Artiste/Groupe:

Gamma Ray

CD:

XXX Years Live Anniversary

Date de sortie:

Aout 2021

Label:

earMUSIC

Style:

Power Metal

Chroniqueur:

Le Diable Bleu

Note:

20/20

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Le Guide (voix pincée, chemise amidonnée, lunettes bleues, accent non identifié (mi montagnard, mi nasique, mais passablement désagréable) :
Bienvenue Mesdames, Messieurs, dans le Musée International du Live Metal, lieu sacré où sont précieusement conservées les Preuves Sonores Ultimes de ce que l’on appelle communément Grosses Musiques Assourdissantes (GMA) ou “le Metal qui se défend dans les arènes”.

Je serai votre Guide, vous pouvez m’appeler ainsi, c’est plus simple pour tout le monde, surtout pour vous. Aujourd’hui, nous accueillons un petit groupe de privilégiés, des chroniqueurs très sensibles à la chose Metal.. Veuillez rester groupés, à peu prés attentionnés, ne touchez à rien, et encore moins aux vinyles.

Le Ced (en robe de bure Iron Bonehead, fronçant les sourcils derrière ses lunettes embuées) : Est-ce que la visite sera longue ? J’ai mes cours de Vinyl Rites à surveiller vers 14h.

Le Guide : C’est une visite éclairée, mais dense, que je peux toutefois accélérér. Nous commencerons par la salle des classiques certifiés. Live After Death, Unleashed in the East, Exit… Stage Left… des œuvres presque acceptables, si l’on fait abstraction de leurs imperfections criantes.

JeanMich’Hell (sirotant déjà une IPA tiède, bonnet vissé à peine au-dessus des yeux) : Y’a du live dExhaurio ou c’est encore un temple de la domination capitaliste du solo de guitare ?

Le Guide (soupirant, yeux au plafond) : Il y a un coin Bootlegs et underground dans le sous-sol. Très humide. Parfait pour les amateurs d’humilité et de réverb aléatoire. Vous y croiserez peut-être vos démons.

Le Bane (t-shirt St. Anger, sourire nerveux) : Excusez-moi, mais… Metallica S&M ? Live Shit: Binge & Purge ? Je ne vois pas la vitrine. C’est dans la pièce spéciale ou… ?

Le Guide (le regardant comme on regarde un animal mort mais pas encore froid) : Nous avons préféré les exclure pour des raisons de cohérence artistique. Nous en reparlerons si vous survivez à la salle suivante.

Le Kabet (voix lasse, arborant un t-shirt des Witch Club Satan) : Que des voix de mecs à la gorge pleine de bière… On dirait une AG de fans de Dio en andropause. Point du Epica ? Du Nightwish ? Du Within Temptation, de groupe à chanteuse qui ne fait pas peur ?

Le Guide : Nous parlons ici de performances testostéronées historiques. Mais en effet, le growl féminin est à l’étude. Revenez en 2036. Il aura bien fallu presque une trentaine d’années pour que le Hellfest sorte sa première journée Girly...

Dominique (casquette “Rock Hard 1992”, carnet et stylo à la main) : Je note, je note tout ça… Ça me rappelle Rainbow On Stage, ça me rajeunit. Vous savez que j’ai vu Gillan sans prompteur en 87 ? Pas comme ces jeunes… Bon, il est où votre Scorpions là-dedans ?

Le Guide (raide comme un manche de basse Ibanez) : Ah, justement. L’Anomalie Allemande. Nous approchons de la salle des "Suppléments Inexplicables". Bien… Après ce débat quelque peu stérile sur la légitimité des œuvres exposées, je vous invite à pénétrer dans l’aile allemande du musée. Attention aux ardeurs teutonnes, les murs vibrent encore d’une époque où le Power Metal faisait fondre les glaciers à lui tout seul.

(Ouverture solennelle de la salle, jeux de lumières, fumigènes, un soupçon de Wagner par erreur, puis silence.)

JeanMich’Hell : C’est sponsorisé par l’Europe ou quoi, cette partie ?

Le Guide (ignore la remarque) : Imaginez un concert parfait, enregistré comme s’ils avaient pactisé avec un ingénieur du son diabolique. Des morceaux épiques, des voix qui ne faiblissent jamais (celle de Kai Hansen oui mais c’est ce que l’on veut), des chœurs comme s’ils avaient cloné 40 versions d’Hansen en studio. Et le public… le PUBLIC… comme s’il avait révisé le bac.

Le Ced (toujours plein de bonnes infos) : Je… je crois que j’aime bien. C’est propre, fun et fest. On sent l’âme, mais sans le foutre. C’est… cathédrale. Sauf que si je puis me permettre, ce concert n’a pas été enregistré strictement en live. Il s’agirait plutôt d’une captation réalisée lors d’un épisode covidal, et que l’on aura affublée ensuite d’une bande son façon "live". Il a fallu en effet que les fans du groupe enregistrent chez eux leurs voix et que celle-ci soient inclues au mixage... je dis ça, je ne dis rien d’autre...

Le Bane (un peu jaloux) : Mouais. Mais pas une reprise de Metallica ? Même pas Motorbreath ?

(Ouverture solennelle de la salle, jeux de lumières, fumigènes, un soupçon de Wagner par erreur, puis silence.)

JeanMich’Hell : Bon dites la vérité maintenant, cette partie est sponsorisée par Rammstein ?

Le Guide (pincé) : Non monsieur. Ici, on ne fait pas dans la lourdeur teutonique. Ici, nous trouverons… Gamma Ray.

Dominique : Ah oui, il sont encore vivants ces mecs ? Blast n’en parle plus depuis longtemps pourtant.

Le Guide (voix grave, presque respectueuse malgré lui, mais à l’accent toujours pompeux) : Voici le 30 Years Live Anniversary. Deux galettes de pure célébration. 2021. Une année où la planète toussait fort, mais où Kai Hansen et sa bande redonnaient du souffle aux âmes égarées. 25 morceaux. 25 missiles. Des hymnes pour l’éternité.

Dominique (émotion dans la voix) : On dirait les cris émanant d’un peuple toujours vivant et qu’on aurait cru disparu.

Le Ced (voix chevrotante comme celle d’un trader devant les cours aurifère) : Et pourtant... tout est pur dans cet Avalon, sans overdub. Sans artifice. Un vrai live, comme au temps des parchemins.

Le Kabet (en marmonnant) : Bon, même pas une jolie nana qui growle, mais cette version d’Empathy, ça vous chope l’aorte quand même…

JeanMich’Hell : Par mon foie, c’est tout de même un live de dingues, car ils jouent comme des damnés. Mais on ne pourra jamais les voir au Motokultor, le ticket d’entrée y est trop cher, tant que l’Europe n’aura pas jeté un petit billet dans l’affaire.

Bane ( de plus en plus sombre et jaloux) : Ils chantent Land of the Free, alors que Metallica n’a même pas une aile dans ce foutu musée. Foutez-moi à l’Ehpad, je vais déprimer sinon.

Le Guide : Silence. Maintenant, nous allons lancer la piste Heading for Tomorrow. S’il vous plait, merci de vous asseoir dans les fauteuils de rigueur (avec accoudoirs en cuir de saumon suédois). Bis, merci !

(La musique démarre. Les guitares pleurent, puis hurlent. Les voix les accompagnent. Les soli bondissent, rebondissent et finissent par tout exploser. Dans un coin, Dominique griffonne fébrilement une amorce de chronique. Le Ced saigne légèrement du nez. Bane est en PLS. JeanMich’Hell serre le badge d’Igorrr entre ses dents. Le Kabet… abandonne une larmette, une larme virile.)

(Les lumières s’éteignent. Seul demeure l’écho de la dernière note du merveilleux Silence (prononcez Silensssssss). Un écho qui traverse les couloirs du musée et s’inscrit dans la pierre, au panthéon des lives éternels, que l’on s’apprête à quitter à regret).

Et voilà. Gamma Ray 30 Years Live Anniversary, pour tout cela est bien plus qu’un live, c’est un rouleau compresseur mélodique, une galette païenne à la gloire de l’école allemande du riff laser. C’est du Kai Hansen dans sa forme la plus brute et flamboyante, entouré de ses disciples armés jusqu’aux dents de refrains immortels. Un chapeau bas à l’ensemble des très nombreux artistes ayant œuvré à rendre cette pièce majeure, dans le monde du Power Metal et dans l’univers du Metal tout simplement.

Un live à écouter fort. Très fort. A accompagner de son chant le plus faux possible, tellement faux que même le guide qui n’apprécie généralement pas les Best of et encore moins les Live, finira par s’acheter un t-shirt noir arborant fièrement "Gamma Ray Master Of Power Metal". Alors oui, rien ne pourrait expliquer ces quatre longues années pour chroniquer un tel album, rien ne pourrait le justifier même. Sauf peut être l’annonce du prochain Helloween, renforcé du maître Kai.

Ps : Le JeanMich’Hell au Ced : Dis le Ced, toi qui l’a déjà croisé... ce Guide là, ce ne serait pas cet idiot de Diable Bleu ?

Tracklist de 30 Years Live Anniversary :

Disc 1 (CD)
01. Induction
02. Dethrone Tyranny
03. New World Order
04. Avalon
05. Master of Confusion
06. Empathy
07. Rebellion in Dreamland
     
Disc 2 (CD)
01. Land of the Free
02. Lust for Life
03. One with the World
04. The Silence
05. Armageddon
06. Heading for Tomorrow
07. Send Me a Sign 

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