Très qualitative date de death technique au Rex de Toulouse avec deux pointures du genre. Comme la fois précédente, la salle est remplie d’initiés à ce style particulier et une nouvelle fois c’est un gros demi-Rex qui est présent ce soir pour le combo allemand. Une fois n’est pas coutume, les stands de merch sont situés dans la salle et non dans le long hall permis par l’affluence du soir. C’est parti pour une soirée avec un déferlement de notes particulièrement intense.
Lors de l’annonce de cette date, c’est Rings Of Saturn qui était programmé. Un triptyque Obscura – Gorod – Rings Of Saturn avait une gueule démente sur le papier mais les américains ont annulé leur venue à mon grand regret. Forcément déçu de ce contre-temps, j’envisageais déjà Skeletal Remains intégré à la date avec un a priori négatif. Je sais ce n’est pas bien mais j’ai vraiment gardé un bon souvenir live de ROS. Malgré ce biais tout personnel, j’ai trouvé Skeletal Remains très bon. Un death old-school un peu roboratif mais diablement efficace. Le gang californien désormais enrôlé chez Century Media a fait le job avec son death classique. Point d’esbroufe, c’est sombre, sale, hyper intense avec un chant puissant et profond. On trouve pas mal de parties instrumentales d’ailleurs, ça tape fort. Un bon démarrage avec un public déjà dedans convaincu par ce death de qualité.
Excellente idée que d’avoir intégré les bordelais de Gorod sur cette affiche. Le changement de plateau dure à peine quinze minutes et d’entrée, le groupe déverse son death technique virtuose. Ça dégueule de notes et ça fait très (très) forte impression d’entrée. Matthieu Pascal et Nicolas Alberny épatent avec un déluge de notes et un jeu toujours aussi visuel. Benoît Claus est le plus mobile des musiciens, arpente la scène et lui aussi, c’est l’hallu sur le plan technique. Bon Karol « K'roll » Diers n’est pas en reste en martelant son kit comme un damné. Mais tout cela est sidérant de précision, c’est hyper carré, on comprend tout nickel, c’est super propre.
Le chanteur Julien « Nutz » Deyrez dégage toujours un réel capital sympathie, confie sa joie d’être « à la maison » rappelant que si le groupe vient de Bordeaux, lui est de la région toulousaine. Cela vaudra quelques chambrages amicaux typiques des enfants de la Garonne et tout cela est bien jovial et sympathique. Il confie aussi que le Gorod avait déjà joué il y a treize ans avec Obscura et en profite pour ressortir un titre de cette époque. Mais c’est le petit dernier The Orb qui est le plus représenté. Excellent disque (nous sommes 100% ok sur ce point avec l’ami Jean-Mich’Hell qui en homme de bon goût, est grand fan du combo). Ça déferle à cent à l’heure, c’est enthousiasmant avec des plans dans tous les sens sans que cela ne tombe dans l’esbroufe gratuit. Passionnant de bout en bout, incroyablement bien reçu par un public emballé, Gorod c’est juste génial en live en plus d’être franchement impressionnant.
Comme en plus, on peut s’approcher de la scène et profiter de l’incroyable technicité des musiciens, c’est vraiment un sacré plaisir ces trois quarts d’heure avec Gorod. Habitués désormais des affiches prestigieuses (Meshuggahrécemment), les bordelais ont encore assuré comme des chefs. Sincèrement impressionnant.
Après une telle déferlante, encore un changement de plateau géré à vitesse grand V, les allemands débarquent et c’est parti pour une heure de très grand death technique. S’il faut sacrément s’accrocher pour savoir qui accompagne Steffen Kummerer, ce dernier est toujours accompagné par des virtuoses. A la basse, c’est super propre et le guitariste qui le seconde est un phénomène. Là encore, la virtuosité des musiciens épate et de près, c’est encore bluffant. Les doigts des musiciens se promènent avec virtuosité sur les guitares et la basse et tout cela est très harmonieux. Les duels de guitares sur les solis sont en plus hyper visuels notamment sur l’impeccable Forsaken toujours aussi démente en live.
Obscura défendA Sonicationdeuxième album d’une trilogie en cours (après A Valediction) et quatre titres de chacun de ses disques sont au menu ce soir. C’est donc son histoire récente qu’Obscura présente ce soir. Steffen Kummerer est très souriant, il remercie le public d’être de nouveau présent après leur dernière venue dans cette même salle. Le groupe a recours à de la fumée souvent sur les introductions avec un peu de scénographie qui, sur les parties rapides, fait son petit effet. La fosse est dynamique, ce n’est pas la délirante ambiance des pits hardcore mais ça bouge beaucoup avec quelques circle-pits. Ce soir, j’ai trouvé Obscura en très grande forme avec des musiciens très alertes et souriants. En ayant intégré de la mélodie dans son death technique, Obscura a aéré son propos et le rendu est formidable. Bon cela reste très dense, c’est du death quoi ! Avec ce chant puissant.
Au final c’est une déferlante « tech death » que le Rex s’est prise ce soir. Une excellente soirée avec deux groupes très haut de gamme, immenses valeurs sûres live. Décidément il y a des formations de très grande qualité. Si le succès public n’est pas délirant, il y a toujours un vrai public pour ce type de death pas évident d’accès, il faut le reconnaître avec ce côté musiciens virtuoses.