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le 20 avril 2026.

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Artiste/Groupe:

Insomnium

CD:

Netherworlds

Date de sortie:

Octobre 2026

Label:

Century Media Records

Style:

Death Melo

Chroniqueur:

Le Diable Bleu

Note:

18/20

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Il existerait une explication scientifique à la lenteur apparente avec laquelle Insomnium livre ses albums, et étrangement elle pourrait devoir beaucoup à Albert Einstein. Enfin, on le dit, et comme, "on" est cru que par des c.ns. Cet idiot de Diable Bleu ne pouvait donc pas se résoudre à ne pas admettre une théorie fumante. Selon les principes de la relativité restreinte, plus un objet se rapproche de la vitesse de la lumière, plus le temps s’écoule lentement pour lui, tandis que les longueurs se contractent dans le sens du déplacement. Or, à force de propulser son Death Metal mélancolique à une vitesse défiant les lois du calendrier, Insomnium aurait fini par créer sa propre anomalie spatio-temporelle. Les années s’écoulent chez nous, les saisons passent, les chroniqueurs s’appuient de plus en plus fortement sur leur cannes, alors que le groupe semble évoluer dans une temporalité parallèle où la sortie d’un nouvel album n’obéit plus aux conventions terrestres. Nous baptiserons ce phénomène la singularité mélancolique d’Insomnium : un état de distorsion du continuum espace-temps dans lequel les albums mettent une éternité à nous parvenir, alors que le groupe, lui, n’a manifestement pas vu le temps passer. Einstein n’avait pas prévu ce cas de figure, il est vrai qu’il n’avait pas eu la chance d’expérimenter autant de mélancolie finlandaise.

C’est peut-être une dépression, mais j’ai le sentiment qu’un demi-millénaire s’est écoulé depuis la sortie d’Anno 1696 d’Insomnium. Avec cette étrange sensation d’attente interminable avant l’arrivée de nouveaux morceaux de nos maîtres d’un Death Mélo aromatisé au doom finlandais mélancolique. Et alors que l’hiver approche à grands pas, Netherworlds tombe tellement pile poil que l’on pourrait dire à pic. Pour leur dixième album, Insomnium avait promis une palette sonore élargie. Amies lectrices, amis lecteurs nous avons trop souvent entendu cette promesse de la part de groupes confirmés, pour finalement se retrouver avec la même rengaine qu’à l’accoutumée. Le plus souvent le sujet fait plaf plouf et les belles intentions nobles, pures ou plus calculées, se dissipent plus rapidement qu’un banc de brouillard sur un fjord. Alors, que nous réserve réellement ces belles intentions sur Netherworlds ? Eh bien, le son et le style classiques d’Insomnium sont bien présents, c’est déjà un bon point, de plus le groupe explore de nouveaux horizons, comme promis, et s’est entouré de quelques amis de longue date pour mener à bien ce projet ambitieux. Alors amies lectrices et amis lecteurs, intrigué(e) ou blasé(e) ?

Après une introduction dramatique et originale, car il s’agit de la réécriture métallique d’un morceau classique The Cold Song, composé à l’origine par Henry Purcell en 1691 pour son semi-opéra King Arthur, qui fait mouche comme un flocon tombant dans ma tasse de café. Innovant et sympa cette première piste. Insomnium revient en force avec Shadowlife, dévoilant avec éclat tout ce qui fait le charme du groupe. On retrouve cette ambiance mélancolique et poignante typique du melo-doom finlandais, avec ses harmonies plaintives et ses claviers scintillants. Le chant rauque et guttural de Niilo Sevänen est vraiment remarquable, soutenu par un chant clair efficace qui contraste harmonieusement avec ses vocalises lors du refrain serrant les tripes. On perçoit même une touche d’Omnium Gatherum, période musclée, dans le jeu des guitares, apportant une nuance supplémentaire. Cette double vie du leader des 6 cordes d’Insomnium et des Omnium, se retrouve dans le morceau suivant, Remembrance, et contribue à son charme. Ce titre trouve l’équilibre parfait entre agressivité et mélancolie, flirtant parfois avec le hard rock sans pour autant renoncer à son atmosphère funèbre.

Ces trois premiers morceaux m’ont fait trembler lors de la première écoute, je flippais à l’idée que la suite puisse être molle... vous comprenez que la peur du peureux, c’est le vide. Ce qui suit sera plus nerveux, plus original et surtout montera encore de nombreux clics. Le point culminant de l’album est atteint avec Gleam in the Black et The Hour Grows Late, titres phares où Insomnium déploie tout son potentiel musical de manière originale. Les pistes commencent doucement et mélancoliquement, comme la plupart des titres d’Insomnium, avant de monter petit à petit en puissance et de devenir des morceaux nettement agressifs. Comme d’hab le tout évolue constamment, passant du hard rock au soft rock, puis au folk rock, et vice-versa. Pas de répit, les mélodies, les ambiances, les rythmes changent à la vitesse d’Albert. Et surprise des tremblotes black Metal montent et descendent tout au long du The Hour Grows Late, puis arrive une grande montée mélodique accompagnée par la voix claire et puissante qui sonne comme celle de Tomi Joutsen d’Amorphis. Et pour cause : c’est Tomi ! On découvre ensuite des vocaux death Metal encore plus brutaux, bien loin de la zone de confort habituelle de Niilo. Ces vocaux sont interprétés par Tomi Koivusaari, membre d’Amorphis lui-même, donnant au morceau une ambiance à la Tales of the Thousand Lakes. À partir de là, ça part en vrille : les claviers explosent dans une hystérie prog des années 70. Car Tomi a également fait appel à Santeri Kallio pour les claviers. C’est un joyeux merdier, un véritable hymne national finlandais.

Après ce voyage déjanté qu’Insomnium nous offre avec leurs Amorphfriends, filons rencontrer le rapide et percutant Arch in the Sky, qui claque comme une urgence. Un titre que je vous recommande chaudement. C’est peut-être le seul morceau d’Insomnium à figurer sur ma playlist de musculation et de cardio, que j’avais stoppée il y a 50 années maintenant, et il est tout simplement explosif.

Les morceaux suivants soufflent alternativement le chaud et le froid. Je vous laisse découvrir par vous même ces chefs d’oeuvre métalliques. De Patways of the Night à The Banished, en passant par Ethereal Sleep, vos cellules ciliées trouveront la quintescence métallique nourrie au Death Mélo, élevée au Doom nostalique et bordée de Prog... Une dinguerie cette suite de trois pistes.

L’album est une véritable réussite, chaque titre faisant mouche et délivrant une dose intense de Findoom. Le morceau de clôture, Journey’s End, est une composition ultra-mélancolique flirtant avec un funeral doom léger, et on y trouve des passages fugaces qui rappellent l’immortel Earthless de Doom:Vs. Avec une durée de moins de 54 minutes, il n’y a pas un seul morceau pour râler, et le continuum en puissance est remarquable. Le temps passe à une vitesse folle, tout comme Albert aurait aimer explorer le Death Mélo ... et l’album devrait vous captiver du début à la fin.

Insomnium est un groupe bien connu depuis longtemps maintenant, ses membres savent exploiter le genre melo-doom à son plein potentiel, au point qu’à force d’obstination, la locomotive finlandaise du style Death Mélo est devenue planétaire. Et si Niilo ne sera peut être jamais le plus grand chanteur de death Metal des afficionnados du style, sa voix colle toujours parfaitement aux propos, sans ambiguïté, tranquillement, efficacement. Le trio de guitaristes Ville-Petri Friman, Markus Vanhala et le nouveau venu Tomy Laisto fait son travail à l’exceptionnel. Les trois Vikings imprègnent l’album d’harmonies incroyables et de trilles mélancoliques, sans pour autant oublier de frapper fort avec des riffs agressifs quand il s’agit de faire monter la pression. Aleksi Munter de Swallow the Sun apporte des ambiances différentes sur chaque piste grâce à ses claviers discrets mais fondamentaux, faisant de cet album une explosion d’inventivité. Un pur produit finlandais, le talent est partout, la qualité exceptionnelle des compositions place Netherlands à un niveau encore supérieur à celui d’Anno 1696. Un Metal tellement riche qu’il reste difficile de choisir entre un Death Mélo, un Doom nostalgique ou un Metal Prog... sans doute beaucoup de tout ça à la fois.

Netherworlds sera sans doute bien le meilleur album d’Insomnium depuis Winter’s Gate, et dix années se sont écoulées depuis, une éternité selon la time line d’Albert, et il rivalise largement avec ce chef-d’œuvre. Je m’attendais à quelque chose de bon, car ce groupe est d’une fiabilité à toute épreuve, mais je n’espérais pas une telle puissance et une telle constance. Insomnium dépasse une fois de plus les tendances et les modes, en outre cette fois-ci, ils nous offrent un album riche, original et merveilleux qui pourrait bien défier le temps. La contraction de l’espace temps qui place Insomnium hors de nos références métalliques habituelles, nous embarquera bientôt dans les pits de cet été, crédulité du Diable Bleu, ou pas !

Tracklist de Netherworlds :
01. The Cold Song
02. Shadowlife
03. Remembrance
04. Gleam in the Black
05. The Hour Grows Late
06. Arch of the Sky
07. Pathways of the Night
08. Ethereal Sleep
09. The Banished
10. Journey’s End

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