Aux Portes Du Metal

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Prochaine mise à jour:
le 20 avril 2026.

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Groupe:

Sunborn

Date:

30 Mai 2026

Interviewer:

L.Red

Interview Lino

On se retrouve aujourd'hui pour une interview Théra'Pit, une forme de confession metal sur le divan. On débute avec une première question : Est ce que le groupe est un projet musical ou est-ce que c'est un trouble collectif parfaitement assumé ?

C'est difficile à dire, c'est un peu un mélange des deux. A la base c'est un projet que j'ai créé il y a 3 ans et ça a toujours été ma forme d'expression principale. Disons que ça reprend un peu, je pense, des troubles qu'on a tous et qu'on essaye de traiter à notre manière.

Lequel de tes morceaux te ressemble le plus psychologiquement ?

Je dirais Glacier parce que c'est un morceau qui est vachement nostalgique mais en même temps avec un gros truc d'espoir tourné vers avenir. C'est le paradoxe qu'il y a là-dedans, d'être à la fois bloqué dans le passé, mais en même temps, d'être optimiste pour l'avenir. C'est un peu la dualité.

Quelle émotion vient le plus souvent quand tu composes avec le groupe sans filtre ?

La mélancolie. C'est vraiment ce qui ressort automatiquement.

Quels sujets vous abordez plus facilement en compos et sur scène que dans la vie de tous les jours?

Je pense tout ce qui tourne autour de l'anxiété, de la dépression qui sont des sujets dont on a pas forcément toujours envie de parler au quotidien, sujets dont on essaye de s'échapper et qui sont centraux dans notre musique parce que c'est une manière qui est plus délicate, subtile d'en parler.

Alors justement, si l'anxiété montait sur scène avec toi, elle ferait quoi ?

Elle paniquerait je pense. Mais du coup elle ne monte pas sur scène (rires).

Sur une échelle allant du folk acoustique au brutal death metal, quel est le mood d'aujourd'hui après le concert?

La pop, un peu enfantine. Un peu mielleuse.

Toi du coup, quelle est ta technique de régulation émotionnelle un peu favorite? Est-ce que c'est la méditation, la dissociation, le headbang ?

Je ne sais pas si j'en ai une en particulier. Je pense qu'écouter de la musique adaptée à mon émotion du moment m'aide beaucoup. C'est plus le côté obsessionnel, de me plonger dans quelque chose, quoi que ce soit. C'est souvent des phases un peu de vie. Je vais avoir pendant 3 mois une nouvelle obsession. Il faut que je fasse que ça et ça me permet de me focaliser sur quelque chose.

Quel concert ou quelle scène représentent vraiment le fantasme absolu ? Pour toi, pour le groupe?

Il y en a pas mal. Je pense le Roundhouse à Londres qui est une salle un peu mythique dans laquelle tous mes artistes favoris sont passés un jour, ce serait un rêve.

Alors, tes artistes favoris?

C'est vachement éclectique. Ces dernières années, en ce moment, j'ai eu une grosse révélation il y a 2 ans pour Bad Bunny. C'est très éloigné du metal mais j'écoute énormément de Bad Bunny. Et après, je dirais, dans un autre registre plus folk, il y a Ben Howard que j'adore aussi. Plus rock Metal, je pense à quatre groupes qui m'ont vraiment marqué, qui ont façonné un peu le projet dans le côté metal du projet. Ce serait du coup Northlane, Architects, Bring Me The Horizon, Loathe, qui sont vraiment les 4 piliers de mon adolescence. Le projet, c'est un mélange de toutes ces influences. Il y a vraiment de tout honnêtement, on essaye de faire du metal, mais comme si on composait autre chose. On rajoute le metal par-dessus à la fin et à la base les compos sont très rarement composées comme un morceau de metal. C'est ce qui fait le côté éclectique.

Quand tu regardes le parcours du groupe, qu'est ce qui te rend le plus fier... et le plus inconfortable?

Je pense le plus fier, c'est que là cette année on a eu un essor d'un coup qui est le résultat de toutes les années dernières. C'était vraiment surprenant dans le sens où on a toujours tout fait pour ça, l'objectif final, mais sans jamais vraiment se dire que ça allait arrivé non plus. Là nos vies sont en train de changer ces derniers mois à plein de niveau. Je pense que ça c'est vraiment une grosse fierté de voir que tout ce travail là porte ses fruits. Le moment le plus inconfortable, bon c'est un truc perso forcément. Je suis vite inconfortable en tournée, le rythme de tournée, je suis très sensible à la fatigue et à pas mal de facteurs extérieurs, le bruit, etc. Dans le milieu du metal il y a tout qui est au maximum, donc c'est euh, je pense.

Donc les aspects externes des concerts.

Oui, la route, le manque de sommeil, le mauvais sommeil, le bruit constant.

Est-ce que tu as l'impression de monter sur scène vraiment pour partager quelque chose ou pour exorciser quelque chose ?

Je pense que ça va dépendre des fois. Des fois c'est vraiment 100 % du partage, des fois ça va être plus parce qu'il y a un moment dans ma vie qui le nécessite. Là aujourd'hui c'est plus du partage.

Avec quel artiste tu désirerais le plus collaborer?

C'est difficile. Tous les artistes que j'ai cités précédemment, surtout les influences metal, ça serait un petit rêve. Bad Bunny aussi, faut viser la Lune, comme on dit. Un autre groupe que je n'ai pas cité, les allemands de Vinova avec qui on partage un producteur et qu'on connaît un peu maintenant, mais ce serait ce serait une très, très belle collaboration parce que ça aurait du sens.

Quel est ton souvenir le plus fou de compos ou de scène ?

Difficile d'en choisir un, en réalité il y en a plein. On vient de Montpellier, et l'année dernière, on a joué à Victoire 2 qui est une salle à Montpellier avec nos amis de Spleen. On a quasiment fait sold out dans la salle qui est une des plus grandes salles de Montpellier. Et on ne s'attendait pas du tout ça. Sur le moment où on a tiré le rideau pour voir, on a vu que la salle était remplie, on s'est dit "là ok il se passe quelque chose". Ça faisait chaud au cœur de voir tous ces gens qui sont déplacés. Les gens qui venaient d'Allemagne pour nous voir nous et Spleen, c'était assez dingue, surtout à la maison où on avait l'habitude de faire des concerts devant cent personnes dans des petites salles.

Une dernière confession avant la fin de la séance?

Je trouve ça assez fou à quel point en si peu de temps tout un monde peut se renverser et nous c'est un peu ce qui nous arrive cette année à notre échelle, bien sûr.

Quel était le déclencheur?

On a sorti en janvier le morceau Glacier, qui a eu un peu explosé sans prévenir, ça a lancé le truc. Toutes nos perspectives ont changé, tous nos objectifs au court terme. On a dû s'adapter à ça, parce que forcément, c'est une nouvelle vie. C'est que du positif, mais ce que je veux dire c'est qu'on ne s'imagine pas forcément à quel point, quand il y a quelque chose que tu as toujours souhaité, tu as l'impression que quand tu vas la voir, ça va être que des fleurs et du bonheur quoi, et qu'en fait, il y a tout un temps d'adaptation à ce nouveau rythme qui subvient comme ça. Ce n'est pas forcément toujours évident de s'adapter de réussir à jauger le temps et l'énergie qu'il faut mettre raisonnablement pour vivre toujours correctement sans tomber dans l'obsession. On revient à l'obsession.

Est-ce que tu vas mieux qu'au début de l'interview ?

Ouais, j'avais très, très chaud et là on a un petit vent frais [30°C sur la journée de festival].

Je te remercie de m'avoir accordé cette interview.

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