tout.
Soyons honnêtes, cela dit : si l’on pense pas mal à Dehumanizer et Devil You Know, c’est à cause (grâce, si, si) du chanteur que Iommi a choisi pour ce disque. J’avoue, j’aurais rêvé qu’il nous refasse le coup de l’album avec plusieurs gars, même qu’on aurait eu un titre avec Ozzy... Mais non, un seul gars. Ah, fallait aller chercher Tony Martin, alors ! Non ? Mince (cela dit, il aurait envoyé des démos vocales pour l’album, pas retenues, du coup). Qui, du coup ? Jorn Lande ? Ah, rien à cirer. Sauf qu’en fait, si. Le timbre du bonhomme rappelle immanquablement celui du grand Dio, et on sait à quel point ça marche bien avec les compos de Iommi. Pour être franc, y’a même des intonations où, en blind-test, on pourrait se planter et dire que c’est Ronnie. Un peu trop, par moments : on sent que Jorn essaie parfois de trop singer Dio. Mais, globalement, sa prestation sur l’album est tout bonnement irréprochable. Ca chante bigrement bien, ça monte assez haut quand y’a besoin et certains refrains sont à tomber (écoutez donc Beyond The Dead).
Mais on a tout de même quelques petites surprises, dans ce disque pourtant pas bien original. La plus grosse étant sans nul doute Death Wake. Déjà parce qu’elle rappelle l’immense When Death Calls sur Headless Cross (vraiment, il faut redécouvrir ce disque merveilleux) avec ses nappes de clavier doucereuses et un Jorn qui lorgne presque du côté de Tony Martin. Ensuite, j’ai envie de dire SURTOUT parce qu’elle accueille un invité de marque. En or serti de diamants. Oui, Iommi a rameuté son meilleur pote, le fantasmagorique Sir Brian May, mon guitariste favori de l’histoire des cordes de guitares. Et leur passe d’armes sur le solo de ce titre est tout bonnement jouissive. Autre petite surprise sympa, ce passage avec solo en acoustique sur le dernier titre.
Bref, trêve de palabres. Vous l’aurez compris, vous l’avez de toute manière compris depuis le départ, j’ai adoré ce From the Dark. Il ne réinvente rien, Iommi fait du Iommi. Mais, quand c’est bien fait, franchement, qui va s’en plaindre ? Tenez, moi, par exemple, j’adore la Triple Karmeliet. J’en ai bu 1000 fois dans ma vie. Bah quand on m’en sert une belle pinte bien fraîche (impératif, la fraîcheur), je ne dis pas "bof, ils font toujours la même bière, ces cons-là". Non, je la bois avec un sourire jusqu’aux oreilles, souvent en lâchant un p’tit "taaaain, c’est bon, quand même". Ce Iommi, c’est pareil. Je l’ai bu une grosse vingtaine de fois (19 Sabbath, un Heaven, 3 Iommi plus celui-ci, ça fait 24 fois) et j’ai lâché un "taaaain, c’est bon, quand même". Parce que ouais, il est excellent, comme ma Karmeliet bien fraîche. L’aurait été moyen, je l’aurais aimé comme une Karmeliet tiède. Sauf que non, température parfaite pour moi. Sûrement que certains seront plus raisonnables, en mettant 15 ou moins. Ouais mais c’est ma chro, je fais c’que j’veux.
Je vous avais dit, de toute façon, que ce serait pas objectif.
Tracklist de From The Dark :
01. Over The Violent Sun 02. Black Times 03. World Alone 04. Beyond the Dead 05. Stormwatcher 06. Death Wake (feat Brian May) 07. Return Of The Arbalist 08. Legacy