Artiste/Groupe:

Ozzy Osbourne

CD:

Down To Earth

Date de sortie:

2001

Label:

Style:

Heavy Metal

Chroniqueur:

Blaster of Muppets

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Down To Earth appartient à ce que l’on qualifiera volontiers de seconde moitié de la carrière (solo) d’Ozzy (post-No More Tears) et n’a donc pas, comme la plupart des disques en faisant partie, la réputation d’un grand album. Et, en effet, si l’on cherche un opus digne de la légende Osbournienne, on n’est pas au bon endroit. MAIS il n’est clairement pas si mal... il est même un peu rassurant car il est le disque qui marque le retour d’Ozzy a quelque chose de plus "sérieux", suite au lourdingue et mollasson Ozzmosis sorti six ans plus tôt. Alors que son prédécesseur se présentait essentiellement comme une compilation de ballades ou de morceaux très lents, dénués de punch (je vous l’accorde, il contenait tout de même quelques très bons titres, enfin surtout Perry Mason), Down To Earth, qu’on n’attendait plus (six ans quand même, je le répète !), est un disque plus varié et rythmé... et probablement un peu sous-estimé (à mon avis, du moins).

2001 fut donc l’année où le monde put se rendre compte qu’il ne fallait pas enterrer le père Ozzy trop vite. Mais avant de s’attarder sur quelques titres valant détour (et d’autres pas inoubliables, on les citera aussi), un petit mot sur le lineup. Parmi les différentes choses que l’on retiendra de la carrière de notre cher Ozz, il y a cette constante : le bonhomme savait s’entourer ! Cette fois encore, quelle dream team ! On a le retour du fidèle guitariste Zakk Wylde (qui avait quitté le groupe après l’enregistrement d’Ozzmosis) et une section rythmique du feu de dieu avec le monstrueux Robert Trujillo (qui rejoindra Metallica deux ans plus tard) à la basse et l’excellent Mike Bordin, habituellement cogneur de fûts chez Faith No More. Et c’est cette même formation qui partira défendre Down To Earth sur les routes après sa sortie, avouez que ça en jette ! 

Penchons-nous maintenant sur ce huitième effort du Madman... qui commence sacrément bien et continue de façon plus qu’honorable sur la quasi-totalité de sa première face (ou moitié, si vous ne parlez pas le vinyle), un accident mis à part. Quel plaisir d’entendre des titres de la trempe de Gets Me Through (un mid-tempo écrasant au riff imparable), Facing Hell (une compo plus enlevée, entraînante, très efficace), No Easy Way Out (heavy en diable avec une inspiration Sabbathienne évidente) ou That I Never Had, une piste plus remuante, groovy, avec encore un très chouette riff. Ces nouvelles compos montrent un Ozzy sorti de la naphtaline et les riffs portent le sceau d’un Zakk Wylde en grande forme (ce qui est paradoxal car il semblerait qu’il ne les a pas écrits... pour la première fois depuis 88, Wylde n’est pas crédité à la composition) ! Alors soit, tout n’est pas parfait pour autant. La production de l’album est réussie, le son est de très bonne facture mais j’aurais personnellement aimé que la guitare soit un peu plus musclée et - surtout - on aurait pu se passer de quelques titres dont la fonction essentielle semble être de faire du remplissage (la ballade Dreamer, très inspirée par les Beatles - dont Ozzy est un énorme fan, on le sait - mais un peu niaise, était-elle vraiment nécessaire ?). Cela dit, ça n’est déjà pas mal.

On regrettera tout de même un petit déséquilibre dans l’agencement des pistes car tous les meilleurs titres de l’album sont compris dans sa première partie. Ce qui ne veut pas dire que la seconde moitié de Down To Earth est mauvaise, non... elle n’est pas juste pas franchement pas remarquable / mémorable. Il y a encore une ballade, Running Out Of Time, moins guimauve que Dreamer (le refrain est plus digeste), mais pas bouleversante pour autant... des morceaux plus robustes, comme Black Illusion, mais qui restent assez génériques et manquent de mélodies marquantes. Alive qui a de bons passages (le pré-refrain notamment) mais le refrain avec ses "I’m still alive... you know I’m Alive..." m’agace un peu. En revanche, Can You Hear Them?, avec son ambiance plus grave, martiale et son riff plus menaçant est vraiment pas mal et permet au disque de s’achever de façon correcte. Junkie, que je n’aimais pas trop quand le disque est sorti, est bien rampante, nous renvoie aux 70s et possède un riff de guitare très sympa. Je l’ai revue à la hausse récemment. Je ne mettrais aucune de ces dernières compos dans un best-of Ozzy (contrairement à Gets Me Through ou  No Easy Way Out) mais elles s’écoutent.

Verdict : une bonne moitié d’album est réussie, l’autre n’est pas forcément toujours ratée, et même si Down To Earth n’atteint pas les sommets d’un No More Tears ou d’un Blizzard of Ozz (ou des disques sortis entre ces deux références), il s’en tire finalement plutôt correctement... et pour le fan, c’est toujours ça de pris. Il n’a pas toujours l’audace ou le panache d’autres œuvres du Madman, il lui manque des compos pouvant se mesurer aux classiques d’Osbourne mais après le franchement décevant Ozzmosis, il représente tout de même un pas dans la bonne direction. Il n’est en tout cas certainement pas ce qu’Ozzy a produit de pire au cour de son existence. Pas un disque majeur donc mais un album correct traversé par quelques très bonnes compos que je réécoute toujours avec plaisir aujourd’hui... et que je vous conseille de redécouvrir si vous l’avez un peu trop rapidement écarté de vos platines (ou vos playlists), en partie parce que sa réputation vous avait dissuadé de faire l’effort de le creuser davantage.  

Tracklist de Down To Earth :

01. Gets Me Through
02. Facing Hell
03. Dreamer
04. No Easy Way Out
05. That I Never Had
06. I Know (Part 1)
07. Junkie
08. Running Out Of Time
09. Black Illusion
10. Alive
11. Can You Hear Them?

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