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Avec une jauge d'entrée tournant autour des 640 festivaliers, le Artificial Waves a encore frappé fort cette année avec un sold out quelques jours avant le lancement. Malgré les difficultés actuelles rencontrées par la plupart des organisateurs de tels événements, on pouvait compter sur Nicolas Mercier, son sens de l'humour et de la communication, accompagné de son équipe de bénévoles pour assurer une salle comble ce samedi 30 mai. On ne va pas se mentir, les événements metal dans nos contrées du Centre Val de Loire sont relativement rares. Impossible donc de manquer cet évènement de metal moderne. Je profite de cette introduction pour remercier sincèrement Corentin Charbonnier, Nicolas Mercier et toute l'équipe pour le pass média et photos, l'organisation au poil et la bonne ambiance générale tout du long du festival. L'ordre du jour est de shooter les 3 premiers morceaux uniquement, aubaine pour profiter ensuite de chaque concert. Moi qui m'attendait à cuire, la salle est climatisée et ce n'est pas pour nous déplaire au regard des 33°C extérieur. Tyrants Breaker   Départ pétante à 15h pour Tyrants Breaker, jeune groupe français à la frontière entre metalcore et metal moderne. Les quelques 400 personnes déjà présentes pour ce premier groupe sont visiblement prêtes à en découdre. Le groupe s'élance et c'est une musique énergique et sombre qui nous embarque d'emblée. Le quatuor est composé d' Hugo Telliez qui assure le chant, de Victor Zambon ( Bloody Alchemy) à la guitare, d'un bassiste et d'un batteur. La salle de l'escale, haute de plafond, offre également un son et des éclairages à la hauteur de l'évènement. Sur le morceau Darlights, le chanteur nous confie qu'il s'agit d'un titre qui symbolise le renouveau. Hugo Telliez suggère alors "d'attraper son voisin et de lui exploser sa putain de gueule". Si le verbe semble violent, il n'en est rien des actions pour le moins bienveillantes des festivaliers. Pour les fins connaisseurs, on notera que le guitariste joue sur une guitare électrique de la marque Solar. "La prochaine on l'a tourné dans le sable" déclare le frontman pour annoncer Land Of Deceit. Le morceau fera notamment la part belle aux synthés autant qu'au chant puissant et grondant. On ressent un metalcore assez lourd avec une belle présence scénique qui n'a rien à envier aux pionniers du genre. A noter qu'il s'agit seulement de leur deuxième concert et les gars je peux vous le dire, ils se donnent corps et âmes ! La prochaine musique est un featuring avec un groupe australien Venom qui précédera une exclue du nom de Barefaced. Le peuple tourangeaux en tout cas n'y est pas insensible, à en juger par les mouvements dans le pit, tout comme le guitariste dont le headbang est un exemple du genre. On retrouvera des sonorités de deathcore, la setlist mettant à l'épreuve des planches le premier EP du groupe Ruled By The Knife. Le chanteur dédie New Blood au patron du Artificial Waves, avant que le set se termine avec un morceau adapté à l'occasion : Cancelled. Fin officielle à 15h38. Le début d'une belle aventure pour Tyrants Breaker, avec des dates annoncées a posteriori du Artifical Waves. Les balances des groupes se déroulent pendant les intermèdes entre les concerts, l'occasion pour moi d'aller échanger avec les tenanciers des stands de merchandising.
Sunborn
   Début à 16h23 (oui c'est précis!) pour Sunborn, formation tout droit venue de Montpellier. Arrivant sur scène dans la pénombre, le groupe conserve son anonymat évoluant masqués, à l'instar de leur clips. Véritable performance donc, au regard de la température, encore une fois. Lino, chanteur de Sunborn, opère avec un pied de micro tel un trident métallique. Le bassiste arbore un t shirt avec un visage sur le torse et une rickenbacker entre les mains. Plus de peur que de mal quand Lino monte sur la plateforme, manquant alors de tomber. L'équipe à la rescousse scotche celle-ci pour plus de sécurité. Les risques du spectacle vivant, même cela ne s'est pas fait ressentir, le groupe assurant parfaitement le show. Les morceaux s'enchainent avec des tonalités assez électro, à certains moments on se sentirait presque dans une boîte de nuit. Mixant des sonorités plutôt metal industriel avec des influences non conventionnelles telles que Knoked Loose ou Bad Bunny, la musique qui en résulte fonctionne à fond, ça envoie du lourd dans le pit, et ça sue je peux vous le dire! La voix claire de Lino est vraiment impactante avec des screams qui viennent apporter toute la nuance aux sons. La batterie est bien lourde comme il faut, vraiment percutante. Le public est invité à s'agenouiller avant de sauter au drop départ, un rituel que les festivaliers apprécient et qui unifie toujours l'assemblée. Le groupe poursuit sur cette vibe avec un lancement de moshpit sur le même titre. Pari réussi pour le quatuor de Sunborn dont la notoriété s'est accrue ces derniers mois suite à la sortie de leur single Glacier. Pour l'occasion, j'ai pu retrouver quelques instants après leur concert Lino qui m'a accordé à la volée une interview à découvrir ici. Solitaris
  Solitaris, groupe parisien de metal moderne, débute son set à 17h45. A l'instar de Sunborn, le groupe arrive également tout de masque vêtu souhaitant conserver leur identité secrète. Dernier groupe francophone de la soirée, la formation est bien connue dans l'hexagone avec une popularité en flèche depuis un passage remarqué en 2024 au Hellfest. Le set commence et d'emblée leur son associe des basses massives dans un climat pesant et obscure. 2 écrans leds ornent chaque côté de la scène ce qui ajoutent une scénographie intéressante à leur metalcore. On y voit tantôt une sphère enflammée, des jets de fumées, le portrait d'une femme portant un voile tel un fantôme. Habillés de leur sweat, autant vous dire qu'il fait un sacré cagnard là dessous. Il fait chaud mais ça n'empêche pas les gens de se coller et bousculer tendrement dans la fosse. C'est assurément le groupe le plus agressif des formations qui se produisent sur les planches ce jour lors du festival. Le public slame, la salle est quasiment pleine, en réponse au son bien lourd envoyé. Le chanteur dévoile une voix claire de temps à autre ce qui n'enlève rien aux screams bien gras, plus présents bien sur. A ces tessitures s'ajoutent des samples avec des voix féminines qui sont diffusées au fil du set. La basse est bien audible et mise en lumière, des breaks réguliers apportent un punch de fou. La foule est totalement sous l'emprise de ces bourreaux du son. On retrouve même un côté metal industriel important sur certains titres joués. C'est donc un beau mélange des genres avec une énergie sur scène communicative qui nous est servie. Encore une fois, ça se bagarre sévèrement gentiment dans la fosse. Pas de blessés à déclarer, on a quand même le plus beau des publics, les metalleux.
Pas d'interaction vocale avec le public pour la sortie de scène à 18h25, le groupe conserve tout le mystère. Seul le jet de baguette annonce la fin. Avralize   Lancement du show à 19h10 pour Avralize, groupe originaire de Rottweil en Allemagne. Après la sortie de leur album Liminal en Novembre 2025, la formation allemande est bien disposée à défendre celui-ci sur les planches. Dès les premières mesures, Avralize nous plonge dans un univers mêlant riffs puissants et grooves lancinants. Le chanteur, vêtu d'un crop top à paillettes, possède vraiment une superbe voix claire. La voix de Severin Sailer me fera directement penser à celle de Damiano David (Maneskin), avec une tessiture à la fois déchirée et charmeuse. On y retrouve bien évidemment une batterie plus lourde et des cris. Pour le deuxième morceau, le groupe propose un moshpit sur du groove, sooo groovy. Au cinquième titre la formation allemande encourage le public à sauter et allumer les lights, les festivaliers s'exécutent. Un solo de guitare débute le morceau acclamé par la fosse, solo qui lance une balade. Véritable enchanteresse des lieux, la tessiture du frontman accompagne le public bien présent répondant aux sollicitations du chanteur. Le guitariste a un talent certain, ses riffs envoutant les spectateurs, il embarque absolument tout le monde. Les titres comme Medicine, à la fois pop et dansant permettent aux metalleux de s'en donner à coeur joie en circle pit et autres moshpit. Ces dernières danses se lient aux growls, le public applaudissant spontanément. Severin, le leader, fait des mouvements fluides telles des vagues avec ses bras et son corps. On note des sonorités assez jazzy et des samples de saxophone sont même invoqués. Sur le morceau Upside Down, on retrouve un peu de pigsqueal et le guitariste apparait toujours acclamé dès les premières notes du solo. Les breaks sont bien denses, ça slame, ça danse dans le pit. Globalement, Avralize nous offre un style vraiment singulier, redéfinissant le metalcore moderne en associant cris stridents et rythmes funky. On peut conclure en précisant qu'Avralize est fait pour la scène avec une grande présence, un charisme absolu du leader, le groupe occupant tout l'espace disponible. Fin du set à 20h00, ils sont forts ces allemands !
The Narrator
Le concert se lance à 20h55 pour The Narrator, groupe allemand de la région de Ruhr fondé en 2017. Trois chanteurs composent la formation : Fabi aux screams, Rob au chant clair et à la basse voix claire ainsi que Tom associant chant et guitare. Jan, second guitariste et Fritz le batteur viennent parfaire la constitution du groupe. Au fur et à mesure des couplets et refrains, on ne peut que constater que l'alternance voix claire et cris est parfaite.
Malgré la présence scénique et l'énergie transmise au public, j'ai l'impression qu'il y a moins de monde dans le pit. En même temps ayant attendu 45 min pour une barquette de frites, parce qu'on a bien voulu me laisser passer devant à la fin pour que je puisse aller photographier le groupe, j'imagine aisément que des festivaliers se refusent d'avoir attendu tout ce temps et repartir les mains et ventres vides avant d'enchainer avec les deux dernières prestations. Un point à améliorer donc même si la diversification des plats est chouette notamment pour les végétariens. Aparté faite, c'est le chanteur leader d'Elwood Stray qui débarque sur scène pour un featuring de folie sur le morceau No Answer. Ça promet pour le dernier set de la soirée! Fabi déclare alors que son groupe vient de sortir un nouvel album en mai 2026, Phosphor, et qu'il nous propose un titre inédit. C'est donc de nouveau en featuring avec Severin d'Avralize cette fois, que The Narrator interprète Stasis. A la fin du morceau, le chanteur fait l'effort de nous remercier en français. Le chanteur invite ensuite la fosse à jumper, The Narrator tiennent au creux de leur main tout le pit. Puis, la formation incite les festivaliers à dégainer leurs lights avec les portables. Il y a pas mal de slams, les gens dansent, s'amusent, on sent la vraie bonne ambiance. Tout le monde est vraiment amical et malgré la chaleur, les gens n'abusent pas sur les consommations d'alcool. Leur set est dément, les breaks entre le chant clair et les screams fonctionnent à fond. C'est entrainant au possible, vraiment tout ce qu'on attend et aime du metalcore. A part un drapeau orné sobrement du nom de groupe seules des petites lights clignotant en vert, bleu et blanc sont présents sur scène. Avec The Narrator, c'est du lourd là aussi, le metal moderne ça envoie du pâté ! Un circle pit est lancé sur le dernier morceau Purgatory, faisant office de rappel. Fin du set à 21h50. Sans doute mon concert préféré du festival, les featurings, l'ambiance et le partage avec le public y faisant pour beaucoup. Elwood Stray
  Début à 22h30 pile pour le dernier groupe du Artificial Waves. Et quel groupe, puisqu'on accueille sur scène les allemands d'Elwood Stray! Dès le premier titre No Cure, surprise avec l'intervention du chanteur de The Narrator pour parfaire les screams. Le groupe propose un metalcore moderne avec une voix claire du chanteur assurée par Fabian Petz en sus de la guitare, et Maik Nehrkorn aux screams. Le leader en débutant, nous demande si on a bu assez? Entre mélodies qui accrochent inévitablement et puissance instrumentale, le groupe à tout pour plaire sur les planches. Pour enclencher le morceau Detached, c'est un circle pit qui se lance. Il y a toujours beaucoup de monde dans la fosse. La batterie menée par Raphael Kemmer est percutante tandis que les riffs de guitare de Niels Flor m'apporteront des frissons bienvenus en ces températures. La formation allemande joue Genesis issu du 2ème album. Je trouve ce morceau plus teenage dans l'intro avec une voix plutôt mainstream. Mais ça enchaîne vite avec du bon scream des familles. Le public applaudie spontanément. Les textes sont plutôt engagés, dénonçant les injustices du monde. Des samples ensuite sur le morceau suivant jouent une partie instrumentale de piano. Pour ajouter de la poésie à ce son fédérateur, des membres du public font des bulles de savon qui s'élèvent dans les airs. Quelques lights viennent parfaire la scène, qui reste malgré tout assez sobre, à l'instar des groupes de metal moderne qui ne vont pas s'enquiquiner des mises en scènes grandiloquentes du power et heavy metal. On retrouve ici une balade plutôt, alliant des lights aux tons roses. Elwood Stray annoncent qu'ils vont présenter sur scène pour la 1ère fois en France le titre Decay qui commence en chant clair. Le petit solo de guitare est bien sympathique. Le chanteur principal demande à tout le public de s'agenouiller. Pour l'anecdote, il demande même comment on le dit dans la langue de Molière, avant de prononcer "assieds toi". La musique devient tellement cathartique. A la frontière entre hardcore, nu metal et metal moderne, la fusion des allemands est pour le moins réussie. Et le public en redemande ! C'est donc un rappel avec le titre Evolve qui vient terminer le set. Le morceau est aussi bon qu'en studio, les émotions partagées en liesse en prime.
Le public les acclame avant qu'ils ne quittent l'estrade à 23h32. C'est avec quelques centilitres d'eau en moins, une voix un peu plus enraillée, vinyles et clichés sous le bras, que je quitte le site. Quelle édition! Le festival a encore envoyé du lourd cette année et le choix du lieu semble se prêter à merveille aux besoins du Artificial Waves. Un questionnement peut être sur l'absence de femmes dans les 6 formations musicales programmées de la journée, malgré la présence d'un stand Poulettes Sisters. C'est en tout cas une très belle édition que nous a offert Nicolas et son équipe, à qui je renouvelle mes remerciements. On s'y retrouve, je l'espère, l'année prochaine pour toujours plus de metal pour les centrevalloises et centrevallois.
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